Interview de M. Michel Barnier, ministre de l'agriculture et de la pêche, à "RMC" le 22 mai 2008, sur les difficultés de l'agriculture et de la pêche, notamment la grève des marins pêcheurs, la loi sur les OGM, la politique des quotas laitiers, le plan viticole. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Michel Barnier, ministre de l'agriculture et de la pêche, à "RMC" le 22 mai 2008, sur les difficultés de l'agriculture et de la pêche, notamment la grève des marins pêcheurs, la loi sur les OGM, la politique des quotas laitiers, le plan viticole.

Personnalité, fonction : BARNIER Michel, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Ministre de l'agriculture et de la pêche;

ti : J.-J. Bourdin.- Vivons-nous un nouveau choc pétrolier ?

Je pense qu'on vit plus qu'un choc pétrolier, on vit une crise énergétique, avec un pétrole qui se raréfie, on sait bien que les réserves sont là pour 30, 40 ou 50 ans, même s'il y a de nouvelles recherches, une énergie de plus en plus chère, inexorablement. Et donc, l'exigence d'aller, par la recherche, par l'économie, par la modération vers un autre modèle de société, de développement économique. Je pense que si on ne fait pas attention pour préparer une société de modération, on va aller vers une société de privations, et donc il faut réussir et relever ce défi, qui s'ajoute d'ailleurs à un autre défi, qui est celui du réchauffement climatique. Voilà les deux réalités dans lesquelles tout citoyen, ceux qui écoutent, tout homme politique, tout journaliste, doit inscrire son parcours et son travail. Le réchauffement climatique, deux à trois degrés, moins d'eau - ça touche d'abord les agriculteurs, c'est pour cela qu'ils sont en première ligne -, et puis, la raréfaction des ressources pétrolières traditionnelles. Donc, le besoin de nouvelles énergies, par exemple, l'hydrogène et la recherche, l'énergie renouvelable, dans tous les domaines, et de la modération de notre consommation. Vous savez que le kilowatt qui coûte le moins cher, qui pollue le moins, ou le litre de fuel, c'est celui qu'on ne consomme pas. Maintenant, il y a des professions, on va en parler, comme les marins pêcheurs, qui sont aujourd'hui obligées de consommer.

Ce que je lis aussi, ce que je sais aussi, c'est qu'un kilo de tomates sous serre chauffée nécessite 1 litre de pétrole ?

Oui, mais on peut aussi chauffer des serres autrement que par du pétrole. J'étais l'autre jour avec des serristes, et nous sommes en train de reconvertir progressivement, avec la biomasse, avec l'énergie photovoltaïque, le chauffage des serres.

Les pêcheurs, j'ai ce matin, certains ne sont pas contents des premières décisions prises, et notamment dans les Bouches-du-Rhône, les pêcheurs rebloquent les dépôts de carburants. 110 millions d'euros dégagés plus rapidement que prévu, cela fait partie des 310 millions annoncés en janvier, il n'y a pas d'argent en plus, que les choses soient claires ?

Il y a de l'argent de plus pour apporter ce soutien aux revenus des marins pêcheurs...

Il y avait 310 millions en janvier !

Mais nous avons obtenu qu'on anticipe à hauteur de 110 millions de plus...

Ça veut dire que l'argent est versé plus vite ?

Ce qui est important, c'est de comprendre que ce plan de 310 millions que j'ai bâti soigneusement, personnellement, avec d'ailleurs les marins professionnels et leurs représentants, nous allons le faire en deux ans au lieu de trois. Dans ce plan, j'ai ajouté une mesure, qui représente un effort de 30 millions supplémentaires pour aider au revenu des marins pêcheurs puisque, vous le savez, et je le dis à ceux qui écoutent, c'est la seule profession pour laquelle les salariés, quand ils reçoivent leur fiche de paye, la fiche de paye est directement impactée en diminution du prix du gasoil, et donc, il y en a qui touchent des salaires nuls, parfois des salaires négatifs. Ce n'est pas supportable. C'est pour cela que je comprends leur colère et que j'essaie d'y répondre concrètement. Maintenant, c'est une question de confiance et de responsabilité. J'ai bâti ce plan sérieusement, je le mets en place, j'en prends l'engagement, sous l'autorité du chef de l'Etat et du Premier ministre, et je fais appel à la même responsabilité de tous les marins pêcheurs.

Oui mais imaginons dans six mois, le pétrole a encore augmenté, le gasoil donc a encore augmenté, pourquoi ne pas garantir un prix fixe du gasoil ? Pourquoi ne pas, je ne sais pas, discuter avec les compagnies pétrolières...

Mais parce que nous ne sommes plus...

...Je ne sais pas, imposer, je ne sais pas moi, un gasoil pour les pêcheurs à 40 centimes le litre, puisque c'est ce qu'ils demandent, 30 ou 40 centimes le litre. Je vous pose la question...

Ecoutez, excusez-moi, J.-J. Bourdin, vous êtes un journaliste moderne, nous ne sommes plus à Moscou du temps de l'empire soviétique et de l'économie administrée. En revanche, vous avez raison, dans les décisions que j'ai annoncées hier, en accord avec le Premier ministre, nous allons faire une réunion avec Mme Lagarde et le président de Total, puisque c'est la principale compagnie qui dessert les ports. Je vais aussi faire, sur un autre sujet, une réunion avec M. Chatel sur la transparence du prix du poisson. Comment se fait-il qu'on paye le poisson, le cabillaud - prenons le cabillaud, j'aurais pu prendre le thon - 3,05 euros aux pêcheurs, après un travail dangereux et très difficile, et qu'on le retrouve à 25 euros chez les consommateurs ? Où se trouvent les marges, où se trouve la transparence des prix ? Cela aussi je veux y voir clair. Donc, on a fait un plan très sérieux...

Qu'allez-vous dire à C. de Margerie, le patron de Total ? Qu'allez-vous lui dire ? Qu'avez-vous envie de lui dire ?

J'ai envie de lui dire qu'il faut m'expliquer pourquoi le pétrole et le gasoil sont vendus moins chers en Belgique qu'il ne l'est à Paris. Comment améliorer les délais de paiement pour les entreprises ? Il y a plein de progrès qu'on peut obtenir, mais c'est une entreprise privée, on ne peut pas lui donner des ordres, on peut simplement trouver un accord intelligent avec lui. Je vais agir sur toutes les touches du piano. Mais dans le plan que j'ai présenté hier, il y a bien sûr les mesures d'urgence, pour les bateaux, pour les armements, et des aides, et puis pour les marins pêcheurs. Il y a aussi plein d'autres mesures pour redonner une ligne d'horizon à la pêche française. Je ne veux pas seulement être dans l'urgence, le plan que j'ai mis en place, je le dis, continuera. Nous allons discuter avec Bruxelles et les autres pays européens pour trouver un cadre européen plus flexible pour apporter des aides économiques sans se heurter toujours au droit de la concurrence, et avec d'autres collègues nous allons poser ces questions à Bruxelles. En attendant, j'ai mis en place un plan d'urgence et il continuera de toute façon, j'en donne la garantie. Maintenant, je veux qu'on relève la ligne d'horizon, je veux qu'on restructure la flotte française, je veux qu'on modernise, je veux qu'on fasse de la recherche pour de nouveaux moteurs plus économes de pétrole...

La flotte française qui est dépendante du pétrole parce qu'elle est composée souvent de gros chalutiers qui consomment beaucoup de pétrole ?

De gros ou de moins gros chalutiers. Je voulais dire, dans le plan que j'ai présenté hier aussi, puisqu'il faut dire les choses précisément, que nous allons décider et l'Etat le prendra en charge, un audit technique, énergétique, économique de chaque bateau de la flottille française. Tous les bateaux vont être audités pour voir comment les aider éventuellement vers de nouvelles techniques de pêche, vers la motorisation, pour améliorer leur économie.

Dernière question, les quotas de pêche, parce que certains pêcheurs disent : "c'est bien beau, nous, le gasoil d'accord, mais il faut ouvrir les quotas". Par exemple, dans certaines zones, il y a beaucoup de cabillaud et des pêcheurs sont obligés de rejeter ce cabillaud qu'ils ont pêché !

Oui, parce que ce système des quotas est européen. Je rappelle à vos auditeurs que je travaille comme ministre de l'Agriculture et de la Pêche dans une des politiques qui sont totalement européennes. Donc, chaque fois que je dois obtenir des décisions, il faut que j'aille convaincre les 26 autres pays et la Commission européenne. C'est peut-être pour cela aussi que je suis là...

Vos marges de manoeuvre sont limitées, quoi ?

Non, elles ne sont pas limitées mais elles ne sont pas décrétées, je ne les impose pas, il faut aller convaincre. Et la question des quotas, c'est notre intérêt de les gérer ensemble, parce que des poissons, eux ils viennent d'Espagne ou... Donc, on a par exemple sur la cabillaud, qui touche les pêcheurs notamment du Nord de la France, actuellement une demande à Bruxelles que je trouve légitime pour avoir un nouveau quota de cabillaud pour avoir un nouveau quota de cabillaud, parce que nous avons constaté, avec les scientifiques, qu'il y avait du cabillaud. Donc, la Commission doit normalement au mois de juin nous donner un nouveau quota, réévaluer le quota de cabillaud. Maintenant, il faut aussi, les pêcheurs le savent bien, pour pêcher qu'il y ait du poisson. Donc, on doit faire attention à certaines espèces qui sont menacées et qui doivent se reconstituer. Voilà pourquoi par exemple, la pêche à l'anchois a été fermée pendant quatre ans pour permettre aux stocks de se reconstituer.

[8h45 : Seconde partie de l'interview]

Nous allons parler de l'agriculture, la PAC. Les Britanniques veulent mettre fin aux jachères et supprimer les quotas laitiers d'ici 2015. Oui ou non ?

Oui et non. Oui à la suppression des jachères mais ce ne sont pas les Britanniques qui l'ont demandée. C'est moi qui l'ai demandé quand on a vu les prix des matières premières. On a dit qu'il fallait remettre en culture des terres en jachère en réservant les terres aux jachères écologiques naturellement, les 3 %. Donc oui pour la jachère parce qu'il faut produire plus et mieux. Quant aux quotas, je ne dis pas oui tout de suite. Je dis qu'une majorité de pays veut les supprimer, les quotas laitiers, et moi je dis attention, d'abord parce que le prix du lait a augmenté...

Le monde réclame plus le lait, donc la solution de facilité première est de supprimer les quotas, on produit, on produit, on produit.

Oui, mais je n'ai pas la même idée que certains Britanniques d'avoir des industries agricoles dans quelques régions seulement. Le lait est produit dans tous les territoires, c'est d'ailleurs ce qui fixe l'activité, ce qui entretient les territoires grâce au travail des paysans et des éleveurs. Et donc les quotas fixent le lait et fixent en même temps les emplois dans l'industrie de transformation du lait, pour faire du fromage ou pour faire des yaourts. Je ne serai pas le ministre du déménagement du territoire laitier français ni du déménagement du territoire tout court. Je veux une agriculture, c'est-à-dire celle qui justifie la PAC, et mon désaccord avec une certaine vision anglo-saxonne, l'agriculture et la politique agricole qui l'accompagne permet une activité équilibrée sur tous les territoires, même des territoires difficiles de montagnes, chez nous, ou les territoires septentrionaux de Finlande ou de Suède.

Vous pensez au Beaufort, par exemple ?

Pas seulement au Beaufort. Je pense à tous les produits d'appellation contrôlée.

De référence régionale ?

Oui, le Beaufort, bien sûr, je reste fidèle à ma région et aux Alpes. Mais je suis le ministre de toutes les agricultures et fier de l'être parce que cette agriculture a deux caractéristiques que je veux défendre et que je vais défendre : un, des produits de qualité, pas seulement le Beaufort, la lavande, l'huile d'olive, des vins ; des produits qui ont des goûts, des couleurs, des saveurs, qui ont une identité, une traçabilité. Là, on n'est pas dans une alimentation aseptisée. Deuxièmement, des agricultures partout, une vie partout. Cela a un prix, et c'est le prix de la PAC. Je pense que ce prix est correct. Je me dis même quelquefois quel serait le prix de la non PAC. Je crois qu'il serait beaucoup plus cher en terme de désertification.

M. Barnier, faut-il réduire les aides accordées aux céréaliers pour distribuer ces aides à d'autres productions ?

Nous allons le faire. Nous allons le faire à l'occasion du bilan de santé, je l'ai dit, pour que la PAC soit plus équitable. Les paysans qui travaillent dur et qui se lèvent tôt ont envie d'être rémunérés par le prix de leur travail davantage que par des aides. Les aides, ce sont des investissements qui sont légitimes et équitables. Mais quand les prix ont augmenté, il faut en tenir compte. Donc nous allons ajuster les aides pour ceux qui ont de meilleurs prix et aider davantage les gens, je pense à l'élevage ovin, je pense aux fruits et légumes, je pense à l'agriculture bio, je pense d'une manière générale à toutes les productions animales à l'herbe, qui est autre idée du développement durable. Nous allons davantage aider ces circuits, ces filières et ces territoires en redistribuant une partie des aides de la PAC dès 2009.

Avant de parler des OGM, une ou deux questions. Le vin, plan de modernisation présenté le 29 mai, c'est-à-dire mercredi prochain. Trois nouvelles catégories de vin, si j'ai bien compris, vous allez réorganiser tout cela. Nous aurons un vin de cépage, ensuite un vin intermédiaire qui sera un vin d'un territoire régional : Bordeaux, Bourgogne, c'est cela ? Je dis des bêtises ? Trois niveaux, expliquez-moi.

On ne va pas rentrer dans les détails. Je m'inscris dans le cadre de la politique européenne du vin. Je me suis beaucoup battu, les viticulteurs le savent, pour avoir une organisation commune du marché du vin qui ne soit pas ultra-libérale, qui ne détruise pas les droits de plantation et qui reconnaisse l'effort considérable, cela fait partie de vos catégories des vins de pays, notamment dans les régions du sud mais pas seulement, ou du centre de la France. Nous allons organiser, à travers ce plan de modernisation, la viticulture française.

Alors, vin de pays et vin de cépage, on est bien d'accord ; ensuite, catégorie intermédiaire : territoire régional, Bordeaux, Bourgogne ; et puis il y a le terroir, la typicité du produit : c'est la catégorie supérieure.

Oui, mais on n'invente rien. On reconnaît les différentes catégories de vin avec de grands crus...

Ce sera facile quand même à comprendre pour le consommateur ?

Ce sera plus facile mais c'est davantage un souci d'organisation et de lisibilité.

Cinquante-sept AOC à Bordeaux, c'est trop !

Oui, mais ce sont des vins qui ont tous une identité. Ils se regroupent par bassin, par région. Nous essayons de nous organiser avec les professionnels. Le souci que j'ai, c'est qu'il y ait plus de lisibilité et une combativité plus grandes de tous ces vins sur les marchés internationaux. On ne va pas abandonner, alors que c'est un des principaux postes de la qualité française et du commerce français, des pays entiers qui consomment du vin, des pays émergents...

On consomme de plus en plus de vins dans le monde, 6 % de plus...

Oui, et nous sommes en concurrence avec de grands pays producteurs, les Australiens, l'Amérique latine, l'Afrique du Sud. Et donc, tout ce que je suis en train de faire avec les professionnels, et à partir de la réalité des vins français, c'est cette combativité pour regagner des parts de marché.

Question des auditeurs : D'après vous, sur le prix du poisson, est-ce la grande distribution qui fait trop de marges ou les pêcheurs qui vendent trop cher ?

Les pêcheurs ne vendent pas trop cher. Franchement, je dis "le prix du cabillaud", j'aurais pu citer d'autres catégories de poisson.

Le poisson que nous achetons vient pour l'essentiel de l'étranger, le poisson que nous achetons...

Nous importons, je le rappelle aux auditeurs, près de 80 % du poisson que l'on consomme en France. C'est pour cela que je me bats pour préserver une pêche française, une pêche durable, et cela justifie l'effort que nous faisons avec les marins pêcheurs. Mais par ailleurs, le poisson n'est pas payé au prix du travail qu'il représente. La pêche est un métier dangereux, je rappelle que nous sommes là dans un métier qui le plus dangereux de tous les métiers de notre société, avec 20 morts en moyenne, 20 disparus en mer.

Où va l'argent de cette fameuse taxe de 2 % payée par le consommateur ?

Cet argent va au budget de l'Etat et le budget de l'Etat finance le plan de soutien que j'ai évoqué hier et que nous mettons en place.

Question des auditeurs : Faut-il s'attendre à ce qu'un jour, on ne trouve plus de thons, sardines ou anchois aussi facilement qu'aujourd'hui ?

Ce sont des espèces qui sont fragiles. Il faut d'ailleurs améliorer l'observation conjointe entre les professionnels et les marins pêcheurs. Parfois, il y a des décalages, et effectivement, par exemple, la pêche à l'anchois était interdite depuis quatre ans. J'espère qu'on va observer que les stocks se sont reconstitués, parce que vous savez combien de temps vivent les anchois ? Ils vivent trois ans. Donc ceux qui sont nés il y a trois ans, ils ont eu le temps de naître, de prospérer et de mourir en mer sans être pêchés. Donc j'espère que l'on va pouvoir rouvrir de manière raisonnable la pêche à l'anchois. Pour le thon rouge, il faut faire attention. Donc on a forcément à tenir compte de ces espèces et à tenir compte de leur raréfaction pour qu'elles se reconstituent.

Les OGM : la loi dit - si j'ai bien regarde la loi, je me demande si elle va être applicable cette loi, franchement... - "vous pouvez cultiver des OGM mais il ne faut surtout pas que ces OGM aillent polluer le champ du voisin", c'est ce que dit la loi...

La loi, elle apporte de vrais progrès. C'est pour cela que je n'arrive pas à comprendre comment le PS, qui a approuvé en 2001 - je dis les choses franchement - la directive européenne, monsieur Jospin et madame Voynet, ministre Verte, ont approuvé une directive européenne, il ne fallait pas qu'ils l'approuvent. Nous l'avons, nous, traduite dans la loi française, comme nous y sommes obligés. Et on prévoit beaucoup mieux qu'aujourd'hui - à partir de ce matin, le texte de loi va être opérationnel puisque le Sénat est appelé à le voter dans quelques heures - on va organiser, enfin, de manière claire et responsable, la coexistence éventuelle entre une culture OGM, si on les autorise à nouveau, et des cultures non OGM.

Donc je pourrai cultiver les OGM mais il ne faut pas que je pollue le voisin, c'est ça ?

Vous cultiverez les OGM en devant dire où vous les cultivez, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, donc transparence, avec de la responsabilité, si on constate...

Et si je pollue le voisin ?

Eh bien, il y aura une responsabilité s'il y a une dissémination. Mais je vais, à partir du vote de la loi, nous allons consulter le Haut conseil des biotechnologies, pour préciser ce que sont les distances, comme cela se fait en Allemagne ou dans d'autres pays, pour limiter les risques de dissémination, et puis une évaluation scientifique. Ce texte apporte de vrais progrès, ce n'est pas un texte pour ou contre les OGM, c'est un texte qui prévoit la coexistence éventuelle.

Question des auditeurs : Comptez-vous indiquer toute la traçabilité des produits mis en vente jusqu'à savoir si le poulet qui est à l'origine de mes nuggets a mangé des OGM ?

On sait bien qu'il y a actuellement, pour la nourriture des animaux dans notre pays, des produits OGM. Mais je suis pour la traçabilité la plus complète. Et donc on atteindra, pour dire la vérité, la transparence au consommateur. Simplement, je veux quand même dire qu'on n'a jamais démontré, personne n'a jamais démontré que les OGM étaient dangereux pour la santé.

Et qui a démontré que les OGM étaient sans danger ?

Pour l'instant, jamais la démonstration de danger n'a été faite, c'est pour cela qu'il faut être vigilant...

Ni l'inverse !

Oui, mais ça ne sert à rien de diaboliser.

On a un principe de précaution !

Oui, c'est moi qui l'ai mis dans la loi, et nous l'appliquons précisément dans ce texte. C'est-à-dire, en vertu du principe de précaution, que le président de la République, parce qu'il y avait un risque de dissémination, non pas de danger pour la santé, mais de dissémination sur d'autres cultures, a interdit le seul maïs qui était autorisé en France jusqu'à présent, le Monsanto 810. Le principe de précaution, je le connais bien, je l'ai mis en 1995 dans la loi française, et le président de la République l'a appliqué dans le cas du seul maïs autorisé jusqu'à présent.

Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 22 mai 2008

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