Conférence de presse conjointe de MM. François Fillon, Premier ministre, et de Anders Fogh Rasmussen, Premier ministre danois, sur les politiques communes en matière sociale, climatique et de défense, Copenhague le 23 mai 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse conjointe de MM. François Fillon, Premier ministre, et de Anders Fogh Rasmussen, Premier ministre danois, sur les politiques communes en matière sociale, climatique et de défense, Copenhague le 23 mai 2008.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Voyage au Danemark et en Lettonie le 23 mai 2008, dans le cadre de la préparation de la présidence française de l'Union européenne ; conférence de presse au Château de Christiansborg à Copenhague

ti : Je voudrais d'abord vous remercier de la chaleur de votre accueil et vous dire ou vous répéter l'admiration qui est la mienne et qui est celle du Gouvernement français pour la politique que vous conduisez et pour les résultats que vous avez obtenus : moins de 2 % de chômage, un excédent budgétaire de l'ordre de 6 %, si je ne m'abuse. C'est la démonstration que tous les pays européens, pour peu qu'ils s'en donnent les moyens, peuvent équilibrer leurs finances publiques, atteindre le plein emploi et obtenir des taux de croissance qui permettent ensuite une redistribution en faveur d'une plus grande justice sociale.

Je vous ai indiqué que le Gouvernement français s'était beaucoup inspiré du modèle danois pour construire son programme de réformes, en particulier s'agissant du marché du travail. Nous sommes en train de fusionner l'Agence pour l'emploi et l'assurance chômage pour offrir un meilleur accompagnement des chômeurs. Nous sommes en train de réformer l'assurance chômage elle-même pour assurer un haut niveau d'indemnisation aux demandeurs d'emploi mais, en même temps, en durcissant les conditions d'obtention de cette aide pour ceux qui n'acceptent pas les emplois qui leur sont proposés. Nous sommes en train de proposer un renforcement de la formation professionnelle, notamment en faveur des demandeurs d'emploi. Bref, nous nous inspirons de ce concept danois qui a si bien réussi et que j'étais d'ailleurs venu moi-même étudier en 2006, lorsque je préparais au côté du président de la République, notre programme électoral, celui de la flexi-sécurité. Je vous ai indiqué, d'ailleurs, que nous allons continuer les réformes tranquillement, sereinement, parce que nous avons la conviction que les Français en comprennent de mieux en mieux à la fois la nécessité et l'urgence, comme d'une certaine manière l'a montré d'ailleurs la journée d'action qui avait été organisée hier contre la réforme des retraites.

Mais naturellement, l'essentiel de notre conversation a tourné autour des priorités de la présidence française. Nous avons convenu ensemble que l'Union européenne était plus nécessaire que jamais dans un contexte de mondialisation où les défis à relever étaient plus facile à relever ensemble que de façon isolée. Les priorités de la présidence française de l'Union européenne découlent naturellement des défis de la mondialisation. La première de nos priorités, c'est la question du réchauffement climatique, ou plutôt de la lutte contre le réchauffement climatique.

Nous avons décidé ensemble qu'il fallait lier la présidence française, la politique de l'Union européenne en matière de lutte contre le réchauffement climatique et la préparation de la conférence de Copenhague. La conférence de Copenhague sur le climat ne peut aboutir que si l'Union européenne a montré l'exemple, si l'Union européenne, en particulier, s'est dotée d'un programme très ambitieux de réduction des émissions de gaz carbonique, si l'Union européenne s'est dotée d'une politique de soutien aux pays les plus en difficulté pour des raisons de développement en dehors de l'Union européenne, naturellement dans le contexte de la réduction des émissions de gaz carboniques, si l'Union européenne est capable de peser sur la négociation de Copenhague en mettant en place les instruments de sa réussite.

Nous avons ensuite évoqué notre désir commun de faire progresser la coopération en matière de Défense en Europe. La France a décidé de réintégrer les structures de l'OTAN dans la mesure où, parallèlement, l'Europe était capable d'accroître son effort de défense. Il s'agit de mieux coordonner l'OTAN et l'Europe, il s'agit de faire en sorte que les états européens fassent un effort plus équilibré en matière de défense, notamment pour participer à toutes ces opérations de maintien de la paix qui sont nécessaires - où l'Europe a un rôle à jouer, une responsabilité historique, opération qui sont de plus en plus nombreuses et pour lesquelles nous sommes de plus en plus sollicités.

Enfin, nous avons évoqué le Pacte européen sur l'immigration et l'asile, c'est aussi un défi de la mondialisation que de maîtriser les flux migratoires sur le territoire européen. Il faut que les pays européens travaillent davantage ensemble sur ces sujets, dans un esprit de responsabilité et de solidarité, tout en respectant la diversité de chacun, les cultures, les histoires, les organisations économiques et sociales de chacun. J'ai constaté que nous avions avec le Danemark les mêmes objectifs et une grande proximité de vue sur le fait qu'il faut une approche globale pour faire face aux défis de l'immigration en Europe.

Enfin, nous avons évoqué l'avenir de la Politique agricole commune qui sera une dimension importante de notre présidence. C'est une question de grande actualité, dans un contexte de crise alimentaire mondiale et nous sommes convenus, avec Monsieur le Premier ministre, que nos deux pays devaient dialoguer étroitement sur ce sujet. Enfin, nous avons évoqué la mise en oeuvre du Traité de Lisbonne qui sera une des responsabilités de la présidence française de l'Union européenne en espérant, naturellement, que d'ici cette présidence française, l'ensemble des pays européens auront ratifié le traité de Lisbonne pour qu'il puisse entrer en vigueur au 1er janvier 2009.

Sur tous ces sujets, j'ai indiqué au Premier ministre que nous étions à l'écoute du Danemark parce que le Danemark est un partenaire-clé, qui, sur beaucoup de sujets, a montré la voie en Europe en matière de réforme, qui a beaucoup à apporter à ses partenaires européens, enfin parce que le gouvernement de monsieur Rasmussen a marqué très clairement son souhait de placer le Danemark au coeur de l'Europe. Le Premier ministre m'a d'ailleurs, dans ce contexte, informé du débat en cours sur l'avenir des dérogations danoises. Cette perspective renforce encore l'importance d'un dialogue entre nos deux pays sur les dossiers européens. Voilà l'essentiel des conversations que nous avons eues aujourd'hui et qui marquent la bonne qualité des relations entre la France et le Danemark.


Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 27 mai 2008

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