Interview de M. Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, à Europe 1 le 30 mai 2008, sur le projet de loi de modernisation de l'économie à propos des grandes surfaces et sur la mission de réflexion sur la réforme du financement de la télévision publique. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, à Europe 1 le 30 mai 2008, sur le projet de loi de modernisation de l'économie à propos des grandes surfaces et sur la mission de réflexion sur la réforme du financement de la télévision publique.

Personnalité, fonction : COPE Jean-François, ELKABBACH Jean-Pierre.

FRANCE. UMP, président du groupe parlementaire à l'Assemblée nationale ; FRANCE. UMP, député;

ti : J.-P. Elkabbach.- Voilà que vos députés UMP se divisent à propos de la loi de modernisation de l'économie sur les grandes surfaces. On ne peut jamais compter sur vos députés ?
 
Ah ben, non ! Dites-moi, comment vous commencer la journée ! Ce n'est pas ça l'histoire. L'histoire, c'est que nous on est à fond pour soutenir toutes les réformes qui sont proposées par N. Sarkozy...
 
Ah ben, dites donc !
 
Mais attendez ! ...Parce que je crois qu'elles sont tout à fait dans l'esprit de ce que nous voulons pour aller chercher la croissance. Et ensuite, sur tous ces sujets, on a travaillé depuis trois mois et on a bien avancé. Il reste un seul point sur lequel on discute encore, mais ça a bien avancé là aussi.
 
..."On dispute" !
 
Non, "on discute", c'est l'affaire des grandes surfaces. Et c'est vrai qu'un certain nombre de mes amis députés disent, "est-ce qu'on va réussir à trouver le bon équilibre, notamment pour nos petits commerces ?". Et comme moi je suis très, très favorable à l'idée qu'on trouve une formule qui permette de faire une meilleure concurrence avec les grandes surfaces, entre les grandes surfaces, parce que c'est ça qui fera baisser les prix, eh bien moi je souhaite qu'on continue de travailler. On a bien avancé d'ailleurs là-dessus, je tiens à vous le dire, parce que ces derniers jours, à force de réunions avec le Gouvernement, je trouve qu'on commence à trouver un système qui tient bien la route et qui permet en réalité que la maire, dans cette affaire-là, il ne choisisse pas les enseignes, parce que ça c'est jamais bon, mais qu'il dise à quel endroit on les met. Et ça, ça veut dire un schéma global qui va être, à mon avis, très bon.
 
Je prends encore un exemple : sur les 35 heures, ça repart et vous déclenchez un tollé syndical avec des manifs prévues, CFDT/CGT, le 17 juin.
 
Mais ça, c'est un autre sujet. Moi, je suis très content de voir que le Gouvernement rebondit sur cette proposition qui a été faite d'ailleurs, non pas par le groupe parlementaire, mais par le parti, par P. Devedjian, sur les 35 heures. C'est un sujet dont on parle beaucoup, et donc, sur le fond, nous on est très solidaires du fait que le Gouvernement ait rebondi sur cette proposition. La seule chose c'est que, effectivement, tout ça doit se faire dans un esprit de dialogue. C'est pour ça, d'ailleurs, que moi j'ai proposé que nous fassions une réunion extraordinaire, au sens étymologique du terme, avec tous les partenaires sociaux pour parler de représentativité syndicale et puis d'évoquer avec les différents partenaires sociaux tous ces sujets.
 
Avec - qu'est-ce que j'ai entendu ?! -, « avec les partenaires sociaux » ? C'est-à-dire que vous mettez votre grain de sel dans tous les domaines maintenant ?
 
Vous savez, qu'est-ce qu'on souhaite, nous, en tant que de députés ? On veut aider au maximum parce qu'on croit à la réforme, parce qu'on veut que ça bouge, parce que les temps changent aussi. Vous savez, quand on change la Constitution comme l'a souhaité N. Sarkozy, c'est aussi pour ça, pour que les députés soient plus responsabilisés. Vous savez, le temps où on signait en bas d'un paquet tout ficelé...
 
Non, mais il a dit hier, devant 123 sénateurs de la majorité, "le Congrès de Versailles sera maintenu, je ferai toutes mes réformes, etc. et Versailles sera maintenu quoi qu'il arrive". Est-ce que vous tiendrez, vous, votre majorité ?
 
D'abord, moi, je suis ravi, ravi, ravi, que le président de la République ait dit cela. Je crois que c'est très important qu'on aille jusqu'au bout, jusqu'au Congrès, parce qu'effectivement, chaque jour qui passe, je mesure que les députés prennent conscience du fantastique bouleversement que nous sommes en train de construire ensemble et c'est à l'initiative du Président. On a fait campagne là-dessus. L'idée qu'on rééquilibre les choses, vous savez, on voit bien que désormais, les députés, ils ont changé parce que les temps ont changé, ils ne veulent plus de ces paquets qui arrivent tout ficelés, où on leur dit de voter les yeux fermés. Ils veulent participer...
 
Pas "godillot", comme on disait autrefois...
 
Exactement !
 
Mais en même temps, vous cassez les pieds...
 
Non, mais, j'allais vous dire, en même temps, il ne faut pas le vivre mal, il faut le vivre comme quelque chose de très positif. Il y a une tendance, parfois, en France, dans le débat politique, à hyper dramatiser, au sens grec du terme, hyper dramatiser tout ce qui se passe. Je crois que l'idée que des députés fassent d'autres propositions que ce à quoi le Gouvernement avait pensé, qu'on trouve une bonne solution, dès lors que ça va dans le mouvement, que ça va dans la réforme et pas dans le conservatisme, et moi mon rôle c'est ça, c'est que nous, nous ne soyons pas dans conservatisme, mais dans le mouvement.
 
Est-ce que la commission Copé sur la télévision existe encore ?
 
Je comprends ! Non seulement, elle existe mais je vais vous dire une chose...
 
Mais quelles raisons elle a de poursuivre ses auditions ?
 
Attendez, laissez-moi vous dire mon sentiment là-dessus. L'idée est la suivante : le président de la République nous a confié une mission. Moi, j'ai un principe : quand on me confie une mission, je vais jusqu'au bout. Et avec mes collègues de cette commission, des professionnels, des parlementaires, on a envie de continuer un travail déjà énorme qu'on a fait, parce qu'on va proposer au président de la République, le 25 juin, un modèle complet pour la télé publique de demain.
 
Oui, mais le modèle que vous allez proposer, le rapport est déjà amputé de l'avis des socialistes qui ont décidé qu'ils allaient claquer la porte. Ça va vous faire du vide !
 
D'abord, prenons les choses dans l'ordre. Sur quoi ils ont dit ça ? Ils ont dit ça à la suite du fait que le Président de la République a redit une nouvelle fois, et il n'y aucune surprise là-dedans - d'ailleurs je dis pareil pour moi...
 
Mais est-ce qu'il vous avait prévenu qu'il allait le faire ?
 
Attendez, vous pensez toutes les questions en même temps, je n'y arrive pas, laissez-moi finir !
 
On brûle d'impatience nous, on est comme vous, impatients.
 
Oui, mais on a encore quelques minutes, les choses vont se faire. Donc le président de la République a redit, et je le savais très bien, il a toujours dit qu'il était défavorable à l'augmentation de la redevance. Je vous signale au passage que j'ai toujours dit la même chose aussi, exactement la même chose. Donc, de ce point de vue, moi non plus je ne suis pas favorable à l'augmentation de la redevance, parce que je pense qu'il y a d'autres sources possibles.
 
On va voir lesquels, mais je vous ai posé la question : à quoi sert cette commission quand une partie de ceux qui sont là, et qui devaient donner toute l'ampleur démocratique à un rapport éventuel, s'en vont, vous claque la porte au visage ?
 
D'abord, cela ne concerne que les députés socialistes, quatre personnes sur trente-trois. Ensuite, moi, je leur ai lancé un appel solennel, réfléchir avant de partir, parce qu'ils ont contribué, comme tout le monde et d'une manière très intéressante, au travail que nous faisons. On imagine demain pour que France Télé soit un médial global où on intègre enfin beaucoup plus Internet, qu'on réfléchisse à la modernisation de cette très belle entreprise. Il faut rester, ne serait-ce que par respect pour cette entreprise et pour ses salariés, par le respect pour le travail qu'on fait ensemble, par l'idée, en fait, que sur tout cela nous avons des choses à faire, sinon les Français ils vont croire quoi ? Ils vont croire que les socialistes partent parce qu'ils veulent augmenter la redevance, alors que je sais très bien que les choses sont plus complexes. Nous, on va remettre notre rapport le 25 juin, on continue de travailler avec l'ensemble des collègues, et notamment des professionnels de l'audiovisuel, nous remettrons dans ce rapport des pistes. Certains disent, « on veut quand même augmenter la redevance », d'autres, dont je suis, disent, « on maintient la redevance »... Alors peut-être qu'on peut d'ailleurs l'indexer à l'inflation, ça je crois que c'est quand même quelque chose qu'on peut faire, parce que si on indexe pas à la redevance à l'inflation, elle recule. Ça, ça me parait quand même de bon sens, c'est 2 %. Mais pour le reste, moi je suis partisan d'autres pistes de financement qu'il faut absolument inscrire noir sur blanc dans le rapport qu'on va remettre au président de la République le 25 juin.
 
Mais quand le président de la République a pris sa position sur la redevance, ce n'était pas une surprise pour ceux qui lisent les dossiers, il est fidèle à ses promesses. Mais beaucoup y ont vu - pardon - "un mauvais coup" et une alerte adressée à J.-F. Copé. Pourquoi vos relations se sont-elles dégradées ?
 
J'ai lu ça comme vous, mais cela à un côté un peu, enfin je m'excuse, mais un peu surréaliste, parce que ça ne correspond à la réalité des choses. Quelle est la réalité ?... Là, on dit la vérité. Mais bien sûr, mais je vous le dis !
 
Vous croyez qu'elles sont idéales ?
 
Je vous en ai donné la démonstration en ce qui concerne la redevance, mais c'est pareil pour le reste. Sur tous ces sujets, qu'on ait des discussions, c'est normal. Moi, je vais vous dire une chose : j'ai, depuis le début, avec mes amis députés, la même ligne. D'un côté, on soutient à 100 %, parce que moi je veux que ça réussisse, parce que ces réformes elles sont bonnes, et de l'autre moi je suis garant en tant que président de groupe de 100 % de liberté de débat. D'accord ! Attendez. Ça veut dire quoi ? Il peut se trouver que sur tel ou tel sujet, il y ait des discussions, et après qu'il y ait des interprétations, mais moi je vous le dis, je n'entrerai pas dans ce panneau. Moi, ma responsabilité, elle est celle d'être à la fois animateur de notre majorité à l'Assemblée et en même temps d'être derrière le Président. Je n'ai jamais vu les choses autrement. Cela ne m'empêche pas de dire les choses, parce que je suis fait comme ça, mais pour autant, je vous le dis, moi je n'ai pas une culture de diviseur. J'ai trop vu mes aînés nous faire subir, il y a bien longtemps...
 
Et pourtant, vous passez pour le diviseur. Vous passez pour quelqu'un d'indocile, d'impatient, d'indiscipliné.
 
Oui, enfin, moi je vous le dis, je ne tomberai pas dans ce panneau et je vous le dis très simplement...
 
Et qui vous le tend le panneau ?
 
J'imagine qu'il y a derrière tout ça des gens que ça peut intéresser ou amuser mais je ne tomberai pas là-dedans. Je vous le dis très clairement : ma relation avec le président de la République, c'est une relation qui a toujours été extrêmement directe, qui ne passait d'ailleurs jamais par des intermédiaires, et sur lequel, de manière générale, on s'est toujours entendus. C'est lui qui m'a encouragé à devenir président du groupe. Je me suis mis à fond dans cette tâche et je le fais avec mes amis députés avec une idée simple : on renforce les pouvoirs du Parlement pour moderniser notre pays, pour faire en sorte que les débats sur tous les sujets, y compris les sujets sociaux, comme je l'ai dit à l'instant, mais aussi les sujets économiques, les sujets institutionnels, on en parle ensemble. C'est ce qu'on appelle d'ailleurs "coproduire les réformes".
 
Aujourd'hui, vous faites un tableau idyllique, on ne le voit pas tous comme ça, mais quand vous dites, "oui, je suis ambitieux, oui je serai un jour candidat à l'Elysée", est-ce que vous croyez pas que trop d'ambitions personnelles prématurées, trop souvent exprimées, finissent par agacer ?
 
Mais vous me faites sourire parce qu'en fait, je ne dresse pas un tableau idyllique, j'explique ce que nous essayons de faire ensemble. Vous savez, on est en début de quinquennat, c'est normal que chacun cherche un peu ses marques par rapport à ça. Pour le reste, je déteste l'idée qu'on n'assume pas quand on est ambitieux. La seule chose que je dis, c'est qu'être ambitieux ça ne suffit pas à soi tout seul, il y a des raisons pour ça, je me suis engagé pour mon pays, j'ai choisi l'engagement politique, et je trouve que dans la vie, il faut dire les choses aux gens, on ne va pas tourner autour du pot et leur dire, "je ne sais pas, j'hésite, je me demande..." Mais croyez-moi, je fais les choses dans le bon ordre. Aujourd'hui, je suis dans ma mission avec une idée, c'est que ça marche.
 
Quand on vous rapporte le propos de N. Sarkozy, qui aurait dit à l'adresse de tous les ambitieux, "on ne peut pas sauter 2,40 mètres avant d'avoir sauté 1,80 mètre" ; est-ce que vous vous entraînez au saut en hauteur ?
 
J'ai compris, comme il le disait en Conseil des ministres, que c'était à la limite de faire peut-être même un décret pour inviter à faire plus de sport et de saut en hauteur, ce qui, après tout, est une bonne idée. Bon, pour le reste, sur le moment, je vais vous dire : j'ai trouvé ça un peu injuste parce que c'était au moment où nous avions cette affaire d'accident de parcours sur les OGM, où on a été battus d'une voix sur une motion de procédure. C'était vraiment l'accident de parcours, je l'ai assumé à fond parce que c'était ma responsabilité. Et je dois dire de ce point de vue, que ce qui me parait important dans la vie c'est qu'on assume les choses. Quand il y a une difficulté, dans ces moments-là, on souhaite toujours être le plus rassemblé possible, et moi, personnellement, dans ces cas-là je pense qu'il y a qu'un mot qui compte : on est solidaires dans la famille.
 
J'ignore si vos rencontres avec le président de la République sont fréquentes, les tête-à-tête, si un prochain rendez-vous est prévu, mais pour le président du groupe de députés UMP, l'Elysée, si vous allez, c'est Canossa ou c'est la fronde ?
 
Mais ni l'un ni l'autre ! La formule est jolie mais c'est ni l'un ni l'autre, je ne vais pas non plus vous la jouer comme ça. L'idée c'est tout simplement, quand on est président de groupe, il faut absolument qu'on voie régulièrement le président de la République, ce qui est d'ailleurs le cas, et je le verrai d'ailleurs à nouveau. On se voit très souvent, on se parle très souvent, et après, on lit les journaux et parfois on se dit, "c'est sympathique mais ce n'est pas tout à fait la vérité", mais c'est une histoire journalistique, pourquoi pas...
 
Et personnelle et réelle aussi...
 
Il y a toujours des choses qui sont vraies dans tout ça, mais après, elles sont un peu sur-interprétées. La seule chose que je peux vous dire c'est que moi...
 
Attention au pot de fer contre le pot de terre, surtout sous la Ve République...
 
Je reçois le message de la sagesse. La seule chose que je veux vous dire, c'est que sur tous ces points, moi, je suis très, très calme sur une idée, c'est que nous, nous voulons être un pôle de stabilité, de solidité, de réformes et de débats.
 
On revient au fond, sur la commission Copé et surtout la télévision publique. D'abord, est-ce qu'il fallait faire cette réforme ?
 
Elle a un avantage cette réforme. Au début, elle a beaucoup bouleversé les esprits, et tout le monde s'est dit, « mais comment ça va se passer »...
 
Dites la vérité !
 
Mais laissez-moi dire, à chaque fois vous me faites ça.
 
Mais parce que partez dans une explication qui va dire qu'elle est formidable cette réforme et on ne le croit pas...
 
Laissez-moi finir ma phrase, après vous me mettrez la note que vous voulez. Je termine.
 
Non, je ne mets pas de note.
 
Je termine juste là-dessus. Au début, c'est vrai que ça a beaucoup troublé les esprits, mais moi je pense une chose, c'est qu'avec cette réforme, en fait ça nous invite tous à bousculer les lignes, à faire en sorte qu'on soit obligé d'imaginer un nouveau modèle de télé publique. C'est pour ça d'ailleurs que la commission ira jusqu'au bout et que nous essayons à travers toutes les auditions de trouver des formules super originales, parce que ça nous oblige à l'originalité.
 
Parce que l'audiovisuel et la communication changent complètement...
 
Non seulement tout a changé, mais cette décision sur la pub nous oblige à être original, à être audacieux, et c'est ça qui est intéressant. Et de manière générale, d'ailleurs je vais vous le dire, N. Sarkozy, même s'il est l'objet des critiques et autres, n'empêche que sur tous ces sujets, il fait énormément bouger les lignes. Il nous oblige à réfléchir sur ce qu'on veut faire, il nous oblige même à réfléchir sur nous-mêmes et ça c'est très utile.
 
On va être concret : les télévisions publiques, est-ce qu'elles auront le droit à une deuxième coupure de publicité dans les programmes ?
 
Les télévisions privées, je pense ?
 
Les télévisions privées, bien sûr.
 
Moi, j'y suis tout à fait favorable, on n'en a pas encore parlé dans la commission, mais moi j'y suis tout à fait favorable. Et je suis même favorable à ce que l'application de la directive télévision sans frontières soit élargie sur ces sujets de publicité avant même la suppression de la publicité sur la télé publique.
 
Donc, très vite ?
 
Oui, parce que les télévisions privées, il n'est pas question qu'elles soient appauvries, bien au contraire, surtout dans cette période où elles connaissent...
 
Mais là, elles ne vont pas être appauvries. TF1, M6 et Canal +, la plupart des gens disent qu'elles vont récolter une part de la pub qui ne va plus aller dans la télévision publique.
 
Vous avez raison, mais donc il faut bien la mettre quelque part. Si dans le même temps vous n'augmentez pas les espaces publicitaires pour les accueillir, je ne vois pas où elles les mettront.
 
D'accord, mais alors vous augmenterez la taxe que vous ferez sur les privées ?
 
Non, mais l'idée, de toute façon, c'est qu'il y ait une taxation sur les recettes publicitaires supplémentaires mais pas une surtaxation, une taxation, il faut que tout ça soit proportionné sur les recettes publicitaires supplémentaires liées à la suppression de la pub sur France Télévisions.
 
Et alors qui va payer ?
 
Ce sont les chaînes privées qui paieraient une petite taxe sur ce supplément de recettes. Mais mon idée c'est que je pense que dès maintenant, enfin dès maintenant : très rapidement, une fois que nous aurons remis notre rapport, on réfléchisse à la possibilité d'élargir déjà pour les télévisions privées, la possibilité d'avoir plus de publicité pour qu'elles s'organisent dès maintenant, parce que ça veut dire, à la clé, pour elles la possibilité de financer plus de créations et nous en avons besoin.
 
Combien le montant de taxe ?
 
Nous l'avons chiffré ; je rappelle que nous supprimons 450 millions de publicité dans un premier temps, puis 650, donc l'idée est peut-être d'aller jusqu'à 80 millions, par exemple, qui permettraient de financer l'Institut national de l'audiovisuel qui travaille beaucoup sur les droits de la mémoire audiovisuelle. Mais enfin, ce n'est pas l'essentiel. Pour moi, l'essentiel c'est de faire rentrer dans ce club, si j'ose dire, de la télévision les fournisseurs d'accès et les téléphones mobiles qui font, vous le savez, un chiffre d'affaires extrêmement important et qui diffusent de l'image.
 
Mais qui vont le répercuter sur les prix, leurs tarifs.
 
Non. C'est tout l'intérêt de notre système, justement, c'est que nous faisons, nous imaginons une taxe qui serait sur le chiffre d'affaires qui est très important, une taxe très faible, de l'ordre de 0,5 %, et comme il y a une très grosse concurrence dans ce secteur - l'offre triple play, par exemple, elle est à 29,90 euros -, personne ne pense qu'on augmentera le prix pour les consommateurs parce que c'est concurrentiel.
 
Combien d'économies la commission Copé demandera-t-elle au service public ?
 
Alors, ça c'est très important. D'abord, je vais vous dire une chose : nous nous faisons deux blocs, un premier bloc de ressources pour compenser la suppression de la pub, mais un deuxième bloc, qui est tout à fait lié, pour développer France Télé parce qu'il ne s'agit pas seulement de trouver de l'argent pour compenser la suppression de la pub, il faut développer l'entreprise avec Internet, avec beaucoup de choses.
 
D'accord, mais vous lui demandez des économies, ça veut dire que toutes ces ressources nouvelles, il faut qu'elle les trouve à l'intérieur d'elles-mêmes.
 
Non, vous avez attendu, on a parlé de taxe supplémentaire sur les fournisseurs d'accès, de contribution de l'Etat, etc. Mon idée est que si elle réalise des économies, elle les met dans son développement.
 
Combien, combien vous attendez ?
 
Ça, c'est un chiffrage qu'on va vers à la fin, je vous le redirai. Mais l'idée c'est que l'idée les économies qu'elle réalise, et bien sûr qu'elle peut en réaliser, les synergies qu'elle peut faire, cela ne doit pas servir à financer la suppression de la pub, cela doit servir à son développement. Comme d'ailleurs elle récupérera également des sommes liées au passage de l'analogique au numérique, près de 100 millions par an, plus un certain nombre de choses que France Télé récupérera. Eh bien, ça, la diversification, ça ira dans le développement de l'entreprise, pas dans la compensation de la perte.
 
C'est vous qui allez être le rapporteur à l'Assemblée nationale ?
 
Bien entendu, l'histoire continue puisque dans la foulée, il y aura une loi et j'en serai le rapporteur pour marquer ainsi, en tant que président du groupe UMP, l'importance que nous, les députés UMP, nous attachons à la télé publique.
 
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 30 mai 2008

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