Déclaration de M. Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, sur la vocation de l'UMP d'être à l'avant-garde de la politique de justice sociale du gouvernement, Paris le 12 juin 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, sur la vocation de l'UMP d'être à l'avant-garde de la politique de justice sociale du gouvernement, Paris le 12 juin 2008.

Personnalité, fonction : DEVEDJIAN Patrick.

FRANCE. UMP, secrétaire général

Circonstances : Convention sociale organisée par l'UMP sur le thème "Innovons pour la justice sociale" à Paris le 12 juin 2008d

ti : Mes chers amis

Pourquoi cette convention ? Pourquoi la justice sociale ?
Le rôle d'un grand parti populaire, c'est d'être le porte-parole des aspirations du peuple. De répondre aux inquiétudes et aux attentes des Français qui souffrent.
Un troisième choc pétrolier et le ralentissement de l'économie mondiale.
En organisant cette convention, l'UMP est au coeur de sa vocation ; celle d'être à l'avant-garde de la politique gouvernementale.
C'est à nous d'avoir de l'imagination. Et dans le secteur social peut-être plus que dans les autres.
La politique du « toujours plus » - plus de dispositifs, empilés les uns sur les autres, plus d'argent, dépensé sans évaluation des résultats produits, souvent pour se donner bonne conscience -, a fait la preuve de son inefficacité.
Car la justice sociale est d'actualité quand il y a 7 millions de pauvres. Même si le nombre global n'augmente pas, la situation de beaucoup s'aggrave et singulièrement celle des travailleurs pauvres qui sont 1,7 million, victimes souvent du temps partiel subi.
La meilleure politique sociale qui soit, c'est celle qui réduit le champ de la pauvreté en créant des emplois.
Le travail est le premier moteur de l'économie. L'économie, le meilleur allié du social.
Pour partager la richesse, il faut déjà être en mesure de la produire.


La France sera prospère si les entreprises, et principalement les PME, deviennent les grands acteurs de ce quinquennat. Donnons leur les moyens de tenir le premier rôle !
Et je le redis aujourd'hui : il faut s'affranchir du carcan des 35 heures, qui ont fait tant de mal à nos PME, aux salaires des Français et à leur pouvoir d'achat et qui nous coûtent si cher en allègement de charges pour travailler moins.
Cher Jean Kaspar, j'ai bien reçu vos arguments. Je voudrais simplement vous dire que le temps politique est un peu plus rapide que le temps syndical.
Au point où nous en sommes, la question de la représentativité est aujourd'hui tranchée, en accord avec les partenaires sociaux. Nous n'y reviendrons pas et respecterons la « position commune » pour son volet « représentativité ».
Sur la durée du travail, car au fond c'est là que le bât blesse, nous estimons que l'accord manque de contenu.
Les syndicats le reconnaissent en proposant de prolonger la négociation.
Par ailleurs, nous sommes attachés au dialogue social, mais dois-je rappeler que c'est au Parlement qu'il appartient de faire la loi ? Le Parlement qui représente le peuple, 100 % du peuple. Il est un peu délicat de le priver du droit d'amender.
J'ajouterai que la possibilité de déroger aux 35 heures dans les entreprises donnera du grain à moudre aux partenaires sociaux.
Que le dialogue social ait lieu désormais dans les entreprises, au plus près des salariés, c'est pour les syndicats un nouvel acquis qui améliore leur représentativité, qui renforce leur rôle, et qui n'interdit d'ailleurs pas de lier la négociation salariale à celle du temps de travail.
Donner le premier rôle aux entreprises, cela passe aussi par des règles économiques plus justes.
Nous voulons aller plus vite et plus loin dans la moralisation indispensable du capitalisme.
D'abord, en mettant fin aux abus constatés dans les grandes entreprises. Je pense à la pratique scandaleuse des « parachutes dorés ». Ces méthodes financières perverses qui permettent de récompenser les échecs des dirigeants. Nous demandons au MEDEF, qui a souhaité intervenir lui-même, de faire des propositions concrètes afin de mettre fin, au plus vite, à ce que nous considérons comme un motif de « désordre public ».
Ensuite, nous proposons l'instauration d'un plancher fiscal, qui serait le pendant du plafond fiscal.
Il ne faut pas décourager l'effort, mais il y a une justice fiscale à laquelle personne ne doit pouvoir se soustraire.
Il existe aujourd'hui des personnes qui ont de très hauts revenus et qui, jouant avec les subtilités de notre droit fiscal, notamment en cumulant ce qu'on appelle des « niches fiscales », arrivent à payer peu, voire pas du tout d'impôt.

Est-il normal que des contribuables normalement redevables de plus de 800 000 euros d'impôt sur le revenu aient droit, après réductions, déductions ou dégrèvements, à un chèque du Trésor public ?


Pour les plus aisés comme pour les plus modestes, c'est toute notre manière de considérer le partage de la richesse qui est à reconsidérer.
L'assistanat ne doit plus être le mode normal de redistribution des richesses.
Nous proposons la création d'un « dividende salarial », dont Frédéric LEFEBVRE et ses interlocuteurs nous ont parlé tout à l'heure et que Guillaume PEPY a inauguré à la SNCF, réalisant une évolution remarquable.
Mais il n'y a aucune raison pour que les seuls salariés des grandes entreprises bénéficient des dispositifs d'intéressement et de participation.
Et puis, nous voulons favoriser l'accès au travail à temps complet pour ceux qui le souhaitent. Lutter contre le temps partiel subi en encourageant la « polyactivité » dans les entreprises, c'est-à-dire le cumul de fonctions pour atteindre un temps plein. Et aider les femmes à concilier vie familiale et vie professionnelle, notamment par l'assouplissement de la réglementation des crèches.
Enfin, nous soutenons et nous participons activement à l'un des grands chantiers lancés par Nicolas SARKOZY, celui du RSA, le Revenu de Solidarité Active.
Je voudrais redire avec amitié à Martin HIRSCH que nous sommes d'accord avec l'objectif de réduire la pauvreté d'un tiers sur 5 ans.

Oui à l'abolition du travail gratuit ! le travail doit être plus rémunérateur que l'assistance et il est décourageant de se voir déduit des prestations sociales les revenus du travail au point de les annuler.

Il faut trouver 1,5 milliard d'euros pour le RSA a dit Martin HIRSCH, le plafonnement des 73 mds d'euros des niches fiscales doit le permettre. Et il est bien vrai qu'il faut réfléchir à la réduction de l'allègement des charges pour le temps partiel qu'il n'est pas nécessaire d'encourager au point de multiplier les travailleurs pauvres.

Nous sommes tous d'accord sur le principe du RSA. Mais nous considérons, à l'UMP, que plusieurs conditions doivent être réunies pour assurer son succès.

Le RSA doit être avant tout un encouragement au retour à l'emploi. Pour cela, il faut garantir à celui ou celle qui reprend un emploi qu'il y gagnera réellement. Je reviens encore à la nécessité de lutter contre le temps partiel subi car c'est de là que vient le problème des travailleurs pauvres.

Et puis, nous ne voulons pas que des ménages de salariés modestes, qui gagnent difficilement mais dignement et courageusement leur vie aujourd'hui par leur travail, se retrouvent demain socialement stigmatisés et financièrement pénalisés.


Je suis reconnaissant à François FILLON d'être venu annoncé ici la logique et l'efficacité de nos réformes : 3 par semaine !
Les réformes entreprises par le Gouvernement de François FILLON visent toutes au même objectif : permettre à la France de rattraper son retard.
C'est LA condition pour sauver notre fameux modèle social, auquel les Français sont attachés.
Pour en préserver l'esprit, acceptons d'en modifier la lettre.
Sur la question de l'emploi des seniors, nous avons bien entendu les réserves des organisations syndicales.
Nous sommes de leur côté pour dire au Gouvernement : tout doit être fait pour changer les mentalités : des incitations fiscales, l'accès à la formation professionnelle sans limite d'âge, la fin de la dispense de recherche d'emploi et, pourquoi pas, la prise en compte des efforts consentis dans ce domaine pour l'accès aux marchés publics.
En revanche, nous sommes favorables au cumul emploi-retraite. Le dispositif actuel pénalise d'abord les petites retraites.
Il faut réformer notre système de santé, poursuivre la réforme de l'hôpital dans la perspective d'une gestion plus rigoureuse, d'une amélioration de la qualité des soins, et du maintien d'une égalité d'accès aux soins sur tout le territoire.
Nous sommes aussi favorables à la mise en place d'un 5ème risque « dépendance ». 6 Français sur 10 ont déjà été ou sont confrontés à ce problème. L'allongement de la durée de vie va augmenter le nombre. Il faut inciter les Français, et en particulier les plus modestes, à avoir recours à des mécanismes de prévoyance, comme le Premier Ministre l'a annoncé.
En contrepartie d'une solidarité renforcée, avec, en particulier, une revalorisation de l'APA à domicile.
Ce secteur des métiers de la santé, de l'aide à la personne, est un vivier d'emplois qui, par nature, ne sont pas délocalisables. Ils sont une partie de l'économie de demain.
Il en va de même du secteur de l'économie sociale et solidaire. Les Mutuelles, les associations, les coopératives contribuent à créer de la richesse et à enrichir le tissu social. Ce pan de l'économie étranger à la notion de profit n'en mérite pas moins tout notre intérêt. Je demande au Gouvernement de réfléchir à une grande loi sur le secteur associatif et l'économie sociale, comme Daniel LAMAR l'a évoqué.


Nous n'avons pas besoin de statistiques pour voir que notre système éducatif est incapable de gommer les handicaps qui pénalisent les enfants issus des classes défavorisées.
Depuis une trentaine d'années, nous avions abandonné l'école à la gauche et à ses idéologues, y compris quand nous étions au pouvoir.
Les résultats se passent de commentaires : 160 000 élèves sortent chaque année du système scolaire sans qualification.
Les enfants issus des classes modestes sont les grands oubliés de l'ère socialiste.
L'égalité réelle des chances doit redevenir l'exigence première du modèle social français.
Cette égalité des chances commence sur les bancs de l'école.
Sur cette question, je dois dire que l'UMP apporte un soutien sans réserves aux réformes conduites par Xavier DARCOS pour construire la nouvelle école voulue par Nicolas SARKOZY, avec en particulier la suppression de la carte scolaire, les études dirigées, ou encore les stages gratuits de remise à niveau durant les vacances pour les élèves en difficulté.
Il faut que notre jeunesse renoue avec une logique de réussite.
Aujourd'hui, quelle carte de France y a-t-il dans le paysage mental de notre jeunesse ?
Celle de la discrimination à l'embauche pour ceux issus des banlieues.
Pour beaucoup d'autres, celle d'un marché du travail fermé, au mieux d'un sentiment de déclassement à peine leur vie active commencée.
Pour tous, une obsession légitime : comment conquérir son autonomie quand le logement est inaccessible, comment entrer dans un monde dont les portes vous sont fermées ?
Si nous voulons que nos enfants croient en l'avenir, nous devons être capables de leur proposer autre chose que l'éternelle rengaine de nos inquiétudes, aussi légitimes soient-elles.
A UMP, nous croyons aux choix que nous avons faits, à la France de l'effort et du mérite.
Nous proposons l'adoption d'un pacte avec notre jeunesse, qui serait une sorte de « New Deal pour les Jeunes ».
« Travaillez, engagez-vous ! Nous vous garantissons la réussite, la récompense de vos efforts, l'autonomie et la liberté de choix. »

Les politiques mises en oeuvre vont déjà dans ce sens à travers diverses dispositions, notamment l'augmentation des bourses, les contrats d'autonomie pour les jeunes des banlieues.


L'ascenseur social, il faut pouvoir le prendre à tous les étages.
Il est impératif de réformer la formation professionnelle dont on connaît trop les faiblesses, les injustices et l'inefficacité. IL y a là 27 milliards d'euros dont une partie devrait financer les moyens d'une seconde chance.
Cette seconde chance que notre société refuse aux jeunes sans qualification, aux chômeurs de longue durée, aux détenus, aux exclus, il faut en faire l'idée force de la réforme de la formation professionnelle
Pour les très jeunes, nous souhaitons la généralisation des « écoles de la seconde chance ». En priorité, dans les bassins d'emploi où le chômage des jeunes est le plus élevé.
Pour les autres, il faut multiplier les expériences.
La France du 21ème siècle doit devenir une société de la seconde chance, car le monde de demain est celui des vies multiples.
Enfin, je ne peux pas ne pas évoquer la question du logement pour tous les Français, une question centrale.
Les constats et propositions de Robert DOMENGET méritent d'être écoutées : 62 % des personnes sans logement vivent dans des hôtels appartenant à des marchands de sommeil, 47 % du parc social est en sous-occupation et dans Paris, un logement sur deux est occupé par une personne seule.
Au plus fort de leur générosité, les socialistes construisaient 42 000 logements par an (2000). Nous en construisons 100 000 de plus chaque année !
J'irai pour ma part plus loin. Afin d'encourager les villes à respecter la loi SRU et favoriser la mixité sociale, pourquoi ne pas aider en priorité les communes qui ont moins de 30 % de logement social ?
Pour nous, les choses sont simples : la justice sociale n'est pas une enseigne, c'est une obligation de résultat.


Pour finir, je retiendrai deux choses de cette journée.
La première, c'est que le débat social, aujourd'hui, il se fait chez nous, dans nos rangs.
Nous avons su nous saisir de ce thème de la justice sociale, domaine soit-disant réservé de la gauche bien pensante, et je m'en réjouis ! Nous avons su le faire, aussi, en débattant avec les syndicats.
Je tiens à rendre hommage au changement profond que nous constatons dans le paysage syndical français. Je pense notamment à la CGT qui a su se défaire de sa stratégie d'opposition systématique, comme nous l'avons vu sur la question de la représentativité.
Et puis, je voudrais tirer un coup de chapeau à la CFDT qui a souvent payé de sa popularité son esprit responsable.
Le deuxième point que je veux souligner, avec un plaisir non dissimulé, tient à la richesse et à la diversité de nos échanges.
Les sensibilités les plus diverses, on l'a vu aujourd'hui, se sont exprimées.
C'est le vrai défi d'un grand parti populaire, c'est mon grand défi comme secrétaire général de l'UMP. Savoir faire vivre les sensibilités, susciter le débat, faire valoir les points de vue, animer des confrontations non pas vers des rapports de force, mais vers la bonne intelligence, pour stimuler la créativité.
Nous sommes aujourd'hui 370 000. C'est une force extraordinaire ! Tous ceux qui avaient quelque chose à apporter et qui ont souhaité s'exprimer ont pu le faire. La seule contrainte imposée fut celle du temps, nécessairement compté. Mais je crois que l'UMP a montré aujourd'hui qu'elle était diverse, qu'elle était créative et qu'elle ne demandait qu'à offrir cette créativité à notre gouvernement et à Nicolas Sarkozy.
Pour cela, je voulais vous remercier tous, très chaleureusement, de votre participation. En souhaitant qu'il y ait encore beaucoup de débats comme celui-ci.

Merci à tous.


Source http://www.u-m-p.org, le 13 juin 2008

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