Conférence de presse de M. François Fillon, Premier ministre, sur les relations franco-espagnoles, les priorités de la présidence française de l'Union européenne, la politique d'immigration et le projet d'Union pour la Méditerranée, Saragosse le 27 juin 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de M. François Fillon, Premier ministre, sur les relations franco-espagnoles, les priorités de la présidence française de l'Union européenne, la politique d'immigration et le projet d'Union pour la Méditerranée, Saragosse le 27 juin 2008.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Réunion de haut niveau sur la coopération transfrontalière à Saragosse le 27 juin 2008

ti : Je voudrais avant tout remercier José Luis Rodriguez Zapatero, remercier le Président de la Communauté autonome de l'Aragon, les autorités de Saragosse qui nous ont toujours reçus d'une façon extrêmement chaleureuse et en même temps d'une façon très simple et très efficace à l'image des relations franco-espagnoles qui n'ont jamais été aussi bonnes.

Nous avons aujourd'hui, José Luis vient de le dire, signé des accords qui sont des accords historiques qui représentent des années et des années de travail, de réflexion, d'hésitations qui, aujourd'hui, ont été résolues en particulier grâce à la confiance qui existe entre nos deux Gouvernements, et grâce à la volonté politique qui est celle du Gouvernement français et du Gouvernement espagnol. Je disais que les relations franco-espagnoles étaient excellentes, nous avons pu le constater d'abord en évoquant les priorités de la Présidence française de l'Union Européenne. Nous sommes d'accord sur l'attitude qu'il convient d'avoir à la suite du référendum irlandais, nous sommes d'accord pour dire que les pays européens doivent continuer le processus de ratification et qu'il faut laisser le temps nécessaire à l'Irlande pour trouver la solution qui lui permettra de sortir de la situation dans laquelle elle se trouve aujourd'hui, mais nous avons aussi un accord parfait sur les conséquences, les leçons qu'il faut tirer du scrutin irlandais.

L'Europe a besoin de réalisations, l'Europe a besoin de projets, l'Europe a besoin de décisions, et à l'image de ces décisions franco-espagnoles qui attendaient depuis si longtemps et qui n'étaient jamais prises, nous voulons que l'Europe montre sa capacité à réaliser les objectifs que lui ont assignés les citoyens européens. C'est la raison pour laquelle nous voulons que sous la présidence française, un pacte européen pour l'immigration et l'asile soit adopté par l'ensemble des pays de l'Union Européenne.

Il s'agit pour nous, de coordonner l'action de l'Union Européenne et des Etats membres dans un domaine où il ne peut pas y avoir d'actions efficaces s'il n'y a pas de coordination européenne. Nous avons examiné ensemble les détails qui doivent encore être mis au point pour que ce pacte puisse être soutenu par la France, par l'Espagne et présenté aux autres pays européens et nous sommes très proches de trouver un accord.

Nous avons également trouvé un accord sur la nécessité de prendre des décisions audacieuses, ambitieuses dans la lutte contre le changement climatique, ce sera une des priorités essentielles de la présidence française. En 2009, il y aura un sommet mondial sur le climat. Ce sommet ne peut réussir que si l'Union Européenne préalablement a pris des décisions ambitieuses qui vont entraîner les autres régions du monde qui ne sont pas toujours concernées ou en tout cas, celles qui sont les plus imaginatives ou celles qui font le plus d'efforts dans le domaine du respect de l'environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique. Nous avons parlé d'énergie, c'est un grand défi européen. L'Europe a besoin de se doter d'une autonomie énergétique et d'une indépendance énergétique. Elle doit travailler sur la question des économies d'énergie, elle doit travailler sur le développement de l'interconnexion des réseaux, elle doit travailler sur le développement des énergies non carbonées, elle doit mettre en place des plans d'urgence pour venir en aide à des Etats membres qui se trouveraient en difficulté d'approvisionnement.

Nous avons évoqué les questions de sécurité et de défense sur lesquelles nous sommes en plein accord. Il faut renforcer les capacités de défense de l'Union Européenne dans le respect de notre solidarité atlantique et je voudrais saluer de ce point de vue le premier roulage de l 'avion A-400 M qui a eu lieu hier à Séville et qui est une belle démonstration à la fois de la volonté politique des Etats européens de se doter d'une industrie d'armement indépendante mais aussi de la collaboration entre la France, l'Allemagne et l'Espagne.

Et puis, naturellement nous avons, évoqué l'Union pour la Méditerranée qu'avec le président Sarkozy, nous envisageons comme une sorte de relance de la politique qui a été initiée à Barcelone. Il s'agit au fond de tirer les conséquences du processus de Barcelone en essayant d'en amplifier le résultat et en particulier en donnant plus d'importance aux pays de la rive sud de la Méditerranée. Nous ne pouvons pas continuer à être avec les pays de la rive sud de la Méditerranée dans une relation d'une grande Union Européenne qui accorde des programmes de coopération. Nous devons construire ensemble ces projets de coopération. Cela sera dans l'esprit de Barcelone et avec la volonté d'amplifier les résultats de ce processus.

Et puis naturellement, nous avons sur les questions bilatérales, comme vient de le signaler le président du Gouvernement espagnol, signé ces accords historiques sur la ligne à très haute tension et sur les infrastructures de transports. C'est la démonstration de ce que la volonté politique est essentielle pour réussir. Lorsque j'étais venu au mois de juillet à Madrid pour rencontrer le Président Zapatero, je lui avais dit que les engagements qu'avait pris le Président de la République française seraient intégralement tenus, il m'avait regardé avec un sourire en se disant « On verra ». Et ben voilà, un an après, on est ici à Saragosse Monsieur le Président et on a respecté tous nos engagements, ce qui laisse penser que les autres engagements, ceux que nous avons pris notamment avec les régions françaises et les collectivités locales espagnoles seront également tenus. Nous avons beaucoup de retard dans la mise en oeuvre des liaisons ferroviaires entre l'Espagne et la France. Nous voulons rattraper ce retard, nous voulons aussi mettre en place des autoroutes de la mer ; nous voulons améliorer les relations autoroutières entre la France et l'Espagne.

C'est notre intérêt mutuel et nous allons démontrer au fil des prochains mois notre capacité à tenir tous ces engagements.

Je voudrais terminer simplement en souhaitant bonne chance à l'équipe d'Espagne dimanche, il y aura beaucoup de Français qui soutiendront cette équipe, faute de pouvoir soutenir la leur.


Questions / Réponses

Q : Est-il exact qu'à la demande de la partie espagnole, la France a accepté de retrancher dans le texte qu'elle compte proposer à ses partenaires européens, la notion de contrat d'intégration pour les immigrés entrant dans l'Union Européenne et si oui, ne s'agit-il pas d'un renoncement important par rapport au projet initial français ?

R. M.Fillon : Comme l'a indiqué à l'instant , José Luis Zapatero , pour l'instant , on n'a rien retranché ni rien ajusté puisqu'on est en train d'écrire ensemble le texte qui sera ensuite présenté au début de l'automne à l'ensemble des pays européens pour être, j'espère, adoptés par les 27.

Il n'y a pas de divergence de fond comme vient de le dire José Luis Zapatero puisque ce qu'on veut c'est que l'immigration légale soit renforcée, c'est que l'immigration illégale soit combattue et c'est que l'Union Européenne soit plus active dans les programmes de coopération. Donc à partir de ces trois éléments-là, il n'y a aucune difficulté pour bâtir un texte qui corresponde à l'ambition de la position française, cette ambition, c'est qu'il y ait une sorte de vision commune européenne des problèmes d'immigration pour que nous puissions apporter une réponse qui soit une réponse coordonnée. Alors y aura-t-il des contrats d'intégration, il y en a en France, les contrats d'intégration, je crois même me souvenir que c'est moi qui les ai inventés, qui les ai créés lorsque j'étais Ministre des Affaires sociales. On verra ce que le Gouvernement espagnol et les autres Gouvernements souhaiteront et naturellement nous mettrons en oeuvre le texte qui correspondra à la volonté de l'ensemble des Etats et vous voyez bien que ce qui compte , c'est d'afficher une position commune sur notre rejet de l'immigration clandestine, notre soutien à l'immigration légale et notre volonté de coopération.

Q : Je voudrais demander à M.Fillon si l'expression « contrat d'immigration » est retirée du texte ou pas ?

R. M.Fillon : Je crois avoir déjà répondu, j ai dit qu'on avait rien noté ni rien rajouté. On discute.

Q : Ma question concerne aussi la ligne transpyrénéenne qui sera donc finalement enfouie sur une soixantaine de kilomètres, ce qui représente une multiplication sur certaines estimations de coût par dix fois. Pourquoi ce choix, comment on explique ce choix, est-ce que c'est le prix de la coopération franco-espagnole ?

R. M.Fillon : Ce choix il s'explique pour une raison simple, c'est que nous traversons une région qui est une région extrêmement fragile sur le plan environnemental et que nous avons voulu la protéger.

Pourquoi est ce que il a été si difficile de se mettre d'accord sur la construction de cette ligne ? peut être n'y avait-il pas suffisamment de volonté politique, et surtout il y avait une vraie difficulté environnementale ; et cette difficulté environnementale, nous avons choisi de la résoudre avec un enfouissement sur 60 kilomètres, ce qui représente effectivement un coût élevé, qui sera un coût qui sera supporté par les opérateurs et qui nous permet de résoudre l'équation qu'il nous fallait résoudre : construire cette ligne sans défigurer les Pyrénées, sans porter atteinte à un environnement qui est particulièrement fragile et qui devait être protégé.

Ce n'est pas celui qui a beaucoup grimpé dans les montagnes des Pyrénées qui se plaindra de cet enfouissement.


Source http://www.ambafrance-es.org, le 11 juillet 2008

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