Interview de Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, dans "Le Figaro" du 7 août 2008, sur l'enseignement supérieur et les réformes engagées dans le cadre du regroupement des pôles de recherche de l'enseignement supérieur. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, dans "Le Figaro" du 7 août 2008, sur l'enseignement supérieur et les réformes engagées dans le cadre du regroupement des pôles de recherche de l'enseignement supérieur.

Personnalité, fonction : PECRESSE Valérie.

FRANCE. Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche

ti :


Q - La France perd une place dans le classement de Shanghai, en dépit des réformes engagées dans l'enseignement supérieur...

R - Nous ne pouvons pas récolter les fruits des réformes immédiatement. Il y a un effet retard. La Suède, pays qui vient de nous doubler dans le classement, a entamé sa réforme universitaire il y a quelques années. L'Allemagne a lancé le programme "Initiative excellence" afin de faire émerger ses universités en 2005. C'est une bataille mondiale dans laquelle d'autres pays ont pris de l'avance sur nous. La Grande-Bretagne a ainsi vingt ans d'avance. Notre objectif est d'avoir dix universités françaises dans les cent premières de ce classement d'ici à 2012.

Les universités françaises - au nombre de 85 - sont émiettées et en souffrent. Notre politique de regroupement des pôles de recherche de l'enseignement supérieur devrait déjà donner des résultats dans le classement de Shanghai en 2010.

Q - Ce classement est très critiqué et la Fage, deuxième fédération étudiante, déplore qu'il soit une référence absolue pour nombre de responsables politiques...

R - Ce classement a des défauts mais il existe. Les chercheurs et les étudiants du monde entier le lisent attentivement. Nous devons le prendre en compte et faire en sorte de donner plus de visibilité aux universités françaises. Le principal défaut du classement de Shanghai est d'être principalement axé sur la recherche et non sur la qualité de la formation, excellente en France. C'est pourquoi nous travaillons sur un classement européen des universités qui mette en valeur ce critère. C'est un des objectifs de la présidence française de l'Union européenne. Dès le mois de novembre, à Nice, nous nous mettrons d'accord sur les indicateurs à retenir. Par ailleurs, l'existence d'organismes de recherche et de grandes écoles n'apparaît pas dans le classement de Shanghai.

Q - De quels maux souffrent les universités françaises ?

R - Elles ont un déficit en matière de culture de recherche et d'insertion professionnelle, mais elles sont prêtes à se battre pour le rattraper. Elles veulent entrer dans la culture du résultat. Vingt universités sont prêtes à devenir autonomes début 2009, c'est très encourageant. Les pouvoirs publics aussi sont responsables. C'est pourquoi nous avons décidé d'augmenter le budget des universités de 50 % et de celui de la recherche de 40 % sur cinq ans. Mais il était impensable d'accorder ces crédits dans un système où les établissements n'étaient pas autonomes.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 8 août 2008

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