Tribune de M. Brice Hortefeux, ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développemenet solidaire, dans "Libération" du 2 septembre 2008, sur la délivrance des visas aux artistes africains, intitulée "Pour une circulation des artistes". | vie-publique.fr | Discours publics

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Tribune de M. Brice Hortefeux, ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développemenet solidaire, dans "Libération" du 2 septembre 2008, sur la délivrance des visas aux artistes africains, intitulée "Pour une circulation des artistes".

Personnalité, fonction : HORTEFEUX Brice.

FRANCE. Ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire

ti : Sans doute trop occupées à préparer le congrès du Parti socialiste qui se déroulera dans leur ville, deux élues rémoises, relayées par un secrétaire national socialiste, ont cru bon de se distinguer, non par une vraie force de proposition, mais par une critique hâtive de la politique du gouvernement en matière d'immigration. Mmes Adeline Hazan et Sarah Ouaja-Ok étant manifestement mal informées, il me semble utile de rappeler la vérité des faits et les principes qui guident mon action.

L'une des missions qui m'ont été confiées par le président de la République et le Premier ministre est de lutter contre l'immigration illégale. Cette tâche m'oblige à considérer, avec lucidité et honnêteté, le problème soulevé par Mmes Hazan et Ouaja-Ok. Les dossiers déposés par des artistes nécessitent un examen attentif par les services consulaires. L'expérience montre, en effet, que les demandes de visas présentées par certains groupes d'artistes, même mondialement connus, peuvent, dans quelques cas, cacher des formes d'immigration irrégulière en France.

On constate également que, trop souvent, les dossiers sont présentés au dernier moment, contraignant nos postes consulaires à les traiter dans l'urgence et la précipitation, alors que les spectacles auxquels prennent part ces artistes sont programmés de longue date. Il me semble naturel de demander aux producteurs des respecter les délais afin de ne pénaliser personne. Malgré ces contraintes, j'ai toujours cherché à favoriser les échanges culturels entre l'Afrique et la France. J'ai ainsi donné des consignes très claires aux services des visas de nos postes diplomatiques et consulaires afin qu'ils examinent, avec bienveillance, les demandes de déplacements à vocation artistique. Ainsi, 6 849 visas d'artistes ont pu être délivrés en 2007, en augmentant par rapport à 2006.

La politique d'immigration et de développement solidaire se fonde, notamment, sur la conviction que la circulation des compétences est un facteur de progrès, aussi bien pour l'Afrique que pour notre pays. Je le crois dans le domaine culturel, mais également dans le domaine politique et économique. Cette logique d'échanges est révélatrice d'un changement dans les relations entre l'Afrique et la France que nous voulons plus en conformité avec ce "que veulent les Africains et perçoivent les Français", pour reprendre les mots du président de la République prononcés au Cap, en février. Je me suis rendu quinze fois en Afrique depuis ma prise de fonction et à chaque fois, j'ai dialogué avec des responsables politiques indépendants. Les cinq accords que nous avons signés avec le Gabon, le Congo, le Bénin, le Sénégal et la Tunisie sont le fruit d'échanges entre Etats souverains. A chaque fois, j'explique quelles sont nos attentes, mais j'écoute aussi quels sont leurs besoins. Au-delà des fausses accusations et des mauvaises informations, j'affirme que jamais un ministre en charge de l'Immigration n'avait autant pris en compte l'intérêt de l'Afrique. C'est aussi cela, la nouvelle politique d'immigration de la France.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 3 septembre 2008

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