Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, notamment sur la réforme de l'enseignement primaire, la mise en place du soutien hebdomadaire individuel et de stages de remise à niveau pour lutter contre l'échec scolaire, le recrutement et la formation des enseignants, Saint-Valéry-en-Caux le 3 septembre 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, notamment sur la réforme de l'enseignement primaire, la mise en place du soutien hebdomadaire individuel et de stages de remise à niveau pour lutter contre l'échec scolaire, le recrutement et la formation des enseignants, Saint-Valéry-en-Caux le 3 septembre 2008.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

ti : Monsieur le maire,


Je veux vous remercier de cet accueil chaleureux. Vous avez tout mis en oeuvre pour que, avec Monsieur Darcos, avec le secrétaire d'Etat aux Handicapés, nous soyons accueillis à l'occasion de cette rentrée scolaire avec toute la chaleur, j'ai envie de dire toute l'humidité, dont est capable la Normandie. En tout cas, c'est un grand plaisir pour moi de vous retrouver, de retrouver tous les élus de votre région, Françoise Guegot, Alfred Trassy-Paillogues qui nous accueille ici dans sa circonscription, Michel Lejeune, que je connais particulièrement parce que c'est un Sarthois qui a trahi la Sarthe pour venir s'installer en Normandie. Catherine Morin-Desailly, Charles Revet. Évidemment je suis tout particulièrement heureux de saluer le maire du Havre, mon ami, pour lequel j'ai le plus grand respect et que je suis heureux de retrouver ici. On est venu pour symboliser ensemble la rentrée scolaire, vous allez me dire c'est comme ça tous les ans, le Premier ministre, le ministre de l'Education nationale se déplacent pour aller dans une classe, pour se faire photographier avec les enfants, pour marquer la rentrée scolaire, mais c'est un évènement très important, c'est un évènement qui rythme la vie de notre pays, c'est un évènement qui est très important pour les 12 millions d'élèves qui vont rentrer à l'école. C'est un évènement qui est très important pour leurs parents, c'est un évènement qui est très important pour les enseignants, qui abordent cette rentrée parfois avec autant d'émotion que les élèves eux-mêmes.

Nous avons assisté ici, dans votre ville, monsieur le maire, à beaucoup de ces moments d'émotion en visitant des établissements scolaires différents, dans lequel on a vu des équipes d'enseignants, extrêmement motivés, avec des projets extrêmement originaux qui nous ont fait la démonstration de leurs capacités pédagogiques en très très peu de temps, et d'une façon extrêmement sympathique, et qui illustraient très très bien cette immense diversité du système éducatif français, que l'on présente souvent comme une sorte de grande machine très lourde, où tout le monde ferait partout la même chose, alors qu'il n'en est rien. C'est un système qui, finalement, malgré sa dimension, malgré ses lourdeurs, est capable de soutenir des initiatives d'une très grande diversité et qui débouche sur une très grande richesse pédagogique. Aujourd'hui, pour notre pays tout entier, ce sont 12 millions d'élèves qui rentrent dans les établissements scolaires ; c'est toute la communauté éducative au sens le plus large, les parents, les enseignants, les élus, les fonctionnaires, qui doivent faire le pari de travailler ensemble, pendant toute une année pour faire réussir les élèves.

La communauté éducative fait le pari de promouvoir les convictions qui sont les nôtres ; et d'abord que la connaissance, la raison, l'esprit critique, sont nos meilleurs atouts pour construire l'avenir. Une communauté éducative qui accueille tous les enfants, dans le respect de leurs différences, et on a eu l'occasion de le constater cet après-midi avec une classe d'adaptation, qui les invite à entrer ensemble dans la société.

Une communauté éducative qui marque son effort auprès de tous les élèves en concrétisant 3 principes qui sont les principes de la République, les principes de la fraternité, de la solidarité. Les acteurs de la rentrée sont, à cet égard, les acteurs de la République. Et je veux, et c'est le but de ma présence ici, qu'ils sachent qu'ils ont notre respect et notre confiance, et au fond à travers nous, celle de tous les Français.

Nous savons que c'est une partie de l'avenir qui s'écrit ici, sur les bancs de nos écoles, de nos collèges, de nos lycées.

Les promesses de notre pays ne sont pas dans les prochaines élections américaines, elles ne sont pas dans les derniers chiffres de la croissance chinoise : elles sont d'abord là, dans les esprits et dans les cartables de nos enfants ! Pour connaître l'avenir de la France, il faut assister à la rentrée des classes, comme Xavier Darcos, Valérie Létard et moi-même venons de le faire ! Je crois dans notre pays, je crois dans ses immenses ressources, dans sa capacité de se dépasser. Mais vous savez aussi que rien n'est jamais acquis. Nous avons tous en tête une série de constats, dont certains sont sévères, qui valent autant d'avertissements pour notre pays. Les tests comparatifs internationaux soulignent la performance qui n'est suffisante de notre enseignement primaire. Les classements mondiaux sont sans complaisance pour nos universités.

Ces difficultés sont réelles. Mais, je veux dire ici qu'aucune ne relève de la fatalité. Avec Xavier Darcos, je crois que rien n'est impossible à un pays qui, depuis deux siècles, a fait de la réussite éducative un axe majeur de son action publique. Rien ne lui est impossible quand on voit le dévouement de ses enseignants. Rien ne lui est impossible, pourvu qu'il s'interroge avec lucidité sur ses défaillances, qu'il prenne en compte les exigences de l'heure, et qu'il joue le jeu de l'adaptation. Au regard de la réussite de nos enfants, ni les méthodes, ni les structures, ni les contenus ne doivent rester intangibles. Nous voulons une école de qualité. Et pour avoir une école de qualité il faut accepter le principe de la réforme, j'allais dire presque permanente.

Et la réforme principale, cette année, c'est celle de l'enseignement primaire. Et il est naturel que Xavier Darcos ait voulu commencé, sous l'autorité du président de la République et avec l'ensemble du Gouvernement, par la réforme de l'enseignement primaire, parce que c'est au stade du primaire que se révèle le potentiel de nos enfants, et c'est à ce stade que doit s'engager le renouveau éducatif.

L'allégement des horaires sera le premier principe de cette réforme de l'enseignement primaire. Depuis des années, rapport après rapport, nous commentons les succès obtenus en la matière par nos voisins européens - mais sans jamais en tirer pour nous-mêmes les conséquences ! Nous nous interrogeons sur la lourdeur des programmes, sur la lourdeur des horaires. Nous expliquons l'importance d'intégrer les connaissances nouvelles dans le cadre d'activités annexes - activités sportives, activités artistiques ou tout simplement familiales - mais sans jamais en donner réellement le temps aux enfants !

Eh bien, ce temps va leur être rendu. En passant de 26 à 24 heures par semaine, l'année scolaire va retrouver un peu de la souplesse et de l'équilibre nécessaires. Et je veux dire d'ailleurs, à cette occasion, que cela ne changera en rien la charge de travail quotidienne des élèves. J'entendais hier des observateurs, qui sans doute n'avaient jamais mis les pieds dans une classe, expliquer que désormais les enfants auraient 6 heures de classe par jour à cause de la réforme de Xavier Darcos. Naturellement, on a toujours eu 6 heures de classe par jour, mais il y aura bien un allègement des horaires.

Evidemment cet allègement des horaires demande des ajustements de la part des enseignants, des parents, des maires ; mais je sais que les difficultés initiales qui sont inhérentes à tout changement s'effaceront très vite devant la "respiration" accordée ainsi aux enfants.

Il en ira de même pour la mise en place des deux heures de soutien individuel hebdomadaires. A travers la réforme du primaire, le Gouvernement est résolu à assurer la personnalisation réelle d'une partie de l'enseignement. Si tous les élèves méritent le même cours, tous n'ont pas besoin pour l'assimiler du même temps, des mêmes approches et du même accompagnement.

Eh bien, ce constat ne doit plus seulement profiter au marché privé des cours particuliers ! Deux heures de soutien personnel gratuit, dans le cadre scolaire, c'est peu diront certains, mais c'est déjà beaucoup, quand cela permet de hisser tous les élèves, quelles que soient leurs dispositions individuelles, à un niveau voisin de compréhension et de maîtrise. Les enseignants retiennent toujours l'hétérogénéité des publics comme un des grands défis de leur métier. Pour y remédier, leur attention, leur dévouement, leur professionnalisme auront désormais un instrument de plus.

Ils travailleront de manière encore plus judicieuse au succès de chaque élève ; et nous refondrons au passage les évaluations nationales, pour que les enseignants et les familles disposent d'un diagnostic plus précis sur la situation de chacun.

Un diagnostic précis, je le souligne, doit avant tout mesurer l'aptitude de l'élève à employer les instruments que l'école lui donne. L'élève qui réussit, ce n'est pas celui qui accumule indéfiniment les connaissances, mais celui qui les réinvestit. C'est celui qui réutilise les méthodes acquises dans l'année en cours pour accéder naturellement à l'année suivante, et pour en profiter au mieux, sans rupture, sans décrochage, du primaire au secondaire, du secondaire au supérieur, et du supérieur à la vie professionnelle.

Avec Xavier Darcos, je suis allé la semaine dernière à Avrillé, dans le Maine et Loire, pour constater l'intérêt des stages de remise à niveau ouverts aux élèves de CM1 et de CM2. J'aurais pu venir ici, où je sais que 16 de ces stages ont eu lieu. Ces stages permettent à de petits groupes d'enfants volontaires de consolider leurs bases fonctionnelles dans les matières les plus importantes, généralement le français ou les mathématiques, à la veille de la reprise des cours. Les premiers chiffres confirment leur succès, puisque entre Pâques et août 2008, 35.000 stages ont déjà épaulé plus de 200.000 élèves.

Chacun de ces stages peut permettre de "sauver" l'année d'un enfant. On le sait, il suffit parfois d'un décrochage dans le primaire pour ternir 10 ans de scolarité. Et bien, cela n'est pas acceptable ! Et c'est la raison pour laquelle nous croyons à l'accompagnement individuel. Et c'est la raison pour laquelle nous travaillons à recentrer les programmes, en vue de garantir leur maîtrise effective !

Entre la richesse des programmes et leur éparpillement, il y avait un équilibre à trouver. Sa recherche est en cours, depuis la loi d'avril 2005, sur le socle commun de compétences. J'ai dit tout à l'heure que les stages de remise à niveau reposaient sur les matières transversales, français et mathématiques - c'est-à-dire celles dont la maîtrise conditionne l'acquisition de toutes les autres. Désormais, c'est tout l'enseignement primaire qui affichera le même pragmatisme. Qu'est ce que nous cherchons- à faire en ciblant notre effort sur les compétences élémentaires ?

Nous ne cherchons pas à mettre en place une éducation a minima, puisqu'il s'agit au contraire et justement d'aider chaque élève à poursuivre son parcours aussi loin que possible ! Nous cherchons à éviter que certains élèves ne se retrouvent traînés d'échelon en échelon, au bénéfice de l'âge - alors même qu'ils ont complètement décroché de la réalité de l'enseignement et des mécanismes d'apprentissage ! Ces élèves, nous le savons bien, concentrent la souffrance, l'humiliation et les situations d'échec social. Leur exclusion est injuste, elle est coûteuse pour la société, et elle est bien souvent irrattrapable. En recentrant les pouvoirs, nous luttons justement pour qu'elle n'apparaisse pas !

Mesdames et messieurs, C'est aux racines de l'échec scolaire que le Gouvernement porte ses efforts. Aucun élève ne doit se voir privé des premiers outils de la réussite professionnelle, de la promotion sociale, et de la réalisation de soi. Aucun ne doit rester, malgré lui, sur le bord du chemin. Je veux saluer à ce propos la qualité de la coordination entre Valérie Létard et Xavier Darcos : elle a permis qu'à la rentrée 2008, 10.000 élèves handicapés supplémentaires soient accueillis dans nos établissements, conformément à la loi de 2005. Je veux aussi saluer la création par le plan "Espoir Banlieues" de 30 sites d'excellence linguistique, artistique ou culturelle autour de 30 lycées pratiquant l'accompagnement individualisé.

Ces lycées répondent aux besoins exceptionnels de populations qui ont cumulé toutes les difficultés de la vie et qui sont aux limites du système actuel. Mais je veux le répéter, c'est à toute notre jeunesse, sans exception, que nous voulons offrir les perspectives du succès.

Le Gouvernement est au rendez-vous de cette formidable attente. Le budget de l'Éducation nationale, dont on parle naturellement beaucoup à l'occasion de chaque rentrée scolaire - je voudrais le rappeler - est le premier budget de l'État, il atteint 59 milliards d'euros. Il continuera d'augmenter : 1,96 % en 2008, 2,1 % en 2009. Non pas que nous pensions, qu'en matière éducative, ce soit la politique du "toujours plus", dont plusieurs décennies ont consacré l'échec, qui soit la réponse. Mais simplement, parce que nous voulons donner à l'une des grandes missions de l'État les moyens de sa modernisation.

Le nombre d'élèves diminuant dans les collèges et dans les lycées, le taux d'encadrement ne baissera pas. Il augmentera même dans le primaire, avec la création récente de 700 postes de professeurs des écoles. Il y a tous les ans un débat sur cette question, il est naturel qu'on débatte, il est naturel que les enseignants qui ont un métier difficile - et on le sait bien et on le constate chaque jour - aient à coeur de le faire dans les meilleures conditions et souhaitent avoir les meilleurs moyens pour le faire, mais en même temps pour que le débat ait lieu, il faut que les chiffres soient donnés. Il faut qu'on parle des choses telles qu'elles sont, il faut que l'on dise la vérité. Nous venons de visiter un lycée, ici, à Saint Valéry, où beaucoup d'initiatives ont été prises, où il y a 620 élèves et 62 enseignants, dans un pays qui est un pays qui a le déficit pratiquement le plus élevé de tous les grands pays développés. Et un déficit qui, mesdames et messieurs, dure depuis plus de 30 ans. Pardon de me répéter pour ceux qui étaient au lycée, mais tous les jeunes Français de moins de 30 ans pensent que cela marche comme ça. Et tous ceux qui ont plus de 30 ans se disent que si ça a duré 30 ans, ça va bien durer encore quelques années. La vérité, c'est que chaque année, le déficit s'accumule. Et la situation est d'autant plus grave que tous les autres pays développés, sans aucune exception, se sont engagés depuis déjà des années dans l'effort de maîtrise de la dépense publique et de réduction des déficits.

C'est-à-dire que, non seulement notre déficit à nous s'accumule, mais en plus, l'écart avec les autres pays développés se creuse, plaçant notre pays dans une situation de faiblesse pour aller prendre les chemins de la croissance, et donc des emplois de nos enfants et des générations futures. C'est la raison pour laquelle nous voulons donner des moyens supplémentaires à l'Education nationale, mais nous voulons le faire dans un cadre raisonnable, qui est celui de la maîtrise des moyens publics.

Nous avons engagé, avec Xavier Darcos, une réforme des lycées. Le lycée français est aujourd'hui celui qui reçoit le plus de moyens de tous les pays développés, sans être le plus performant. Dix-neuf ans après nous être fixés l'objectif de 80 % des élèves au baccalauréat dans une classe d'âge, on n'y est toujours pas.

Eh bien nous, nous, nous voulons nous fixer, avec Xavier Darcos, un autre objectif, celui d'amener 50 % d'une classe d'âge à la licence d'ici 2015. Et c'est le bon objectif lorsque l'on regarde ce qui se passe dans les autres pays développés. Aux Etats-Unis, c'est plus de 60 % d'une classe d'âge qui atteint l'enseignement supérieur et qui sort de l'enseignement supérieur avec un diplôme. Dans notre pays aujourd'hui, c'est autour de 36 ou 37 %.

Là sont inscrits les chiffres de la croissance des années à venir et des générations futures. Là est inscrite la réussite de l'économie, et donc, par derrière, de la vie personnelle des habitants de notre pays. Pour parvenir à cet objectif, la réforme du lycée s'impose.

Elle passe par la personnalisation de l'enseignement - expérimentée en août, sous forme de stages ; et étendue cette année, sous forme d'un accompagnement éducatif après la classe, dans 200 lycées pilotes. Elle passe, elle aussi, par l'allégement des horaires.

Aujourd'hui, nos lycéens reçoivent environ 1.000 heures d'enseignement par an, quand les pays voisins tournent autour de 850. Et là, encore une fois, si les résultats de ces pays étaient désastreux, on pourrait considérer que nous avons choisi la bonne méthode, mais ce n'est pas le cas.

Dès cette année, 70.000 élèves de lycées professionnels entreront dans une préparation du bac professionnel en 3 ans, au lieu de 4.

Quant au lycée d'enseignement général et technologique, je n'ignore rien des résistances qui peuvent freiner son évolution. C'est la raison pour laquelle je veux saluer l'approche pragmatique employée par Xavier Darcos. Elle a conduit tous les syndicats professionnels et étudiants à signer cet été un document de convergence sur les principes de la réforme. A partir de ce document de convergence, Xavier Darcos va poursuivre les discussions avec l'ensemble de la communauté éducative pour parvenir à cette réforme, dont nous voulons qu'elle puisse commencer à s'appliquer pour la classe de seconde, dès la rentrée 2009.

Un an plus tard, c'est la réforme du recrutement et de la formation des enseignants qui prendra effet.

Puisque nous avons des ambitions nouvelles, il faut des acteurs qui soient formés à la hauteur de ces ambitions. Nous voulons que, désormais, les professeurs soient recrutés à bac+5. Franchement, cela ne devrait pas être un sujet d'interrogation. Regardez toutes les professions dans notre pays qui sont recrutées à Bac+5 : est-ce que ce sont des professions qui sont plus stratégiques, plus importantes pour l'avenir du pays que celles d'enseignants ? Et comment s'étonner que ce soit les universités qui, désormais, assurent la formation des enseignants ! Est-ce que les universités n'ont pas été créées pour cela ? Est-ce que les universités ne réussissent pas à former nos médecins, nos avocats, nos ingénieurs ? Est-ce qu'il n'est pas normal que ce soit ces universités, avec leur richesse, avec leur diversité, qui forment demain complètement nos enseignants ?

Les enseignants disposeront ainsi des qualifications et des outils nécessaires à leur performance professionnelle. Leur condition sera revalorisée, avec le versement d'une prime de 1.500 euros en début de carrière ; et au-delà des nouveaux diplômés, c'est l'ensemble du corps enseignant qui verra son pouvoir d'achat nettement accru, par l'augmentation des heures supplémentaires, et par leur défiscalisation, dont il est normal qu'ils profitent comme les autres.

Oui Mesdames et Messieurs, notre prévision budgétaire est responsable, parce qu'elle repose sur un effort sans précédent d'amélioration de la gestion du système scolaire, avec la conversion de 3.500 postes du second degré public en équivalent heures supplémentaires. Oui, notre prévision budgétaire est ambitieuse parce qu'elle devrait permettre de rediriger plus de 410 millions d'euros de pouvoir d'achat vers un corps enseignant plus actif, mieux rémunéré et, je le souhaite, mieux respecté.

La même ambition inspire l'attention que nous consacrons aux parents et aux familles. Le coût de la rentrée est, je le sais, élevé pour les ménages. Nous sommes vigilants sur cette question. Cette année, l'allocation de rentrée scolaire a été augmentée de 50 millions d'euros. Et dans le même temps, sous l'impulsion de Xavier Darcos, le ministère de l'Éducation nationale a conclu un accord avec la grande distribution, qui s'est engagée à vendre à prix coûtant, et sans augmentation par rapport à 2007, une liste de 40 fournitures essentielles.

Grâce à cet accord, on l'a vu, le coût de la rentrée scolaire a baissé de manière significative par rapport à 2007 pour un élève de 6ème. Ce qui montre bien d'ailleurs que tout est possible, qu'il faut discuter, qu'il faut faire pression parfois, et de ce point de vue, j'attends beaucoup aussi de la loi de modernisation de l'économie pour que la concurrence joue dans notre pays à plein et qu'elle permette d'obtenir des prix plus bas, comme c'est le cas dans beaucoup d'autres pays européens.

Voilà ! Vous le voyez, nous n'hésitons pas, quand c'est nécessaire, à remettre en cause des dispositifs que le temps avait statufiés et parfois sanctifiés. Nous menons ces petites révolutions qui transforment la vie des Français. En juillet, nous avons voté la loi sur le droit d'accueil, que soutiennent aujourd'hui 80 % des parents. Faut-il redire que nous ne l'avons pas voté contre les maires, que nous ne l'avons pas voté contre les syndicats ? Je le répète, nous ne réussirons pas les uns malgré les autres. Nous réussirons ensemble une tâche qui est parmi les plus généreuses, et parmi les plus décisives que puisse entreprendre un État moderne.

A chacun, nous voulons donner toutes les chances qu'ouvre la solidarité républicaine. Nous voulons garantir à chaque élève les moyens de construire sa réussite, de manifester sa qualité de citoyen. Nous voulons une profession enseignante reconnue, respectée, dotée des moyens de réaliser sa vocation. Nous voulons une Éducation nationale qui sache répondre devant la nation du bon usage des ressources immenses qui lui sont consacrées.

Je compte sur chacun d'entre vous, sur les parents, sur les enseignants, sur les élus, pour concrétiser cette large ambition qui, je veux le dire, n'est ni de droite, ni de gauche. Elle est tout simplement républicaine.

Les enfants, vous le savez bien, ne doutent pas de nous. Ils sont aujourd'hui au rendez-vous de leur avenir, le crayon en main, la souris de l'ordinateur ou la guitare pour certains d'entre eux. Aucun d'entre eux ne veut ni ne doit échouer. Il existe en chacun d'entre eux une part de lumière qui ne demande qu'à briller. Eh bien, aujourd'hui, nous voulons partager leur confiance et leur énergie, et je voulais ici, de votre ville, monsieur le Maire, avec Xavier Darcos et Valérie Létard dire à tous les enseignants et à tous les élèves de France : bonne rentrée 2008 !


source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 4 septembre 2008

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