Déclaration de M. Xavier Bertrand, ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité, sur la validation des acquis de l'expérience, notamment la VAE dans les secteurs sanitaires et sociaux, Paris le 4 septembre 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Xavier Bertrand, ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité, sur la validation des acquis de l'expérience, notamment la VAE dans les secteurs sanitaires et sociaux, Paris le 4 septembre 2008.

Personnalité, fonction : BERTRAND Xavier.

FRANCE. Ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité ; FRANCE. UMP, secrétaire général adjoint

Circonstances : Présentation du rapport "valoriser l'acquis de l'expérience, une évaluation du dispositif de VAE" à Paris le 4 septembre 2008

ti :

C'est un rapport sans concession, mais c'est un rapport clair, direct, qui dit les choses, et qui nous permet de répondre à la demande.

La VAE est un outil indispensable qui doit pourtant être amélioré.

C'est un outil à la fois pour dynamiser et sécuriser les parcours professionnels. Et dans cette bataille contre le chômage, cette bataille pour l'emploi c'est un élément clé. Nous savons que les derniers chiffres de l'emploi sont des bons chiffres mais nous savons aussi qu'il nous faut nous mobiliser en permanence, à partir de tous les éléments dont nous disposons pour aller vers ce plein emploi, 5% du taux de chômage en 2012.

Le succès de la VAE, ce redémarrage de la VAE est aussi une clé pour remporter la bataille contre le chômage.

Pour le salarié c'est la garantie que son expérience soit mieux valorisée et que cela se voit dans ses promotions, son salaire, sa mobilité.

En France, tout se fonde principalement sur le diplôme initial que ce soit pour recruter un candidat ou que ce soit aussi dans ses évolutions de carrière. Il est temps de changer d'optique ou plutôt de compléter cette optique. La VAE pourtant en 2002, c'était un changement de logique : passer d'une approche académique à une approche pragmatique.

L'expérience professionnelle, le travail effectué concrètement dans une entreprise doivent être davantage valorisés, c'est tout simplement une question de bons sens.

Ce rapport est un rapport sans concession, de grande qualité, exhaustif. Il reste maintenant des éléments de chiffrage à apporter. La VAE doit rester un outil attractif pour les salariés car c'est un outil essentiel pour eux-mêmes, il faut donc pérenniser et améliorer ce dispositif. C'est un outil qui fait toujours consensus. Les partenaires sociaux l'ont rappelé dans l'accord du 11 janvier 2008 sur la modernisation du marché du travail, en souhaitant améliorer cette VAE.

C'est un levier qui oblige les certificateurs à rénover leurs diplômes en prenant en compte davantage les compétences. Je pense aussi que chaque diplôme professionnel devrait être accessible par la VAE, y compris dans certains métiers de la santé qui sont essentiels à la prise en charge des personnes dépendantes ou handicapées et de la petite enfance, ceci étant à mettre en relation avec le défi du 5ème risque par la dépendance et le défi du droit à la garde d'enfant.

C'est un droit individuel des salariés, dans une logique de libre choix. C'est aussi pour tous ceux qui travaillent un engagement à la promotion individuelle, à la promotion sociale.

C'est aussi une démarche qui gagne à associer davantage les partenaires sociaux. Le rapport permet aujourd'hui de pointer du doigt certains dysfonctionnements et de mettre sur la table les améliorations possibles, tout est dit :

* Oui, l'information est trop dispersée et l'offre de diplôme n'est pas assez lisible.

Il faut donc mieux informer sur la VAE, améliorer la lisibilité du dispositif : tout n'est pas une question d'argent, d'autant que tout l'argent n'est pas dépensé.
* Les parcours sont trop longs, parce que les jurys sont difficiles à organiser.
* L'accompagnement n'est pas assez développé et nous le savons les entreprises et les branches ont un rôle essentiel à jouer dans la promotion de la VAE, pour l'encourager.
* C'est un sujet pour le dialogue social, dans le cadre des négociations sur les salaires et les classifications, mais aussi sur la GPEC ou pour l'utilisation des fonds de la formation professionnelle.

Il faut donc aider les entreprises, il faut leur demander de mieux s'approprier cet outil parce qu'aujourd'hui le compte n'y est pas. En 2006, 26 000 diplômes délivrés, 75 000 candidats potentiels, c'est un premier pas c'est vrai, mais ce n'est pas suffisant.

Je voudrais parler maintenant du secteur médico-social, car dans le secteur médicosocial, les ministères sociaux sont des certificateurs actifs et les diplômes sanitaires et sociaux contribuent au développement de la VAE

Quelques chiffres :
* plus de 107 000 candidats de 2002 à 2007, dont une très grande majorité de femmes ; déjà plus de 21 000 ont obtenu le diplôme visé
* c'est une VAE qui concerne à 80% des diplômes de niveau CAP-BEP, mais elle se porte aussi vers des diplômes de niveau bac à Master.
* elle bénéficie aussi aux professionnels de l'aide et des soins à la personne, de la petite enfance, de la protection de l'enfance, aux assistantes sociales et aux responsables d'établissement et de service,
* nous avons eu plus de 32 000 nouveaux candidats en 2007 et le pôle sanitaire et social est le 2ème après l'Education nationale ; les diplômes d'Etat d'auxiliaire de vie sociale et d'aide soignant sont les deux certifications les plus demandées au titre de la VAE en France.

Le succès de la VAE dans ce domaine montre bien que la professionnalisation des métiers sanitaires et sociaux est un réel défi. D'ailleurs le plan métier pour le médico-social dont l'expérimentation a été lancée par Valérie Létard s'inscrit tout à fait dans cette logique de la VAE.

Concrètement cela marche parce que les référentiels des diplômes sont étroitement articulés avec les pratiques professionnelles, et les branches professionnelles soutiennent fortement la VAE en finançant l'accompagnement et les formations complémentaires La VAE est donc adaptée aux parcours de qualification en cours d'emploi et le secteur médico-social joue un rôle important et va jouer un rôle croissant pour l'insertion et la réinsertion professionnelle.

Tout cela montre bien que la VAE est un outil adapté qui doit être amélioré pour que les salariés de tous les secteurs puissent en profiter, je voulais à la fois le dire pour le secteur sanitaire et social et tout simplement montrer que si nous sommes trois, nous pouvions au moins être cinq avec Christine Lagarde et Valérie Létard tout simplement pour vous montrer qu'à la suite de ce rapport l'engagement est un engagement collectif de plusieurs secteurs ministériels, parce que l'heure n'est plus au discours sur l'intérêt de la VAE, ces discours ont tous été entendus, l'heure n'est plus au constat sur la situation, l'heure était à l'évaluation, c'est fait et de fort belle façon, l'heure est maintenant à la prise en compte de cette évaluation et au fait de passer à la vitesse supérieure en matière de VAE.


source http://www.travail-solidarite.gouv.fr, le 5 septembre 2008

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