Interview de M. François Bayrou, président du Mouvement Démocrate (MoDem), à Europe 1 le 19 septembre 2008, sur le fichier de personnes EDVIGE et sur le règlement de l'"affaire Tapie". | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. François Bayrou, président du Mouvement Démocrate (MoDem), à Europe 1 le 19 septembre 2008, sur le fichier de personnes EDVIGE et sur le règlement de l'"affaire Tapie".

Personnalité, fonction : BAYROU François, FOGIEL Marc-Olivier.

FRANCE. UDF - Mouvement démocrate, président;

ti : M.-O. Fogiel- Vous êtes le président du MoDem et vous êtes l'un des premiers sur Europe 1 a avoir tiré à boulets rouges sur le fichier EDVIGE. Le Gouvernement a finalement un peu capitulé. Vous êtes heureux ce matin ?
 
En tout cas, cela montre que cela sert de se battre. C'est une victoire pour tous ceux qui croient qu'un pays démocratique a des principes et qu'on ne peut pas y faire n'importe quoi. Et cela prouve aussi que l'opinion publique, quand elle se mobilise - j'avais appelé à un mouvement de refus républicain - eh bien, elle se fait entendre et qu'elle réussit à faire triompher des principes qui entre nous sont des principes élémentaires.
 
Mais est-ce que vous êtes rassuré ? Vous deviez déposer par exemple un recours devant le conseil d'Etat, J-P. Elkabbach me le rappelait. Est-ce que par exemple ce recours vous n'allez plus le déposer ?
 
Nous avons déposé un recours mais ce recours devient sans objet puisque ce décret...
 
Vous le retirez ?
 
Non, non, ce n'est pas cela, c'est que le décret a disparu. Et donc, évidemment, tout cela est désormais sans objet. Disons que s'il est vrai que le nouveau décret supprime - j'attendrais de le lire - tout fichage des élus détenteurs d'un mandat électoral ou bien des responsables syndicaux, économiques, religieux...
 
Là, ça vous ira.
 
S'il supprime cela et s'il prend un certain nombre de précautions pour qu'une bêtise faite par un mineur ne le suive pas toute sa vie, à ce moment-là, je considérerai que oui c'est un progrès et qu'il faut en prendre acte et que c'est bien.
 
Alors, ça semble être le cas. Nouvel épisode dans la cacophonie gouvernementale : le bonus-malus. F. Fillon dit qu'il n'y aura pas de nouvelles listes. Vous le regrettez ?
 
Oh franchement, alors là... J'imagine que F. Fillon doit s'arracher les cheveux. La manière dont les décisions sont annoncées à grand son de trompe, vantées par les ministres puis ensuite effacées en recul...
 
Mais sur le fond du bonus-malus, est-ce que vous regrettez que des taxes écolos vont être supprimées ou pas finalement...
 
Vous parlez de la taxe pique-nique. Je vous assure que j'étais absolument stupéfait et je l'ai dit comme vous savez, qu'on mette une taxe de plus sur les plus ou les moins favorisés - les plus pauvres j'allais dire - les moins favorisés de la société française. Parce que qui piquenique ? Ce n'est pas les plus favorisés. Quand on crée une taxe, la question n'est pas de savoir sur quoi on fait la taxe mais qui va la payer ?
 
Je comprends bien. Monsieur Bayrou avez-vous entendu la semaine dernière B. Tapie sur Europe 1 ?
 
Non, mais j'ai eu des échos.
 
Si vous n'étiez pas devant votre transistor, vous n'écoutiez pas J.-P. Elkabbach, on vous rafraîchit la mémoire. Ecoutez. B. Tapie : Je ne comprends toujours pas l'écart qu'il y a entre l'importance que vous lui donnez et ce qu'il représente vraiment. Il est à poils politiquement : il a deux députés ; il n'a pas été foutu d'être maire de sa ville et on lui demande en permanence de décerner les bons points, les mauvais points. Qu'est-ce que vous pensez de ça ? Qu'est-ce que vous pensez de ci ? Moi je pense... Foutez-lui la paix. Il ne pèse plus rien le mec. Monsieur Bayrou, est-ce que vous ne faites pas de la contestation pour la contestation ?
 
Monsieur Tapie vient de bénéficier du plus gros versement d'argent public à un particulier qui ait jamais été fait dans notre pays. C'est une affaire extrêmement lourde, extrêmement grave parce qu'elle s'est faite - et je crois que des éléments apparaîtront pour le prouver- elle s'est faite sans base légale et contre un jugement de la Cour de cassation, plus haute juridiction française...
 
Mais plus largement, au-delà de l'affaire Tapie, plus largement...
 
Attendez ! Non, non, puisque vous avez mis le sujet sur ce point. Maintenant, il faut assumer.
 
On assume, mais il parlait plus généralement, pas que de lui, le concernant.
 
Monsieur Tapie est quelqu'un dont vous savez qu'il a été condamné à de très nombreuses reprises pour publicité abusive, pour corruption, pour abus de biens sociaux, pour fraude fiscal...
 
Monsieur Bayrou, on sait tout cela et...
 
... et c'est cet homme-là à qui on va donner 400 millions d'euros d'argent public sans base légale.
 
 
 
Vous ne répondez pas à ma question. On n'aura plus le temps mais sur votre contestation pour la contestation...
 
Et donc je réponds à votre question. Monsieur Fogiel, je contesterai chaque fois que nécessaire quand les décisions d'Etat seront injustes. A votre micro, il n'y a pas longtemps, les ministres disaient - et le Premier ministre disait - : mais enfin EDVIGE, mais pourquoi s'émeut-on sur un sujet comme cela ? Dix jours après, naturellement, on recule. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu des gens qui ont eu la volonté de dire. Quand cela ne va pas, il faut le dire, et quand cela ne va pas il faut résister.
 
Et vous l'avez fait sur Europe 1. Merci beaucoup monsieur Bayrou.
 
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 19 septembre 2008
 
 

Rechercher