Déclaration de M. Hervé Morin, ministre de la défense et président du Nouveau Centre, sur la crise économique et financière, la réforme de l'Etat pour lutter contre les déficits et sur sa proposition de création d'une communauté européenne de l'énergie et de réforme de la gouvernance mondiale, Beaune le 30 septembre 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Hervé Morin, ministre de la défense et président du Nouveau Centre, sur la crise économique et financière, la réforme de l'Etat pour lutter contre les déficits et sur sa proposition de création d'une communauté européenne de l'énergie et de réforme de la gouvernance mondiale, Beaune le 30 septembre 2008.

Personnalité, fonction : MORIN Hervé.

FRANCE. Ministre de la défense ; FRANCE. Le Nouveau Centre, président

Circonstances : Journées parlementaires du Nouveau Centre les 29 et 30 septembre 2008 à Beaune (Côte-d'Or)

ti : Mes Chers amis,


Je veux vous dire mon bonheur de nous retrouver pour nos premières journées parlementaires.
Ce sont réellement nos premières journées parlementaires...
L'année dernière nous avions eu une journée de travail extrêmement intéressante, mais nous l'avions organisée dans les sous-sols de l'Assemblée. A l'époque, nous commencions à peine à nous mobiliser pour reconstruire le centre et bâtir un parti capable de l'incarner avec force.
Quel chemin parcouru en moins d'un an !
- Nous avons constitué un groupe autonome à l'Assemblée nationale.
- Nous gagnons des élus à chaque élection. Dois-je vous rappeler que deux des 4 villes reprises à la gauche l'ont été par le Nouveau Centre : Par Jean-Pierre Abelin à Chatellerault et par Jean Dionis du Séjour à Agen.
- Nous avons tenu notre Congrès fondateur à Nîmes.
- Nous pouvons revendiquer près de 9 000 adhérents, c'est-à-dire plus du tiers de ce que représentait le fichier de l'UDF à la veille de l'élection présidentielle;
- Enfin, nous avons tenu notre première université d'été il y a un moins d'un mois à Lalonde-les-Maures.

Et les derniers événements politiques nous ont donné définitivement raison.
Notre choix entre les deux tours de l'élection présidentielle reposait sur un constat simple et sur une volonté politique. Et tout cela a été validé.

Un constat simple :
La vie politique française n'est pas bipartisane, mais elle est bipolaire. Ce n'est pas la même chose. Et la tenue des législatives dans la foulée de l'élection présidentielle a ôté à ces élections toute autonomie en les subordonnant à l'élection du Président de la République.
La bipolarisation est inscrite dans les gênes de la Ve République. La succession de l'élection présidentielle puis des élections législatives ont encore renforcé ce phénomène.
Pour nos compatriotes le choix du Président de la République quelques semaines avant exige la clarté. Dès lors, le refus de tout choix, ou le choix sans le dire, c'est l'impasse qui mène à l'échec et à la confusion que les Français n'admettent pas.

Un constat simple, mais aussi une volonté politique :
Issus de l'UDF, d'un parti qui a toujours prôné la modernité et le progrès, dans une alliance de la droite et du centre, nous voulions nous inscrire dans la perspective réformatrice du Président de la République Nicolas Sarkozy.
Nous avons voulu nous engager dans la réforme, prendre nos responsabilités en nous inscrivant dans la droite ligne de notre famille de pensée : préserver et promouvoir la liberté - et toutes les libertés - mais dans une société responsable au service de l'Homme et ayant pour perspective la construction d'une Europe puissante, donc politique.
Et les derniers événements nous donnent raison.
François Bayrou vient de faire un pas supplémentaire Nous avions dit que le Modem finirait à gauche. Il finit à gauche en tendant la main aux socialistes.
Finalement, ce que nous disions en 2007 s'est réalisé en 2008.

L'appel du pied à Ségolène Royal aux universités d'été n'a pas empêché le Modem de connaître un véritable naufrage aux sénatoriales.

Après les élections municipales, où seuls les maires Modem soutenus par la majorité ont pu obtenir la confiance des électeurs, les sénatoriales ont donné le coup de grâce : les deux sénateurs mi-Modem mi-choux ont été battus et les candidats Modem dans les départements ont fait des scores si faibles qu'il est difficile de les qualifier.
Pas une voix de gauche n'est venue à leur secours. C'est ce qu'on appelle une impasse.

Mes Chers amis,

Dans le même temps, nos candidats étaient élus ou réélus. Permettez-moi de féliciter une nouvelle fois Jean-Léonce Dupont et Hervé Maurey. Grâce à eux, nous représentons presque la moitié des sénateurs de la majorité au sein du groupe de l'Union centriste.
Je dis presque, parce qu'ils seront bientôt plus que la majorité.

Mes Chers amis,

Je n'aborderai aujourd'hui devant vous vous qu'un seul sujet, parce qu'il est dans tous les esprits.
Je veux vous parler, bien sûr, de la situation économique et financière, au centre de toutes nos préoccupations.

N'en doutons pas, la période que nous vivons sera inscrite dans les livres d'histoire et sera enseignée dans toutes les écoles de la planète. Fanny Mae, Freddy Mac, Lehman Brothers apparaîtront comme un tournant majeur dans l'histoire moderne.

Car la crise que nous vivons à l'heure actuelle n'est pas seulement la crise d'un désordre financier et monétaire majeur. Cette crise est pour moi l'expression d'un monde qui est en train de basculer. L'équilibre des puissances et le centre de gravité du monde sont en train de changer. Le monde se recompose, et le pouvoir et la puissance sont en train de passer, inexorablement, de la rive atlantique aux rives de l'océan indien et de l'océan pacifique. Le barycentre du monde est en train de changer.

- 11 septembre 2001 : le monde découvre que le terrorisme peut ébranler l'hyper-puissance américaine.
- Septembre 2008 : après avoir oublié trop vite le scandale Enron, le système économique et financier global reposant sur l'hyper-financiarisation, système construit par les Etats-Unis, s'effondre à son tour. C'est un séisme de magnitude maximale mais dont la survenance était aussi certaine qu'un tremblement de terre sur la faille de San Andreas !
Septembre 2001-Septembre 2008 : c'est un même mouvement, celui d'un monde dont l'équilibre change.
Et ce n'est pas tout.

Dans le même temps, nos compatriotes ont découvert ces derniers mois qu'ils vivaient dans un monde fini - au sens où l'exploration géographique a désormais atteint ses limites -, où l'allocation des ressources, des matières premières et de l'énergie fait l'objet d'une concurrence exacerbée entre les Etats et conduit à des transferts massifs de richesse et donc pour nous à des ponctions considérables sur nos économies.
Cela nous amène inexorablement à procéder à une véritable révolution intellectuelle, c'est-à-dire à repenser, ou au moins à amender notre modèle de développement.

Ce qui se passe n'est donc pas rien.
Ce n'est pas seulement une crise économique, monétaire et financière.
Ce n'est pas seulement une crise comme celle que nous avons connue en Amérique latine dans les années 80 et 90 ou en Asie à la fin des années 90.
C'est plus qu'une crise systémique.

Tout ce qui se passe sous nos yeux - le premier astronaute chinois avant-hier, la démonstration des Chinois aux Jeux olympiques, la sophistication de l'économie indienne, la crise des matières premières, de l'énergie, du système bancaire et financier, l'accroissement des instabilités régionales et l'insécurité du monde qui en résulte - : tout ce qui se passe sous nos yeux préfigure d'un nouvel ordre mondial qui se dessine et dont nous devons prendre conscience et en tirer toutes les conséquences.

Quelles doivent en être les conséquences pour nous, dans notre action politique et tout d'abord dans notre comportement politique au quotidien ?

Après 25 ans d'immobilisme, peu ou prou, la France doit mener les réformes structurelles qui ont été conduites dans tous les autres pays occidentaux.

Nous n'avons pas d'autre choix tant la France a pris du retard.

Puis-je vous rappeler certains indicateurs :
- 1300 milliards d'euros d'endettement.
- 40 à 50 milliards d'euros de déficit budgétaire chaque année, même quand l'économie mondiale est en forte croissance.
- Un déficit permanent de la sécurité sociale : entre 8 et 12 milliards d'euros par an.
- Un déficit commercial record de 50 milliards d'euros. Face à la concurrence des pays émergents, les entreprises françaises ont perdu 35 % de parts de marché mondial en 15 ans, contre 20 % en moyenne pour les pays de l'OCDE et seulement 10 % pour l'Allemagne.
- Un déficit de compétitivité qui trouve bien sûr ses origines dans l'erreur historique majeure qu'ont représenté les 35 heures, mais que l'on retrouve aussi par l'insuffisance de l'investissement dans l'innovation.

L'effort global de R & D est à peine supérieur à 2% du PIB, loin de l'objectif européen fixé à 3%.
La France représente 15% des dépôts de brevets européens quand l'Allemagne représente à elle seule 42% des brevets déposés en Europe.
Nos universités, dans le fameux classement de Shanghai, même si les critères sont contestables, ne sont que 3 parmi les 100 premières. La 1ère française, Paris VI, n'est qu'à la 42e place !

- Enfin, ce qui n'est que la résultante du reste : notre taux de croissance est inférieur à la moyenne européenne, notre taux de chômage est supérieur à la moyenne européenne et le taux d'emploi des jeunes et des plus de 50 ans est l'un des plus mauvais d'Europe.

Or seules les réformes nous permettront de rattraper notre retard.
Seules les réformes nous permettront d'aller chercher tous ces points de croissance qui nous manquent quand la tempête sera passée
Seules les réformes redonneront à nos compatriotes la confiance qui nous manque, l'appétit qui nous manque, l'esprit conquérant qui nous manque pour affronter ce monde en mutation.

Mes Chers amis,

La France a tout pour réussir.
Avec sa géographie, son environnement, la qualité des hommes et des femmes, nos infrastructures ;
Avec notre savoir-faire et nos secteurs industriels capables d'être encore des leaders mondiaux ;
Et bien, je vous invite à être le parti, le groupe parlementaire qui porte les valeurs du combat et le refus de la résignation.

La crise actuelle appelle des réponses aux niveaux français, européen et mondial.

Au niveau français, tout d'abord, je vous propose, pour les parlementaires du Nouveau Centre, un comportement, une attitude.
Je vous propose que nous soyons les élus du progrès et de la modernité, ceux qui soutiennent le Gouvernement dans son oeuvre réformatrice.
Plus ce sera difficile, plus il nous faudra le soutenir.
Plus nous aurons la conviction que la démarche est juste et équitable, qu'elle est fondée sur l'intérêt général, et plus notre engagement devra être sans faille.
Offrons au Gouvernement un appui irréprochable dès lors qu'il s'agit de réformes utiles au pays.
Rassurez-vous, il y en aura assez dans la majorité pour faire entendre une voix dissonante et discordante !
La croissance qui faiblit ne saurait être un prétexte à l'arrêt des réformes. C'est tout le contraire.
Et permettez-moi de vous faire part cette comparaison d'un descendant des vikings. Et dont les aïeux ont connu les pires tempêtes sur tous les océans.
Dans la tempête, soit on affale les voiles et on se retrouve chahuté par les flots sans aucune garantie de s'en sortir : on appelle cela se mettre en détresse. Cela veut tout dire !
Soit au contraire, on ajuste les voiles, on maintient le cap pour affronter la tempête et pour rejoindre le plus rapidement possible les alizés porteurs.
C'est en poursuivant le rythme des réformes que nous atteindrons les alizés porteurs. Lors des grands vents, ce n'est pas d'immobilisme dont nous avons besoin mais de mouvement. Et d'ailleurs les Français ne nous pardonneraient pas une autre démarche.
Ce doit être la démarche du Nouveau Centre.

Mes chers amis,

Pour les réformes dont la France a besoin, il faudrait aborder beaucoup de sujets, mais j'en ai choisi un, parce qu'il est au croisement de tous les autres : je veux parler de la réforme de l'Etat.

Entre 1980 et aujourd'hui, on a augmenté de presque 10 points le niveau de la dépense publique tandis que le nombre de fonctionnaires est passé de 3,8 millions à plus de 5 millions. La France va-t-elle mieux pour autant ? Le service public est-il mieux rendu ? La société est-elle plus paisible et moins anxiogène ?
La réforme de l'Etat, depuis 16 mois, chacun la mène dans son ministère. Et je peux vous dire que les ministres du Nouveau Centre sont exemplaires, parce que c'est notre conviction profonde.

Réformer l'Etat, c'est le meilleur moyen de lutter de façon pérenne contre les déficits.
Et la lutte contre les déficits, c'est notre conviction forte au Nouveau Centre - comme c'était une conviction ancrée au sein de l'UDF - parce que nous n'avons pas le droit de faire porter sur les générations futures le fardeau de cette dette là, avec toutes les autres dettes futures, générationnelles et environnementales.

Mais on ne peut pas non plus faire abstraction, pour 2009, du contexte si particulier dans lequel nous nous trouvons, marqué par un sérieux coup de frein économique, d'autant que le déficit ne se creuse que par le poids des intérêts de la dette et le poids des pensions.

C'est pourquoi le meilleur moyen de lutter durablement contre les déficits, cela reste la réforme de l'Etat.
Celle-ci - comme le Chef de l'Etat vient de l'annoncer dans son discours de Toulon - passe notamment par la réforme des collectivités locales. Là aussi, c'est un sujet sur lequel nous avons nos idées, que nous n'avons cessé de ressasser depuis des années.
Nous savons tous que l'empilement des structures - le mille-feuilles administratif français - est source de surcoût, de complexité et de lenteur.

Nous défendons depuis toujours deux idées simples :
- la fusion des départements et des régions.
- l'interdiction des financements croisés, et donc des compétences croisées. Au lieu d'avoir un service par structure et par compétence, nous n'en aurons plus qu'un seul. Quelle source d'économie et d'efficacité extraordinaire !
Je le dis, nous le disons depuis des années.

La réforme des collectivités locales, c'est un chantier majeur. Mais d'autres sujets très importants nous occuperont également dans les prochaines semaines et les prochains mois. D'un mot d'abord, la réforme fiscale : elle est indispensable pour affronter dans les meilleures conditions la concurrence fiscale - ne serait-ce qu'au sein de l'Union européenne où l'ISF a disparu et où les niveaux d'impôt sur la production sont très disparates, même si l'on note une tendance à la hausse des prélèvements obligatoires en Europe et dans le monde. La réforme fiscale doit nous aider à protéger nos emplois.

Un mot également sur la réforme de la formation professionnelle. Cela fait des années qu'on en parle, et que personne n'ose la faire. Or nous ne sommes pas condamnés à dépenser toujours plus d'argent pour un dispositif qui n'est pas assez performant et qui se révèle très inégalitaire.

Voilà donc des sujets sur lesquels le Gouvernement devra faire preuve de beaucoup de courage car il s'attaque là à de véritables citadelles ! Mais ces réformes, il nous les faut et nous les soutiendrons autant qu'elles soient justes.

Mes Chers amis,

La crise actuelle n'appelle pas seulement une réponse française. Elle appelle aussi un sursaut européen.

Quoi, mieux que cette crise, révèle la nécessité d'un véritable gouvernement européen ? Chacun voit bien que l'échelle française n'est pas suffisante et n'est pas pertinente pour certains sujets.

Le temps est venu pour les Européens de s'engager dans une nouvelle étape de leur intégration économique et financière. Une intégration qui doit être guidée par les principes de transparence, d'éthique et de responsabilité.
L'Europe doit se doter d'un système de régulation capable de superviser des groupes devenus transnationaux. Nous devons mettre au point des mécanismes d'alerte précoce pour prévenir les crises mais aussi pour décider de mesures d'urgence.
L'Europe doit s'appuyer sur la diplomatie de l'Euro pour peser sur l'évolution du système financier international.
Mais elle pèsera d'autant plus qu'elle progressera dans l'intégration de son propre marché financier et que l'Eurogroupe se dotera d'un véritable gouvernement économique.

Si la gouvernance économique est un sujet majeur pour l'Europe, c'est loin d'être le seul.
Je pense aussi à l'énergie.

Voilà un secteur stratégique pour l'indépendance de l'Europe, pour sa prospérité économique et pour son modèle de société. Or jusqu'à récemment, la Commission européenne n'a abordé les questions énergétiques que sous l'angle de la seule politique de concurrence. Comme si les biens énergétiques étaient des produits comme les autres ! Comme si la seule main invisible du marché pouvait organiser les choses pour des biens et des matières souvent non stockables, nécessitant des investissements colossaux et imposant une vision à long terme, sinon à très long terme.
Il faut sortir d'une vision dominée par la concurrence pour aller vers une conception déterminée par nos intérêts stratégiques. Et ne pas hésiter à favoriser la constitution de grands groupes européens.

Une politique européenne de l'énergie doit à mon sens poursuivre trois objectifs :
- le premier, c'est l'efficacité énergétique. Parce que l'énergie qui coûte la moins chère, c'est celle qu'on ne consomme pas ! Le Grenelle de l'environnement, le Bonus-Malus doivent être soutenus car cela nous permettra d'aller plus vite dans le changement de nos comportements. A terme, nous gagnerons en compétitivité et nous développerons de nouvelles filières comme nous avons su le faire, par exemple, avec le nucléaire et avec le TGV.
- le deuxième objectif, c'est la diversification de nos sources d'approvisionnement. L'Europe importe quasiment la moitié de son gaz de la Russie. Mais la dépendance n'est pas forcément du côté que l'on croît. L'Europe peut se donner les moyens de parler d'égal à égal avec la Russie, si elle parle d'une seule voix. Elle le pourra d'autant plus qu'elle aura diversifié ses fournisseurs et augmenté la part des ressources qui apportent davantage de flexibilité et de liberté. Je pense par exemple au GNL.
- Le troisième objectif, c'est celui du développement des énergies non carbonées. Nous devons y inclure le nucléaire.

Pour atteindre ces objectifs, je propose la création d'une communauté européenne de l'énergie, qui serait au 21e siècle, ce que la CECA a été au 20e siècle.
Je propose que sur une base volontaire, les pays qui le souhaitent constituent entre eux une sorte de « Shengen » de l'énergie fondé sur trois principes :

- Le respect de la subsidiarité qui signifie que les Etats restent maîtres de leur choix énergétiques mais que ces choix convergent vers la création d'un bouquet énergétique européen.
- La sécurisation des approvisionnements, ce qui suppose de diversifier nos sources et de définir le cadre politique et juridique des relations que nous entretenons avec les pays fournisseurs.
- La solidarité entre les pays signataires qui suppose la définition d'un mécanisme d'assistance mutuelle en cas de rupture d'approvisionnement.

Mes Chers amis,

J'en arrive, pour finir, à la gouvernance mondiale.

- La gouvernance mondiale, elle est d'abord politique avec les Nations-Unies ;
- Elle est aussi économique et financière avec le FMI, la Banque Mondiale et le G8 ;
- Elle est ensuite commerciale, avec l'OMC.
- Enfin, elle devrait aussi être environnementale et énergétique.

Or que nous montre la crise actuelle ?
- D'abord que le système onusien est à bout de souffle. La composition du Conseil de sécurité n'est plus adaptée au nouvel ordre mondial. Le Président de la République a raison de demander d'élargir sa composition aux nouvelles puissances émergentes, parce qu'il en va de la légitimité des Nations Unies dans le règlement des affaires du monde.

- La crise actuelle nous révèle aussi que le G8, qui devrait être au chevet du monde, est aux abonnés absents. Là aussi, sa représentativité est en cause. Pour rester crédible, le G8 doit absolument s'ouvrir à de nouveaux pays . Là aussi, le Président de la République a raison.

- De même l'impuissance des institutions financières de Bretton Woods est frappante. Les FMI et la Banque Mondiale sont hors jeu. J'estime urgent de refonder le système financier international pour lui donner la représentativité qui lui fait défaut.
Il est urgent, aussi, que les Européens s'organisent enfin pour peser davantage au sein de ces institutions. Car il est invraisemblable que l'Union européenne, première puissance commerciale du monde et puissance monétaire de rang mondial grâce à l'euro, ne s'exprime pas d'une voix unie au FMI et à la Banque Mondiale.

- Quant à la gouvernance mondiale sur les sujets environnementaux et énergétiques, elle est aujourd'hui inexistante. Nous sommes en pleine contradiction. Chacun sait les conséquences dramatiques du réchauffement climatique. Or tout se passe comme si rien n'allait se passer ! Nous devons inventer une gouvernance au niveau mondial. Là aussi, l'Europe - à la pointe de la diplomatie environnementale - doit se donner les moyens d'influencer les choses. C'est à nous de prendre l'initiative car si l'Europe ne le fait pas, personne ne le fera à sa place.
- Enfin, la gouvernance commerciale. C'est aujourd'hui celle qui, grâce à l'OMC, fonctionne le mieux, même si l'on peut être en désaccord avec telle ou telle orientation. Mais on voit combien le poids des Européens est fort quand nous sommes unis.
Mes Chers amis,

Vous l'aurez compris,
La tâche est difficile mais elle est passionnante.
Nous avons un cap.
Nous avons une équipe.
Nous avons des valeurs en partage.
Nous allons les porter ensemble. Et livrer d'autres combats, et remporter d'autres victoires, avec cette force dans le coeur qui est l'amitié, la foi dans le combat politique et la volonté d'améliorer la vie de nos concitoyens.

Je vous remercie.

source http://www.le-nouveaucentre.org, le 1er octobre 2008

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