Tribune de François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, dans "Les Echos" le 8 octobre 2008, sur les réponses aux niveaux français, européen et international à apporter au déréglement du système financier international. | vie-publique.fr | Discours publics

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Tribune de François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, dans "Les Echos" le 8 octobre 2008, sur les réponses aux niveaux français, européen et international à apporter au déréglement du système financier international.

Personnalité, fonction : HOLLANDE François.

FRANCE. PS, premier secrétaire

ti : « La crise que nous traversons n'est pas un accident financier, elle signe l'effondrement d'un système, celui de l'endettement sans contrôle. Il fallait avoir un certain aveuglement, en août 2007, pour considérer - comme Nicolas Sarkozy - que «les mouvements du marché ne sauraient affecter la croissance de nos économies», et une incroyable naïveté pour juger, comme Mme Lagarde, le 20 août 2008, que «le gros de la crise est derrière nous».

Aujourd'hui, c'est une réponse globale que les Etats doivent apporter à la crise. Celle-ci doit aussi être coordonnée : le chacun-pour-soi n'est pas pour rien dans la défiance des marchés. Dès lors, dans l'attente d'une conférence internationale à la fin de l'année, il faut agir à un double niveau :

- au niveau européen, par la mise en place d'un fonds commun d'intervention pour sauver les banques et rassurer les déposants. Par la coordination des politiques budgétaires et par la levée d'un grand emprunt européen destiné à alimenter les PME. Par une politique monétaire qui injecte de la liquidité et qui, le plus vite possible, baisse les taux d'intérêt.

- Au niveau national, par la mobilisation de l'épargne pour permettre aux entreprises et aux ménages de se financer. Un fonds national de garantie doit être créé pour mutualiser les risques. Par une politique de soutien à l'investissement, public par un redéploiement du paquet fiscal et privé à travers une modulation de l'impôt sur les sociétés.

Quant à la question de savoir si la France doit s'exonérer du Pacte européen de stabilité, reconnaissons que les traités prévoient déjà des accommodements en cas de circonstances exceptionnelles - nous y sommes - et qu'en France, c'est déjà fait. Mais de la pire des façons puisque le déficit dérive de manière subie et sans effet pour la croissance. Ce qu'il faut, c'est mettre de l'ordre aussi bien dans la parole des acteurs publics que dans la gestion des finances publiques. Le pays a besoin de comprendre le sens de la politique conduite. Il n'y parvient pas. Il a moins besoin d'un plan de communication que d'un plan d'action. »


source http://www.deputessocialistes.fr, le 9 octobre 2008

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