Interview de M. Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, dans "Le Parisien" du 21 octobre 2008, sur la nécessité d'enrayer la crise financière et de mettre en place des actions ciblées face à l'émergence de la crise économique. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, dans "Le Parisien" du 21 octobre 2008, sur la nécessité d'enrayer la crise financière et de mettre en place des actions ciblées face à l'émergence de la crise économique.

Personnalité, fonction : COPE Jean-François.

FRANCE. UMP, président du groupe parlementaire à l'Assemblée nationale ; FRANCE. UMP, député

ti : Vous présentez aujourd'hui aux parlementaires , au nom de Génération France , vos propositions anti-crise ...

Nicolas Sarkozy a raison, on doit passer d'une société d'excès à une société de responsabilité. On ne peut pas y parvenir par un plan de rigueur, car si on casse complètement la dépense publique, on mourra guéri ! Ni par un plan de relance, car on n'en a pas les moyens. Il faut une série d'actions ciblées. Le premier objectif, c'est d'enrayer la crise financière. Le deuxième est d'agir très vite face à la crise économique qui arrive.

Pouvez-vous détailler quelques-unes de ces actions ciblées ?

Elles concernent les particuliers, les entreprises, le secteur bancaire et l'Etat. Concernant les particuliers, deux secteurs donnent matière à indignation : le coût de l'énergie et celui des produits alimentaires. On est passé d'un baril de pétrole à 147 $ en juillet, à 67 $ aujourd'hui. Et le cours du blé a baissé de 50 % depuis un an ! Or il n'y a pas assez de répercussion sur les prix à la consommation. C'est anormal.

Comment contraindre les distributeurs à baisser les prix ?

Dans une telle période de crise, l'Etat doit intervenir. Bercy a commencé, mais il faut intervenir avec beaucoup plus de force aujourd'hui, en mettant tout le monde autour de la table. Et que ce soit rendu public. Ce n'est pas porter atteinte à la libre entreprise que d'exiger une transparence sur les prix !

Que proposez-vous pour les entreprises ?

Agir sur la commande publique. Aujourd'hui, les PME ne remportent que 20 % des marchés publics alors qu'aux Etats-Unis, grâce au small business act, c'est 40 %. Il y a urgence à traiter cette question au niveau européen. Autre exemple : dans les périodes de crise, il y a davantage de faillites. Aujourd'hui, l'Etat est créancier prioritaire quand il y a faillite d'une entreprise. Il faut que l'Etat, au moins provisoirement, renonce à être créancier prioritaire, pour éviter les faillites en chaîne. Car ensuite, il n'y a plus rien pour les autres entreprises créancières, et cela peut les fragiliser.

A propos des banquiers, vous dites qu'il ne suffit pas de leur couper la tête...

C'est normal que les chefs assument leurs responsabilités en cas d'échec. Mais ce n'est pas suffisant. Le vrai sujet, c'est de réécrire le contenu du métier de banquier. Son premier métier consiste à prêter à l'économie une partie des dépôts collectés, pour financer la croissance. Or cette partie du métier a été dévorée par une autre, qui est l'activité de spéculation sur les marchés, dans une opacité telle que même les dirigeants des banques ne savent pas précisément ce que font leurs opérateurs. D'où ces sinistres en chaîne. Il faut revenir à des règles saines. La première mesure serait de fixer une ligne de partage transparente entre l'activité de prêt à l'économie et l'activité de spéculation sur les marchés. Il faut un encadrement extrêmement strict des activités menées par les opérateurs de marchés, et bien sûr remettre en cause des rémunérations qui ont atteint des sommes totalement folles.

Et concernant l'Etat ?

Il faut poursuivre les réformes de structure, pour aller chercher des recettes nouvelles, non pas par des taxes mais par des économies : la réforme hospitalière et la réduction du millefeuille administratif vont le permettre. Je vais avec mes amis députés UMP lancer les « états généraux de la dépense publique ». Nous y associerons l'ensemble des Français qui veulent devenir des acteurs de la réforme. Partout où il y a de la dépense publique inutile, on s'engage à la réduire. L'argent économisé servira au désendettement et aux baisses d'impôts.

Tout cela n'est pas très libéral...

...mais pas non plus interventionniste ! Le rôle de l'Etat est de faire le travail de régulation. Là où il a failli, c'est qu'il n'a pas toujours régulé au bon endroit, même si les outils sont là : direction du Trésor, Banque de France, Autorité des marchés financiers... Nous ne proposons pas davantage de régulation, mais mieux de régulation. La grande erreur politique serait, une fois la crise financière terminée, de faire comme si rien ne s'était passé. Les Français ne nous le pardonneraient pas.


Source http://www.ump.assemblee-nationale.fr, le 24 octobre 2008

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