Interview de Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche dans "Le Figaro" du 8 novembre 2008, sur la mobilité des étudiants français à l'étranger et les bénéficiaires de bourses d'études. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche dans "Le Figaro" du 8 novembre 2008, sur la mobilité des étudiants français à l'étranger et les bénéficiaires de bourses d'études.

Personnalité, fonction : PECRESSE Valérie.

FRANCE. Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche

ti :


Q - Comment expliquez-vous la baisse de la mobilité des étudiants français à l'étranger ?

R - J'y vois trois causes principales. La première est d'ordre psychologique. Souvent, les étudiants ne voient pas très bien ce que des études à l'étranger peuvent leur apporter dans leur cursus. Les universités doivent faire des efforts dans ce sens, en intégrant plus les stages ou les semestres à l'étranger dans la validation des diplômes.

La deuxième barrière est celle de la langue. Car nos étudiants parlent trop peu les langues étrangères et en particulier l'anglais. En arrivant au ministère, j'ai constaté que l'anglais était absent de 75 % des premiers cycles d'université !

Dans le cadre du plan Réussite en licence, j'ai augmenté la formation de 5 heures par semaine et par étudiant, en demandant que l'anglais soit intégré dans ces heures.

La dernière barrière, et non des moindres, est d'ordre financier. Une bourse Erasmus représente en moyenne 150 euros par mois. C'est insuffisant pour décider un jeune à partir. C'est sur ce levier que j'ai décidé d'agir de manière conséquente.

Q - Quelles sont les principales mesures ?

R - Tout d'abord, nous doublons à partir de cette rentrée le nombre de bénéficiaires des bourses françaises, dites de mobilité, qui vont passer de 15.000 à 30.000 étudiants éligibles. Sont concernés non seulement les étudiants boursiers sur critères sociaux ou bénéficiaires d'une aide d'urgence annuelle, mais aussi ceux dont les parents ne sont pas imposables, ce qui va notamment toucher les familles nombreuses. En outre, cette bourse va passer de 389 à 400 euros, entre 2 et 9 mensualités suivant la durée du séjour. Surtout, elle sera cumulable sur place avec la bourse sur critères sociaux. Enfin, la bourse pourra être également accordée en cas de stages non rémunérés à l'étranger dans le cadre des études.

Q - Comment améliorer la mobilité au niveau européen ?

R - Je vais demander lors du Conseil européen Education de novembre que tous les pays européens puissent envoyer leurs étudiants à l'étranger et faire de la mobilité une composante pleine et entière de la formation. C'est un objectif ambitieux puisque, actuellement, le taux de mobilité est de 3 %. Par ailleurs, je travaille à signer des accords de reconnaissance des diplômes et à monter des diplômes conjoints avec les universités. Pour le moment, nous n'atteignons que dix accords de reconnaissance de diplôme. Il faut continuer, d'autant que les grandes écoles sont dans ce domaine en avance par rapport aux universités, ce qui accroît encore les inégalités.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 21 novembre 2008

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