Interview de M. Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale à "Europolitique" le 24 novembre 2008, sur la coopération universitaire européenne et la formation professionnelle. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale à "Europolitique" le 24 novembre 2008, sur la coopération universitaire européenne et la formation professionnelle.

Personnalité, fonction : DARCOS Xavier.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale

ti :


Q - Quel est, selon vous, l'avenir de la politique de l'éducation de l'Union européenne ? Lui faut-il un budget plus conséquent ?

R - Il y a une réelle convergence d'analyse entre les responsables éducatifs européens, confrontés à des enjeux aussi importants que la modernisation des systèmes éducatifs, la prise en compte de nouveaux rythmes et de nouvelles demandes des élèves et des familles, la revalorisation du métier d'enseignant ou encore l'apprentissage des langues. Fondamentale pour notre avenir, l'Europe de l'éducation se met en place progressivement, dans le respect de la subsidiarité bien sûr, grâce à des critères, des approches communes et des instruments concrets qui rendent service aux citoyens européens. Je pense en particulier à ce qui a été fait pour faciliter la comparaison des formations, l'orientation et la mobilité en Europe.

Q - Comment peut se traduire en pratique une "coopération européenne accrue dans l'éducation et la formation professionnelles" ?

R - La coopération européenne dans ce domaine peut vraiment faire la différence en termes d'emploi et d'opportunités pour les jeunes en formation professionnelle. Notre ambition, c'est, en particulier, de faciliter la mise en oeuvre, au niveau national et au niveau européen, des outils et dispositifs de coopération. Je pense bien sûr à ceux liés à la mobilité que nous avons fait progresser sous notre Présidence. Mais il s'agit aussi de renforcer la qualité et l'attractivité des systèmes d'enseignement et de formation professionnels pour favoriser l'insertion de nos élèves.

Q - Avez-vous des exemples de bonnes pratiques d'Etats membres dont les autres pourraient s'inspirer au titre d'une coopération européenne sur les écoles ?

R - J'ai souhaité qu'une attention particulière soit accordée à la coopération scolaire entre Européens. En effet, nous nous efforçons ensemble d'améliorer l'acquisition des compétences clés, d'accroître le rôle de l'enseignement dans la promotion de sociétés ouvertes à tous et de revaloriser le métier d'enseignant. J'ajoute qu'il y a aujourd'hui une forte volonté de la part des responsables éducatifs européens de dialoguer, de comparer et d'échanger sur les systèmes éducatifs.

Q - Comment les travailleurs peuvent-ils être orientés tout au long de leur vie active, comme le suggèrent les orientations pour les stratégies d'éducation et formation ?

R - Mener une réflexion commune sur l'orientation était une priorité forte de la Présidence française et une grande conférence s'est tenue à Lyon en septembre sur ce sujet. Nous avons édicté des principes directeurs européens qui peuvent servir de références pour permettre aux citoyens de mieux apprécier leurs compétences, leurs aspirations et les possibilités de les atteindre et ainsi mieux concevoir leurs parcours de formation et d'emploi.

Q - Quelles devraient être les priorités de l'Union européenne pour la mobilité des jeunes et cela peut-il améliorer la compétitivité de l'Union européenne ?

R - La mobilité des jeunes, de tous les jeunes en Europe, est un sujet stratégique pour l'Union européenne. Elle est porteuse d'ouverture, d'enrichissement mutuel et de progrès. Je suis convaincu qu'une mobilité accrue des jeunes en Europe contribuera à accroître la compétitivité pour l'Union. Très concrètement, nous devons faciliter la mobilité en termes d'information, de procédures et de financement. Il nous faut en outre faire converger les efforts de chacun des Etats membres et ceux de l'Union européenne. La mobilité des professeurs fait partie intégrante de cette réflexion, ce dont je me félicite car je considère qu'il est important que celle-ci soit fortement développée à l'avenir.

Q - Quelle est la position française concernant la résolution qui doit être adoptée sur la stratégie européenne pour le multilinguisme ?

R - Nous sommes en train d'élaborer une stratégie européenne en faveur du multilinguisme, qui est un facteur d'ouverture, de dialogue et de mobilité tout en favorisant l'insertion professionnelle et la compétitivité économique. Sur les langues de travail, l'essentiel est que soit respectée la diversité linguistique mais il y a certainement des améliorations à apporter : songez qu'il y a aujourd'hui 23 langues officielles. Pour autant, je suis attaché à ce que tous les citoyens européens puissent communiquer dans leur propre langue avec les institutions de l'Union.

Q - Quels sont les principaux thèmes de la réunion informelle des ministres de l'Education le 25 novembre à Bordeaux ?

R - Cette réunion informelle portera sur la coopération européenne en matière d'enseignement et de formation professionnels. Nous voulons la renforcer au moyen, notamment, de nouveaux instruments de comparaison, de qualité et de mobilité.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 25 novembre 2008

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