Interview de M. Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, dans "Le Figaro" du 29 novembre 2008, sur l'ouverture des magasins le dimanche et la réorganisation de l'UMP. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Patrick Devedjian, secrétaire général de l'UMP, dans "Le Figaro" du 29 novembre 2008, sur l'ouverture des magasins le dimanche et la réorganisation de l'UMP.

Personnalité, fonction : DEVEDJIAN Patrick.

FRANCE. UMP, secrétaire général

ti : LE FIGARO. - L'UMP peut-elle jouer les conciliatrices sur des sujets qui divisent la majorité, comme le travail du dimanche ?

Patrick DEVEDJIAN. - Elle le doit et elle le fait. Les voies d'un consensus existent. J'ai moi-même proposé, lors de la réunion du groupe UMP à l'Assemblée, que la grande distribution alimentaire soit exclue de la proposition Mallié. L'idée a été très largement approuvée, mais, malheureusement, les adversaires du texte avaient déjà envoyé leur pétition à la presse...

Qu'avez-vous pensé de cette tribune ?

Je ne suis pas favorable à la méthode. Toutes les positions, toutes les controverses sont légitimes en discussion de groupe, mais ce n'est pas parce qu'on est minoritaire qu'on doit aller pétitionner en place publique !

Quelle est votre position sur la question de l'hébergement des SDF ?

Le débat est récurrent et difficile. L'incitation à l'hébergement doit être plus forte, mais on est dans une affaire de liberté individuelle. Je suis pour qu'on tienne beaucoup plus compte des raisons invoquées par les SDF pour refuser d'aller dans des centres d'hébergement. On n'y accueille pas les chiens, il y a des vols, trop de promiscuité... Actuellement, les conditions ne sont pas réunies pour instaurer un hébergement d'office.

À l'UMP, les adhésions ont baissé jusqu'à cet été. Où en êtes-vous aujourd'hui ?

Les adhésions ont doublé au deuxième semestre 2008 par rapport au premier. Nous avons varié entre 500 et 1 000 adhésions par jour, et nous retrouvons le rythme de la campagne présidentielle. Fin décembre, nous aurons près de 300 000 adhérents, chiffre à comparer aux 115 000 militants du PS, si j'en crois Manuel Valls. Ce regain de mobilisation prouve que nous avons réussi la transformation d'un parti de conquête en parti de soutien des réformes. Cette révolution culturelle, qui imposait une nouvelle organisation, était l'essentiel de ma mission. Elle est aujourd'hui accomplie.

Avez-vous tiré la leçon des critiques qui vous étaient adressées, y compris par Nicolas Sarkozy ?

Oui, mais ce que j'ai fait ne pouvait que m'attirer des critiques. Le secrétaire général de l'UMP est un paratonnerre, il doit protéger le président de la République. Je comprends très bien que celui-ci ne soit pas solidaire de décisions qui ne sont pas populaires. J'ai réduit le train de vie de l'UMP, notamment en supprimant 30 permanents sur 140. Nous avions un gros déficit, nous terminerons l'année avec 8 millions d'excédent. J'ai changé 45 secrétaires départementaux, leur moyenne d'âge est désormais de 40 ans, 50 % des délégués de circonscriptions sont nouveaux et il y a 20 % de femmes.

Puisque votre mission est accomplie, quand quitterez-vous la direction de l'UMP ?

Je n'avais pas demandé ce poste. Je l'ai accepté parce que j'ai eu la conviction que c'était un moyen de servir mes idées, qui sont portées par le président. Je soutiens sa politique, quelles qu'en soient les conséquences sur ma personne. Mes idées sont plus importantes que mon destin. Je partirai quand Nicolas Sarkozy me le demandera.

L'a-t-il fait ?

Non, à ce jour, il ne m'a pas demandé de partir.

Souhaitez-vous revenir au gouvernement ?

Je suis comme le soldat de l'Évangile, j'irai là où je serai utile.

Au ministère de l'Immigration, par exemple ?

Brice Hortefeux a fait un excellent travail. L'essentiel est acquis : toute l'Union européenne partage notre politique. Ma personnalité ne permettrait pas les succès qu'il a obtenus.

Le conseil national du 24 janvier élira ses vice-présidents. Le secrétariat général doit-il être renouvelé le même jour ?

Le 24, nous élirons les vice-présidents et le bureau politique, qui lui-même élit le secrétariat général. Je suis plutôt pour qu'on fasse tout en même temps. Ce n'est pas encore arbitré.

Peut-on être secrétaire général et ministre ?

C'est une fonction très prenante. L'UMP, c'est dix problèmes à régler par jour.

Le conseil national doit aussi désigner les têtes de listes aux européennes. Êtes-vous prêts ?

Nous le serons. Nous désignerons huit têtes de liste ou chefs de file, selon l'issue des discussions que nous venons de commencer avec le Nouveau Centre. Je suis partisan de listes d'union dans les huit grandes régions. Le Nouveau Centre a des personnalités aptes à en conduire.

Quel message avez-vous envie d'adresser à Martine Aubry ?

Je lui dirais que la France a besoin d'avoir une opposition considérée par la communauté internationale. L'exception française d'un PS qui n'a pas encore totalement intégré l'économie de marché, et qui demeure souvent sous l'influence intellectuelle du marxisme et de l'extrême gauche, n'est bonne ni pour la gauche ni pour la France.

Et à François Hollande ?

Qu'il a fait un dur métier !


Source http://www.u-m-p.org, le 1er décembre 2008

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