Interview de M. Patrick Devedjian, ministre en charge de la mise en oeuvre du plan de relance, à RTL le 8 décembre 2008, sur son rôle de coordonnateur de la relance économique, les aides à l'industrie automobile et la nomination de X. Bertrand comme secrétaire général par intérim de l'UMP. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Patrick Devedjian, ministre en charge de la mise en oeuvre du plan de relance, à RTL le 8 décembre 2008, sur son rôle de coordonnateur de la relance économique, les aides à l'industrie automobile et la nomination de X. Bertrand comme secrétaire général par intérim de l'UMP.

Personnalité, fonction : DEVEDJIAN Patrick, APHATIE Jean-Michel.

FRANCE. Ministre chargé de la mise en oeuvre du plan de relance;

ti : J.-M. Aphatie Bonjour, P. Devedjian.
Bonjour.
Vous voilà donc chargé d'organiser la relance économique présentée jeudi dernier par le président de la République, à Douai. On ne comprend pas comment votre travail va s'articuler avec celui des autres ministres déjà en charge des dossiers concernés par cette relance. Le savez vous vous même ?
Bien sûr, mais c'est assez simple. D'ailleurs, le Président veut que le plan soit efficace et mis en oeuvre très rapidement. Pour cela, il a décidé que les 26 milliards dont vous venez de parler seraient dédiés, sur un ministère, celui que j'occupe, et que cette mise en oeuvre serait coordonnée par ce ministère, avec un contrôle et un soutien du président de la République et du Premier ministre.
On va essayer de concrétiser P. Devedjian. Par exemple, le président de la République a dit que seraient construits ou rénovés des hôpitaux. Alors c'est vous qui allez le faire, et pas R. Bachelot ?
Non, ça c'est R. Bachelot, bien sûr.
Ah ! Vous voyez !
Non, mais bien sûr c'est R. Bachelot. Mais cela dit...
Ca commence mal !
Mais pas du tout. C'est même très simple... Je vais m'assurer que les projets sont nouveaux parce que c'est le grand risque de cette affaire. C'est que chaque ministère utilise les 26 milliards ou une partie des 26 milliards pour financer des choses qui sont déjà en cours et qui ont du mal à arriver à la fin du mois, et qui ainsi ne créeraient aucun effet nouveau...
Vous allez vous fâcher avec tous les autres ministres ?
Je ne le crois parce que tous les autres ministres sont parfaitement conscients de la nécessité de ce plan de relance qui sont d'accord pour y participer...
Mais on n'est pas partageur en politique. Quand on a un secteur, on n'aime pas que quelqu'un vienne y mettre le nez...
Bah oui, mais ça, le président de la République veut s'assurer que son plan va fonctionner et je pense qu'il en prendra les moyens...
Pour dire les choses autrement, vous n'êtes pas un facteur de complication plutôt qu'un facteur de simplification ?
C'est que j'aurais échoué si je suis un facteur de complication, parce que la volonté du président de la République, c'est que je sois là justement pour s'assurer que les choses se passent directement et simplement...
Le président de la République a aussi souhaité que les administrations et les ministères règlent plus rapidement leurs factures et remboursent plus rapidement la TVA due aux contribuables...
C'est un grand souci...
Et là aussi, vous allez surveiller, admonester ?
Et bien je vais vérifier, plus que vérifier, inciter par exemple les trésoreries paieries générales des départements à procéder très rapidement aux paiements qu'elles doivent aux entreprises, et en particulier aux PME, parce que notre premier risque, c'est pour le début de l'année prochaine, qu'un certain nombre de PME soient en difficulté grave de trésorerie. Et l'Etat et les collectivités locales ont de ce point de vue-là un devoir à respecter. Alors pour commencer, je vais déjà me faire donner la liste de toutes les administrations d'Etat ou des collectivités locales qui ont de gros intérêts moratoires à payer ou qui ont eu beaucoup de retard dans l'année 2008. Ceux-là seront surveillés particulièrement. Puis je vais demander au Premier ministre, je lui ai demandé d'ailleurs, d'avoir des parlementaires en mission - je voudrais associer le Parlement très largement à cette action - et je voudrais demander à certains parlementaires d'aller vérifier sur place, en leur donnant les moyens techniques pour cela, qu'effectivement les paiements ont bien lieu...
Qui va présenter le prochain collectif budgétaire début 2009 ? Vous ou E. Woerth ?
Eh bien, je le ferai avec... ou nous le ferons ensemble naturellement. Oui, nous le ferons ensemble parce que moi je suis chargé...
En général, quand il y a deux responsables, ça marche moins bien que quand il y en a un...
Mais non vous avez tort, vous savez, un Gouvernement c'est fait pour travailler ensemble... Il y a toutes les procédures d'arbitrage, s'il y a conflit. Mais en l'occurrence, il n'y a pas conflit...
Vous aurez une administration pour faire tout ce travail...
Oui, j'aurai une administration, bien sûr...
C'est vrai ?
Oui...
Bon d'accord... Vous avez souvent dit que vous étiez hostile à la prime à la casse, or le plan de relance économique contient une prime à la casse. Avez vous changé d'avis ?
Je n'ai pas changé d'avis. Ce que je veux pas c'est qu'il y ait un effet d'aubaine supérieur à l'effet de relance. Et donc il y a pour cela une action assez fine qui est nécessaire. Je veux que cet argent soit utile. Alors pour qu'il soit utile, d'abord je vais discuter avec les entrepreneurs de l'automobile et je voudrais qu'ils s'engagent aussi. Si l'Etat donne de l'argent, il faut aussi peut-être que les industriels en donnent également pour encourager cette mise en retrait de voitures périmées.
Ce que fait Renault, vous souhaitez, par exemple, que Peugeot le fasse et que d'autres constructeurs présents sur le territoire le fassent ?
Oui, il faut que tous ceux qui sont sur le territoire national, qui bénéficieront de l'effort de l'Etat fassent eux même un effort. Je vois les stocks énormes qu'ils ont. Il faut les résorber bien sûr, assez vite. Et donc inciter à la vente, mais pour cela il faut que tout le monde fasse un effort...
Ce que fait Renault vous parait bien ?
Oui. Ce qu'il faut aussi c'est qu'on se mette d'accord sur le calage de la durée. J'ai vu que certains industriels envisageaient des voitures de plus de huit ans. L'Etat de plus de dix ans. Bon, bah il faut qu'on s'articule. Il faut qu'on se coordonne pour faire des choses comme ça. Et puis, il faut que ça crée vraiment une demande nouvelle, et non pas que ça vienne abonder des voitures qui auraient été automatiquement à la casse.
Et ça, comment vous allez le surveiller ?
Ce n'est pas très facile, je suis d'accord...
C'est presque impossible
Non, rien n'est impossible...
Ce matin, vous êtes plein d'optimisme, mais enfin ça ne va pas être facile...
Je suis plein d'énergie, c'est une tâche très exaltante, parce qu'il s'agit vraiment de se battre pour que les Français vivent mieux. Faire bouillir la marmite au bout du compte...
Beaucoup de gens ont des idées pour faire bouillir la marmite comme vous dites, par exemple le sénateur P. Marini doit déposer aujourd'hui un amendement qui pourrait permettre aux particuliers de déduire de leur revenu 2009 les pertes qu'ils ont enregistrées en bourse. Est ce une bonne ou une mauvaise idée ?
Je ne suis pas sûr que ce soit une idée formidable. En tout les cas, la priorité.
Donc c'est une mauvaise idée ?
Non mais... J'en parlerai avec P. Marini. Je veux en parler d'abord avec lui.
Oui mais enfin s'il écoute RTL, il a compris que vous n'êtes pas très favorable.
Mais combien ça coûte déjà ?
Bah, ça il ne nous l'a pas dit.
Voilà. J'aimerais le savoir.
Allez d'accord. On suivra tout ça. X. Bertrand va vous succéder à la tête de l'UMP : bonne ou mauvaise nouvelle ?
C'est une bonne nouvelle. C'est un garçon très énergique.
Ce n'était pas votre candidat, je crois...
Vous savez, le secrétaire général...
Je crois que vous n'aimiez pas trop X. Bertrand, pour parler franchement.
Ce n'est pas vrai. Non pour parler franchement, non, je n'ai pas la même histoire avec X. Bertrand qu'avec d'autres membres de la direction, par exemple avec B. Hortefeux. Je connais B. Hortefeux depuis trente-cinq ans.
Vous l'auriez préféré B. Hortefeux ?
Mais non. B. Hortefeux ne voulait pas. Parce que je considère, et X. Bertrand aussi, que c'est un travail à plein temps et il est disposé à le faire à plein temps, c'est-à-dire à quitter le Gouvernement. Eh bien, c'est un bel effort. Il faut ensuite la confiance du président de la République. Il faut être loyal à l'égard du président de la République. C'est le choix du président de la république et c'est l'engagement de X. Bertrand.
Ca me convient... Etre secrétaire général de l'UMP, c'est un travail à plein temps. Etre ministre de la Relance économique, c'est un travail à plein temps ?
Oui c'est un travail à plein temps bien sûr...
Et en plus, vous êtes le président du Conseil général des Hauts-de-Seine, donc c'est un plein temps plus quelque chose.
Oui. Eh bien je n'ai pas de week-end et je travaille tard.
Ah la, la, les hommes politiques travaillent beaucoup. P. Devedjian, nouveau ministre était l'invité de RTL. Bonne journée.
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 8 décembre 2008
 

Rechercher