Interview de M. Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, à Europe 1 le 8 décembre 2008, sur la nomination de X. Bertrand comme secrétaire général par intérim de l'UMP et sur le projet de loi sur l'ouverture des magasins le dimanche. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, à Europe 1 le 8 décembre 2008, sur la nomination de X. Bertrand comme secrétaire général par intérim de l'UMP et sur le projet de loi sur l'ouverture des magasins le dimanche.

Personnalité, fonction : COPE Jean-François, FOGIEL Marc-Olivier.

FRANCE. UMP, président du groupe parlementaire à l'Assemblée nationale ; FRANCE. UMP, député;

ti : M.-O. Fogiel.- Vous êtes le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Le nouveau secrétaire général de l'UMP devrait donc être X. Bertrand, comme l'a révélé hier Europe 1, il succéderait à P. Devedjian. La nomination de X. Bertrand, pour vous, franchement, est-ce que c'est une bonne nouvelle ?
Mais bien sûr ! J'entends, là, depuis 7h30, vous faites une annonce invraisemblable, en expliquant : "oh là, là ! On va avoir Copé au téléphone, parce que Copé et Bertrand...". Mais attendez, je vous rassure tout de suite, le choix du président de la République pour diriger l'UMP, quel qu'il soit, sera le bon...
Sauf qu'à peu près tous les observateurs décrivent une forme d'inimitié entre vous et X. Bertrand. Et, ce matin, par exemple dans Le Figaro, à propos du travail du dimanche, on vous cite, vous l'accusez de vous laisser seul en rase campagne, face à la fronde des élus !
Écoutez, je n'ai pas lu Le Figaro de ce matin. La seule chose...
On le fait pour vous. ...
Voilà, exactement. La seule chose que je peux vous dire, c'est que le choix du président de la République pour diriger le Parti, quel qu'il soit, sera le bon. Et pour ce qui me concerne, je vois suffisamment le spectacle lamentable de ce qui se passe à gauche pour ne pas avoir envie, ni moi d'ailleurs, ni Xavier, de tomber dans ce type de panneau ! Nous travaillerons...
Mais sans langue de bois, comment vous décrivez...
Attendez, attendez, ce n'est même pas de la langue de bois.
On a bien compris que le choix du Président serait le bon, quel qu'il soit, mais sans langue de bois, est-ce que c'est le choix que vous vous auriez fait ?
Mais je ne me pose même pas la question et je ne fais pas de langue de bois, je n'en fais plus depuis bien longtemps et vous le savez très bien.
Vous avez sorti un livre qui s'appelait comme ça...
Exactement.
Et ça ne vous a pas empêché d'en faire de temps en temps quand même !
Bah, écoutez, ça c'est à vous d'apprécier. Moi j'ai plutôt le sentiment inverse, mais enfin peu importe, ce n'est même pas le sujet. Pour moi, il n'y a qu'une chose qui compte, c'est qu'on réussisse nos réformes. Et pour moi c'est beaucoup plus important que tout le reste. Donc, quel que soit le choix du Président, je travaillerai bien avec celui qu'il aura désigné. Il faut que les choses soient parfaitement claires, il n'y a aucun doute là-dessus.
Alors, je vous pose la question différemment, si vous le permettez, est-ce que X. Bertrand a plus l'oreille du président de la République que vous ?
Mais je n'en sais rien, pourquoi vous me demandez ça ? Chacun son métier. Mon rôle est d'animer notre majorité parlementaire UMP à l'Assemblée et de faire en sorte que nous puissions, nous, en tant que députés, participer très activement aux réformes. Et donc à chaque fois que c'est le cas, j'en suis très heureux et quand ce n'est pas le cas, je le dis.
Mais vous ne craignez pas, disons, une reprise en main des députés UMP qui, de temps en temps, font entendre des voix dissonantes ces derniers temps à droite ?
Mais attendez ! Les députés ce n'est pas des machines qui répondent à des consignes et qui ont besoin d'être "repris en main", ça, c'est une vision de 1958 ! Aujourd'hui, les choses ont changé. Nous sommes les uns, nous sommes 320 avec chacun notre histoire, 85 % d'entre nous en plus, on est des gens qui sont réélus et pas élus pour la première fois, avec notre maturité, et donc avec notre volonté naturelle, les uns ou les autres d'être libres dans l'expression. Quelle est ma ligne dans cette affaire ?
Dites-moi.
...C'est depuis le début de dire : on soutient le Président à 100 %, mais moi je garantis 100 pour 100 de liberté de débat dans notre groupe. Et donc, c'est ce que nous avons toujours fait, et je crois que ça a plutôt bien réussi à la majorité. Dans les résultats que nous faisons aujourd'hui, on voit bien la différence.
On y vient aux résultats, et notamment aux débats à l'UMP. Juste, est-ce que vous avez prévu dans les jours qui viennent ou les heures qui viennent, de déjeuner avec X. Bertrand, histoire d'accorder vos violons ?
Mais d'abord, il n'y a pas besoin forcément de déjeuner pour ça parce qu'on se parle souvent. Et deuxièmement, je vous le répète, je suis désolé, il n'y aura pas de match ! Il faut que les choses soient très claires.
J'ai bien compris, mais est-ce que vous allez déjeuner avec lui, de façon sympathique alors ?
Mais il n'y a pas de façon antipathique de se parler, on se voit régulièrement. Sur le travail du dimanche, c'est une très belle illustration, même si, ici ou là, ça peut arriver qu'on ait des différences sur tel ou tel sujet. Je vous signale d'ailleurs sur le travail du dimanche, on n'en a pas vraiment puisque l'un et l'autre, avec chacun dans nos responsabilités respectives, on essaie de faire que les choses avancent.
Alors, justement, sur le travail du dimanche...
Je vais vous dire, j'ai passé suffisamment d'heures avec mes amis députés, pour convaincre celles et ceux qui ont d'ailleurs des arguments très légitimes pour s'y opposer, même si ce n'est pas mon point de vue, pour faire la démonstration que non seulement je joue collectif, mais qu'en plus, je n'ai qu'une idée en tête, c'est que chacun se sente bien dans les lois qu'ils veulent.
Justement, sur le travail du dimanche, est-ce que l'examen du projet de loi qui devait débuter jeudi se fera cette année ou alors les discussions seront reportées à l'année prochaine ?
Ça, on verra bien parce qu'il y a eu une très grosse obstruction de la gauche sur le texte audiovisuel pour lequel on passe des heures sur le sujet, parce que les députés PS n'ont qu'un idée : c'est de retarder le vote du texte au risque d'ailleurs de couler France Télés, ce qui est incroyable ! Alors, moyennant quoi...
On en parlera justement demain matin, est-ce que le projet de loi, l'examen du projet de loi c'est cette année ou l'année prochaine ?
Alors, justement, moyennant quoi, j'ai le sentiment par rapport au temps qui reste disponible avant la fin de session, on ne pourra faire qu'un seul texte sur les deux prévus, c'est-à-dire, soit le travail le dimanche, soit la loi logement. Bon. On verra ce que l'on fera et puis ça dépendra aussi de ce que souhaitera le président de la République...
Et vous, vous souhaitez quoi ?
Ma recommandation, c'est qu'au stade où on en est, pour éviter que la gauche ne re-dépose genre 1.000 amendements sur ce texte qui permet certaines dérogations au repos dominical, nous ayons en tête peut-être de faire plutôt le texte logement et à ce moment-là d'aborder le texte sur le repos dominical...
...Qu'au mois de janvier ?
...dans le plan de relance.
Dans le plan relance, d'accord, intégré dans celui... Pour terminer, la polémique du jour, faut-il aider des petits actionnaires qui ont perdu en Bourse, comme le souhaite un sénateur UMP, en quelques mots s'il vous plaît ?
Je trouve l'idée de P. Marini séduisante, parce qu'effectivement c'est quelque chose qui se regarde dans une période de crise. Maintenant, il faut voir si tout cela est possible techniquement parce que ça demande quand même une étude approfondie. En tout cas, le sujet montre que dans ces domaines-là, il faut que chacun soit quand même prudent lorsqu'il investit en Bourse, y compris conseillé par ses banquiers.
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 8 décembre 2008
 

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