Entretien de Mme Rama Yade, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères et aux droits de l'homme, dans "Metro" du 10 décembre 2008, sur son action en faveur des droits de l'"homme. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de Mme Rama Yade, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères et aux droits de l'homme, dans "Metro" du 10 décembre 2008, sur son action en faveur des droits de l'"homme.

Personnalité, fonction : YADE Rama.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux affaires étrangères et aux droits de l'Homme

ti : Q - Que retenez-vous du discours de Nicolas Sarkozy sur les droits de l'Homme, lundi, à l'Elysée ?

R - D'abord la force des convictions. Le président a rappelé que l'universalité des droits de l'Homme n'est pas négociable. On ne peut pas invoquer des traditions, une culture, une religion pour remettre en cause la dignité de l'homme. C'est un discours qui maintient intact l'ambition de 1948.

Q - La déclaration de 1948 reste-t-elle pertinente dans le monde d'aujourd'hui ?

R - Dans une société, il faut des objectifs d'harmonie. Si on n'a pas ces objectifs, on ne se donnera pas les moyens. Il y a encore des souffrances fortes, révoltantes, dans le monde d'aujourd'hui. Mais il y a eu aussi des avancées. C'est grâce à ce texte que des centaines de milliers de peuples ont conquis leur indépendance. C'est grâce à ce texte qu'il y a eu la décolonisation. C'est grâce à ce texte que le vote des femmes s'est généralisé ; qu'on a crée des institutions internationales comme le Conseil des droits de l'Homme, des conventions comme les droits de l'enfant. Chaque jour, les droits de l'Homme progressent, et d'abord par le Droit.

Q - La France est encore régulièrement montrée du doigt par les ONG. Est-elle pour vous encore un pays exemplaire en matière de droits de l'Homme ?

R - Il n'y a pas de pays parfait et la France a ses problèmes de droits de l'Homme. Je pense à la situation des prisons, des mal logés, de certains sans papiers. Il faut le reconnaître et chaque administration, chaque ministère se bat contre les manquements. Nous devons maintenir la pression car c'est un combat qui n'est jamais terminé. En 2003, nous étions le deuxième pays le plus condamné pour manquement par la Cour européenne des droits de l'Homme. Aujourd'hui nous sommes redescendus à la 10e place. Et il faut poursuivre !

Q - Vous avez déclaré ne pas être candidate à un mandat européen. Cela signifie-t-il que voulez-vous continuer à votre poste au gouvernement ?

R - Ce sont le président et le Premier ministre qui décident ! En 18 mois, j'ai fait beaucoup de choses. J'ai par exemple fait adopter par l'Union européenne un projet de lignes directrices contre les violences faites aux femmes. J'ai également fait rallier dix-sept pays à la cause des enfants soldats pour que des mesures concrètes y soient prises contre le recrutement. A la fin du mois, je vais lancer à l'ONU un appel universel pour la dépénalisation de l'homosexualité. Une soixantaine d'Etats vont nous rejoindre. Il y a aujourd'hui 90 Etats qui pénalisent l'homophobie dont six qui appliquent la peine de mort. Tous ces chantiers en si peu de temps ont permis à la France de montrer son rôle leader sur la question des droits de l'Homme et d'être suivi par d'autres Etats. Le chantier est infini et il y a encore beaucoup de choses à faire.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 15 décembre 2008

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