Déclaration de M. Gérard Larcher, président du Sénat, dans VSD du 4 décembre 2008, sur la modernisation et la transparence de la gestion du Sénat. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Gérard Larcher, président du Sénat, dans VSD du 4 décembre 2008, sur la modernisation et la transparence de la gestion du Sénat.

Personnalité, fonction : LARCHER Gérard.

FRANCE. Sénat, président ; FRANCE. UMP, sénateur

ti : Pourquoi le Sénat suscite-t-il autant de critiques ?

L'une de mes priorités pour les trois ans à venir est d'expliquer à quoi il sert pour que les Français comprennent comment est utilisé l'argent que nous dépensons et quelles missions nous remplissons. C'est pourquoi j'ai décidé d'ouvrir les portes du Sénat.

Comment modifier cette image ?

Je me suis donné trois mois pour recentrer les activités du Sénat, donner toute leur place aux différents groupes politiques et aux commissions, et travailler plus étroitement avec l'Assemblée générale. Nous allons nous saisir davantage des préocupations des Français et tenter d'y apporter des solutions. Les partenaires sociaux, avec lesquels j'ai gardé de bonnes relations, pourraient contribuer à notre réflexion.

Depuis un peu plus d'un mois vous découvrez les secrets du fonctionnement du Sénat. Il y a du ménage à faire ?

Nous avons opté pour une croissance zéro pour 2009, ce qui signifie 4,3 millions d'économie. Nous veillerons à ce que tous les moyens financiers et le personnel soientt utilisés au mieux et allons faire appel à un cabinet d'audit extérieur.

Vous avez décider l'appartement de de 92 m2 dévolu au président du Sénat. Cela a-t-il un sens politique ?

Non, c'est un choix personnel. C'était l'appartement du président Loubet, en 1896. C'est un lieu de travail, près de mon bureau. Mon épouse me rejoint trois fois par semaine.

Les sénateurs se sont emparés des pouvoirs que leur donne la nouvelle Constitution, en refusant par exemple un article clé de la loi Boutin sur le logement. Comment vous situerez-vous, entre les réformes proposées par le gouvernement et votre volonté de représenter les sénateurs ?

Je veillerai avant tout à être le président des trois cent quarante-trois sénateurs. Depuis mon élection, je les reçois les uns après les autres, notamment les nouveaux, au cours de mes petits déjeuners. Je serai loyal avec le président de la République, mais loyauté ne signifie pas inconditionnalité. Par ailleurs, je suis très lié au Premier ministre. Mon rôle consiste aussi à faire respecter les droits de l'opposition qui d'ailleurs, ne prêche pas toujours dans le desert.

L'âge moyen du Sénat est passé à 62 ans, alors qu'il est de 57 ans à l'Assemblée nationale. Celui du vice-président et des présidents de commissions n'a pas bougé. Pourquoi êtes-vous le seul à refléter ce rajeunissement ?

Je suis l'un des plus jeunes présidents du Sénat. Il ne faut pas uniquement regarder l'âge des dirigeants, mais aussi celui des présidents de groupe ou la composition des bureaux. Cela reflète mieux toutes ces évolutions ! Nous sommes encore dans le régime du renouvellement par tiers, et elles ne se font pas encore sentir. Finalement, notre âge est représentatif de celui de la nation. Nous ne devons donner ni dans le jeunisme ni dans la vénération de l'âge canonique. Je souhaite valoriser cette variété d'âge, en créant des binômes de travail, alliant anciens et nouveaux sénateurs.

Qu'est ce qui va changer et qui sera rapidement perceptible ?

Nous allons effectuer des restrictions budgétaires de bons sens : fini, les billets en 1er classe et les voitures de fonction en surnombre. De plus, je serai le premier à montrer l'exemple en baissant de 30% le montant de mon salaire.

Nicolas Sarkozy vous a-t-il soutenu pour cette élection à la présidence du Sénat ?

Il est resté au-dessus de la mêlée. Je n'ai demandé à personne de m'aider, chacun à choisi de me témoigner ou non sa confiance. On est toujours plus libre quand on ne demande rien. Nicolas Sarkozy et moi nous entendions bien quand nous étions ensemble au gouvernement, mais je ne fais pas partie du cercle des intimes. J'appartiens sans doute plus sûrement au cercle de sa confiance. Nous sommes en contact plusieurs fois par semaine.

Quel rôle Jean-Pierre Raffarin, votre adversaire à ce poste, doit-il jouer au Sénat ?

Il a l'expéreince d'un Premier ministre, c'est une chance. Il est compétent dans plusieurs domaines, notamment l'aménagement du terrritoire, l'international. Il peut s'engager sur plusieurs fronts. Il n'y a pas de crispation entre nous. Nous nous sommes revus plusieurs fois. Nous sommes dans le même groupe, je le rencontrerai aussi souvent que cela sera nécessaire, comme d'ailleurs Philippe Marini, qui s'était présenté, lui aussi.

Vous êtes ancien ministre délégué au Travail. La possibilité de retraite à 70 ans, c'était indispensable ?

C'est un vrai sujet, une équation à deux paramètres. Le premier, c'est : comment met-on en place une politique de l'emploi des séniors afin que la question de l'âge ne soit plus taboue ? Le second est indissociable : comment favorise-t-on l'entrée des jeunes dans le monde du travail ? Je termine un rapport européen sur la flexi-sécurité, et j'irai moi-même en rendre compte le 19 décembre prochain à Bruxelles. Plus que jamais, c'est une notion indispensable.

Nicolas Sarkozy lutte contre la crise financière et économique. Que pourrait-il faire de plus ?

Pour avoir reçu plusieurs personnalités internationales, et récemment les présidents des parlements grec et suédois, je peux vous certifier que l'Europe entière lui reconnait le mérite d'avoir été capable de la faire parler d'une seule voix. Il a su imposer un sommet aux Etats-Unis. Il a réussi à fédérer les Vingt-Sept pour éviter la catastrophe.

Barrack Obama symbolise le désir de changement des Américains. Quels espoirs suscite-t-il pour vous ?

J'aurais voté Obama. Mais le plus beau discours que j'aie entendu est celui de McCain pour reconnaître sa défaite. Je l'ai découpé dans le journal. Être capable, dans un tel état de déception, de faire passer un priorité l'intérêt de son pays, c'est fabuleux ! Quel symbole, au pays de l'esclavage, lorsqu'il s'est dit fier pour la communauté noire des Etats-Unis ! C'est une extraordinaire leçon de démocratie. Voilà comment je vois la vie publique : fondée sur le respect des autres. McCain a prouvé qu'il était avant tout un Américain. C'est une ode à l'humanisme et au partage, ces valeurs que l'on retrouve dans les psaumes de Martin Luther king que je chantais, petit, à la messe.


Source http://www.ump-senat.fr, le 16 décembre 2008

Rechercher