Déclaration de M. Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, sur la rénovation de la voie générale et technologique et la réforme du lycée général technologique, Paris le 12 novembre 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, sur la rénovation de la voie générale et technologique et la réforme du lycée général technologique, Paris le 12 novembre 2008.

Personnalité, fonction : DARCOS Xavier.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale

Circonstances : Colloque de l'Association française pour le développement de l'enseignement technique (AFDET) à Paris le 12 novembre 2008

ti : Mesdames et Messieurs,
Chers amis,


C'est avec beaucoup de plaisir que je participe cette après-midi aux assises de la formation professionnelle organisées par l'AFDET. J'en suis d'autant plus heureux que je porte un intérêt réel à cette association qui est l'une des plus anciennes de notre pays puisqu'elle a été créée en 1901, quelques mois à peine après l'entrée en vigueur de la loi Waldeck-Rousseau.

Reconnue d'utilité publique depuis 1936, l'AFDET est partenaire, depuis 2002, de l'Education nationale et j'espère que cette collaboration fructueuse qui nous lie se poursuivra pendant de très nombreuses années.

Je voudrais également profiter de l'occasion qui m'est donnée pour rendre un hommage appuyé au dévouement des conseillers de l'enseignement technique (CET). En effet, quasi quotidiennement, ils se rendent dans les lycées professionnels, président ou participent aux jurys d'examens. Je tiens donc aujourd'hui à leur adresser publiquement mes plus sincères remerciements.

Mais notre rencontre d'aujourd'hui est surtout l'occasion de faire le point sur les réformes en cours à l'Education nationale et en particulier dans l'enseignement secondaire. En effet, comme vous le savez, j'ai engagé depuis le mois de mai 2007 une politique volontariste pour rénover en profondeur les différentes voies de l'enseignement secondaire français pour favoriser l'élévation générale du niveau de qualification dont notre pays a tant besoin à un moment où la bataille de l'intelligence est devenue mondiale.

Vous suivez, je le sais bien, ces réformes avec beaucoup d'attention. Vous m'avez d'ailleurs écrit, voici quelque temps, pour me livrer le produit de votre réflexion mais également pour me faire part de vos interrogations sur les réformes en cours dans l'enseignement secondaire. Les questions que vous avez soulevées sont à la fois précises et pertinentes ; je souhaite donc profiter de notre rencontre pour vous apporter des éléments de réponse.


* La rénovation de la voie professionnelle

Vos interrogations portaient d'abord sur la rénovation de la voie professionnelle. Il s'agit, vous l'avez compris d'une rénovation globale qui est née d'un triple souci : permettre à chaque élève d'atteindre le plus haut niveau de qualification possible, mieux répondre aux besoins du monde économique mais également changer le regard de nos concitoyens sur l'enseignement professionnel.

Cette rénovation passe par un développement des lycées des métiers et par une refonte complète de l'offre de diplôme et des cursus qui y mènent avec en particulier la généralisation des parcours de référence en 3 ans pour l'obtention du baccalauréat professionnel.

Pourquoi donc avoir voulu développer les baccalauréats professionnels en trois ans au point de vouloir en faire le cursus de référence ?

Ce choix procède d'abord d'une conviction profonde : le baccalauréat professionnel est un véritable baccalauréat.

Pour lui conférer la même dignité qu'au bac général et au bac technologique, il fallait donc qu'il soit préparé dans les mêmes conditions que ces derniers, c'est-à-dire en trois ans.

D'ailleurs, preuve est faite que les baccalauréats professionnels en trois ans contribuent à renforcer l'attractivité de la voie professionnelle, puisqu'en cette rentrée 2008 elle a attiré près de 20% d'élèves en plus.

En outre, la mise en place des cursus en trois ans après la classe de 3ème va contribuer à l'élévation du niveau de qualification. En effet, contrairement aux idées reçues, le système préexistant était par trop sélectif puisque moins de 50% des titulaires du BEP prolongeaient leur cursus en bac pro alors même que le diplôme qu'ils avaient obtenu aurait du les y conduire. Inversement, les expérimentations menées depuis 2001 montrent que plus de 80% des jeunes entrés en bac pro 3 ans poursuivent leur scolarité jusqu'au bout.

Mais, me direz-vous, quel est le véritable intérêt de cette rénovation pour les élèves ?

Je veux d'emblée préciser qu'il est absolument faux de prétendre que la création des baccalauréats professionnels en 3 ans aura pour effet d'exclure un nombre important de jeunes. Pour assurer une qualification à tous ceux qui s'engagent dans la voie professionnelle, le diplôme de BEP est maintenu. En outre, parallèlement au déploiement du bac pro en 3 ans, le ministère a souhaité ouvrir, dès cette rentrée, 4000 places de CAP supplémentaires.

A l'inverse, cette réforme présente d'immenses avantages pour les élèves : la mise en place des nouveaux cursus en trois ans va d'abord offrir aux élèves un enseignement plus individualisé et un encadrement méthodologique renforcé grâce à la mise en oeuvre de modules de remédiation.

Elle permettra surtout d'amener davantage de jeunes à l'obtention d'un diplôme de niveau IV à un moment où de plus en plus de secteurs professionnels, à l'image du tertiaire administratif et commercial, demandent un niveau minimal de qualification équivalent au baccalauréat. Et puisque l'objectif d'insertion est prioritaire dans la voie professionnelle, nous tenons aussi à prendre en compte les besoins spécifiques de certains domaines d'activité comme l'hôtellerie ou la restauration qui recrutent largement au niveau V. Il revient donc aux Commissions Professionnelles Consultatives de déterminer les modalités d'organisation propres à chaque secteur professionnel.

La rénovation de la voie professionnelle, c'est donc, pour les élèves, des chances accrues de réussir leur insertion sur le marché du travail.

Vous m'avez également demandé si les parcours en quatre ans demeuraient possibles ?

Ils le demeurent car il sera possible, après un CAP, de rejoindre la deuxième année de baccalauréat professionnel, c'est-à-dire la classe de première.

En outre, un élève qui ne pourrait obtenir le baccalauréat en trois ans pourra grâce à des modules de remédiation, prendre plus de temps. Ainsi, les rythmes d'apprentissage de chacun seront respectés.

Vous m'avez enfin interrogé sur le calendrier de la réforme ?

Elle entrera en pleine application à la rentrée 2009. Dans cette perspective, les commissions professionnelles consultatives travaillent actuellement à la détermination des champs professionnels qui seront mis en place en classe de seconde et à la détermination des diplômes intermédiaires. Parallèlement, les nouvelles grilles horaires qui entreront en vigueur à la rentrée 2009 sont en cours d'élaboration.

Les instances consultatives nationales ont d'ores et déjà été saisies et tous les textes seront adoptés avant la fin de l'année 2008.

Vous le voyez, mesdames et messieurs, la mise en place du cycle de référence en trois ans constitue une évolution majeure de la voie professionnelle. Elle est faite pour les élèves, pour favoriser leur réussite et leur insertion professionnelle et sans exclure qui que ce soit. Le succès de cette rénovation repose sur le professionnalisme et l'engagement des enseignants qui seront d'ailleurs mieux reconnus.


* La rénovation de la voie générale et technologique

Parallèlement à la rénovation de la voie professionnelle, j'ai aussi engagé une réforme du lycée général et technologique. Elle est absolument nécessaire pour assurer une meilleure préparation aux études supérieures, mais aussi pour offrir de nouveaux services aux élèves des lycées généraux et technologiques et leur permettre de mieux s'orienter.

La nouvelle classe de seconde sera donc mise en place à la rentrée 2009, avant la classe de Première en 2010 et la Terminale en 2011. Elle se caractérisera par nouvelle organisation du temps scolaire dans l'année et dans la semaine.

La nouvelle année scolaire comportera deux semestres, ce qui nous permettra d'organiser quatre rendez-vous annuels avec l'élève au lieu de trois aujourd'hui : deux conseils de mi-semestre, qui permettront aux enseignants de faire avec les élèves un point sur leurs difficultés, et deux conseils de fin de semestre, où sera notamment abordée l'orientation de l'élève.

La nouvelle semaine scolaire comportera trois grands ensembles : des enseignements généraux de tronc commun, sur une durée totale de 21 heures, 6 heures d'enseignements complémentaires proposés sous forme de modules ainsi qu'un accompagnement personnalisé de 3 heures hebdomadaires.

Ces trois heures d'accompagnement personnalisé seront prolongées par une période d'une semaine placée entre les deux semestres et destinée, selon les besoins des élèves, à leur proposer un soutien scolaire adapté, une aide méthodologique, un conseil d'orientation, un travail interdisciplinaire ou, pour ceux qui sont le plus à l'aise, un travail d'expertise.

Je tiens à préciser, car je sais que c'est l'une de vos interrogations, que la spécificité des formations technologiques ne sera pas remise en cause dans le cadre de la réforme du lycée. En effet, je sais que notre pays a plus que jamais besoin de trouver les techniciens bien formés et compétents qui lui manquent aujourd'hui. C'est précisément dans ce but que j'ai tenu à ce que la nouvelle classe de seconde permette de proposer aux élèves des modules de découverte des disciplines technologiques comme les sciences de l'ingénieur, l'informatique de gestion, les sciences médicosociales ou biologiques.

Nous travaillons actuellement sur le cycle terminal qui sera mis en place à partir de 2010. Il reste encore beaucoup à faire mais je peux vous assurer que les décisions qui seront prises permettront d'organiser des parcours préservant la dominante technologique.

Vous le voyez, mesdames et messieurs, dans le champ de l'enseignement professionnel et technique, les réformes sont bien engagées et entrent progressivement en application. Elles poursuivent un objectif central : offrir de nouveaux services aux élèves pour leur permettre de réussir, à terme, leur insertion professionnelle. Cet objectif nous est commun et je ne doute pas que votre association saura jouer un rôle décisif pour placer nos formations professionnelles et techniques sur la voie de la réussite.


Je vous remercie.


Source http://www.snpct.org, le 16 décembre 2008

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