Entretien de M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, avec "Le Journal du Dimanche" le 28 décembre 2008, sur la situation au Proche-Orient. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, avec "Le Journal du Dimanche" le 28 décembre 2008, sur la situation au Proche-Orient.

Personnalité, fonction : KOUCHNER Bernard.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et européennes

ti : Je ne veux pas me résoudre à la fatalité de la haine. L'Europe doit se battre pour arrêter l'enchaînement de la violence et renouer avec le processus de paix. Cet épisode est tragique. Il intervient dans un contexte de vacance du pouvoir en Israël et aux Etats-Unis. Dans ces deux pays, les dirigeants actuels ne seront plus en fonction dans quelques semaines.

Il faut que la trêve soit rétablie. La France et l'Europe doivent obtenir rapidement l'arrêt des tirs de roquettes, la fin des bombardements de représailles et l'ouverture des portes de Gaza. Le Hamas de Gaza joue un jeu dangereux qui se paie en vies humaines. A l'automne, il y avait des signes très positifs. Aujourd'hui, nous sommes entrés dans une nouvelle spirale du désespoir. Mais je vois encore des raisons d'espérer. En Cisjordanie, la rue a gardé son calme tout au long de la journée. Abou Mazen, à qui je viens de parler, m'a confirmé qu'il resterait en fonction encore un an. Les Egyptiens sont capables de réamorcer un processus de paix, il faut les y aider. Les Syriens n'ont pas intérêt à voir la région s'embraser. Avant cette explosion de violence, les Israéliens m'avaient assuré qu'ils ne laisseraient ni la famine, ni les épidémies s'installer à Gaza.

Des deux côtés, les populations civiles ont dépassé les limites du supportable. Le retour à la trêve est l'unique solution. Pour retrouver ensuite l'esprit d'Annapolis. J'ai appelé hier mes homologues européens. Ils sont déterminés à peser de tout leur poids sur ce dossier et à plaider auprès de Barack Obama pour que cette région du monde soit une des priorités des premiers mois de son mandat. Il risque d'être mobilisé par les affaires intérieures et la crise économique. Les Européens ont un rôle à jouer.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 30 décembre 2008

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