Message de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, adressé aux participants des 1ères assises de l'enseignement de la langue et de la culture arabes en France, sur la langue arabe et l'islam, le 9 octobre 2008. | vie-publique.fr | Discours publics

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Message de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, adressé aux participants des 1ères assises de l'enseignement de la langue et de la culture arabes en France, sur la langue arabe et l'islam, le 9 octobre 2008.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : 1ères assises de l'enseignement de la langue et de la culture arabes en France, à Paris le 9 octobre 2008

ti : M. le Président de l'Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les Ministres et les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,


En raison d'un agenda particulièrement contraint dans le contexte actuel de crise financière internationale, je ne suis hélas pas en mesure d'être parmi vous ce jour, à l'occasion des premières assises de l'enseignement de la langue et de la culture arabes en France.

Ces assises, j'ai été le premier à les vouloir. J'en avais lancé l'idée en décembre 2007 à Constantine, lors de ma visite d'État en Algérie. Je suis particulièrement heureux qu'elles se tiennent aujourd'hui, grâce aux efforts conjoints de l'association "convergence méditerranéenne" et du sous-préfet Malika Benlarbi, de l'Institut du Monde Arabe, du Qatar et du Ministère de l'Éducation nationale. Qu'ils soient tous remerciés ici.

J'ai voulu ces assises parce que je souhaite que davantage de Français prennent en partage la langue arabe par laquelle s'expriment tant de valeurs de civilisation et de valeurs spirituelles. La langue française rayonne au Maghreb et dans de nombreux pays arabes. Il est juste et naturel, si l'on veut promouvoir la francophonie ainsi que la diversité linguistique et culturelle dans le monde, que des efforts soient également accomplis en France en faveur d'autres idiomes, en particulier la langue arabe.

La langue arabe porte l'une des plus anciennes et prestigieuses civilisations dans le monde. Le Président de l'IMA, ici présent, en porte lui-même témoignage. La langue arabe est une langue d'avenir et de progrès, de science et de modernité. Elle l'a été tout au long du passé. Il n'y a aucune raison que cela ne continue pas à être le cas dans l'avenir.

Un pays qui investit dans son histoire et dans sa culture c'est en vérité un pays qui investit dans l'avenir. Il n'y a pas de contradiction entre préparer l'avenir et investir dans la langue arabe. Un pays qui n'a pas de problème avec son identité, qui n'a pas peur d'affirmer que la France a une identité nationale, n'a pas besoin d'être agressif à l'endroit de l'identité des autres. L'enseignement de la langue et de la culture arabes en France est un moment d'échange, d'ouverture et de tolérance.

La France est également le pays d'Europe où réside le plus grand nombre de personnes d'origine arabo-musulmane. La diversité, que j'ai toujours portée comme Ministre des Cultes et que je porte comme Président de la République, est une idée d'avenir. J'ai pris mes responsabilités, en nommant au gouvernement et à tous les niveaux de l'administration, des Français de toutes origines.

La langue arabe et l'Islam sont liés, même s'ils ne se réduisent évidemment pas l'un à l'autre.

J'ai aussi voulu que la diversité des religions ait toute sa place. L'Islam est, par le nombre de pratiquants, la deuxième religion de France. C'est pour cette raison que j'ai offert à l'Islam en France les moyens d'une transformation en un Islam de France. Dans ce domaine, les avancées ont été nombreuses : Conseil français du Culte musulman, fondation pour les oeuvres de l'Islam de France, formation d'imams et d'aumôniers, carrés musulmans dans les cimetières. Ces avancées sont le meilleur moyen de faire comprendre que l'on ne doit pas confondre l'Islam avec l'islamisme. L'islamisme cherche à instrumentaliser l'Islam pour couvrir une idéologie qui est celle de la haine des autres. Je souhaite aussi que dans les pays majoritairement musulmans, on ait le même respect de la différence et de l'identité de l'autre. Si la diversité est bonne en France, alors convenons qu'elle devrait être bonne dans toutes les autres sociétés à travers le monde.

La France est aussi l'amie des pays arabes. La France veut la paix. La France ne veut pas du choc des civilisations entre l'Orient et l'Occident. J'aide les pays arabes à obtenir l'énergie du futur, l'énergie nucléaire. L'énergie nucléaire utilisée à des fins pacifiques, à des fins civiles, c'est la possibilité du développement, de la croissance, de l'éducation. La France a également été honorée de recevoir tant de chefs d'Etats et de gouvernements arabes, lors du Sommet de l'Union pour la Méditerranée le 13 juillet dernier à Paris. La Méditerranée est l'espace fondateur de nos espoirs communs. C'est autour de notre mer commune que se retrouvent les principaux défis : le développement durable, la sécurité, l'éducation, la paix. C'est ensemble, autour de projets concrets touchant à la vie quotidienne de nos citoyens, que nous réussirons.

Je n'oublie pas le Golfe, zone de croissance exceptionnelle avec laquelle nous avons développé des partenariats remarquables sur tous les plans politique, militaire, économique et stratégique. J'ai pu vérifier dans le Golfe à quel point la langue arabe est un idiome d'avenir, porteur de modernité et de tolérance.

Je souhaite que les assises que vous allez tenir ce jour débouchent sur des pistes concrètes de développement de l'enseignement de l'arabe en France. Je suis persuadé que nous pouvons, sans dépenser davantage d'argent, considérablement améliorer l'offre existante dans ce domaine. Je fais pleinement confiance au ministre de l'Education nationale, qui prononcera l'allocution de clôture, pour reprendre certaines de vos propositions, afin que l'arabe dans notre pays devienne, au même titre que d'autres, une langue d'excellence.


Je vous remercie.

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