Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur le "plan de mobilisation" pour les transports collectifs en Ile-de-France, Rueil-Malmaison le 8 janvier 2009. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur le "plan de mobilisation" pour les transports collectifs en Ile-de-France, Rueil-Malmaison le 8 janvier 2009.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Visite de l'atelier de maintenance des rames RER A de la RATP, à Rueil-Malmaison (Hauts- de-Seine) le 8 janvier 2009

ti : Monsieur le président de la RATP, monsieur le président de la région,
Mesdames et messieurs les élus, mesdames et messieurs


Ce sont d'abord les agents d'une unité de maintenance de la RATP que je suis venu rencontrer aujourd'hui. Mais, à travers vous, c'est évidemment à l'ensemble des personnels de la RATP que j'ai souhaité m'adresser.
C'est à tous les métiers de cette entreprise que je souhaite rendre hommage.
Ce sont aux agents du RER, ce sont aux agents du métro, mais aussi du bus que je suis venu dire ma confiance et mon respect. Et naturellement je le fais en m'exprimant au nom du Gouvernement.

Chaque jour, 345 lignes de bus, 16 lignes de métros, 3 lignes de tramway, 2 lignes de RER fonctionnent.
Et chaque jour, 10 millions de voyageurs sont transportés.

Cette performance quotidienne, c'est une sorte d'exploit renouvelé chaque jour, c'est la force du service public. Je sais que vous en êtes légitimement fiers et je veux vous dire que vous avez raison de l'être !

Et c'est cette fierté et ce professionnalisme que je suis venu saluer.

Si la RATP est aujourd'hui un acteur mondial de premier plan du marché du transport collectif, et j'ai eu encore l'occasion de le constater lors d'un très récent déplacement. Au fond, la RATP non seulement réussit de façon exceptionnelle au plan national, mais elle exporte sa technologie et son savoir-faire à travers le monde entier, si elle est une source d'inspiration pour autant de pays à travers le monde, c'est parce qu'elle s'appuie sur 60 ans d'histoire, sur 60 ans d'excellence, sur 60 ans de savoir-faire technologique, sur 60 ans qui récompensent le travail de tous ces agents et de tous ces cadres tellement attachés à leur entreprise.

La RATP n'a jamais cessé de se moderniser, elle n'a jamais cessé de s'adapter, elle n'a jamais cessé d'aller vers l'avenir.
C'est évidemment l'exigence du service public.
C'est ce que nos concitoyens attendent de nous, c'est ce qu'ils attendent de vous.

C'est une nécessité vitale que cette adaptation, que vous avez eu raison monsieur le président de rappeler, parce que nous sommes dans un monde qui évolue vite : d'un côté, les contraintes augmentent et elles laissent bien peu de place à l'hésitation ; et de l'autre côté, le progrès technique offre des opportunités à condition que l'on ait le courage de s'en saisir.

Aujourd'hui, notre pays traverse, comme l'ensemble des pays du monde, et en particulier comme les pays développés, une tempête économique exceptionnelle. Et si, depuis le début de cette période, j'en appelle à l'unité nationale, c'est parce que la situation est sérieuse et parce que nul ne doit penser réussir en faisant cavalier seul.

Avec le plan de relance, nous avons décidé d'accélérer les investissements qui étaient prévus dans les années qui viennent.
Ces investissements vont soutenir l'activité économique sans dégrader, à terme, notre endettement que nous n'avions plus les moyens d'accentuer.
Et ils rendront notre pays plus compétitif. Bref, nous avons choisi de répondre à la crise en accélérant les mutations dans lesquelles notre nation est engagée.

Parmi ces mutations, j'ai envie de dire que c'est l'une des principales, il y a les transports.
Répondre aux nouveaux défis des transports en Ile-de-France, tirer les conséquences des évolutions démographiques, des nouveaux besoins économiques et sociaux, voilà qu'elle est la raison d'être de la RATP.

Préparer le renouvellement des équipements, empêcher la saturation de certaines lignes, améliorer la sécurité du service : voilà les exigences permanentes qui nécessitent des investissements réguliers.
Préparer le monde de demain, celui de l'après-pétrole, celui de l'alternative à l'automobile, voilà aussi l'une des vocations fondamentales de votre service public. Tout doit être fait pour améliorer la vie quotidienne des Franciliens, et notamment sur la ligne A du RER.

Ces défis, vous avez commencé à y répondre. Et le plan de relance va vous donner de nouveaux moyens pour le faire. C'est une occasion pour la RATP de poursuivre la modernisation qu'elle a engagée ces dernières années, avec un objectif permanent, avec une obsession permanente : l'amélioration du service aux usagers.

La RATP s'est engagée, dans un contrat signé en février dernier avec le Syndicat des transports en Ile-de-France (STIF), sur un ensemble d'objectifs de fiabilité et de qualité essentiels pour rendre le quotidien des usagers plus facile et plus confortable.

C'est la question de la régularité, de l'information des voyageurs, de l'accueil, de la disponibilité des équipements. Autant de sujets sur lesquels la RATP est appelée à rendre des comptes, avec un système d'incitation financière qui lui permettra de profiter du résultat de ses efforts d'amélioration.

Mais il nous faut aller plus loin, parce que - et plusieurs d'entre vous tout à l'heure me l'ont rappelé - nous sommes maintenant face à un véritable risque de saturation de certaines lignes. Les besoins en déplacement et la croissance du trafic sont tels qu'il est nécessaire d'envisager sans tarder les investissements nécessaires pour y répondre. On ne peut pas aujourd'hui se permettre de retarder les décisions de fond sur les grands projets d'infrastructures en Ile-de-France. Parce que le premier qui en serait pénalisé c'est évidemment l'usager.

C'est la raison pour laquelle nous avons souhaité qu'un "plan de mobilisation" pour les transports soit engagé et que chaque entreprise publique, que chaque collectivité, et naturellement l'Etat, assume le rôle qui lui revient.

Tous les acteurs doivent se mobiliser ensemble pour réussir ce plan :

- les collectivités, et au premier plan la région, monsieur le président que je veux saluer pour son engagement, en tant que partenaire de l'Etat, pour le financement des opérations qui sont inscrites au contrat de projets ;

- le STIF, en tant qu'autorité organisatrice des transports depuis la décentralisation ;

- les entreprises publiques, la RATP cela va de soi, mais aussi la SNCF et RFF : d'abord parce que leur mission est de construire et d'exploiter des infrastructures de transports collectifs et de garantir un niveau suffisant de service aux usagers ; mais aussi parce que ces opérateurs sont les seuls à posséder les compétences et le savoir-faire nécessaires pour la conception de ces grands projets complexes ;

- et enfin l'Etat, parce même si les responsabilités ont été réparties du fait de la loi entre les uns et les autres, l'Etat ne peut pas se désintéresser de l'aménagement d'une région qui représente près du tiers du PIB national et plus de 20 % de la population active métropolitaine.

La première pierre de ce plan de mobilisation, nous voulons que ce soit le RER A.

C'est une ligne qui transporte plus d'un million de voyageurs presque un jour sur deux dans l'année. Il faut donc qu'elle fasse l'objet d'une véritable stratégie de long terme d'amélioration de la qualité de service, dans l'attente de nouveaux investissements qui viendront décharger cet axe de transport Est-Ouest.

La RATP et son unique actionnaire, l'Etat, ont pris leurs responsabilités.
Dès le mois de juin dernier, nous avons décidé d'un plan d'action. Ce plan d'action comporte notamment des mesures d'exploitation et des mesures de maintenance renforcées pour permettre une augmentation de la cadence des trains aux heures de pointe.

Par ailleurs, une augmentation de la capacité de transport a été décidée avec la généralisation des rames à deux niveaux. Et je viens d'avoir l'occasion de me rendre compte dans le cadre de cette visite, de l'intérêt de ces matériels.

Un appel d'offre a été lancé pour 30 trains spécifiques à 2 étages, pour un coût d'environ 600 millions d'euros, qui sont répartis à parité entre la RATP et la région Ile-de-France.
La livraison des premières rames était prévue fin 2010 pour un déploiement à compter de 2011.
Grâce au plan de relance et aux 450 millions d'euros d'investissements supplémentaires prévus par la RATP, la cadence de livraison des trains du RER A va pouvoir être accélérée. Et ce sont 8 trains et non pas seulement 1 qui pourront être mis en service à compter d'octobre 2011, puis à un rythme ensuite de 24 trains par an.

Notre objectif est donc d'accélérer le déploiement des nouveaux matériels, et d'augmenter, au bout du compte, de 30 % la capacité d'emport par rapport à la situation actuelle, pour que nous soyons capables de faire face aux besoins à l'horizon des dix prochaines années.

A cet horizon, des projets majeurs offrant des alternatives aux voyageurs doivent contribuer à désaturer le RER A.

* Je pense au prolongement d'Eole à l'ouest, c'est-à-dire le RER E entre la gare Saint-Lazare, la Défense et au-delà, qui permettra d'ailleurs d'accompagner le développement de la Défense.

* Je pense aussi au projet "Arc Express", sur lequel l'Etat et la région ont déjà engagé les études en lien avec la RATP.

Dans un premier temps, un arc nord-ouest desservant La Défense contribuera à soulager le RER A d'une partie du trafic actuel. Il s'inscrira à terme dans un projet de rocade automatique autour de Paris permettant de garantir la plus grande efficacité d'échange entre tous les modes de transport, le métro, le bus, le tramway, le RER, et d'éviter des transits par la capitale pour les transports de banlieue à banlieue.

Ces projets sont des projets essentiels pour le déplacement des Franciliens.
Il faut donc les préparer dès aujourd'hui, avec la région Ile-de-France, avec le STIF.
Et il faut tout faire pour que nous ne nous perdions pas dans des procédures qui, pour être nécessaires, se transforment le plus souvent en parcours d'obstacles interminables.

La problématique des transports en région Ile-de-France est une problématique stratégique qui ne doit pas perdre de vue le quotidien des habitants de l'Ile-de-France.

On évoque souvent les grands projets qui se chiffrent à plusieurs milliards d'euros et qui nécessitent plusieurs dizaines d'années avant d'être réalisés.
La réalité, vous le savez bien, c'est qu'aujourd'hui on n'a pas assez investi en Ile-de-France dans les grandes infrastructures de transport, et ceci depuis plus de vingt ans !
Les délais de réalisation de ces infrastructures sont considérables : les chantiers en voie d'achèvement aujourd'hui, je pense la ligne 14, ont été dessinés à la fin des années 80. C'est donc maintenant qu'il faut agir sur le moyen terme. Et je suis convaincu que le travail que nous avons engagé, en commun avec les divers acteurs, doit nous permettre d'y parvenir.

Et c'est dans cet esprit que je veux faire aujourd'hui des propositions très claires.

A court terme, dans le cadre du plan de relance, la RATP investira 450 millions d'euros dans l'accélération du renouvellement des matériels roulants et des travaux d'extension qui ont été engagés au titre du contrats de plan Etat région : la ligne 4, la ligne 12, le pôle Nanterre université.

Ces investissements complémentaires devront être financés de façon équilibrée : pour un tiers, directement par la RATP ; pour un autre tiers via une dotation en capital de l'Etat, que je suis heureux de vous annoncer aujourd'hui, et qui se monte à 150 millions d'euros. Et enfin, pour le tiers restant, la RATP a demandé à la région d'apporter sa contribution. Et je souhaite, monsieur le président, que cette demande soit entendue, et je sais qu'elle sera entendue, parce que j'ai la conviction que c'est une vision partagée qui nous anime tous.

A moyen et à long terme, nous allons prochainement décider des suites à donner aux travaux conduits entre la région et les services de l'Etat sur le "plan de mobilisation" dans les transports. Nous le ferons à l'aune de la réflexion stratégique sur le développement de la région capitale qui est conduite par Christian Blanc.
Nous attacherons une importance primordiale à la qualité de service rendue aux usagers.
Et nous rechercherons des modes de financement et de gouvernance rénovés parce que nous savons que les enjeux sont exceptionnels.

Le Gouvernement, mesdames et messieurs, est, vous le voyez, totalement mobilisé sur l'avenir des transports en Ile-de-France.
Ce n'est pas seulement un sujet régional, c'est un sujet d'intérêt national.
Et c'est la raison de l'engagement que je vous annonce aujourd'hui. C'est un sujet qui appelle une politique volontariste, qui appelle une mobilisation de tous, qui appelle un véritable esprit de responsabilité.

Le rôle de la RATP, de sa direction, de ses personnels, y est essentiel.
Je pense que les Franciliens savent très bien que votre travail est difficile. Et ils vous sont reconnaissants de votre engagement.
On dit parfois que les usagers sont "râleurs", mais la vérité c'est qu'ils sont surtout exigeants vis-à-vis d'un service public qui est considéré par nos voisins comme l'un des meilleurs du monde.

Je souhaite que cette nouvelle année soit une année de progrès pour les transports collectifs franciliens. La visite que je viens d'effectuer m'en donne les meilleurs espoirs.


Je veux vous remercier pour votre attention,
Je veux vous remercier pour votre accueil,
Je veux vous remercier pour votre travail.
Et je veux terminer mon propos en m'adressant à chacun d'entre vous, pour formuler en ce début d'année des voeux personnels, de bonheur, de réussite et de bonne santé pour tous les personnels de la RATP.


Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 9 janvier 2009

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