Déclaration de Mme Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, sur les grandes orientations du livre vert des états généraux de la presse écrite, Paris le 8 janvier 2009. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, sur les grandes orientations du livre vert des états généraux de la presse écrite, Paris le 8 janvier 2009.

Personnalité, fonction : ALBANEL Christine.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

Circonstances : Remise du livre vert "Les états généraux de la presse écrite" à Paris le 8 janvier 2009

ti : Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,


Je vous remercie d'être venus aussi nombreux pour cette présentation du Livre vert des Etats généraux de la presse écrite.

Votre présence montre bien l'importance de notre démarche et l'enjeu qu'elle représente pour l'avenir de la presse française.

Les enjeux des Etats généraux de la presse écrite s'inscrivent dans le cadre d'une évolution globale qui touche l'ensemble des médias, la presse mais aussi l'audiovisuel, le numérique, les droits d'auteur et la création sur Internet. Autant de dossiers sur lesquels vous le savez le Ministère de la Culture et de la Communication s'investit avec beaucoup de détermination.

Je tiens à saluer aujourd'hui les 150 participants aux Etats généraux qui se sont réunis chaque semaine, durant plus de deux mois, ainsi que les présidents de pôle qui ont brillamment mené les débats.

Les groupes présidés par Bruno Frappat, Arnaud de Puyfontaine, Bruno Patino et François Dufour ont réalisé un travail très important. Ils ont parfaitement rempli leur mission, dans des délais plutôt contraignants, nous le savons. Leur contribution et leur engagement seront des éléments moteur dans l'évolution du paysage de la presse dans les prochaines années.

Le travail de coordination réalisé par Bernard Spitz a permis d'assurer la cohérence d'ensemble des travaux et de veiller à leur indépendance. Je l'en remercie, ainsi que la Direction du Développement des Médias, qui par son expertise a permis aux groupes de travail d'avancer rapidement dans des domaines parfois très techniques. Tout ce processus a été mis en oeuvre en étroite collaboration avec les services du Ministère de la Culture et de l'Elysée.

Le Président de la République souhaitait que ces Etats généraux soient l'occasion de dégager enfin des solutions concrètes, de s'accorder sur un certain nombre de mesures à mettre en oeuvre pour que la presse écrite française relève les défis qui sont les siens aujourd'hui.

Les chiffres sont éloquents : vous nous remettez aujourd'hui plus de 90 recommandations, à l'issue de 70 heures de débats et d'auditions, après avoir reçu une centaine de contributions extérieures et auditionné autant de professionnels français et européens.

Les réformes que nous allons mettre en oeuvre sont avant tout au service des lecteurs. Ce sont eux qui seront les véritables arbitres de nos décisions. C'est pour cela que j'ai souhaité introduire la remise de ce Livre par la synthèse des deux études sur les lecteurs conduites durant les Etats généraux.

Que nous apprennent ces deux études ? Tout d'abord que les lecteurs ne doutent pas des valeurs fondamentales de l'écrit. Leurs interrogations portent plutôt sur sa place dans un paysage médiatique en pleine recomposition.

Qu'attendent-ils? Ils veulent une presse écrite capable de leur proposer des contenus et des plates-formes adaptées à leur rythme de vie, à leurs nouveaux modes de consommation.

En somme, une presse écrite qui conservent ses valeurs (analyse, débat, recul, objectivité, indépendance) mais renouvelle ses pratiques (forme, attractivité visuel, mobilité, prix, etc).

Les lecteurs ont le sentiment que la révolution numérique a redistribué les rôles entre les différents médias. Et selon eux, la presse n'a pas suffisamment bien négocié le virage d'Internet.

Il s'agit maintenant de rattraper ce retard, grâce aux propositions réunies dans ce Livre vert.

Nous devons entreprendre dès maintenant des réformes durables dans les domaines industriels, dans ceux de la distribution, du développement multimédia, du statut des journalistes, sans oublier les sujets fondamentaux que sont la formation des journalistes et la qualité des contenus.


* Les grandes pistes

Plusieurs grandes pistes se dégagent du Livre vert, sans toutefois anticiper les décisions qui seront prises par les pouvoirs publics.

Je ne peux aujourd'hui entrer dans le détail de l'ensemble recommandations qui nous sont remises aujourd'hui et qui seront présentées dans un instant par les présidents de pôle, mais je relève toutefois que les Etats généraux ont bien pris la mesure des enjeux en proposant des mesures de fond, des réformes structurantes et durables, sans oublier les conséquences de la crise économique et financière survenue depuis l'annonce des travaux.

Parmi les propositions de réformes de fond, sans exhaustivité, il est question de redynamiser le système de distribution, d'efforts à mettre en oeuvre pour revaloriser le métier de diffuseur, d'aide au portage, de mise en place d'un nouveau cadre juridique pour les droits d'auteur plurimedia, de définition d'un nouvel environnement pour la formation des journalistes, de mise en place d'un nouveau contrat social dans les imprimeries de presse, de définition d'un nouveau statut d'éditeur de presse en ligne, de valoriser la lecture auprès des jeunes ou encore de propositions destinées à encourager le renouvellement des contenus et leur adaptation aux nouvelles exigences des lecteurs.

D'autres pistes répondent à l'urgence d'une action ponctuelle pour soutenir la presse écrite dans la période de crise économique et financière actuelle. Parmi ces mesures, les Etats généraux retiennent l'idée du moratoire sur les accords Presse-Poste ou celle de la redistribution des investissements publicitaires de l'Etat en faveur de la presse. Toutes ces réformes sont d'une très grande ampleur.

Pour autant, il ne s'agit pas de casser les mécanismes qui ont structuré la presse depuis de si nombreuses années et lui ont permis de se développer. Je pense notamment à la loi Bichet.

Il s'agit au contraire d'identifier les pistes qui permettront de rétablir les conditions d'un développement durable, d'une démarche d'innovation qui donnera à la presse les moyens de s'adapter.


* Qu'allons-nous faire maintenant ?

Le Livre vert est un document ouvert. C'est un document de synthèse qui, je le répète, ne préjuge pas des décisions retenues et des arbitrages gouvernementaux qui interviendront dans les prochaines semaines.

Il permet d'envisager plusieurs solutions. Il décrit la portée, les objectifs et les modalités des réformes proposées aux pouvoirs publics et à la profession.

Ses recommandations sont donc maintenant soumises au débat public. Cette consultation est ouverte à tous.

Sur la base du Livre vert, le gouvernement annoncera très prochainement les mesures qu'il compte mettre en oeuvre dès 2009. Il y aura, comme je le disais, des mesures d'urgence, indispensables pour surmonter la crise qui s'est manifestée depuis l'annonce des Etats généraux, mais aussi des réformes structurelles qui permettront à la presse de s'adapter durablement aux nouvelles conditions du marché.

Ces réformes relèvent bien évidemment de responsabilités partagées. De nombreuses recommandations du Livre vert concernent en effet directement les éditeurs. Je souhaite donc que la profession assume pleinement, comme l'Etat, ses responsabilités.

Avant de céder la parole à Bernard Spitz, François Dufour, Arnaud de Puyfontaine, Bruno Frappat et Bruno Patino, je veux rappeler ma détermination à mener jusqu'au bout les réformes qui s'imposeront.


Source http://www.culture.gouv.fr, le 9 janvier 2009

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