Déclaration de M. Xavier Bertrand, ministre du travail, des relations sociales de la famille et de la solidarité, sur la politique du travail, l'égalité professionnelle et les états généraux de la presse, Paris le 13 janvier 2009. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Xavier Bertrand, ministre du travail, des relations sociales de la famille et de la solidarité, sur la politique du travail, l'égalité professionnelle et les états généraux de la presse, Paris le 13 janvier 2009.

Personnalité, fonction : BERTRAND Xavier.

FRANCE. Ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité ; FRANCE. UMP, secrétaire général par intérim

Circonstances : Voeux à la presse à Paris le 13 janvier 2009

ti : Tout d'abord parce que je commence à vous connaître un peu : vous êtes tous à vous demander quel est le mot que j'ai passé à Nadine MORANO tout à l'heure. Pour ceux qui l'ont vu et comme un journaliste est forcément bien informé, vous, vous l'avez vu François ! Contrairement à ce que vous pensez, je n'ai pas demandé à Nadine MORANO de faire court ou alors vous auriez vu quel était mon talent et mon pouvoir d'influence. Je lui ai dit « fais cinq minutes de plus, Valérie LETARD arrive ». Voilà tout simplement la réponse, la transparence étant, à mon sens, toujours une bonne chose.

Monsieur le Président, J'ai bien entendu le message sur la conciliation vie familiale, vie professionnelle. Franchement, une fois n'est pas coutume. Mais quand vous avez parlé de citation tout à l'heure vous auriez pu reprendre que « nous voulons valoriser la France qui se lève tôt ». J'aurai pu aussi vous dire « l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt » donc « l'avenir appartient forcément aux journalistes de l'information économique et sociale ». Et en cette année 2009, avec les Etats Généraux de la presse, ce propos n'est pas un propos prononcé avec légèreté, bien au contraire.

Je ne prends pas la parole devant vous comme d'habitude, vous vous en doutez, mes voeux auront cette année un accent un peu particulier puisque, il y a cette année, une certaine émotion, c'est la dernière fois que je vais présenter mes voeux à l'AJIS en tant que Ministre du Travail - d'après des sources proches du dossier comme vous le dites ou des sources gouvernementales - il se peut que j'ai à quitter dans quelques jours mes fonctions à la tête de ce beau Ministère. Je ne suis pas sûr que ce soit un scoop mais on verra ce que l'avenir nous réservera. Voilà pourquoi il y a une certaine émotion : après deux ans passés à la tête de ce ministère, on ne le quitte pas si facilement même si le choix en lui-même est un choix que j'assume et qui m'enthousiasme.

Même si à mon sens, il n'y a pas d'honneur plus important que de servir son pays dans un gouvernement. Mais la vie politique n'est pas que gouvernementale et comme j'ai toujours dit « on est plus longtemps ministre qu'ancien ministre », et c'est la deuxième fois que je quitte un ministère, la première fois c'était lors de la campagne présidentielle pour suivre Nicolas Sarkozy.

Je voudrais d'abord dire quelques mots sur l'année 2008 qui a été une année intense de réformes importantes.

Elles sont importantes parce qu'elles ont fait bouger les lignes et qu'elles ont commencé à changer les comportements. En 2007, le Président de la République et le Gouvernement avaient pris des engagements forts devant les Français concernant, d'une part, la réhabilitation de la valeur travail et, d'autre part, le renforcement de notre système de solidarité. Ces engagements pris devant les Français nous les avons tenus. Tout ce que nous avions dit, nous l'avons fait. Tout simplement.

- Sur la valeur travail :

Nous avons adapté les règles du temps de travail à la réalité très variée des entreprises. L'erreur fondamentale des 35h de Madame Aubry ça a été de mettre le même costume à toutes les entreprises alors même qu'elles ne se ressemblent pas. Alors que la loi du 20 août 2008 a permis de sortir du carcan des 35 heures imposées en donnant des garanties légales et en renforçant les accords d'entreprise. Cette loi a, bien sûr, une vertu dynamique en période de croissance, mais elle a aussi une vertu protectrice en période de crise en permettant aux salariés et aux entreprises de trouver, ensemble, par la négociation, les meilleures solutions pour adapter le volume du temps de travail. Vocation dynamique bien évidemment mais vocation protectrice également en cas de ralentissement de l'activité comme cela est le cas dans de nombreuses entreprises aujourd'hui.

Nous avons aussi encouragé l'emploi des séniors en supprimant les retraites guillotines, en libéralisant le cumul emploi-retraite et en portant la surcote à 5 %. A l'inverse, nous avons aussi permis de partir à la retraite plus tôt avant 60 ans avec les carrières longues.

Pour mettre tous les Français sur un pied d'égalité, nous avons fait aussi la réforme, certains lecteurs d'un quotidien ne s'y sont pas trompés en parlant de cette réforme comme une réforme 2008 : la réforme des régimes spéciaux. Engagée en novembre 2007 c'est vrai, mais prolongée et achevée en 2008. Cette réforme que l'on disait impossible change déjà les comportements : avec la fin des retraites couperets à la SNCF, ce sont 40 % des cheminots de la SNCF qui ont décidé de prolonger leur activité. Voilà une réforme qui change les comportements, les réformes les plus efficaces sont celles qui changent les comportements.

Nous avons aussi réformé le contrat de travail en facilitant la mobilité et en donnant plus de garanties aux salariés. Cela correspondait à une vraie demande des partenaires sociaux et nous avons repris leur accord. Une demande de sécurité juridique pour les entreprises et une demande de sécurisation des parcours professionnels pour les salariés. La possibilité de rompre le contrat à l'amiable rencontre un grand succès et j'ai voulu attendre ce matin pour vous donner le dernier chiffre : 20 000 ruptures conventionnelles de CDI homologuées en 5 mois (5 % du total des sorties de CDI). Voilà autant de conflits individuels potentiels évités !

Nous avons brisé les tabous sur le stress au travail et les troubles musculo-squelettiques (TMS). Les TMS ce sont 10 % des arrêts maladies. Pour la première fois en France, nous avons mené des campagnes d'information et de prévention sur ces sujets. Et nous lançons cette semaine, là aussi je voulais vous l'annoncer ce matin, le site travailler-mieux. gouv.fr pour que tous les salariés, les chefs d'entreprise aient un accès facilité à l'information sur les conditions de travail. Je l'ai souvent répété : « travailler plus oui mais aussi travailler mieux ». Les deux ne sont pas dissociables.

Mais je crois aussi que la vocation d'un gouvernement pour cette année 2009 qui ne sera pas facile, c'est de continuer sur la logique du travailler plus, de travailler mieux mais de permettre aussi à davantage de Français de travailler : c'est la question des jeunes, c'est la question des seniors et c'est aussi la question de la conciliation vie professionnelle-vie familiale.

- Réhabiliter la valeur travail mais aussi renforcer notre système de solidarité parce que j'ai le sentiment que de cette crise nous sortirons par le travail mais aussi par la solidarité et qu'il faut penser à ceux qui ne peuvent pas ou qui ne peuvent plus travailler.

Nous avons pris des engagements et nous avons voulu les tenir : nous avons revalorisé le minimum vieillesse avec une augmentation de 250 euros par personne sur 5 ans. Nous avons augmenté le taux de la réversion pour 600 000 veufs et veuves.

Nous avons augmenté les retraites de 300 000 agriculteurs. Les retraites pour l'ensemble des pensionnés augmenteront davantage que les prévisions d'inflation pour 2009, c'est important car il y a la nécessité de prendre en compte le rattrapage nous l'avions dit et ce sera fait en avril. Et nous avons augmenté l'allocation adulte handicapé (AAH), comme l'a dit Valérie. Je n'oublie pas la prime de Noël qui a été versée dès novembre à 1,3 millions de personnes et le versement en avril prochain d'une Prime de Solidarité Active de 200 euros en anticipation du RSA.

Valérie et Nadine ont rappelé tout ce que nous avons fait dans le domaine de la solidarité et de la famille. Et je tiens particulièrement à saluer leur travail. A saluer le travail de Valérie pendant toute cette année et particulièrement lors de la Conférence nationale sur le handicap du 10 juin dernier.
Quant à Nadine, qui nous a rejoints en mars, et franchement on a le sentiment qu'elle est là depuis bien plus longtemps. Elle s'est emparée avec talent et efficacité du dossier de la garde d'enfant qui est si important pour le succès de notre politique de natalité.

Et je voudrai leur rendre hommage, car j'ai eu à coeur dans ce ministère de montrer que l'on savait jouer collectif. C'est ce que nous avons voulu faire. J'ai eu à coeur qu'elles puissent s'exprimer : je ne suis pas sûr d'ailleurs que si je les avais empêchées j'aurai été très efficace.

C'était une façon aussi de bien montrer que d'être secrétaire d'Etat, et j'ai vécu cette fonction, c'est une façon d'apprendre mais d'ores et déjà de faire avancer les dossiers, de faire bouger les choses sans demander forcément l'autorisation. Elles ont très bien réussi, toutes les deux, différentes, complémentaires, et à mon avis, deux grandes dames de la politique.

Nous avons à la fois tenu le cap des réformes et le cap de la cohésion sociale.

Pour mener ces réformes le dialogue social est là aussi. Le dialogue social, comme la concertation, comme l'écoute de tous les acteurs. C'est pour cela que nous avons voulu moderniser les règles de notre démocratie sociale, notamment en faisant de l'élection en entreprise le principal critère de la représentativité syndicale. Avec une réforme : l'une des plus importantes depuis la libération. Mais cette partie étant très peu conflictuelle, on en a très peu parlé. Cette partie ayant à se mettre en place sur des années, on en a très peu parlé alors qu'elle est une révolution en douceur des rapports sociaux dans l'entreprise mais aussi dans notre société.

Pour un dialogue social efficace, il faut en effet des partenaires sociaux forts et légitimes avec des règles du jeu transparentes et démocratiques. J'ai parfois eu le sentiment que le dialogue social ce serait arrêté en mai 2008 : soyons sérieux ! Le dialogue social ne s'est jamais interrompu et même s'il y a eu parfois des mots forts et lourds, je n'ai jamais voulu rentrer dans la surenchère verbale. Le dialogue social n'est pas là pour faire plaisir à qui que ce soit, et encore moins au gouvernement, il est là pour permettre de trouver les meilleures solutions. Et même à des moments de crispation, notamment sur le temps de travail, nous avons continué à nous parler sur ce dossier et sur d'autres et nous avons continué à nous voir. Nous nous comprenons, nous nous écoutons chacun avec notre indépendance.

Vous le savez bien, sur le social, nous sommes en permanence connectés à plusieurs légitimités.

Il y a la légitimité des partenaires sociaux qui connaissent parfaitement la réalité des entreprises.

Mais il y a aussi la légitimité politique des engagements pris par le gouvernement devant les Français et qui impose de faire ce que nous avons dit. Ecouter et comprendre mais nous sommes aussi porteurs de leurs attentes et nous ne pouvons pas les décevoir.

2009 sera aussi une année de réformes

Je pense notamment à la prise en charge de la dépendance. Aujourd'hui, les arbitrages restent à finaliser mais ils sont préparés. Il est fondamental de proposer des solutions adaptées pour les 2 millions de Français qui auront plus de 85 ans en 2015, ils ne sera plus possible de faire que des discours. Nous avons beaucoup travaillé avec Valérie LETARD sur les modalités d'organisation et de financement de ce cinquième risque pour qu'un projet de loi soit présenté au Parlement en 2009. Il aura deux objectifs : permettre le maintien à domicile des personnes qui le souhaitent et surtout diminuer le reste à charge en priorité pour les classes moyennes qui sont les éternelles oubliées de la solidarité. Trop riches pour bénéficier de la solidarité et pas assez riches pour assumer les coûts liés à la dépendance. Il est temps que cela change.

Je pense aussi à l'égalité salariale et professionnelle, au temps partiel subi et à la réforme de la médecine du travail, l'ouverture des commerces le dimanche, dossier pour lequel je continuerai de m'engager dans les fonctions qui seront les miennes. Ce sont des sujets sur lesquels des négociations ont été engagées avec les partenaires sociaux. Ils auront la responsabilité de les faire aboutir en 2009.

Faire de la politique, ça n'empêche pas d'avoir de la suite dans les idées. Et ce n'est pas parce qu'on change de fonction qu'il faut abandonner les sujets qui nous tiennent à coeur ! J'avais déjà lancé le dossier de la pénibilité quand j'étais parlementaire en 2003.

Dans ces derniers mois avec les rencontres bilatérales nous avons bien avancé. Nous sommes maintenant assez au clair sur les issus possibles. Vous pouvez donc compter sur moi pour continuer à le suivre de près en redevenant député, voire même à prendre des initiatives si ce dossier reste enlisé.

- L'année 2009 sera aussi une année importante pour vous en raison de la tenue des Etats Généraux de la presse.

Il ne m'appartient pas de me prononcer sur le fond, mais j'ai le droit de penser que nous avons plus que jamais besoin de la presse économique et sociale pour informer et éclairer, pour faire de la pédagogie. Dans le contexte actuel, il est fondamental de pouvoir faire un lien entre ce qui se passe au niveau économique et ce qui se passe au niveau social.

Maintenir la cohésion sociale c'est pouvoir expliquer aux Français comment les mesures en faveur de l'automobile, de l'immobilier, ou encore du système bancaire, permettent de préserver leurs emplois. Et préserver un emploi ce n'est pas seulement une vocation économique, c'est aussi social.

Dans mes fonctions de député, de secrétaire d'Etat à l'assurance maladie, de ministre de la Santé ou de ministre en charge des affaires sociales, j'ai toujours apprécié votre professionnalisme, votre compétence, et votre exigence. Oui notre démocratie a, à la fois, besoin d'une classe politique responsable et de journalistes professionnels pour éviter les jeux de rôles et un certain nombre d'approximations. Et je veux d'ailleurs profiter de cette occasion pour revenir sur trois sujets qui sont de vraies sources de réflexion :

Regardez ce qui s'est passé sur l'amendement à la LFSS sur la fin des mises à la retraite d'office. Pas de chance, l'amendement a été discuté vendredi dans la nuit et en plein weekend. Du coup, nombres de vos confrères non spécialistes ont crié qu'on passait à la « retraite à 70 ans » - et encore la rédaction initiale aurait pu laisser penser que c'était 103 ans - et en ont fait un scoop alors que c'était connu depuis le 28 avril ! _ Et que vous-même dans les rédactions le lundi matin vous avez été surpris que cela passe pour un scoop alors qu'il n'en était pas un. J'ai partagé votre surprise à votre retour le lundi matin.

Regardez aussi ce qui s'est passé sur le plafonnement du forfait cadre. Beaucoup ont écrit qu'on portait le forfait de 218 jours à 235 jours alors que c'était un plafond annuel, plus bas que l'ancien qui était de 282 jours. 235 il me semble que c'est mieux que 282 non ? Pourquoi alors a-t-on eu le sentiment que l'on était passé de 218 à 235 ?

Regardez enfin ce qui s'est passé sur la directive européenne sur le temps de travail. On a répété partout, je me souviens je revenais de Luxembourg, qu'on voulait autoriser la semaine de 65 heures en France alors que c'est juste à titre exceptionnel pour certains Etats qui le souhaitent de déroger à la référence de la semaine de 48 heures. - Actuellement, ils peuvent déroger dans la limite de 78 heures. 65 c'est mieux que 78 non ?

Et moi j'ai une question de fond : est-ce qu'il vaut mieux rester dans un silence qui ne protège pas les principaux acteurs concernés, ou est-ce qu'il faut mettre des bornes en expliquant les choses. Car regardez bien, si on avait mis aucune limite, on serait resté dans les esprits à la semaine de 48h qui est mieux que 78. On nous a reproché d'avoir engagé une régression, ce n'est pas le cas. C'est un vrai sujet parce que cela conditionne le regard sur l'action des responsables politiques et on risque d'avoir des polémiques, surtout que si l'on n'a pas de pédagogie, certains seraient assez prompts à faire de la démagogie.

Plutôt que des ces polémiques inutiles, moi j'aurai préféré qu'on parle davantage du redémarrage de l'Europe sociale. Tout de même, quatre textes ont pu être adoptés pendant la PFUE : sur le travail intérimaire, sur les comités d'entreprise européens, sur les conditions de travail dans le secteur maritime et sur la coordination des systèmes de sécurité sociale. Ce n'est pas rien ! Mais si on n'en parle pas comment voulez-vous que les Français s'intéressent à l'Europe ? Est-ce qu'on a notre responsabilité peut-être, mais ce sujets qui sont essentiels, on en a peu parlé.

Je pense que la place de l'information sociale dans les médias doit être renforcée. Pourquoi ?

D'abord parce qu'il y a de plus en plus de chiffres, ces chiffres ont de plus en plus d'importance pour concevoir les politiques publiques. Mais dans le domaine social, on ne compte pas des profits ou des barils de pétrole. Derrière ces chiffres il y a des hommes et des femmes. Il y a des personnes fragiles. Encore une fois, c'est cela que nous ne devons jamais perdre de vue.

Ensuite parce que tous les journalistes ont un rôle à jouer pour aider à conduire les débats sur tous les sujets de société. En France, dans un pays où on adore les débats, on est tenté, avant même qu'il soit lancé, de vouloir soit le caricaturer, soit le clôturer. _ Alors même que quand on essaie de donner du sens, on nous demande : « Quelle est l'annonce que vous allez faire ? » dans telle ou telle interview. Bien souvent nous souffrons de ne pas pouvoir donner le sens nécessaire.

Je veux enfin vous dire que j'ai toujours eu beaucoup de plaisir -j'espère qu'il a été réciproque - à échanger avec vous.

Certes vous m'avez souvent reproché de ne pas avoir suffisamment répondu à vos sollicitations. Mais je n'ai pas vraiment le sentiment que vous ayez manqué de matière avec plus de 317 interviews depuis mai 2007. Je sais aussi que si les plus de 5000 appels que vous avez passés à mon service de presse n'avaient pas été traités, vous auriez su me le faire savoir. J'entends même dire parfois « il y a trop de papiers sur Xavier Bertrand », alors je ne vais pas encore en rajouter !

Je vais aussi vous faire une confidence : c'est vous qui m'avez poussé à être exigeant.

Je me souviens des premières conférences de presse, je me souviens de la précision des questions que vous posiez. Et c'est vrai que si on dit aujourd'hui que je connais bien mes dossiers, vous m'avez montré que l'on n'avait pas intérêt à survoler ses dossiers. Ce n'est pas une question de technicité mais une question de crédibilité, tout simplement.

Je sais que vous allez regretter mes phrases fétiches alors je vous en laisse quelques unes à méditer : « donner un cadre, oui, mais aussi la liberté de choix », « bien trouver la voix de passage », « La seule méthode de réforme que je connaisse, c'est la concertation ». Et puis celle-ci, d'Alain que j'ai toujours bien aimée mais encore plus en ce moment : « Le pessimisme est d'humeur et l'optimisme est de volonté ». Mais à chaque fois, elle visait bien un point précis de notre politique.

- Je ne vous dis pas adieu, parce que ce n'est pas dans mon tempérament, et parce qu'on va continuer à se voir dans le cadre de mes nouvelles fonctions à l'UMP.

Et là je reprends tout à fait ce que vous m'avez dit tout à l'heure « démocratie et jouer collectif ». Avez-vous eu communication de ma feuille de route ? Parce que c'est vraiment cela. Je souhaite animer le parti du Président et aussi jouer collectif. Je pense que le rôle d'un parti politique moderne c'est de se nourrir en permanence de ce que disent et vivent les Français pour animer un véritable débat sur toutes les questions de société. Il faut que les partis politiques fonctionnent autrement. De cette crise nous en sortirons en pensant autrement, en faisant de la politique autrement, en dépensant autrement. Et ça commence maintenant. Un parti politique moderne doit se nourrir en permanence de ce que disent et vivent les Français pour animer un débat sur toutes les questions : débats politiques, débats de société, il faut que les partis politiques fonctionnent autrement.

Alors moderniser un parti politique, certains vont me dire que c'est mission impossible, j'avais déjà entendu ça avant de réussir l'interdiction de fumer dans les lieux publics, avant de réussir la réforme des régimes spéciaux.

Dans mes nouvelles fonctions, il se peut bien sûr que j'aie des choses à dire dans les pages politiques, mais j'en aurai aussi pour toutes les autres rubriques : de l'économie, du social, de la vie quotidienne, de la culture par exemple. En tout cas ne comptez pas sur moi pour m'enfermer, parce que le rôle d'un responsable de parti politique ce n'est pas s'enfermer dans ses locaux, c'est rester au contact, dans le débat d'idée, tout comme vous : vous voyez que nous sommes faits pour continuer à nous rencontrer, et au moment de commencer cette année 2008, il n'est pas question de trop nous éloigner.


Je vous souhaite une excellente année 2009 et vous dis à très bientôt.


Source http://www.travail-solidarite.gouv.fr, le 14 janvier 2009

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