Interview de M. Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, à Europe 1 le 21 février 2009, sur l'affaire des droits d'auteur entre l'UMP et le groupe de musique MGMT, les mesures en faveur du pouvoir d'achat et des classes moyennes et les négociations de sortie de crise en Guadeloupe. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, à Europe 1 le 21 février 2009, sur l'affaire des droits d'auteur entre l'UMP et le groupe de musique MGMT, les mesures en faveur du pouvoir d'achat et des classes moyennes et les négociations de sortie de crise en Guadeloupe.

Personnalité, fonction : BERTRAND Xavier.

FRANCE. UMP, secrétaire général

ti : PIERRE DE VILNO - On va écouter un petit peu de musique d'abord parce que cela fait du bien pour commencer. C'est quoi cette histoire ... On vous reproche d'avoir utilisé, de ne pas avoir payé les droits.

XAVIER BERTRAND - Non, non. L'UMP adore cette musique. Moi, j'adore cette musique.

PIERRE DE VILNO - Tous les matins, vous l'écoutez au réveil.

XAVIER BERTRAND - Non pas tous les matins mais je l'écoute régulièrement et donc on a sollicité le distributeur de ce groupe pour pouvoir utiliser cette musique, on l'a fait et d'ailleurs, on a payé les droits à la SACEM. La seule chose, c'est que cela a été retransmis sur Internet, sur le site de l'UMP et là, l'avocate de ce groupe nous a dit « il faut nous payer des droits aussi pour la mise sur Internet. » Dont acte. Il est tout à fait normal d'indemniser et donc on est en train de discuter. Lundi, il y aura des réunions avec les différents avocats pour voir quel est le montant de cette juste indemnisation. Vous ne la trouvez pas bien, cette musique ?

PIERRE DE VILNO - Vous savez, je ne me prononce pas.

XAVIER BERTRAND - Mais la musique en elle-même ?

PIERRE DE VILNO - Ecoutez, oui ...

XAVIER BERTRAND - Moi, j'adore.

PIERRE DE VILNO - Enfin, c'est la musique de l'UMP ; elle est devenue emblématique. C'est un problème qui fait beaucoup de bruit pour rien. Ce sera réglé dans les jours qui viennent, c'est cela ?

XAVIER BERTRAND - Oui mais vous savez, je crois que ce qui est le plus important pour l'UMP ; mouvement populaire qu'est l'UMP a toujours été très en pointe pour la défense des droits des artistes. On s'est toujours prononcé courageusement parce qu'il aurait été très facile de dire non. La gratuité pour tout le monde, c'est bien. Il faut protéger les oeuvres des artistes. Donc on sera exemplaires.

PIERRE DE VILNO - Xavier BERTRAND, vous êtes secrétaire général de l'UMP. Vous êtes aussi ancien ministre des Affaires sociales. C'est la disgrâce en ce moment dans les sondages. Deux annonces ont été faites dernièrement, notamment sur cette exonération d'impôts pour une partie des gens et sachez que Maryse DUMAS de la CGT n'y voit pas grand-chose de bon.

MARYSE DUMAS - Nous pensons que c'est un cadeau empoisonné parce que de mesure en mesure, on diminue l'impôt sur le revenu, on diminue la progressivité de l'impôt sur le revenu qui est une mesure de justice qui est l'idée un peu que chacun paye en fonction de ses revenus et c'est remplacé par des taxes d'une fiscalité indirecte qui fait payer tout le monde de la même façon et qui fait payer plus ceux qui ont le moins d'argent et par exemple, j'aimerais bien savoir comment vont être compensés les allègements d'impôts annoncés hier sur le revenu annoncés hier et qui va payer les 8 milliards d'exonérations de la taxe professionnelle pour les entreprises que le président de la République nous a confirmée hier. Nous ne savons pas comment cela va être payé et il y a fort lieu de penser, c'est un cadeau empoisonné. Moi, j'attire l'attention de nos concitoyens, là-dessus. C'est un cadeau empoisonné que l'allègement de l'impôt sur le revenu.

PIERRE DE VILNO - Maryse DUMAS qui était l'invitée de Marc-Olivier FOGIEL.
Xavier BERTRAND, réponse ?

XAVIER BERTRAND - A Maryse DUMAS ? Pour lui dire, à Madame DUMAS, tout simplement pour lui dire qu'il faut savoir ce que l'on veut. Est-ce que l'on veut aider les classes moyennes oui ou non ? Et on a décidé de ne pas être dans les discours mais d'être dans les actes. Toutes les mesures qui ont été annoncées jeudi par le président à l'issue du sommet social, c'est 11 millions de ménages, pas 11 millions de personnes, 11 millions de ménages en France qui vont pouvoir bénéficier de ces dispositions. Avec une idée en tête : la justice. Parce que les classes moyennes sont celles qui ne sont pas assez riches pour joindre les deux bouts et faire des projets mais qui sont toujours trop riches pour bénéficier de la solidarité. Et celles-là, elles en ont marre d'être écrasées. Donc on a décidé de faire en sorte que ceux qui sont dans la première tranche, il n'y ait plus d'impôts à payer après le traitement du premier tiers. C'est une mesure forte ...

PIERRE DE VILNO - Mais où est-ce que l'on va trouver l'argent qui manque ?

XAVIER BERTRAND - Cela a été dit. C'est 2,6 milliards d'euros, l'effort important qui a été fait. Il y a l'argent, vous le savez, que les banques versent à l'Etat parce que l'Etat a mis des milliards d'euros à leur disposition, un peu près 21 aujourd'hui si je ne me trompe pas. Il paye des intérêts et cet argent va permettre justement de financer cela mais il faut savoir ce que l'on veut.

PIERRE DE VILNO - Mais cela va être effectif dans l'immédiat parce que les intérêts sur de l'argent, cela n'est pas tout de suite.

XAVIER BERTRAND - Cela a déjà été emprunté et donc les intérêts ont déjà été payés. Mais là aussi, il faut de la cohérence et la cohérence c'est tout simplement que si l'on veut aider les Français à faire face à cette crise, il faut sortir des mesures. On ne peut pas comme Madame DUMAS le faisait nous demander des mesures et quand on prend des mesures, nous dire que ce ne sont pas les mesures qui vont, qu'il ne fallait pas faire comme ci, comme cela. Il faut faire des choix, nous les faisons. La situation est difficile ; la situation est difficile pour les Français qui sont inquiets. Nous, on ne reste pas les bras croisés et on prend des mesures qui sont des mesures de justice. Il y a les mesures pour les classes moyennes ; il y a aussi les Français les plus exposés face à la crise et vous savez aussi qu'au 1er avril, il y a des mesures importantes qui ont déjà été décidées : l'augmentation des pensions de retraite, l'augmentation du minimum vieillesse, de l'allocation adulte handicapée et puis surtout aussi le revenu de solidarité active. Tout le monde s'accorde à dire que c'est une bonne idée, de faire en sorte que, quand on reprend un boulot, on y gagne plus. C'était prévu au 1er juillet. On a décidé d'avancer cela et de l'avancer au 1er avril de façon à ce que, encore une fois, on accompagne les Français face à cette crise.

PIERRE DE VILNO - Un autre sujet qui bloque, Xavier BERTRAND, c'est la répartition des profits. Est-ce que vous allez conduire l'UMP face au MEDEF pour soutenir le président ?

XAVIER BERTRAND - Oui. Oui, j'ai demandé à Eric BESSON et à Frédéric LEFEBVRE d'engager sans tarder tout un travail sur le sujet parce que c'est le sujet de l'année 2009. On ne restera pas sans rien faire. Cela va bien à un système aujourd'hui où la répartition n'est pas suffisamment empreinte de justice encore une fois. Il y a à mon sens pour l'actionnaire - l'actionnaire est important, c'est vrai - mais seulement, c'est le salarié qui fait aussi la richesse de l'entreprise et aujourd'hui le compte n'y est pas en matière de répartition des profits et je pense que si l'on croit qu'en France, si on pense comme le fait le Mouvement Populaire qu'il faut partager les richesses et mieux les partager, il faut aussi les reproduire et les créer ces richesses et donc, il faut concilier l'esprit d'entreprise et une plus grande justice. C'est comme cela aussi que l'on permettra de marginaliser les idées de ceux qui font croire que c'est facile comme l'extrême gauche, qui laisse croire qu'il suffit de prendre des richesses pour les distribuer. Non, il faut les créer mais il faut ensuite mieux les partager.

PIERRE DE VILNO - Vous allez réussir à convaincre Laurence PARISOT qui a dit « niet » ?

XAVIER BERTRAND - La responsabilité, elle est aussi une responsabilité politique ; la main aujourd'hui est tendue envers les partenaires sociaux, patronat, syndicats. Vous en parlez, vous décidez mais si vous ne décidez rien au final, nous, nous prendrons nos responsabilités. Le gouvernement peut les prendre et le mouvement populaire qu'est l'UMP peut aussi poser un texte. J'ai bien cette idée en tête : c'est qu'au final, on ne restera pas dans le statu quo. Il en faut plus pour les salariés.

PIERRE DE VILNO - Actualité sociale, actualité en Guadeloupe. Un mois de crise, est-ce que l'on n'a pas mis un peu trop de temps pour dégainer, Xavier BERTRAND ?

XAVIER BERTRAND - Vous voulez dire que cela fait trente ans que l'on aurait dû agir ? Eh bien vous avez raison parce que cela fait trente ans aussi que droite et gauche ont été dans les grands discours vis-à-vis de l'Outre-mer et pendant ces trente années, l'Outre-mer s'est sentie abandonnée, délaissée malgré les efforts, malgré aussi des efforts financiers et c'est aujourd'hui maintenant qu'il faut conduire les choses autrement en Outre-mer. Les mesures qui ont été annoncées sont des mesures fortes. Pour moi, elles sont à la hauteur ...

PIERRE DE VILNO - Un comité interministériel, c'est une mesure forte ?

XAVIER BERTRAND - Soyons sérieux. Vous savez bien, il y a aussi des mesures financières qui ont été décidées, près de 600 millions d'euros mais ce n'est pas ...

PIERRE DE VILNO - C'est de l'argent, on ne sait pas ....

XAVIER BERTRAND - Non, non, ce n'est pas de l'argent versé n'importe comment. C'est aussi pour pouvoir doper, muscler le RSA là-bas. Pourquoi ? Parce que là-bas, il faut aussi revenir, ramener vers le travail. Il y a un taux d'emploi des jeunes qui est beaucoup plus important que dans l'Hexagone. Voilà pourquoi sur tous ces sujets, il nous faut permettre à chacun de prendre ses responsabilités. Il fallait des moyens financiers, c'est vrai, notamment pour le RSA pour baisser aussi, pour pouvoir baisser aussi le prix de la cantine pour les enfants parce que là aussi, on a voulu agir et puis, derrière, il faut aussi permettre un développement beaucoup plus serein. Il faut aussi renforcer le dialogue social en Outre-mer. Quand vous voyez ce qui s'est passé en Guadeloupe ...

PIERRE DE VILNO - Ce n'est pas ce que dit François HOLLANDE à gauche « il faut refonder la relation de la République avec l'Outre-mer. »

XAVIER BERTRAND - Et pourquoi ils n'ont jamais fait de propositions en la matière ? Pourquoi ? Non franchement, ils peuvent être dans la parole et dans les discours. L'heure n'est plus à la parole ; l'heure n'est plus au discours. D'un point de vue politique, il faut aujourd'hui des décisions et des décisions, le président de la République a su les faire et maintenant, c'est à chacun de prendre ses responsabilités pour que l'on ait un développement harmonieux de l'Outre-mer. Il y aura un texte important, un texte au mois de mars. Ce texte justement il faut pouvoir le compléter en discutant avec les partenaires sociaux mais vous voyez bien la démarche, la démarche qui est la nôtre. Il y a la main tendue, une main tendue aux partenaires sociaux après le sommet social et il y a une main tendue aussi aux élus d'outre-mer, à tous les ultramarins pour que l'on puisse aller vers un développement constructif et un développement serein.

PIERRE DE VILNO - Donc c'est ce que vous dites à propos de l'UMP. Vous dites que c'est un parti à 100 % utile. Donc vous faites tout bien en fait ?

XAVIER BERTRAND - Ecoutez, je vous remercie de le dire. Je vous remercie de le dire.

PIERRE DE VILNO - Je pose une question.

XAVIER BERTRAND - Le rôle aujourd'hui d'un mouvement politique, c'est d'être effectivement utile pour les Français. C'est d'apporter des idées dans le débat, c'est pouvoir aussi tester les réformes et c'est aussi pouvoir inspirer des réformes. Le partage de la valeur c'est un vrai sujet, on ne va pas en faire seulement un sujet de réflexion. Nous allons faire des propositions et on me dit bien souvent qu'être le parti majoritaire, ce serait un handicap. Eh bien, là on va en faire un avantage, c'est-à-dire que nous allons avoir la possibilité soit de pousser les thèmes, de pousser les textes mais aussi de présenter les textes qui seront présentés et qui pourront aussi améliorer la vie quotidienne des Français.

PIERRE DE VILNO - La maison brûle, il ne faut pas regarder la facture d'eau. C'est ce que disait Patrick DEVEDJIAN il y a quelques jours au micro de Jean-Pierre ELKABBACH.

XAVIER BERTRAND - C'est une belle formule.

PIERRE DE VILNO - Vous jouez le pompier de service mais moi, je ne comprends pas un truc. C'est que vous êtes secrétaire général de l'UMP et Luc CHATEL qui est porte-parole du gouvernement va dire exactement la même chose que vous. Comment est-ce que vous vous répartissez les rôles ?

XAVIER BERTRAND - Il n'y pas forcément de répartition des rôles parce que l'UMP a vocation, à soutenir le gouvernement et à le faire davantage encore, à soutenir le président et à expliquer les choses.

PIERRE DE VILNO - Vous êtes des frères jumeaux en fait en quelque sorte ?

XAVIER BERTRAND - Je prends cela pour un compliment.

PIERRE DE VILNO - « Nous sommes des frères jumeaux... »

XAVIER BERTRAND - Vous le chantez très bien d'ailleurs ; vous le chantez très bien mais j'étais à Belfort avant-hier, j'étais hier en Alsace, je serai tout à l'heure sur un marché en région parisienne. On doit expliquer, il y a un besoin de pédagogie aujourd'hui comme jamais mais notre rôle, c'est aussi d'être devant le gouvernement, de faire des propositions et d'avoir aussi des idées d'avance. Vous avez parlé tout à l'heure du partage des richesses, partage de la valeur. Oui, on sera au rendez-vous des propositions.

PIERRE DE VILNO - Merci Xavier BERTRAND.

XAVIER BERTRAND - Merci beaucoup.


source http://www.u-m-p.org, le 24 février 2009

Rechercher