Interview de M. Gérard Larcher, président du Sénat, dans "Le Télégramme" du 26 février 2009, sur la crise en Guadeloupe, les mesures prises en faveur de la relance de l'économie et sur la réforme des collectivités locales. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Gérard Larcher, président du Sénat, dans "Le Télégramme" du 26 février 2009, sur la crise en Guadeloupe, les mesures prises en faveur de la relance de l'économie et sur la réforme des collectivités locales.

Personnalité, fonction : LARCHER Gérard.

FRANCE. Sénat, président ; FRANCE. UMP, sénateur

ti : Quels sont à vos yeux les voies et moyens d'un apaisement en Guadeloupe ?

Le président de la République a tracé les voies d'une sortie de crise pour les départements d'outre-mer, notamment au travers d'une indispensable réflexion à l'occasion d'états généraux qui doivent permettre à chaque département d'évoluer en fonction de ses données spécifiques. Le Sénat a mis en place une coordination qui regroupe tous les sénateurs, quelle que soit leur appartenance politique. C'est ainsi que le régime de l'assemblée unique, sur lequel travaille la mission d'information sénatoriale, pourrait s'appliquer à la Guadeloupe, la Martinique et, éventuellement, à la Guyane. Il faut par ailleurs résoudre la crise guadeloupéenne qui procède d'abord de la cherté de la vie. Il faut comprendre comment se construisent les prix et mettre en place un contrôle de la concurrence. La formule avancée par Jean-Paul Virapoulé (le contrôle des prix d'une centaine de produits de première nécessité, au moins pendant une période transitoire) me paraît être une réponse appropriée.

Les décisions prises pour combattre les effets de la crise économique vous paraissent-elles pertinentes et suffisantes ?

L'ensemble des moyens mis en oeuvre - entre le plan de relance, l'accompagnement social, l'aide aux PME - représente environ 60milliards d'euros. Tout cela va dans le bon sens. Mais je ne peux pas cacher mon inquiétude. Il nous faut évidemment mettre en oeuvre le plan de relance, et notamment en matière d'investissements. Nous devons privilégier l'emploi, et il est souhaitable d'encourager l'activité partielle et les contrats de transition professionnelle, c'est-à-dire tout ce qui permet d'éviter de passer par la case licenciements secs. Il faut enfin se préoccuper des jeunes. Nous devons aller plus loin pour les aider à s'intégrer durablement dans le monde du travail.

Le Sénat est la chambre des collectivités locales et des territoires. Comment réagissez-vous aux propositions du comité Balladur ?

On ne connaît pas encore les conclusions de la commission Balladur. Pour ma part, je fais confiance à la mission sénatoriale créée pour réfléchir à ces sujets. J'observe qu'il y a aujourd'hui des points de convergence entre tous ceux qui réfléchissent sur ces sujets. C'est le cas en ce qui concerne la mission des communautés urbaines. Le deuxième point de consensus touche à l'équilibre entre les communes et les institutions intercommunales. Reste un troisième élément qui touche à la relation entre départements et régions. La mission sénatoriale va sur le terrain et j'ai le sentiment que les choses peuvent bouger, à condition que nous soyons pragmatiques. Dès lors qu'il est exclu que l'on modifie la Constitution, on ne supprimera aucun niveau administratif. Cela ne doit pas empêcher que l'on clarifie les compétences de chaque niveau afin d'éviter les phénomènes de concurrence.

Il y a quelques années, Lionel Jospin qualifiait le Sénat « d'anomalie démocratique ». Ce reproche est-il toujours d'actualité ?

Depuis l'application de la réforme du mode de scrutin sénatorial, les critiques contre notre assemblée ne me semblent plus de mise. Quand on prend les textes adoptés par le Parlement depuis un an, qu'il s'agisse des tests ADN, de la rétention de sûreté, de l'audiovisuel public ou de la loi organique sur l'aménagement des travaux parlementaires, force est de constater que la contribution du Sénat a été absolument décisive. Le Sénat démontre son utilité et même son caractère indispensable. Cela tient sans doute au fait qu'il démontre chaque jour son autonomie et sa spécificité qui résultent de ce que les sénateurs ont un rapport au quinquennat différent de celui des députés. Nous ne procédons pas de l'élection présidentielle. Cette autonomie, cette liberté sont le gage de notre efficacité et de notre influence sur l'élaboration de la loi.


Source http://www.ump-senat.fr, le 2 mars 2009

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