Interview de M. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, dans "Le Monde" le 24 mars 2009, sur le plafonnement des rémunérations des patrons de grandes entreprises, le "bouclier fiscal" et les inégalités de revenus. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, dans "Le Monde" le 24 mars 2009, sur le plafonnement des rémunérations des patrons de grandes entreprises, le "bouclier fiscal" et les inégalités de revenus.

Personnalité, fonction : LEFEBVRE Frédéric, FRESSOZ Françoise.

FRANCE. UMP, porte-parole;

ti : Les dirigeants de la Société générale ont annoncé dimanche qu'ils renonçaient à leurs stock-options. Il était temps ?

C'est le minimum qu'ils pouvaient faire. Je suis client de la Générale. S'ils n'avaient pas pris cette décision, je l'aurais quittée. Il faut que les Français s'habituent à choisir leurs banques en fonction du comportement qu'elles adoptent et de la politique de taux qu'elles pratiquent.

Faut-il légiférer sur les bonus ou laisser le temps aux patrons de s'autodiscipliner ?

Si le Medef n'accepte pas les principes fixés par le gouvernement, il faudra passer par la loi. J'ai déposé un texte au Parlement il y a une dizaine de jours qui prévoit de nouvelles règles de gouvernance.

Vous voulez plafonner le salaire des patrons ?

Il faut réduire les inégalités. En 2007, les salaires dans le privé ont augmenté de 3,8 % en moyenne tandis que les rémunérations des patrons des sociétés cotées ont bondi de 57 %. Lorsqu'il existe un système de rémunération variable, tout le monde doit en bénéficier. Et lorsqu'un risque existe, il faut le mutualiser. Il n'est pas normal que dans cette crise les salariés prennent la totalité du risque en perdant leur emploi et leur salaire.

C'est le grand divorce entre Nicolas Sarkozy et les patrons du CAC 40 ?

Pour qu'il y ait divorce, il faut qu'il y ait eu mariage. Moi, je ne l'ai jamais vu. Certes Nicolas Sarkozy a été soutenu et reste soutenu par beaucoup d'entrepreneurs. Mais il a surtout été soutenu par le peuple. C'est la raison pour laquelle lorsque la crise est là, qu'une partie du peuple souffre, les réponses que nous apportons doivent être justes.

Nicolas Sarkozy s'exprime mardi soir à Saint-Quentin. C'est ce thème qu'il devrait développer ?

Sur ce sujet majeur de la justice, qui préoccupe nos concitoyens, la parole du président de la République est nécessaire. Quand vous conduisez une politique économique et sociale, elle doit être juste.

Vous trouvez que le bouclier fiscal est un élément de justice ?

On montre du doigt des contribuables qui laissent aux impôts la moitié de ce qu'ils gagnent, ça n'a pas de sens. Il faut avoir le courage de dire les choses : le bouclier fiscal est un élément de justice. Quand Didier Migaud, le président socialiste de la commission des finances, affirme que 834 contribuables ont touché, grâce à ce dispositif, un chèque moyen de 368 000 euros, il oublie de dire que ces contribuables avaient versé au fisc un impôt de 700 000 euros. S'ils n'avaient pas bénéficié du plafonnement, ils seraient partis à l'étranger. Il faut arrêter ces débats stériles et s'intéresser aux vrais symboles. Cela ne gênait manifestement pas les socialistes que, grâce aux niches fiscales, certains contribuables riches échappent totalement à l'impôt. Avec Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives, et Pierre Méhaignerie, président de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, je me suis battu pour obtenir le plafonnement global des niches fiscales. Cela a permis de ramener 200 000 euros pour financer le revenu de solidarité active.

La montée de l'antisarkozysme ne vous inquiète-t-elle ? Les slogans contre le président étaient virulents dans les cortèges du 19 mars...

Il ne faut pas prendre les Français pour des imbéciles. Pendant la campagne présidentielle, on nous avait déjà fait le coup : "Sarkozy effraye les Français. Les Français sont devenus anti-Sarkozy" . Vous avez vu le résultat : les gens voient très bien la réalité, ils voient que Nicolas Sarkozy est le chef d'Etat qui se défonce le plus pour eux durant la crise.

Valérie Pécresse a remporté la primaire UMP pour les régionales en Ile-de-France en battant un autre ministre Roger Karoutchi. Votre commentaire ?

M. Huchon et le Parti socialiste ont des soucis à se faire, parce que dans ce débat on voit bien que les idées sont du côté de notre formation politique. Que ce soit Valérie Pécresse ou Roger Karoutchi, ils ont fait avant tout une campagne d'idées.


Source http://www.ump.assemblee-nationale.fr, le 25 mars 2009

Rechercher