Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur les mesures prises en faveur du logement et du logement social dans le cadre du plan de relance de l'économie, Marseille le 27 mars 2009. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur les mesures prises en faveur du logement et du logement social dans le cadre du plan de relance de l'économie, Marseille le 27 mars 2009.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Déplacement à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 27 mars 2009

ti :

Madame le ministre du Logement,
Monsieur le Maire de Marseille mon cher Jean-Claude,
Monsieur le Président de l'Agence Nationale de l'Habitat,
Cher Marc-Philippe Daubresse,
Monsieur le président national de la Fédération des Promoteurs Constructeurs
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs,


D'abord merci de ces paroles chaleureuses, Jean-Claude, je n'en attendais pas moins de mon ami le maire de Marseille que j'écoutais ce matin sur "une radio périphérique" comme on dit, et qui n'a rien perdu de son humour, de sa verve et de sa façon de délivrer, avec le sourire, les messages les plus aiguisés, souvent les messages de vérité.

Lorsque je suis venu à Marseille, et Jean-Claude vient de le rappeler, il y a tout petit plus d'un an, j'avais salué l'élan marseillais, en disant que cet élan était justement le symbole de la réforme qu'avec le Président de la République nous voulions conduire dans notre pays".

Nous étions alors dans une bataille pour la croissance et nous voici à présent, un peu plus d'un an après, dans une bataille contre la crise économique la plus grave que le monde ait connue depuis près un siècle.

Eh bien, dans l'épreuve, je l'ai constaté aujourd'hui, Marseille, comme la France, est mobilisé.

Le Gouvernement a mis sur pied un plan de relance de grande ampleur qui se concentre sur un objectif : accélérer les investissements pour alimenter notre moteur économique et pour renforcer la compétitivité de notre pays.

Ce plan de relance, c'est à la fois un plan de relance massif, et toutes les comparaisons que l'on peut faire avec les autres pays européens le montrent. Mais c'est surtout un plan de relance que l'on met en oeuvre. Car tout ce débat que j'entends toute la journée, sur la question de savoir si le plan de relance est suffisant ou pas suffisant, je préfèrerais que ceux qui mettent beaucoup d'énergie à critiquer le volume du plan de relance, mettent toute cette énergie à faire en sorte qu'il s'applique. Parce que la question de savoir quel est le plus gros plan de relance, franchement ce n'est pas une question très importante. La question, c'est de savoir quels sont les crédits qui vont être investis, dépensés en 2009 ? Parce qu'à la fin de 2010, quand la crise sera passée, ce sera trop tard pour que le plan de relance ait une véritable efficacité.

Et puis, c'est un plan de relance qui est concentré sur l'investissement. Pourquoi ? Parce que nous sommes un pays endetté. Et ce serait totalement irresponsable de notre part, ce serait même une faute, une faute contre les générations futures, une faute contre notre pays, que de ne pas concentrer notre effort sur l'investissement. Actuellement, avec le plan de relance nous creusons les déficits que nos enfants vont devoir rembourser. Mais nous les creusons pour construire des logements, pour construire des infrastructures, pour construire des lignes de TGV, pour construire des infrastructures qui vont permettre d'améliorer la compétitivité économique de notre pays, et qui vont profiter aux générations futures.

En revanche, creuser le déficit, simplement pour des dépenses immédiates de relance, c'est se moquer des générations qui viendront derrière nous, et c'est mettre notre pays dans une situation qui ne lui permettrait pas, lorsque la reprise viendra, d'en bénéficier de tous les effets. Car un pays trop endetté, c'est un pays qui ne peut pas connaître de croissance forte.

Ce plan, et c'est le défi principal, et c'est la raison de ma venue à Marseille, et je le ferai toutes les semaines parce que la meilleure façon au fond de démentir ceux qui critiquent la dimension de ce plan de relance, c'est d'aller chaque semaine sur le terrain montrer quelles sont les opérations qui s'engagent grâce au plan de relance. Notre défi, c'est que ce plan trouve rapidement et concrètement une traduction sur le terrain.

Il a été annoncé en décembre, la phase de préparation est maintenant achevée. Les textes ont tous été pris. Une liste de plus de 1000 projets, qui est une première liste de projets prêts à démarrer, a été définie, et les opérations commencent.

S'agissant des mesures fiscales, destinées à aider les entreprises à passer cette crise difficile, on a enregistré, depuis le 1er janvier, un peu plus de 6 milliards d'euros de demandes de remboursement au titre des excédents d'impôts sur les sociétés, des reports en arrière de déficit et du crédit impôt recherche.

La mesure de remboursement anticipé aux collectivités locales du Fonds de Compensation de TVA est en train de monter en régime, et nous avons déjà signé plus de 1 300 conventions avec des collectivités locales qui vont bénéficier de ce fait d'un apport d'argent frais leur permettant d'investir, plus qu'elles ne l'auraient fait en dehors du plan de relance, en 2009.

Nous avons déjà versé plus de 70 000 primes à la casse automobile. Et si le marché français résiste un peu mieux que les autres marchés européens, c'est pour une très très large part grâce à cette mesure que nous avons été les premiers à prendre et qui maintenant est imitée un peu partout en Europe.

Enfin, le dispositif d'aide à l'embauche dans les très petites entreprises décolle, avec actuellement un rythme de 3 500 recrutements par jour, grâce à ce dispositif.

Sur le terrain, les opérations ont débuté partout en France ou sont en cours de lancement. A Beauvais par exemple, ou à Strasbourg, à Montpellier, à Oradour-sur-Glane, des opérations de restauration de monuments historiques sont engagées.

A Montpellier, à Nancy, à Poitiers, à Nice, ce sont des travaux de rénovation des campus universitaires, de réhabilitation de logements étudiants, de construction de nouveaux laboratoires de recherche.

A Auxerre, à Sens, au Puy-en-Velay, ce sont des chantiers de réhabilitation de bâtiments de justice qui ont été lancés.

Des travaux d'aménagement routier ont démarré ou vont démarrer très bientôt, notamment en Languedoc-Roussillon et en Lorraine.

Des travaux de rénovation portuaire et fluviale sont menés en Champagne-Ardenne, au Havre, à Nantes-Saint-Nazaire.

Des travaux de rénovation des systèmes ferroviaires ont débuté en Alsace, en Bretagne, ou encore en Bourgogne.

Et Marseille, Monsieur le Maire ! Eh bien, Marseille et sa région sont évidemment concernés... Non parce que je le voyais, là, j'étais en train de citer tout le reste de la France, et je voyais le regard du maire de Marseille qui s'affaissait de plus en plus en se disant : mais qu'est-ce qu'il est venu faire ? Nous parler de la Bourgogne, de la Bretagne !

Non, Marseille et sa région sont évidemment concernés par l'accélération des investissements.

C'est notamment le cas dans les domaines pour lesquels j'avais annoncé des décisions lors de ma précédente venue ici.

Euroméditerranée - dont je veux saluer l'action de son président, Guy Tessier - doit continuer à progresser. L'extension de cette opération d'intérêt national, qui a été engagée avec beaucoup d'efficacité par Renaud Muselier en 2007, doit être concrétisée par l'engagement de tous ses partenaires dans un programme d'aménagement ambitieux.

Je souhaite que l'Etat, les collectivités et les établissements publics qui sont concernés par ce projet aboutissent au 3e trimestre 2009 à la signature de la convention-cadre qui fixe les objectifs partagés et les financements, avec des tranches opérationnelles déclinées sous forme de protocoles.

Et à cet égard, j'ai le plaisir de vous annoncer, Monsieur le Maire, que le Préfet de Région recevra dès cet après-midi un mandat pour engager cette discussion, avec pour objectif d'aboutir à la signature d'un quatrième protocole avant la fin de l'année.

En matière de rénovation urbaine, où le plan de relance a débloqué des fonds supplémentaires pour accélérer les projets, l'ANRU a réservé une enveloppe de 300 millions d'euros pour Marseille. Naturellement, je sais que Marseille a des projets qui vont au-delà de cette enveloppe. La discussion est tout à fait ouverte, simplement il faut commencer. Il faut commencer les travaux, et je veux insister sur un point très très important : compte tenu de l'urgence que représente la lutte contre la crise, et en particulier dans le bâtiment, nous sommes tout à fait décidés à retirer les crédits pour les opérations qui n'auront pas démarré dans un délai raisonnable en 2009. Il faut donc maintenant achever la définition des programmes, tenir les comités d'engagements, et lancer les travaux.

L'année dernière, j'avais annoncé ici même la réforme des ports, consacrée par la loi votée par le Parlement le 4 juillet 2008.

Le port de Marseille connaît des évolutions majeures. Le projet stratégique qui va être examiné par le Conseil de surveillance, la semaine prochaine, va être l'occasion d'enclencher une dynamique sur l'ensemble des bassins portuaires.

J'ai confiance dans l'ambition de ce projet. Et je le dis avec un peu de solennité, j'espère que tous les acteurs auront bien à coeur de le mettre en oeuvre dans la durée.

Mais s'agissant de l'Etat, il n'est pas question pour nous d'accepter la moindre modification au texte qui a été voté par le Parlement,et qui est la clé de la rénovation de l'activité portuaire, ici à Marseille comme sur la côte Atlantique.

Et d'ailleurs, l'Etat sera là pour accompagner les investissements nécessaires. Nous avons débloqué 7,5 millions d'euros pour le port de Marseille dès cette année dans le cadre du plan de relance, et l'enveloppe supplémentaire de 174 millions d'euros sur le plan national abondant les volets portuaires, va maintenant être déclinée port par port.

En matière d'infrastructures, les autres grands dossiers progressent eux aussi, et l'Etat, mon cher Jean-Claude, est au côté de la ville pour les soutenir.

Il y a le projet de rocade L2, qui vient de bénéficier de 10 millions d'euros de crédits supplémentaires, justement dans le cadre du plan de relance.

Il y a le projet structurant pour la région, et notamment pour Marseille, de la ligne à grande vitesse en Paca, qui va faire l'objet d'une décision sur le tracé en juin prochain, afin que les procédures puissent ensuite être très rapidement engagées.

Et puis, il y a le MUCEM, qui contribuera, mon cher Renaud, au rayonnement de Marseille, capitale culturelle de l'Europe. J'ai entendu avec quel plaisir le maire de Marseille en parlait ce matin ; on avait l'impression d'être à l'OM dans la compétition avec les autres villes, si vous voyez ce que je veux dire. J'ai mis en place les crédits ; il ne s'agit plus maintenant que de les inscrire sur des lignes budgétaires, ils sont en place pour le démarrage des travaux, et donc le projet est maintenant bel et bien lancé !

Notre plan de relance, Mesdames et Messieurs, comporte, vous le savez, un axe fondamental, et c'est lui qui motive aujourd'hui ma venue, c'est celui du logement.

D'abord, il faut le dire, pendant vingt ans, notre pays a construit deux fois moins de logements qu'il n'en fallait, pour répondre aux besoins de la population.

Et donc, depuis deux ans, nous avons entrepris de rattraper le temps perdu.

Nous avons tout d'abord engagé des réformes structurelles pour améliorer la fluidité de la chaîne du logement et pour permettre aux Français de se loger de façon décente.

Toutes ces mesures se sont traduites par la loi de mobilisation et de lutte contre l'exclusion, qui a été promulguée, chère Christine, aujourd'hui même.

Nous avons parallèlement décidé d'intensifier la politique du logement social. Malgré la crise de l'immobilier, la production de logements très sociaux n'a jamais été aussi élevée dans notre pays, 117 000 logements sociaux financés en 2008, dont 17 000 très sociaux. Je veux simplement vous donner ce chiffre, c'est près de quatre fois plus qu'en 2000. Alors j'aime beaucoup les conseils qui me sont donnés, j'aime beaucoup entendre les critiques de ceux qui me disent qu'il fallait faire plus, mais quand, en 2000, on construisait quatre fois moins de logements sociaux, on pourrait faire preuve d'un tout petit peu plus d'optimisme et d'enthousiasme pour la politique qui est conduite en matière de relance par le Gouvernement.

Nous avons nommé un préfet délégué général en charge du chantier national prioritaire 2008-2012 pour les personnes sans-abri ou mal logées. Nous développons l'intermédiation locative qui permet aux associations aidées par l'Etat de prendre en charge des loyers pour éviter à des personnes de se retrouver à la rue. Nous allons amplifier le programme de rénovation urbaine.

Depuis deux ans, nous avons voulu développer l'accession populaire à la propriété, avec le doublement du prêt à 0 % et le "Pass foncier", dont je vous remercie d'avoir bien voulu dire à quel point il s'agissait de deux mesures qui constituaient des leviers extrêmement puissants, pour permettre à nos concitoyens les plus modestes d'accéder à la propriété.

Pour ce dernier, je vous confirme que les modalités réglementaires vont être publiées à la mi-avril, donc dans les deux semaines qui viennent. La dynamique engagée ces deux dernières années va être renforcée par le plan de relance, grâce à toutes les mesures que nous avons prises, et notamment à l'incitation fiscale pour le retour des investisseurs privés dans les zones les plus tendues.

Nous avons soumis il y a quelques jours à l'ensemble des collectivités locales, un projet de révision du zonage, après une concertation avec les professionnels. Je crois que ce projet est équilibré et qu'il tient compte du contexte actuel.

Notre objectif, c'est que ce zonage soit lui aussi effectif à la mi-avril.

Le plan de relance, c'est 2 milliards d'euros supplémentaires en 2009 pour le logement, avec un très fort effet de levier qui permet de décupler l'implication des collectivités et celles des bailleurs sociaux.

Ces mesures concernent les ménages les plus modestes, et c'est un aspect très important au fond de la priorité que nous avons voulue donner à l'équité sociale.

Elles contribuent à réduire le déficit structurel de logements en France.

Elles soutiennent l'emploi. 100 000 logements supplémentaires correspondent à 120 000 emplois supplémentaires ! Et dans la rénovation, le plan de relance génère environ 40 000 emplois de plus chez les artisans du bâtiment.

Mesdames et messieurs, les promoteurs - et vous venez de le confirmer - nous indiquent que l'activité du secteur redémarre. Les bureaux de vente, qui étaient désespérément vides depuis plusieurs mois, sont un peu plus fréquentés.

Vous avez eu raison, monsieur Gabilla, de soulever la question de l'assurance crédit. Pour que les entreprises continuent de fonctionner, il faut que les banques adoptent une attitude responsable et ne baissent pas leurs encours sans raison valable. Nous y veillons.

C'est la raison pour laquelle nous avons, avec le président de la République, nommé un médiateur du crédit, René Ricol, qui est là pour agir, pour aider les entreprises qui se retrouvent seules face à leurs banques. Il ne faut pas non plus, la question des banques étant en voie de traitement, que les assureurs crédit coupent brutalement leurs garanties.

J'entends les entrepreneurs et je sais que ce sujet est aujourd'hui le sujet principal, de préoccupation.

L'année dernière, nous avions décidé que René Ricol traiterait aussi les difficultés avec les assureurs crédit. Nous avions mis en place un premier dispositif, le complément d'assurance-crédit (CAP). Il est en train de monter en charge et il couvre déjà 100 millions d'euros de crédits interentreprises.

Ma conviction, c'est que ce n'est pas suffisant, et qu'il faut aujourd'hui aller plus loin. J'ai donc demandé qu'un amendement soit déposé dans la loi de finances rectificative, qui va être examinée la semaine prochaine au Sénat, qui permettra de garantir jusqu'à 5 milliards d'euros de crédits inter-entreprises, même lorsque l'assureur crédit s'est totalement retiré.

Dans quelques jours, nous ferons le bilan de l'opération des 30 000 ventes en état futur d'achèvement (VEFA). Je veux d'ores et déjà saluer la mobilisation de tous : les bailleurs sociaux, les promoteurs, les services de l'Etat.

Au début du mois, plus de 20 000 logements étaient vendus ou en cours de négociation. Ce sont autant de logements qui n'auraient sans doute pas été construits autrement. Je confirme que les crédits mis en place en 2008 seront bien reportés en 2009 pour conforter cette dynamique de partenariat. Et j'invite chacun à méditer sur cette opération, parce que je me souviens que, quand on l'a lancée, c'était le scepticisme le plus total. Tout le monde nous a dit, "mais votre truc, ça ne marchera pas". Et bien ça marche, et quand ça marche, je pense qu'il faut que ceux qui estimaient que ça ne marchera pas, réfléchissent un tout petit peu, et se disent qu'un peu plus d'optimisme, un peu plus d'enthousiasme, un peu plus de soutien, un peu plus d'unité, autour du plan de relance et des difficultés que notre pays rencontrent, ça ne ferait pas de mal, bien au contraire.

L'ANRU a simplifié ses procédures, et a déjà affecté plus de 80 % de sommes prévues, qui permettent de débloquer 4 milliards d'euros de travaux supplémentaires. C'est-à-dire qu'il y aura, en 2009, 4 milliards de travaux qui vont démarrer, qui n'auraient pas démarré sans le déblocage, la simplification des procédures et l'augmentation des crédits de l'ANRU.

L'Agence nationale de l'habitat a également simplifié ses procédures, et augmenté ses avances pour faciliter le démarrage des travaux.

Je veux à ce sujet dire un mot du marché du crédit.

En 2008, 1,29 million de personnes ont souscrit un prêt immobilier ; c'est 12 % de moins qu'en 2007. Cela reflète parfaitement la situation d'attentisme des acheteurs. On sent aujourd'hui un frémissement de la demande de crédit qui, c'est normal, tire avantage de la baisse des taux d'intérêt, mais aussi sans aucun doute du doublement du prêt à 0 %. C'est une bonne nouvelle.

Parmi les facteurs d'inquiétude qui avaient pu freiner le marché, il y a évidemment la crainte des propriétaires qui souhaitent changer de résidence de ne pas être capables de revendre le bien qu'ils occupent. Il faut casser cette spirale, si on veut que le marché immobilier reprenne de façon durable.

Christine Lagarde et Christine Boutin ont obtenu des banques qu'elles recherchent systématiquement des solutions à la situation des emprunteurs qui arrivent à la fin de leurs échéances de crédit relais. Il s'agit d'engagements très forts, très précis, avec une prolongation des prêts sans pénalité, mais qui doivent être encore davantage médiatisés et accompagnés, car incontestablement, il y a beaucoup de Français qui ne savent pas que ces dispositions sont aujourd'hui possibles, et peut-être des banques qui ne font pas suffisamment la promotion de ces nouvelles mesures sur lesquelles elles se sont pourtant engagées. J'ai demandé à la Banque de France de surveiller cette situation, de nous rendre compte de façon mensuelle du fonctionnement des crédits relais.

Enfin, sur le plan fiscal, j'ai demandé à Christine Lagarde de prolonger la période pendant laquelle la personne qui n'a pas réussi à revendre sa résidence principale continue de bénéficier de l'exonération des plus-values : les "délais normaux" passeront, dans l'instruction fiscale, d'un an à deux ans pour revendre son bien sous ce régime.

Nous avons maintenant, mesdames et messieurs quatre priorités.

Premièrement, mettre en oeuvre le droit au logement opposable.

Deuxièmement, lutter contre l'habitat indigne : je souhaite que ce soit une des priorités centrales de l'Agence nationale de l'habitat, présidée par Marc Philippe Daubresse.

Christine Boutin m'a proposé un plan national pour la réhabilitation des quartiers anciens dégradés. Il a été approuvé par le Parlement il bénéficiera d'aides spécifiques, notamment pour attirer les investisseurs sur ces secteurs.

Je souhaite que ce plan soit lancé avant le 15 avril. Je sais que Marseille entend s'inscrire dans cette démarche et je veux l'assurer de tout mon appui. Et plus précisément Monsieur le Maire, concernant la rue de la République, je vous indique que je vais soutenir activement la démarche de partenariat que vous avez engagée avec la Caisse des Dépôts, et que vous avez évoqué tout à l'heure dans votre discours, ceci pour dire que cette démarche va aboutir, Monsieur le Maire.

Troisièmement, nous voulons développer l'offre de logements et l'accession à la propriété. La demande reste très très forte, le Gouvernement entend mobiliser tous les moyens à sa disposition pour garantir une offre soutenue. Je veux saluer l'initiative de la "maison du logement" et celle du "chèque 1er logement" de la ville de Marseille. Il faut maintenant poursuivre la dynamique de construction de logements sociaux et la mise à disposition des terrains de l'Etat.

Et il faut travailler sur des formes de sécurisation des accédants à la propriété qui se retrouvent aujourd'hui en difficulté face à la crise. Je souhaite qu'une réflexion s'engage avec l'ensemble des acteurs de la chaîne du logement.

Enfin, la quatrième priorité. Au-delà de ce plan, le Gouvernement met en oeuvre d'autres mesures qui permettront au secteur du bâtiment de se maintenir en 2009 et en 2010 et au-delà ; grâce à la prise en compte des objectifs d'économies d'énergie fixés lors du Grenelle de l'environnement. Ces mesures sont notamment l'éco-PTZ ou encore le prêt bonifié aux bailleurs sociaux pour les travaux d'économie d'énergie.

Enfin, j'indique, Monsieur le Maire, que le Gouvernement soutiendra la proposition de loi qui a été évoquée tout à l'heure. Nous avons ensemble voulu une réforme profonde du Parlement, une réforme profonde de nos institutions, pour donner plus de pouvoir au Parlement. Eh bien voilà, nous avons là une illustration. Désormais, le Parlement a le choix de la moitié de son ordre du jour, vous avez déposé des propositions de loi, il faut maintenant qu'elles viennent en discussion, et que l'on puisse mettre un terme à cet excès de procédures qui paralyse la construction, non seulement des logements, mais la construction de toutes les infrastructures publiques dans notre pays, nous conduisant à prendre des retards, qui finalement se retournent contre les intérêts de l'ensemble de la population.

Mesdames et messieurs,

Vous savez que le Conseil européen du 10 mars dernier a validé la possibilité des taux réduits de TVA, qui était très attendue.

C'est une perspective très importante pour le secteur du bâtiment. Cela veut dire que vous n'aurez plus besoin - je parle aux professionnels - de venir me voir à la sortie de chaque réunion, pour me dire "est ce que la TVA à taux réduit va être maintenue ?" Je vous confirme que le taux réduit de TVA à 5,5 % continuera de s'appliquer à ce secteur dans les conditions actuelles, et nous avons maintenant la bénédiction de nos partenaires européens pour le faire. La seule chose que l'on peut regretter, c'est qu'il ait fallu autant de temps pour l'obtenir.

Et avant de conclure mon propos, en général, vous voyez que je me déplace toutes les semaines en province, je viens ici parler du logement. Et puis quand je vais sortir de la salle, nos amis de la presse vont se précipiter sur moi, et ils vont me parler de tout autre chose que du logement. Et donc cette fois-ci, je vais répondre à leurs questions avant même qu'ils me les aient posées, et je vais leur dire ce que nous allons faire au début de la semaine prochaine sur les rémunérations excessives. Nous n'allons plus commenter chaque semaine les évènements qui sont publiés sur telle ou telle entreprise qui est en difficulté d'un côté, et qui de l'autre côté se sert ou sert à ses dirigeants des rémunérations qui ne sont pas conformes à la morale, qui ne sont pas conforme à l'éthique, et qui ne sont pas respectueuses des difficultés que rencontrent les Français. Et donc je suis en train de préparer un décret qui sera publié au début de la semaine prochaine et qui visera à interdire toutes les distributions de stock options et tous les bonus, dans les entreprises que l'Etat aident directement parce qu'elles sont confrontées à la crise. Puisque ces entreprises ont besoin de l'aide de l'Etat, il faut aussi que chacun fasse un effort, et que pendant la durée de cette crise, ces entreprises évitent de distribuer à leurs dirigeants des stock options ou des bonus. De la même façon, nous allons donner des instructions extrêmement précises aux représentants de l'Etat qui siègent dans les conseils d'administration des entreprises où l'Etat est représenté pour que ces représentants s'opposent à des décisions qui ne seraient pas des décisions équitables et conforme à cette éthique. Et enfin, et c'est sans doute le plus important, le président de la République au G20 à Londres la semaine prochaine, va défendre et je rappelle que c'est lui qui est à l'origine de cette réunion du G 20, c'est lui qui est à l'origine de la mobilisation des pays développés pour réformer les structures financières internationales, et pour moraliser notre système. Et bien, parmi les exigences de la France, que je suis d'ailleurs allé porter aux Etats-Unis la semaine dernière, il y a la réforme des rémunérations des opérateurs financiers, parce que nous ne voulons plus que les opérateurs financiers soient incités par un système de rémunération irresponsable à prendre des risques qui sont irresponsables. Il est normal que l'on rémunère bien des opérateurs financiers qui font des bons résultats pour leur entreprise, et personne n'a la moindre critique, en tout cas pas moi, à l'égard de ceux qui font gagner beaucoup d'argent à leur entreprise et qui du coup en gagne beaucoup, mais il n'est pas normal qu'à l'inverse, quand les mêmes font perdre de l'argent à leur entreprise, ils ne soient pas sanctionnés. On est dans un système où, si vous faites gagner beaucoup d'argent, vous allez en gagner beaucoup beaucoup beaucoup, et si vous en faites perdre beaucoup, vous allez en gagner beaucoup quand même. Eh bien, ce n'est pas une situation acceptable, et nous allons exiger, à l'occasion du G20, que l'ensemble des pays développés adopte la même réglementation s'agissant des rémunérations des opérateurs financiers.

Voilà, mesdames et messieurs, ce que je voulais, à l'occasion de cette visite à Marseille, vous dire.

La crise nous assaille, mais nous devons regarder au-delà et nous devons travailler pour l'avenir.

Je sais, mon cher Jean-Claude, que Marseille est toujours en mouvement. Il y a dans la cité phocéenne une âme brillante et frondeuse qui ne renonce jamais à se projeter vers l'avenir.

Nous devons tenir le choc de la crise et nous allons ensemble réussir à nous élancer vers l'avenir.

C'est ce message de ténacité, de vérité et d'espoir que je voulais partager avec les Marseillais.


Source http://www.premier-ministre.gouv.fr, le 30 mars 2009

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