Interview de M. Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale à RMC le 15 avril 2009, sur l'accueil des enfants à l'école et les jardins d'éveil, la réforme des lycées et la préparation des élections européennes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale à RMC le 15 avril 2009, sur l'accueil des enfants à l'école et les jardins d'éveil, la réforme des lycées et la préparation des élections européennes.

Personnalité, fonction : DARCOS Xavier.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale

ti :
 
 
J.-J. Bourdin.- Vous avez rendu hommage à M. Druon, on va le faire, ce matin, sur RMC. C'était un grand défenseur de la langue française...
 
C'était un grand défenseur.
 
Entre autres...
 
Je voudrais dire d'abord que c'était un ami personnel, son épouse et lui sont des amis à moi depuis très longtemps. Je le connaissais très, très bien, il a toujours été très agréable avec moi, il m'a toujours aidé, donc c'est un deuil privé aussi, mais la question n'est pas là. Nous perdons une personnalité formidable et surtout un grand défenseur de la langue, un homme...Quand on regarde la vie de Druon d'ailleurs, même la moitié de sa vie déjà, donnerait envie à tellement de gens d'en faire autant, c'est extraordinaire, c'est une chanson de gestes, n'est-ce pas. Il a tout été : jeune résistant, grand écrivain à succès, bretteur, polémiste absolument exceptionnel, académicien, responsable de l'Académie, éditorialiste, grand voyageur...
 
Ministre...
 
Ministre évidemment, de la Culture. Cela fait partie de ces vies presque de légende. Et quand on voit tellement de gens qui ont du mal à occuper leur existence, on a envie de donner des modèles de cet ordre.
 
C'était un défenseur de la langue française. Est-elle en danger la langue française ?
 
Oui, je crois qu'elle l'est, somme toute, de deux manières. D'une part au niveau mondial, parce que, de fait, l'anglophonie petit à petit fait reculer la langue, mais surtout à l'intérieur même de nos territoires, tout simplement parce que l'usage de l'oral, l'usage des SMS, les facilités de langues dans le monde des médias font que, de fait, la qualité de la langue...
 
Que faut-il faire alors ?
 
Faire ce que nous faisons, c'est-à-dire la défendre, restaurer des fondamentaux à l'école primaire, exiger que l'écrit reste défendu dans des registres soutenus et que l'on ne considère pas que la langue orale, qui se développe très facilement, dans le monde médiatique par exemple, soit la forme parfaite de la langue. Il faut aussi que nous défendions la langue française dans ses fondamentaux. Tout simplement aussi, parce qu'elle renvoie au passé, à l'étymologie, et donc à ce que nous sommes. Défendre la langue, c'est défendre le patrimoine et aussi l'identité.
 
Autre petit sujet d'actualité : c'est un sondage qui nous dit que J. Chirac est la personnalité politique préférée des Français. Cela vous surprend-il ? C'était mieux avant ?
 
Je pense que cela fait partie de ces réactions tout à fait traditionnelles que l'on connaît dans l'opinion publique, qui est une certaine nostalgie tout de même. L'image aussi du Président Mitterrand est très bonne dans l'opinion. En ce qui concerne J. Chirac, je n'en suis pas surpris, d'abord parce que c'est un personnage qui a toujours été extrêmement sympathique à l'opinion publique. Et puis, il est resté suffisamment longtemps, il a traversé suffisamment d'épreuves avec la France pour que les gens finissent par s'identifier un peu à lui. Et donc, j'en suis très heureux pour lui.
 
Est-ce qu'il n'y a pas aussi un peu de nostalgie lorsqu'on est en période difficile ? Est-ce qu'on ne se dit pas : "c'était mieux avant" ?
 
Oui, on le dit beaucoup pour le Président Pompidou aussi. Il y a une idéalisation de la période du Président Pompidou, que j'aimais beaucoup d'ailleurs, pour qui j'ai une immense admiration. Mais enfin, il n'empêche. Cette période est beaucoup idéalisée, tout simplement parce que c'étaient des périodes difficiles sans aucun doute. Mais où la crise était moins oppressante.
 
Question directe maintenant sur ces fameux candidats à l'agrégation qui... parce qu'il y a eu problème à la gare du Nord sont arrivés en retard, vous dites : non, on ne peut pas - ils vont perdre une année - on ne peut pas faire repasser les examens...
 
C'est une situation bien embarrassante. D'abord, je pense évidemment à ces candidats, j'ai passé l'agrégation, j'ai été membre de jury d'agrégation, j'ai fait passer des concours, donc je vois très bien le drame dans lequel sont ces gens-là. En même temps, la règle, ce n'est pas moi qui l'invente. On dit toujours "mais Darcos n'est pas sympathique, il devrait les aider à repasser des épreuves". Mais la règle des concours est opposable aux ministres comme à tout le monde. Moi, je ne peux pas décider de cela. La seule solution qui existe, à mon avis, on verra ce que dit le Conseil d'Etat, c'est de refaire passer l'agrégation à tout le monde. Je ne peux pas décider...
 
Et vous y êtes favorable ou pas ?
 
Bien sûr que non. C'est extrêmement compliqué d'organiser pour 7.500 candidats dans tous les centres de France, de refaire passer l'agrégation, 11 agrégations différentes pour une cinquantaine de retardataires, il y en a chaque année, cette année c'est plus frappant que d'autres parce que il y a eu là un groupe de candidats qui a été gêné par la grève de la SNCF, nous avons tous les ans des recours parce que des gens ne sont pas arrivés à l'heure...
 
Que faut-il faire ? Déposer plainte contre la SNCF ? Qu'est-ce que vous leur conseillez ? Que feriez-vous à leur place ?
 
Eh bien je pense que j'en ferais mon deuil pour cette année, parce que je sais que la règle des concours administratifs veut que tout le monde passe les mêmes épreuves au même moment, à la même heure, et que l'idée de refaire passer une partie d'entre eux sur tout ou partie des épreuves nous exposerait à des recours, y compris de ceux qui ont vraiment passé, et qui diraient : attendez, j'ai réussi cette fois-ci, la fois suivante peut-être je réussirais moins bien. Peut-être que si l'on refait passer toutes les épreuves, il y aura à nouveau des gens qui seront en retard ou qui auront une maladie, ou qui auront un accident, et qui diront : mais si vous n'aviez pas fait repasser l'épreuve j'aurais réussi la fois précédente"... C'est insoluble, je suis désolé de le dire. Notre administration a réfléchi à toutes les solutions possibles, ils sont d'ailleurs reçus aujourd'hui à mon ministère pour qu'on en parle avec eux, mais je ne crois pas que nous trouverons une solution, hélas.
 
"Les jardins d'éveil", parlons-en puisque la secrétaire d'Etat à la Famille a affirmé que "les jardins d'éveil" pour les deux-trois ans seront expérimentés dès la rentrée, développés ensuite. Cela mérite quelques explications ces "jardins d'éveil"...
 
Ce qui préoccupe la ministre de la Famille, c'est la disparité qu'il y a pour l'accueil des tout petits, disons des enfants de un an à trois ans ou un an à deux ans et demi. Et de fait, selon les communes, selon les territoires, on a ou pas ces systèmes d'accueil. Et N. Morano souhaite donc trouver un accord avec les caisses d'allocations familiales et avec les responsables territoriaux pour qu'il y ait une unité, en quelque sorte, de ce temps d'accueil. Evidemment, ça n'a aucun rapport avec le ministère de l'Education nationale, je le dis tout de suite. Je trouve très bien qu'elle le fasse, mais moi, j'ai la responsabilité des maternelles, c'est-à-dire, de l'accueil des enfants à trois ans...
 
On ne remet pas en question les maternelles ?
 
Non, ça n'a aucun rapport du tout.
 
Ca n'a aucun rapport ?
 
Aucun, aucun. La situation des maternelles est stabilisée comme chacun sait, tous les enfants de trois ans sont accueillis, des plus jeunes encore lorsque c'est possible, lorsque c'est souhaitable, lorsque c'est l'usage, lorsque des enfants sont capables de le faire aussi, parce que entre deux et trois ans les enfants ont des développements très...
 
On ne supprimera pas les classes maternelles ? Parce que j'ai lu...
 
Je sais...
 
Vous avez vu comme moi...
 
Je ne sais pas d'où sort cette affaire. Il n'y a aucune volonté de supprimer l'école maternelle d'aucune manière, bien au contraire. Comme vous le savez sans doute, j'ai refait les programmes de l'école maternelle, j'ai édité à l'usage des parents en accord avec l'Association générale des enseignants de l'école maternelle, un guide qui explique comment les choses fonctionnent et à quel point nous sommes attachés à cette école maternelle. Donc il n'y a aucun souci. "Les jardins d'éveil", c'est une autre question.
 
Ces "jardins d'éveil" n'entreront pas en concurrence avec les écoles maternelles ?
 
Bien sûr que non, il s'agit des tout petits.
 
[8h45]
 
Parlons de la réforme du lycée : R. Descoings effectue sa mission, il fait le tour de tous les lycées de France, pratiquement.
 
Peut-être pas tous, mais enfin, il en voit beaucoup...
 
Peut-être pas tous parce qu'il y en a beaucoup. Il était à Toulouse le 30 mars dernier, et vous savez qu'après chaque déplacement, il met en ligne sur son blog des vidéos. Il était donc à Toulouse, le 30 mars dernier, il discutait avec des lycées, à propos de cette réforme. On va écouter ce qu'il répondait aux lycéens.
 
[Extrait] Un lycéen : Vous voyez très bien que tous les lycéens sont contre la réforme, pourquoi vous voulez l'appliquer ?
 
R. Descoings : Elle a été retirée.
 
Un lycéen : Elle a été reportée ! Elle a été retirée, reportée ? Il a même dit qu'elle a été retirée, R. Descoings.
 
Il a raison, nous sommes repartis à zéro, nous l'avons dit. Vous l'avez retirée donc ?
 
Nous avons décidé de repartir à zéro, de faire en sorte que le débat...
 
Repartir à zéro, cela veut dire que vous avez effacé tout le passé ?
 
Appelons-le comme on le veut, moi ça m'est égal.
 
Nous avons mis sur la table un projet de réforme du lycée qui, à mon avis, avait son utilité et sa signification, mais les lycéens ont considéré que ce n'était pas approprié, qu'ils n'en avaient pas parlé, qu'on voulait leur imposer, que tout cela ne leur correspondait pas, que satisfaisait pas. Donc ce qui q été décidé, c'est de demander à R. Descoings, par une lettre de mission que je lui ai donnée, d'aller rencontrer le plus grand nombre possible de lycée et de lycéens et de voir ce qu'ils souhaitent, et donc, petit à petit, d'élaborer un schéma de ce qu'il entend dire, de ce que les lycéens peuvent souhaiter et voir si ça va, pouvoir coïncider avec...
 
Pour quand la réforme ? Nouveau texte, nouveau projet ?
 
Le projet est toujours envisagé pour la rentrée 2010, c'est-à-dire dans un peu plus d'un an. Et R. Descoings devant remettre son rapport à la fin du mois de mai, juste avant l'été. Donc nous aurons là un document à partir duquel nous pourrons essayer de présenter un projet de réforme globale.
 
Un projet de loi ?
 
Pas forcément des lois, ce peut-être un décret. Simplement, c'est une organisation différente. On retrouve d'ailleurs beaucoup de choses qui existaient déjà dans les discussions qu'il a. Simplement les lycéens se l'approprient mieux, ils ont moins le sentiment qu'on leur cache quelque chose ou qu'on leur impose des choses.
 
Donc fin mai on rend le rapport Descoings et ensuite, pour la rentrée 2010, on applique les mesures qui seront décidées ?
 
Eh bien je l'espère.
 
2010-2011, est-ce que les deux dernières années du lycée s'appelleront "cycle terminal" ?
 
Oui, je pense qu'on conservera le cycle terminal. Mais je le répète, j'attends de voir ce que proposent les lycéens et ce qui remonte du lycée. D'ailleurs d'après ce que me dit R. Descoings, qui m'a remis un pré-rapport il y a quelques jours, où il me présente ce qu'il entend dire, on trouve beaucoup de propositions extrêmement intéressantes. Les lycéens sont plutôt constructifs dans ce qu'ils proposent évidemment c'est une...
 
On aurait pu commencer comme ça, non ?
 
Je suis d'accord...
 
...Consulter les lycéens.
 
Je suis d'accord mais mon erreur a été de considérer que ceux avec qui je parlais, c'est-à-dire les représentants des lycéens, les conseils académiques de la vie lycéenne, le conseil sur la vie lycéenne, la FIDL, l'UNL, j'ai considéré que parlant avec eux, et signant d'ailleurs même, signant avec eux des accords, un protocole, c'était les lycéens qui s'exprimaient. Or visiblement, cette représentativité n'est pas perçue comme complètement légitime de la part des lycéens eux-mêmes. Ils avaient le sentiment qu'on parlait avec des gens qui ne les représentaient pas.
 
Le soutien CM1-CM2, nous sommes en pleine période de soutien là ?
 
De stage. C'est toute la philosophie de cette réforme de l'école primaire qui consiste à apporter des services nouveaux aux élèves qui en ont besoin. Et ces services étant offerts gratuitement et par les professeurs eux-mêmes. Nous avons repéré pendant les évaluations du mois de janvier, en CM1-CM2, en gros, 7 à 10 % des élèves qui vont très, très mal. Eh bien nous retrouvons dans nos stages de vacances, quelque chose comme 90.000 élèves, c'est-à-dire en effet 7 % de nos élèves de l'école primaire qui viennent à ces stages de soutien. De même que pendant ce temps-là, des lycéens, eux, viennent à des stages d'anglais intensif...
 
Les enseignants adhèrent ?
 
Eh bien oui, les enseignants adhèrent. D'abord parce qu'ils sont volontaires pour le faire. Il faut que des enseignants...
 
Ils sont payés ?
 
Bien entendu !
 
Cela permet de les augmenter d'ailleurs.
 
C'est du travail supplémentaire, cela permet de les augmenter, et sur la base du volontariat, ils le font bien volontiers. De même que les stages d'anglais au lycée, intensifs, gratuits, plutôt que de partir à l'étranger, on reste au lycée et on fait de l'oral intensif, tout cela marche très bien. C'est une autre conception du service public qui apporte à tous gratuitement ce que d'habitude, seules les familles aisées pouvaient s'offrir par ailleurs.
 
Je parle politique maintenant. Est-ce que vous avez vu que N. Morano avait déclaré ouvertement vouloir prendre votre place à l'Education nationale ? Non mais, vous avez vu ça, non !
 
Je ne reproche à personne d'avoir de l'ambition et d'avoir le courage de cette ambition-là. Je crois cependant que vis-à-vis des Français, qui sont un peu soucieux quand même qu'on s'occupe d'eux, le fait que des ministres commencent à parler de leur propre destin et fassent une espèce de chasse aux postes me parait assez inutile. Occupons-nous de nos affaires, de celles dont nous avons la responsabilité, pensons aux Français qui ont d'autres soucis que de savoir ce que nous allons devenir les uns et les autres, et soyons attentifs à nous rendre utiles à autrui.
 
Elle aurait même transmis une note à N. Sarkozy - c'est Le Figaro qui dit cela, qui est toujours bien informé des affaires de la majorité - pour lui faire part de ses ambitions.
 
Que chaque ministre exprime comment il voit la manière d'être utile à la nation, cela ne me paraît pas choquant. Mais je le répète : il y a tellement de sujets immédiats. Les Français sont dans de telles difficultés, ils ont tellement besoin que nous nous occupions d'eux et en ce qui me concerne, de leurs enfants, que je trouve que tout autre manifestation publique de nos propres affaires, de nos petites affaires personnelles, n'est pas souhaitable.
 
Est-ce que vous êtes favorable à une allocation autonomie universelle pour les moins de 25 ans ?
 
Cela dépend de ce que l'on met derrière. S'il s'agit d'aider des jeunes qui sont en fin de diplôme ou qui ont beaucoup de mal à trouver la fin d'un cursus, et de les aider le temps qu'ils trouvent une insertion, là, on peut imaginer en effet des dispositifs de soutien de toute nature d'allocations de toute nature. Mais s'il s'agit de dire que tous les jeunes, automatiquement, systématiquement, auraient droit à une allocation, moi je n'y suis pas favorable.
 
Les jeunes qui cherchent du travail auraient droit à cette allocation, les étudiants auraient droit à cette allocation. En contrepartie, on supprimerait les bourses, on supprimerait la demi-part supplémentaire sur les impôts et on supprimerait l'APL. Elle serait de 500 à 600 euros d'après les informations que nous donnions dès hier matin.
 
On n'en est pas là encore, ce sont des pistes de réflexion. L'idée qu'il faudrait donner à chacun une sorte d'allocation automatique à tous les jeunes ne correspond pas du tout à ma propre philosophie politique. Je crois qu'il faut aider ceux qui en ont besoin, il faut évidemment aider ceux qui sont boursiers, ceux qui ont des difficultés mais il ne faut pas imaginer que tous les jeunes entrent d'emblée dans des voies d'allocations ou de prestations automatiques.
 
Vous dites attention danger, on favorise l'assistanat ? C'est ce que vous comprenez ?
 
En tous les cas, ce n'est pas, me semble-t-il la doctrine politique qui est la nôtre. Il faut encourager l'initiative, il faut encourager le travail, il faut encourager l'insertion et il faut aider évidemment ceux qui sont en difficulté. De là à le faire de faire de façon systématique, cela ne me parait pas... D'ailleurs, je ne crois que ce soit le projet actuel.
 
Cette loi HADOPI, la loi Création Internet, si vous préférez, franchement, vous la soutenez à fond ?
 
Oui, je la soutiens...
 
...Franchement, vraiment ?
 
Je la soutiens même si elle est obsolète. Je la soutiens parce que les créateurs, les développeurs, les responsables des sites, les artistes veulent qu'on protège leur oeuvre, et qu'il faut protéger les oeuvres, il faut protéger le droit, le droit d'auteur d'une manière ou d'une autre, et il faut faire en sorte que les fraudeurs, que les voleurs, que ceux qui entrent en possession d'oeuvres qui sont soumises à des droits puissent être pourchassés, cela me paraît tout à fait normal, même si je connais les difficultés techniques extrêmes que cela pose.
 
Dans cinquante jours, les élections européennes. Peu d'engouement de la part des Français. Je ne sais pas qui est responsable : l'Europe, les hommes politiques ou les femmes politiques en France, les citoyens eux-mêmes qui se déresponsabilisent sur ces questions ? Mais simplement, est-ce que vous avez entendu parler de l'idée de demander à la suppléante de N. Sarkozy d'être placée en position éligible pour provoquer une élection législative partielle et permettre une élection éventuelle de J. Sarkozy ? Vous avez entendu parler de cela ?
 
J'ai lu cela dans la presse, je ne connais pas le détail de cette affaire. Je ne sais pas si c'est vrai ou si c'est faux. Ce que je regrette, c'est en effet que les Français ne se passionnent pas, pour l'instant, de ces élections européennes, parce que ce sont des enjeux formidables. On a vu dans ces derniers temps et surtout lorsque le président de la République française était Président de l'Union, à quel point l'Europe est un levier formidable face à la crise.
 
A l'école, on ne parle jamais de l'Europe.
 
Si, si, si. Nous en avons beaucoup parlé dans la période où nous présidions l'Union, nous avons fait des cahiers pour les élèves. On les a beaucoup mobilisés autour de ces sujets.
 
Questions des auditeurs. M. Belliard (RMC) : On parlait de la précarité des plus jeunes. Thérèse, en Charente-Maritime, vous demande comment vous expliquez que de plus en plus de lycéens travaillent après les cours, et que pouvez-vous faire pour lutter contre ce phénomène ? Ecoutez, c'est tout à fait triste que des lycéens soient obligés de gagner leur vie pour pouvoir suivre leurs cours, et pour pouvoir organiser leur travail. C'est une question évidemment qui ne relève pas strictement de l'Education nationale même si je le regrette. Je ne souhaite pas que le travail lycéen se généralise. Peut-être est-ce parfois des petits boulots, des petits services, une manière de se faire de l'argent de poche. Je ne sais pas jusqu'à quel point les choses se développent. En tous les cas, l'âge du lycée c'est un âge où il faut qu'on soit complètement libre de travailler tranquillement.
 
Trois questions politiquement concrètes. La première : quel numéro de plaque d'immatriculation allez-vous choisir ?
 
Je n'y ai réfléchi du tout.
 
Imaginons : vous achetez une voiture, vous allez choisir. Qu'est-ce que vous allez choisir ? Votre résidence ou votre lieu ? Eh bien, vous avez aussi une résidence en Dordogne ?
 
Oui, mais je garderais peut-être ma résidence en Dordogne, quand même. Je resterais "24".
 
Vous resterez "24". Est-ce que vous êtes déjà arrivé en retard en cours, ou en examen ?
 
Non, mais parfois c'était ric rac. Je suis assez ponctuel et j'ai hérité de cette ponctualité de mes parents qui étaient absolument stricts sur les horaires. J'ai eu la chance d'échapper à cette situation d'arriver en retard à un concours.
 
Est-ce qu'un prof désobéissant mérite une punition comme un élève désobéissant ?
 
Bien évidemment, parce que professeur ce n'est pas une profession libérale. C'est un fonctionnaire qui doit faire ce que la politique décide, lorsque cette politique est née de la démocratie. Et donc, en désobéissant, c'est quelqu'un ne respecte pas le suffrage universel.
 
Je dis cela parce que j'ai vu qu'il y a 3.000 fonctionnaires de l'Education nationale qui appelaient à la désobéissance.
 
3.000. Nous en avons 1,2 million. Bon. C'est 3.000 de trop mais ça reste quand même tout à fait marginal.
 
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 20 avril 2009
 

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