Interview de M. Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, dans "Le Parisien" du 26 avril 2009, sur le climat social, l'UMP et la campagne pour les élections européennes. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, dans "Le Parisien" du 26 avril 2009, sur le climat social, l'UMP et la campagne pour les élections européennes.

Personnalité, fonction : BERTRAND Xavier, MONTVALON Dominique de, CHEVALET Martine.

FRANCE. UMP, secrétaire général; ;

ti : - Dominique de Villepin qui souhaite être candidat en 2012 décrit un « climat révolutionnaire ». Ségolène Royal parle d'un « risque de révoltes tous azimuts »...

J'en ai assez de cet excès de pessimisme. Il n'y a de place ni pour cela ni pour le fatalisme. Je me demande ce que recherchent ceux qui se complaisent dans ces outrances. La France a du ressort, elle a des ressources, elle a besoin de confiance. Si l'on veut sortir le plus vite possible de la crise, il est urgent que les oiseaux de mauvais augure cessent de ressasser leurs couplets défaitistes.

- Certains laissent entendre que quelques clignotants se mettent au vert. N'est-ce pas un excès d'optimisme ?

Ni excès de pessimisme ni excès d'optimisme : nous avons besoin de réalisme. Nous savons que la crise a rattrapé la France moins vite et moins fort que les autres pays. Et nous voyons que les chiffres de l'automobile ont repris en mars, que la construction de logements tout comme la consommation se maintiennent bien. L'action du président de la République et du gouvernement porte ses premiers fruits.

- Mais les chiffres de l'emploi restent catastrophiques...

Ils sont mauvais, même s'il faut les ramener à l'échelle de la population. La France est moins atteinte que les Etats-Unis ou l'Espagne. Et c'est pour cela que toute l'action de la majorité est tournée vers l'emploi, avec des mesures sans précédent pour 700 000 jeunes.

- Une majorité de Français disent « comprendre » la séquestration des patrons...

Ce sont des situations ultraminoritaires. Seul le renforcement du pacte social, qui repose en France sur le dialogue et pas sur la violence, permet de sortir des crises. En ce sens, les responsables syndicaux nationaux font preuve d'une très grande responsabilité.

Je fais la différence avec les véritables exploiteurs de la crise. Aujourd'hui, l'extrême gauche manipule l'inquiétude sociale pour la transformer en violence et en agitation. Les propos d'Olivier Besancenot consistent à mettre en permanence de l'huile sur le feu. Il se cache derrière les violences sociales. S'il a véritablement du courage, qu'il vienne devant les électeurs, qu'il cesse d'avancer masqué sur le terrain social en attisant le feu et qu'il reste sur le terrain politique.

- Les cadres séquestrés ont-ils raison de porter plainte ?

Ceux qui ont saccagé la sous-préfecture de Compiègne doivent être traduits devant la justice et ceux qui se livrent à des séquestrations répondre de leurs actes. On est dans un Etat de droit et il ne peut y avoir la moindre complaisance avec ceux qui s'en écartent. Rien ne doit excuser les violences sociales, d'ailleurs totalement étrangères dans notre histoire au progrès social. J'attends donc des socialistes qu'ils arrêtent de courir après l'extrême gauche. Les républicains ne doivent jamais légitimer la violence.

- Que vous inspirent les excuses à répétition de Ségolène Royal ?

Tout est bon pour faire parler d'elle. Sa stratégie, c'est l'agitation médiatique permanente au risque même de porter tort aux intérêts de la France comme elle l'a fait en s'excusant auprès de M. Zapatero de propos qui n'ont pas été tenus. Cela montre que cette experte en manipulation est prête à tout.

- Candidate aux européennes, Rachida Dati déconcerte, pour le moins. Vous, vous dites qu'il y aurait une campagne systématique contre elle...

Je le dis parce que c'est la réalité. On ne lui passe rien. On peut parler sérieusement d'Europe sans se prendre au sérieux, non ? Pourquoi est-elle ainsi épiée à la loupe ?

- Les sondages européens sont plutôt flatteurs pour l'UMP...

Les Français ont compris que nous sommes crédibles pour parler d'Europe et comme le dit Nicolas Sarkozy, quand l'Europe veut, l'Europe peut. Cela signifie aussi qu'il faut débattre des vraies questions et avoir une ligne politique claire.

A l'UMP, nous sommes contre l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Qu'en est-il des socialistes ? Nous pensons aussi que l'Europe doit protéger l'emploi et utiliser les outils qui existent, comme le Fonds d'adaptation à la mondialisation : 500 millions d'euros disponibles dorment dans les tiroirs européens ! Et puis nous sommes fiers des deux ans d'action du président et de sa majorité et prêts à une campagne offensive.

- Continuez-vous à fixer à l'UMP l'objectif de 500 000 adhérents en 2012 ?

Plus que jamais ! Les seules adhésions par Internet ont augmenté de 77 % depuis 2008, soit + 15 % de nouveaux adhérents en plus depuis le début de l'année. Les premiers résultats de la redynamisation militante sont là. 300 réunions publiques ont été organisées depuis le début de l'année et nous avons lancé de grands débats de société comme la bioéthique, le partage de la valeur ajoutée ou l'avenir des collectivités locales.

- On vous a prêté, dans des échos de presse, des propos désagréables à l'endroit de votre successeur, Brice Hortefeux...

Brice et moi savons que tout cela est faux. Nous avons appris à nous connaître et il ne se passe pas un jour sans que nous soyons en contact. Concernant les grandes décisions de l'UMP nous travaillons main dans la main avec le président, le Premier ministre et l'équipe dirigeante du mouvement populaire. Mais ceux qui essaient de nous opposer ne le font pas gratuitement. Ils y ont un intérêt, qui n'est pas celui de leur famille politique.

- Faut-il sanctionner les députés trop absents ?

Quand un député n'est pas dans l'hémicycle, c'est le plus souvent qu'il est en commission ou travaille dans sa circonscription. Par contre, ceux qui délibérément ne viennent jamais et ne participent ni aux votes ni aux commissions doivent se voir appliquer le règlement car c'est inacceptable.

Je ne confonds pas le député invisible il en existe et le député qui est seulement absent de l'hémicycle.

- La simple « réprimande » du juge Burgaud celui du scandale d'Outreau n'est-elle pas une victoire du corporatisme des magistrats qui refusent qu'on les juge ?

Je suis frappé par le décalage entre les conséquences des erreurs commises lors de l'instruction menée par le juge Burgaud et la faiblesse de cette sanction ! Cela montre que la réforme de la procédure pénale et de l'instruction sont aujourd'hui indissociables et indispensables. Je pense d'abord aux victimes de ce procès. Personne n'a envie que puisse se produire un nouvel Outreau.


Source http://www.u-m-p.org, le 4 mai 2009

Rechercher