Interview de M. François Bayrou, président du Mouvement démocrate (MoDem), dans "La Provence" le 28 mai 2009, sur la campagne pour les élections européennes. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. François Bayrou, président du Mouvement démocrate (MoDem), dans "La Provence" le 28 mai 2009, sur la campagne pour les élections européennes.

Personnalité, fonction : BAYROU François.

FRANCE. UDF - Mouvement démocrate, président

ti : - Quelles sont vos ambitions pour ce scrutin ?

François Bayrou : Je n'ai pas d'ambition partisane. L'enjeu est de savoir dans quelle société nous voulons vivre. Je n'approuve pas l'orientation dans laquelle on essaie de nous plonger: celle de la loi du plus riche et du plus fort. Il faut une société humaniste.

- Le MoDem progresse dans les sondages, cela vous satisfait !

F. B. : Tous les sondages sont à la hausse et cela me satisfait. Le débat politique tourne entièrement en France autour de nous ! C'est que nous sommes la force de renouvellement de la politique française, celle qui oblige le gouvernement à entendre et l'opposition à bouger.

- Vous visez trois sièges dans le Sud-Est ?

F. B. : Je ne fixe jamais ce genre de barre. Jean-Luc Bennahmias est un bon député européen, respecté dans tous les groupes politiques au Parlement européen. Fabienne Faure, la numéro 2, est une femme de valeur. Gilles Artigues, ancien député de la Loire, est quelqu'un de bien... Ce sont des candidats qui ne viennent pas à reculons, qui ne sont pas parachutés... comme on a pu le voir sur d'autres listes.

- Que dites-vous aux électeurs du PS ?

F. B. : Je leur dis de voter selon leur conscience. Mais ils voient que les partis politiques traditionnels sont en panne, qu'il faut les faire bouger. Et quel autre moyen de les faire bouger que de voter pour nous ?

- Comment séduire les partisans de l'UMP ?

F. B. : Il y a beaucoup de gens qui sont troublés par ce qui se passe au pouvoir. Quand Nicolas Sarkozy installe une base militaire à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, à une dizaine kilomètres seulement de l'Iran, cela veut dire que la France risque de se trouver entraînée dans un conflit gravissime sans qu'elle le décide ! Y a-t-il eu un seul débat, une seule question, une seule consultation à ce sujet ? Rien. Vous croyez qu'il n'y a pas d'électeurs, à l'UMP, en droit de s'inquiéter de la manière dont on place la France dans une mécanique qui peut l'entraîner là où elle ne veut pas aller ? Qui ne se reconnaîtront pas dans ce choix ?

- Êtes-vous ébranlé par le flot de critiques dont vous faites l'objet ?

F. B. : Être attaqué de toutes parts lorsque l'on est un homme politique qui veut changer les choses est un signe de succès. Cela veut dire que vous êtes entendu par les Français et que ce soutien trouble les autres, ça les rend malades.

- Ne faites-vous pas de l'antisarkozysme primaire ?

F. B. : Je ne pratique pas la politique en fonction de l'homme mais en fonction des projets. Ceux qui s'appliquent sous nos yeux sont contraires aux valeurs républicaines françaises. J'ose dire un certain nombre de choses que d'autres n'osent pas dire, que le PS n'ose pas dire.

- Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de détourner la campagne pour votre course à l'Élysée ?

F. B. : C'est une blague ! Mais c'est une campagne européenne dans laquelle je soutiens qu'il faut parler de la France autant que de l'Europe.

- Travailler pendant ses congés maladie : l'UMP cherche-t-elle à animer cette campagne ?

F. B. : Ce n'est pas une manoeuvre, c'est un réflexe. Il y a des gens dont l'obsession est de faire disparaître les sécurités des salariés.


Source http://europe.lesdemocrates.fr, le 29 mai 2009

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