Interview de M. Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, à RTL le 8 juin 2009, sur les résultats du scrutin européen pour la majorité, les ministres élus au Parlement européen, la préoccupation écologique et la mise en oeuvre de la "taxe carbone". | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, à RTL le 8 juin 2009, sur les résultats du scrutin européen pour la majorité, les ministres élus au Parlement européen, la préoccupation écologique et la mise en oeuvre de la "taxe carbone".

Personnalité, fonction : BERTRAND Xavier, APHATIE Jean-Michel.

FRANCE. UMP, secrétaire général;

ti : J.-M. Aphatie.- Etes-vous le vainqueur du scrutin européen ?

C'est une élection à un tour. Notre famille politique arrive en tête, oui, c'est un succès important pour l'UMP, le Nouveau centre et puis aussi, la Gauche moderne et les Progressistes, parce que nous avions voulu l'union. Et parce qu'il y a eu l'union, je pense que la victoire est aussi plus forte depuis hier soir.

B. Hortefeux, ministre du Travail, a été élu député européen sur la liste UMP de la région Centre. Ira-t-il siéger au Parlement européen ?

Nous savions pertinemment que M. Barnier et R. Dati s'engageaient à aller siéger parce que nous les avions placés en tête de la liste, et ils avaient dit très clairement qu'ils quitteraient le Gouvernement pour s'engager dans le combat européen. Pour B. Hortefeux, il s'est engagé dans cette campagne de manière totalement désintéressé. Il n'était pas candidat en tête de liste ; mais dans sa région, une région qu'il aime beaucoup, la région Auvergne, il avait décidé de venir en soutien de cette liste. Et puis, franchement, le succès tel, inimaginable dans cette région, jamais on ne pensait passer trois sièges, font qu'aujourd'hui, on a plutôt à gérer le succès ; je préfère avoir à gérer le succès. Mais je vais vous dire une chose, à la différence de M. Barnier, de R. Dati, qui avaient dit les choses très clairement, qu'ils quitteraient le Gouvernement, moi je pense qu'on a besoin de B. Hortefeux au Gouvernement.

Donc, il n'ira pas siéger au Parlement européen ?

C'est à lui d'en parler avec N. Sarkozy. Mais je vois avec les sujets sociaux qui sont sur la table, et qui plus est, il s'était présenté sur la liste pour apporter son poids, poids politique essentiel, à cette liste. Moi, je pense qu'on a vraiment besoin de lui au Gouvernement.

C'est toujours étonnant de constater que quelqu'un est candidat et qu'il ne va pas siéger dans le mandat que lui confie le peuple tout de même !

S'il avait été pour siéger, très franchement, il aurait été la tête de liste dans cette grande région, vous le savez bien. Là, il s'était mis assez loin pour apporter son poids.

Le Parisien dit que le président de la République pourrait intervenir de manière solennelle dans les jours qui viennent. Avez-vous des informations ?

Je n'ai pas d'information.

L'échec de F. Bayrou, 8,45 % des suffrages, vous fait-il plaisir ?

Ce qui ne m'a pas fait plaisir dans cette campagne, j'ai participé à ce débat terrible, l'autre jour, c'est que pour certains, comme F. Bayrou, on peut tout se permettre pour essayer de gagner une élection. Et moi, la politique de cette façon-là, c'est quelque chose qui m'écoeure. Je ne suis pas le seul à lui reprocher. Les électeurs lui ont reproché. Et puis, il y a aussi quelque chose de fondamental : on doit toujours respecter l'enjeu d'une élection, là, l'Europe. On doit toujours respecter ses adversaires politiques. On peut ne pas partager les mêmes idées mais on a le droit, on a le devoir de se respecter. Il n'a pas respecté cette règle. Et qui plus est, pour des grands leaders centristes, depuis des années et des années, ils avaient toujours mis leurs ambitions au service de l'Europe - Schuman, Monnet. F. Bayrou, lui, a voulu mettre l'Europe au service de ses ambitions, et ça, les Français l'ont sanctionné durement.

Son score vous paraît-il être une forme de justice de la part du corps électoral ?

Vous savez, on ne trompe jamais les Français. Et ceux qui veulent tromper les Français, comme ça a été le cas, sont durement sanctionnés. C'est une très dure sanction. Et j'ai vu aussi que nombre de ceux qui s'étaient engagés avec lui, hier, ont eu des mots encore plus durs sur son attitude.

La préoccupation de l'écologie a paru motiver beaucoup d'électeurs. Vous en convenez sûrement...

Nous en convenons d'autant plus que le Grenelle de l'Environnement, c'est le président de la République qui l'a voulu, c'est J.-L. Borloo avec N. Kociusko-Morizet qui l'ont porté. Et cela montre bien que c'est une incitation à en faire davantage encore, mais pas seulement sur le plan national. Nous avons un enjeu fort maintenant au niveau européen, nous nous sommes engagés dans cette campagne : une taxe carbone aux frontières de l'Europe pour que les pays qui dans le monde ne respectent rien en terme d'environnement, soient amenés à le faire. Cela veut dire que quand on pollue pour produire, on sera taxé, si l'on veut justement, commercer avec l'Europe. C'est un engagement de campagne, le Président l'avait dit. Il faut maintenant le mettre en oeuvre. C'est l'engagement des trente députés européens qui sont les nôtres.

Pensez-vous que le film "Home", diffusé vendredi soir sur France 2, et regardé par 8 millions de téléspectateurs, a une influence sur le scrutin ?

Franchement, je n'en suis pas sûr. Mais c'est une très bonne chose que d'avoir programmé ce film. Qui plus est, cela fait un an et demi que la décision de le programmer avait été prise. Et de le programmer quel jour ? Le jour de la Journée mondiale de l'Ecologie. Alors ceux qui ont fait ce reproche, sont ceux qui polémiquent sur tout, ceux qui polémiquent du matin, du midi et du soir, sur tous les sujets pour essayer de faire parler d'eux. Une chose est certaine, j'ai vu ce film, j'ai vu ce film vendredi soir au Champ de Mars, où il y a eu 30.000 personnes...

Vous étiez au Champ de Mars ?

Oui, tout à fait. Un message fort. C'est que pendant longtemps on a pensé que c'en était terminé et qu'il n'y avait plus rien à faire. Le message de ce film qui s'appelle "Home" mais qui pourrait s'appeler "Hope" c'est que si on change...

... "Espoir".

Espoir. C'est que si on change de comportement, on peut changer le cours des choses. Et ça aussi, c'est un engagement politique fort.

Cette poussée de l'Ecologie, condamne-t-elle le projet de nommer C. Allègre au Gouvernement ?

Est-ce que C. Allègre sera au Gouvernement ? Je n'en sais rien.

Ce n'est pas ma question...

Ah mais c'est ma réponse alors, monsieur Aphatie, pour reprendre une formule consacrée depuis bien longtemps.

C'est une façon d'éviter ma question ?

Non. C'est parce que un, je n'en sais rien. Moi je ne suis pas le sélectionneur de l'équipe de France.

Je ne vous demande pas si...

Je vous en prie. Encore... ...si C. Allègre va rentrer au Gouvernement. Je vous demande si, selon vous, puisque l'Ecologie a été un moment important visiblement dans cette campagne, une motivation de vote pour les électeurs, est-ce que la relation à l'écologie fait que C. Allègre peut difficilement, aujourd'hui, intégrer un Gouvernement ? Dites-moi quelle réponse vous voulez entendre !

Est-ce qu'il a une mauvaise relation à l'écologie.

Dites-moi quelle réponse vous voulez entendre.

Mais celle que vous voulez !

Avec votre sourire, je pensais que vous aviez une idée précise de ce que vous vouliez entendre ! Moi je n'en sais rien. Je ne suis même pas persuadé, quand son nom avait été évoqué par certains qu'il était candidat pour être au ministère de l'Environnement...

Ah, de l'environnement, non ; mais candidat à un ministère, oui.

Merci beaucoup J.-M. Aphatie. Mais en tout état de cause, c'est plutôt l'action politique qui sera celle du Gouvernement et pas l'engagement d'un homme sur telle ou telle thèse.

Quand interviendra le remaniement ?

Je n'en sais rien non plus.

Eh bien !

J.-M. Aphatie, vous avez beau dire "eh bien !", vous savez bien que je ne suis pas porte-parole du Gouvernement, que je ne suis plus membre du Gouvernement.

Mais vous en savez sûrement plus que vous n'en dites, X. Bertrand ! Les députés UMP siègeront au groupe du PPE.

Oui.

Le PPE soutient monsieur Barroso pour un nouveau mandat à la tête de la Commission européenne. Les députés UMP soutiendront-ils, comme le demande le PPE, monsieur Barroso ?

Un petit retour en arrière. La semaine dernière, vous m'avez posé cette question. Ca n'est pas parce que l'élection est passée que j'ai une réponse différente. De la cohérence quand on fait de la politique ! Monsieur Barroso, est-ce qu'il sera candidat à la tête de la Commission ? Aujourd'hui, je n'en sais rien. Certainement, mais je n'en sais rien. Deuxièmement...

Ah, vous avancez un peu quand même !

Deuxièmement : par qui sera-t-il soutenu ? Il y a aussi des socialistes européens qui le soutiennent ; mais la vraie question : quelle politique il va appliquer ? Et la politique qui m'intéresse, moi, c'est celle pour laquelle ont été élus pas seulement en France, mais aussi dans l'Europe : A. Merkel a eu un succès très fort hier, ce qui donne encore plus de poids au couple franco-allemand pour pouvoir appliquer des mesures simples : la taxe carbone, la baisse de la TVA sur le disque. Est-ce que sur des sujets comme ça, la future Commission va s'engager pour voter ou pour bloquer ? Si c'est pour voter, les choses iront bien ; sinon, nos députés européens sont là-bas pour faire de la politique, pas pour faire de la figuration. Et la lutte contre la crise, ça doit être la priorité de chaque instant pour la future commission. Ca sera le cas pour nos députés européens.

Quelle est la réaction du secrétaire général de l'UMP à l'annonce de la mort d'O. Bongo ?

Franchement, vous savez que cette information n'a pas été confirmée ; et tant qu'elle n'est pas confirmée, je ne peux vous rien dire sur le sujet. Mais je pense que vous vous en doutiez aussi.

Bon, on va vous réinviter avec plus de réponses. On va attendre un petit peu. X. Bertrand était l'invité de RTL ce matin. Bonne journée.

Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 8 juin 2009

Rechercher