Conférence de presse de M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, sur les dossiers européens et internationaux à l'ordre du jour du Conseil Affaires générales et Relations extérieures, notamment la préparation du Conseil européen et le processus de paix au Proche-Orient, Luxembourg le 15 juin 2009. | vie-publique.fr | Discours publics

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Conférence de presse de M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, sur les dossiers européens et internationaux à l'ordre du jour du Conseil Affaires générales et Relations extérieures, notamment la préparation du Conseil européen et le processus de paix au Proche-Orient, Luxembourg le 15 juin 2009.

Personnalité, fonction : KOUCHNER Bernard.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et européennes

Circonstances : Conseil Affaires générales et Relations extérieures à Luxembourg les 15 et 16 juin 2009

ti : En ce qui concerne les élections iraniennes, j'ai tenu, pour ma part, à ce que nous ajoutions aux conclusions et aux textes qui nous ont été présentés aujourd'hui la nécessité que les enquêtes qui sont demandées par l'opposition soient faites. J'ai, par ailleurs, demandé que l'Union européenne déplore fortement la répression qui a eu lieu après le résultat de ces élections.

Il semblerait qu'un nombre important de candidats se soient manifestés pour que de telles enquêtes aient lieu. De façon objective, si l'on est un politologue iranien, on peut s'interroger sur les résultats, par rapport aux régions par exemple. J'ai donc, insisté pour que le Conseil rappelle ces exigences, relative à la transparence des élections et au respect des droits de l'Homme.

S'agissant des sujets évoqués pour la préparation du Conseil européen et pour ce qui concerne tout d'abord le suivi du G20, certes les mesures ont été relevées, mais les discussions demeurent sur ce que l'on appelle le projet social, les plans de relance et la participation communautaire au plan des relances. Ce que la Commission propose n'est pas suffisant, alors que les montants nationaux ont été très élevés.

Au sujet de l'immigration illégale, je rappelle l'acceptation par les 27 pays européens sous Présidence française du pacte sur l'immigration et l'asile. C'est bien d'accepter un texte, encore faut-il que l'on puisse mettre en commun nos expériences devant l'exigence et l'urgence qui se fait ressentir dans des pays comme la Grèce, Malte, etc.... Je crois qu'il faut accepter un certain partage, même si l'on estime que la réadmission doit être la règle, que des accords sont signés entre les pays accueillants les migrants illégaux et les pays d'origine de ces migrants illégaux. Il faut savoir faire un effort quand on en a besoin.

Un dernier point - que je pourrais évoquer parce que je pense qu'il sera évoqué au Conseil européen - est cette idée d'une taxe carbone aux frontières de l'Union européenne. Il s'agit de protéger la compétitivité des produits européens. Si des marchandises proviennent de pays qui ne respectent pas l'environnement, qui sont qualifiés de grands pollueurs, peut-être pourrions-nous penser à instaurer - ou à réfléchir - à une taxe carbone.

Il s'agit des quelques remarques que je voulais vous faire. Je ne vous ai pas parlé du discours de M. Netanyahou hier soir. Je pense que par rapport aux attentes ce n'est pas suffisant. C'est bien de saluer l'idée d'un Etat palestinien viable et démocratique aux côtés d'Israël en renforçant la sécurité de celui-ci. Mais les conditions préalables posées pour créer cet Etat ne sont pas acceptables, en particulier rien n'a été dit sur l'arrêt des colonisations, or c'est quelque chose d'essentiel. Nous aurons l'occasion d'en reparler.


Q - Ce n'est, donc, pas suffisant ?

R - Ce n'est jamais suffisant mais c'est déjà un petit progrès. Ce n'est jamais suffisant parce que l'on voudrait la paix depuis très longtemps et que l'on y a beaucoup travaillé les uns et les autres. Nous pensons - la France pense - que sans cet Etat palestinien il n'y a aucune chance pour que s'établisse la paix dans la région. Par ailleurs, à l'échelle du Moyen-Orient et des dossiers y afférant, la création d'un Etat palestinien pourrait permettre d'aborder ces dossiers d'une meilleure façon.

Q - Est-ce suffisant pour relancer cet approfondissement des relations entre l'Union européenne et Israël ?

R - C'est un autre dossier qui sera sans doute évoqué une autre fois. Il est bien entendu que lorsque l'on a parlé du partenariat particulier - du rehaussement des relations entre l'Union européenne et Israël - et que l'on a proposé aux Palestiniens - je vous rappelle, eux qui n'ont pas d'Etat - de faire la même chose, c'est-à-dire de se rencontrer aussi souvent, d'avoir une session par an, c'était dans le cadre - et c'est bien mentionné dans le texte - d'un processus de paix. Si le processus de paix n'existe pas, on pourra, donc, toujours continuer à se poser des questions.

Q - Sans transition, quelle est la position de la France sur l'Iran ?

R - J'ai simplement dit qu'il n'était pas acceptable que les élections aient entraîné une répression à l'égard des opposants, que cette attitude ne pouvait pas, aussi bien au nom des droits de l'Homme que de la transparence des élections, être acceptée et que nous nous élevions avec force contre le triste spectacle que l'on a vu hier soir. Il faut qu'il y ait une enquête à la suite des allégations des opposants, du moins des précisions sur le déroulement du scrutin. Il faut que l'on sache si tout cela est juste ou non, on ne peut pas accepter les résultats sans prendre en compte les demandes de l'opposition. Il faut donc enquêter.

Q - Vous parlez d'une enquête internationale ?

R - Pour le moment, non.

Q - Et sur les Balkans occidentaux ? Vous avez parlé de...

R - On ne peut pas aborder tous les dossiers. A propos des Balkans occidentaux, j'ai reçu MM. Thaçi et Tadic. Nous avons été très précis avec eux dans la démarche nécessaire pour que les Balkans, qui ont leur place dans l'Union européenne, puissent être en position d'y accéder.

Q - Comment réagissez-vous à l'idée de M. Frattini sur le nouveau sommet entre l'Union européenne et les Balkans occidentaux pour réaffirmer le futur européen ?

R - Je n'ai pas entendu Franco Frattini évoquer ce sujet. Je ne sais pas s'il faut une conférence pour cela, néanmoins nous avons toujours été clairs avec l'ensemble des pays des Balkans occidentaux. Il y a quinze jours, j'ai reçu M. Tadic puis M. Thaçi, et j'ai d'ailleurs décidé - à leur invitation mais aussi à mon plus grand bonheur - de me rendre bientôt à Belgrade et à Pristina.


Merci beaucoup.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 17 juin 2009

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