Interview de M. Jean-Louis Borloo, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat, à RTL le 24 juin 2009, sur ses nouvelles attributions et la composition du nouveau gouvernement. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-Louis Borloo, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat, à RTL le 24 juin 2009, sur ses nouvelles attributions et la composition du nouveau gouvernement.

Personnalité, fonction : BORLOO Jean-Louis, APHATIE Jean-Michel.

FRANCE. Ministre d'Etat, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat; FRANCE. Parti radical, président;

Circonstances : Remaniement ministériel le 23 juin 2009

ti : J.-M. Aphatie.- V. Parizot : J.-M. Aphatie, vous recevez - Ah ! C'est vrai qu'il faudra agrandir la carte de visite - le ministre de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer, en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le climat.

Bonjour J.-L. Borloo.

Oui, bonjour.

Est-ce que c'est bien sérieux votre titre ?

Est-ce que c'est ? !

Est-ce que c'est bien sérieux ?

Ah oui, c'est très sérieux. Ca concerne même une des mutations les plus importantes de l'histoire de l'Humanité. Moi, je retiens quatre messages dans cette affaire : la mer et les océans ; vous savez que c'est absolument vital. La Terre toute seule n'y suffira pas ; c'est pour ça qu'on a lancé le "Grenelle de la Mer" et c'est important qu'il y ait un grand ministère de la Mer aujourd'hui. Le deuxième message, c'est que la négociation de Copenhague doit être menée avec beaucoup de détermination. Vous savez, c'est le post-Kyoto, c'est les gaz à effets de serre.

En décembre.

C'est à la fois technique et très international. Et c'est en ce moment en réalité. Je viens d'avoir des nouvelles de ce qui s'est passé à Mexico, c'est jusqu'au mois de décembre. Troisième sujet, c'est la croissance Verte ; on a besoin de regrouper toutes les technologies vertes, l'écoindustrie, les éco-technologies pour investir de manière assez massive et avoir une organisation parfaite. Et puis, la quatrième dimension qu'on oublie toujours, c'est la dimension sociale et solidaire. Au fond, l'Ecologie c'est au service de l'homme et c'est pour ça que j'ai souhaité avoir V. Létard qui est un vrai ministre des Affaires Sociales et de la Solidarité pour qu'on fasse très attention à ce que dans cette mutation, les gens les plus fragiles soient bien dans cette mutation et qu'elle soit faite pour eux : donner un sens à cette action publique.

Vous êtes ministre de la Mer, J.-L. Borloo, vous l'avez dit ; mais B. Le Maire est ministre de la pêche. Alors, on se dit : tiens ! Alors, il a la Mer sans la Pêche, Borloo.

Ecoutez, oui. En ce qui nous concerne, nous la mer, c'est l'ensemble des ressources halieutiques sur la planète. C'est les grandes négociations internationales. C'est faire en sorte que ces océans ne soient plus un endroit de non-droit mais un bien commun de l'Humanité, organiser un ONU de la mer et des Océans pour qu'on ait des règles internationales. La mer, c'est le dégazage en mer. Moi je veux qu'on puisse tracer les hydrocarbures. C'est toute la recherche, la prospection, la connaissance de ces bio-diversités, c'est le développement des molécules de la mer, ce sont les ressources énergétiques marines qui sont les plus importantes, probablement à notre disposition, c'est tout ça la mer.

Et c'est aussi la pêche.

Mais ça ne se résume pas à la pêche côtière française qui, par ailleurs, est importante.

Convenez que parfois la politique c'est tellement compliqué qu'on s'y perd un petit peu.

Oh non, vous pouvez concevoir, M. Aphatie, que les océans...

Ah, je conçois tout !

... qu'on connaît beaucoup moins bien que l'Espace, méritent une attention prioritaire des vingt prochaines années.

On parle de l'équipe, parce qu'un gouvernement, c'est une équipe. Donc, vous êtes solidaire de l'équipe.

Absolument. Absolument.

Qu'est-ce que ça vous fait de siéger à côté "d'un Mitterrand" au Conseil des ministres, ce matin ?

J'ai été amusé parce que quand j'écoutais A. Duhamel présenter Frédéric Mitterrand, il a dit François Mitterrand. A propos de...

Petit lapsus qu'on lui pardonne.

Ah ben oui ...

Alors, être à côté de... C'est quoi Mitterrand ? C'est un bon coup, c'est ça ?

Ah non, je pense que c'est quelqu'un à la fois d'immensément cultivé, d'immensément tendre sur les replis de la société...

Il y a plein de gens cultivés, J.-L. Borloo !

C'est quelqu'un qui a, dans le domaine de la Culture, à la fois des rêves, de l'audace et du savoir-faire. Je pense qu'il est "lui". Il est lui, Frédéric Mitterrand, très au-delà du patronyme, bien entendu.

Il devient ministre parce qu'il porte ce nom de famille. Evidemment !

Non, je ne pense pas qu'il est allé... Non, non, je pense que la Villa Médicis, tout le monde a salué sa nomination. Ca s'est fait après des débats, ça s'est fait à l'unanimité, je rappelle. C'est donc un grand Monsieur de la Culture et dans cette société qui essaie de réconcilier, qui essaie de trouver une culture de l'Humain très profonde, je trouve que c'est un homme tout à fait adapté. De surcroît, il a cette capacité à raconter les choses, à dire les choses, à les faire partager par le plus grand nombre. Non, c'est vraiment une belle nomination.

Et le fait qu'il porte ce nom-là n'a aucune explication dans le fait qu'il soit nommé ministre ?

Ne réduisez pas Frédéric Mitterrand à ça ! Alors, par ailleurs, qu'il y ait un clin d'oeil de l'histoire...

Ah, quand même !

... et que ça puisse être savoureux, c'est une autre question. Mais très franchement, je trouve que ça serait injuste, voire indigne de le ramener à ça. Il vaut beaucoup plus que cela.

Alors, l'équipe toujours. Vous étiez jusqu'à présent, J.-L. Borloo, le seul ministre d'Etat pour bien marquer l'importance de l'Ecologie. Alors là, la Justice devient ministère d'Etat aujourd'hui. Pourquoi ?

Ah écoutez, je crois que la Justice qui est un beau mot, qui est une fonction essentielle de la société, la Justice est portée, le Président souhaite que ça soit porté très haut en termes politiques : la Justice et les Libertés, à Mme Alliot-Marie...

Pourquoi il ne l'avait pas souhaité avant ?

Ca ne retire rien au fait que l'Ecologie, enfin vous l'avez vu vous-même : c'est un ministère qui est très élargi. On va avoir d'ailleurs sur les technologies vertes, un secrétaire d'Etat ou un haut commissaire en complément pour organiser tout ça d'ici une quinzaine de jours. Donc, moi je suis extrêmement heureux que M. Alliot-Marie...

Vous êtes reparti sur l'Ecologie. Ah oui, d'accord !

Non, non, je suis extrêmement heureux qu'elle soit ministre d'Etat et comme l'ancien avocat que je suis aime aussi cette fonction là, j'en suis particulièrement ravi.

Mais pourquoi, maintenant, ministre d'Etat, ça ?

Oh ! Pourquoi maintenant ? Il y a déjà eu Mme Veil, de mémoire a été ministre d'Etat. Donc, il n'y a pas de difficultés particulières.

Jusqu'à présent, il y avait en France un secrétariat d'Etat aux Droits de l'Homme. On nous avait dit au reste que c'est une innovation parce que c'est important les Droits de l'Homme. Il n'y a plus de secrétariat d'Etat aux Droits de l'Homme. Alors, c'est plus important, les Droits de l'Homme ?

Non, mais vous savez, je crois que B. Kouchner en matière de Droits de l'Homme les incarne bel et bien, et fortement, et depuis extrêmement longtemps. Voilà c'est une réorganisation du ministère des Affaires Etrangères. N'y voyez pas un changement de la politique française, de grâce !

Et R. Yade, aux Sports. Elle n'y connaît rien en sport !

Mais qu'est-ce que vous en savez ?

Comme ça.

M. Aphatie a décidé que Mme R. Yade n'y connaissait rien au sport.

Elle a un passé de Sportive ?

Formidable ! Formidable !

Parce que vous dites : Frédéric Mitterrand il devient ministre de la Culture parce que c'est un spécialiste de la Culture, il connaît.

Non, je n'ai pas dit "un spécialiste".

Et R. Yade ?

Je trouve qu'il a... Enfin moi, écoutez, sa voix, je la connais, je l'identifie, elle me charme à chaque fois. J'apprends toujours des choses quand je le regarde ou quand je l'écoute. Toujours. Voilà. J'aime cet homme, je n'y peux rien.

Et vous aviez beaucoup parlé Sport avec R. Yade jusqu'ici ?

Ecoutez. Non, je n'avais pas eu l'occasion. J'avais parlé essentiellement des réfugiés climatiques, avec R. Yade, qui est un sujet majeur de la décennie qui vient.

Vous aurez l'occasion de parler football maintenant avec elle. Et puis, dernière question, à propos de l'équipe - Alain y a fait une allusion d'ailleurs...

Vous êtes taquin, ce matin !

B. Le Maire avait été nommé secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes pour, nous avait-on dit, sa bonne connaissance de l'Allemagne et de l'allemand. Et maintenant, il est à l'Agriculture.

Mais c'est extrêmement important de bien s'entendre avec les Allemands pour l'Agriculture, et notamment pour le bilan de santé de la PAC.

J.-L. Borloo, ministre d'Etat qui a réponse à tout ?

Oui.

...était l'invité de RTL, ce matin. Bonne journée.

V. Parizot : Bonne journée. On continuera à vous appeler "ministre de l'Ecologie", J.-L. Borloo...

Oh ! Oui, c'est assez... tellement plus court et tellement beau.

Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 24 juin 2009

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