Interview de M. Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, dans "Le Figaro" du 20 juin 2009, sur les enjeux du premier discours du Président de la République devant le Congrès réuni à Versailles après la réforme constitutionnelle. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, dans "Le Figaro" du 20 juin 2009, sur les enjeux du premier discours du Président de la République devant le Congrès réuni à Versailles après la réforme constitutionnelle.

Personnalité, fonction : ACCOYER Bernard.

FRANCE. Assemblée nationale, président ; FRANCE. UMP, député

ti : LE FIGARO. - Qu'attendez-vous du discours du chef de l'État, lundi, devant le Congrès ?

Bernard ACCOYER. - Le premier discours du président de la République devant le Congrès constitue un moment historique. Il devra être empreint d'une certaine solennité, puisqu'il s'agit d'une rencontre entre le chef de l'État, chef de l'exécutif, et la représentation nationale. En venant s'exprimer devant leurs représentants, c'est naturellement aux Français que le président s'adresse. C'est une marque de considération pour les élus de la nation. Les parlementaires attendent du président de la République qu'il délivre sa vision de l'état de la France et du monde frappés par la crise, ainsi que les orientations qu'il entend donner à la politique de notre pays pour en sortir dans les meilleures conditions. Cette crise financière et économique se double d'un défi environnemental qui l'aggrave, mais que nous devons également relever.

LE FIGARO. - Cette expression directe du président devant le Parlement va-t-elle devenir une institution ?

C'est un des signes de la modernisation de nos institutions et de la revalorisation du Parlement, même si les grands principes de la V République n'ont pas changé. À l'avenir, j'en suis convaincu, les présidents utiliseront cette prérogative nouvelle. Des circonstances importantes ou graves pourront justifier qu'ils le fassent pour s'adresser aux Français. Depuis plus de cent trente ans, les royalistes ayant voulu, à l'origine, priver de parole le républicain Thiers, nos institutions interdisaient au chef de l'État de s'adresser au Parlement autrement que par un message écrit. Le général de Gaulle l'avait regretté. Ce qui l'a conduit à inventer, magistralement, l'expression politique télévisée.

LE FIGARO. - En l'absence des communistes et des Verts, puis du PS, qui ne participera pas au débat, cette réunion ne va-t-elle pas se réduire à une grand-messe de la majorité ?

Les débats sur la révision constitutionnelle et ses textes d'application ont été très politiques, parfois difficiles. Ces divergences, ces affrontements dans l'hémicycle, ne sont pas encore tous cicatrisés. Certains groupes politiques ont choisi de marquer leurs réserves ou leur opposition. L'attitude des communistes me semble s'inscrire dans leur opposition constante à la logique de la V République. Quant aux socialistes, sans porter de jugement, leur décision me paraît relever d'un compromis. Je regrette ces choix, car l'expression des groupes politiques, et en particulier de ceux d'opposition, trouve son plus large écho dans l'hémicycle.

LE FIGARO. - Le premier ministre sera présent, sans intervenir. Faut-il réinventer le rôle du chef du gouvernement ?

L'intervention du chef de l'État devant le Congrès s'inscrit dans la pratique des présidents de la Ve République : fixer les grandes orientations de la politique de la nation. Leur mise en oeuvre relève toujours du premier ministre et du gouvernement. Rien n'a changé. Le rôle du premier ministre est toujours essentiel.

LE FIGARO. - N'assiste-t-on pas à l'émergence d'une V République bis ?

Non. Nous n'avons pas changé de République.

LE FIGARO. - L'opposition pourrait-elle déposer une motion de censure à la suite du discours du président devant le Congrès ?

Différents mécanismes constitutionnels prévoient, en effet, que les grandes orientations de la politique gouvernementale peuvent faire l'objet d'un vote de confiance, à l'initiative du gouvernement, ou de censure à l'initiative des députés. Il ne serait pas anormal que l'Assemblée nationale soit amenée à se prononcer, d'une manière ou d'une autre, dès lors que des réformes majeures seraient annoncées.


Source http://www.ump.assemblee-nationale.fr, le 3 juillet 2009

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