Interview de M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, dans "Le Figaro" le 2 juillet 2009, sur l'accident aérien survenu aux Comores et le contrôle de la sécurité aérienne. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, dans "Le Figaro" le 2 juillet 2009, sur l'accident aérien survenu aux Comores et le contrôle de la sécurité aérienne.

Personnalité, fonction : BUSSEREAU Dominique.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux transports

Circonstances : Accident aérien aux Comores le 30 juin 2009

ti : Q - La catastrophe des Comores révèle que la compagnie Yemenia transporte fréquemment des passagers, dont des ressortissants français, à bord d'un avion qui est interdit dans l'Hexagone. Peut-on lutter contre cette pratique ?

R - D'une manière générale, on constate malheureusement que la création d'une liste noire européenne, de même que la multiplication des contrôles "Safa" (Safety Assessment Foreign Aircraft), conduit les compagnies de certains pays lointains à sélectionner les meilleurs appareils pour desservir l'Europe. Cela revient de fait à réserver les avions les moins rigoureusement entretenus aux autres destinations. Aujourd'hui, je demande donc la création d'une liste noire mondiale.

Q - Y-a-t-il un consensus international à ce sujet ?

R - Je souhaite en tout cas qu'une majorité se dégage à l'Organisation de l'aviation civile internationale. Ce n'est pas acquis, tous les pays n'ayant pas les mêmes exigences en matière de sécurité. Mais la France est déterminée à agir en ce sens auprès des instances européennes et mondiales. J'ai d'ailleurs parlé longuement avec le commissaire européen, Antonio Tajani, de ce sujet dès hier. Par ailleurs, les passagers doivent disposer de toutes les informations utiles. Les décisions de la Commission européenne sur les différentes compagnies aériennes sont publiques, mais seule la liste noire est connue.

Q - Lors de son dernier passage sur un aéroport français, le 4 juillet 2007, de nombreux défauts ont été constatés sur l'Airbus 310 de Yemenia. En quoi consistaient-ils ?

R - En 2007, une vingtaine d'observations ont été adressées à Yemenia. Elles portaient en partie sur des anomalies inquiétantes. Les contrôleurs de la Direction générale de l'aviation civile avaient en effet signalé des sièges pour l'équipage et pour les passagers hors service, une pression insuffisante pour manoeuvrer en ouverture de secours les portes de l'avion ainsi que du matériel de soute qui n'était pas convenablement attaché. D'autres anomalies étaient plus mineures comme des trousses de sécurité hors d'usage ou des filets de protection des bagages en mauvais état. Nous avions également constaté que la documentation de bord n'était pas à jour et que les bouteilles d'oxygène n'étaient pas attachées. Depuis lors, la compagnie assure avoir remédié à ces différents défauts. Je ne suis pas en mesure de le confirmer car cet appareil ne s'est plus posé sur le sol français depuis deux ans. Ce sera désormais à l'enquête de le déterminer.


Q - Des Français originaires des Comores affirment vous avoir alerté par écrit, plusieurs mois avant la catastrophe, sur les conditions de transport à bord de Yemenia. Que leur répondez-vous ?

R - Je n'ai pas connaissance de courriers de cette nature. Mais, je tiens à souligner que Yemenia a été contrôlé par les autorités européennes à 36 reprises depuis 2006, dont 20 fois sur le sol français. Je confirme donc que cette compagnie est placée sous haute surveillance.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 6 juillet 2009

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