Déclaration de Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur l'accueil des étudiants étrangers dans l'enseignement supérieur et la mobilité étudiante, Paris le 9 juillet 2009. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur l'accueil des étudiants étrangers dans l'enseignement supérieur et la mobilité étudiante, Paris le 9 juillet 2009.

Personnalité, fonction : PECRESSE Valérie.

FRANCE. Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche

Circonstances : Clôture de la conférence mondiale sur l'enseignement supérieur à l'UNESCO le 9 juillet 2009

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Permettez-moi tout d'abord de vous dire combien je suis heureuse d'être parmi vous aujourd'hui, à l'occasion de cette conférence qui, j'en suis sûre, marquera les esprits comme les avait marqués, il y a onze ans, la première conférence mondiale sur l'enseignement supérieur.

C'est en effet un moment rare et important qu'il nous a été donné de vivre tout au long de ces quatre journées: plus de 1200 participants venus de près de 200 nations ont dit ensemble leur ferme volonté de faire de l'enseignement supérieur le ferment des progrès de demain.

C'est pourquoi je voudrais saluer d'emblée l'UNESCO (et en particulier George Haddad, Directeur de la Division de l'enseignement supérieur), à l'origine, une fois de plus, d'une très belle initiative. Mais il est vrai que l'UNESCO en a le secret, elle qui a su entretenir envers et contre tout la flamme de l'idéal qui présida à sa naissance : faire naître la paix dans l'esprit des hommes et le faire en misant sur la culture et l'éducation.

C'est à cette inspiration que nous nous montrons fidèles aujourd'hui, en proclamant le rôle essentiel que tiennent l'enseignement supérieur et la recherche dans l'invention de l'avenir. Affirmer, comme l'UNESCO l'a fait à de multiples reprises, que les nations du monde doivent l'éducation à chacun de ses membres, ce n'est pas seulement appeler à la démocratisation de l'enseignement primaire, c'est aussi reconnaître que cette démocratisation demeure inachevée si les portes du supérieur restent fermés à l'essentiel d'une génération.


Il s'agit là d'une évidence dont nous avons tardivement pris conscience : ainsi en France, où il a fallu attendre près d'un siècle après la fondation de l'école républicaine pour voir tous les enfants français poursuivre leurs études, atteindre le cycle secondaire et, finalement, accéder à l'enseignement supérieur.
Mais cette démocratisation de l'enseignement demeurera elle-même inachevée tant que nombre d'étudiants français échoueront dès leurs premières années d'études supérieures.

C'est pourquoi la France a choisi de faire à nouveau de ses universités une priorité nationale : en investissant dans nos établissements d'enseignement supérieur, tout d'abord, et en leur donnant les moyens de faire réussir tous les étudiants. En leur offrant la liberté d'en user en toute autonomie ensuite, pour répondre au mieux aux besoins singuliers de leurs étudiants. En rénovant nos cursus, enfin, et notamment la licence, pour que celle-ci devienne non seulement synonyme de réussite, mais aussi d'insertion professionnelle.

Car si la France a choisi d'investir résolument dans l'enseignement supérieur et la recherche, en augmentant leur budget de 50 % en 5 ans, c'est bien sûr pour offrir un avenir à chacun de nos jeunes ; mais c'est aussi parce qu'elle sait que la connaissance et l'innovation sont la clef de notre avenir commun. C'est en diffusant le savoir dans l'ensemble de la société, c'est en cultivant l'esprit d'innovateur qui sommeille en chaque étudiant que nous nous montrerons à la hauteur du beau défi qu'est la construction d'une société et d'une économie de la connaissance.


Cette circulation du savoir, nous devons l'accélérer dans chacun de nos pays. Mais il serait absurde qu'elle s'arrête aux frontières qui séparent nos nations : à l'évidence, la société de la connaissance n'est pas une société du repli sur soi, bien au contraire, et nous avons tout à gagner à rendre plus intenses encore les échanges qui unissent nos nations.

D'ores et déjà, la France a l'immense privilège d'accueillir chaque année plus de 260 000 étudiants étrangers. C'est pour nous une fierté, mais cela nous crée des devoirs envers la jeunesse du monde que nous accueillons. Depuis toujours, les étudiants étrangers sont considérés comme des étudiants français, y compris du point de vue financier et la France dépense chaque année plus de deux milliards d'euros pour les accueillir et les former. Mais nous pouvons et devons encore faire des efforts pour simplifier leur arrivée en France et faciliter leur séjour.

Cela commence par les démarches qu'ils accomplissent à l'étranger et c'est pourquoi nous avons créé des Espaces Campus France au sein de nos Ambassades dans plus de 75 pays, pour donner envie aux étudiants étrangers de poursuivre leurs études en France, les informer sur les formations qui leur sont offertes et les accompagner dans leurs démarches, que nous avons voulu aussi simples que possible.

Mais il nous faut aller plus loin encore, en leur offrant la même qualité d'information et d'accueil une fois qu'ils sont arrivés en France. C'est essentiel si nous voulons accueillir plus d'étudiants encore. Et il nous faut également aider plus de jeunes Français à vivre cette expérience unique qu'est la découverte d'un pays, d'une culture et d'une université étrangère. Pour l'heure, ce sont seulement 76 000 étudiants français qui franchissent le pas. C'est bien trop peu !

La mobilité étudiante doit en effet devenir la règle : dans un monde où les échanges ne cessent de se développer, ce sera bientôt un handicap de ne pas avoir saisi l'occasion d'étudier à l'étranger. C'est pourquoi la France a fait de la construction d'un Espace européen de l'enseignement supérieur l'une des priorités cardinales de sa Présidence de l'Union européen l'an dernier, en y associant pleinement chacun des Etats du processus de Bologne.

Entre chacune des 46 nations qui constituent aujourd'hui ce processus, il faut en effet que s'accroisse la mobilité étudiante, avec un seul objectif: que, très vite, au moins 20 % de nos étudiants aient fait une partie de leurs études à l'étranger.

Mais cela ne pourra rester le privilège des étudiants venus des seuls pays européens ou des Etats du processus de Bologne. C'est pourquoi la France n'a cessé de soutenir les programmes comme Erasmus Mundus ou Tempus Meda, pour ouvrir les portes des universités européennes aux jeunes esprits venus du monde entier, et particulièrement d'Afrique.


Car c'est l'Afrique que l'UNESCO a choisi de placer au coeur de cette conférence mondiale sur l'enseignement supérieur. Et elle a très bien fait : tous les partenariats que la France a noués avec des Etats d'Afrique le montrent, le continent où grandit la jeunesse du monde bouillonne d'intelligences qui ne demandent qu'à parfaire leur formation, à l'étranger, bien sûr, mais aussi dans leurs propres universités.

C'est pourquoi la France s'est engagée dans de nombreux projets, comme l'Institut franco-sud africain de technologie qui, à Pretoria, au Cap et bientôt à Johannesburg, forme des ingénieurs et conduit des recherches qui répondent aux besoins des acteurs économiques et du marché du travail sud-africain.

La France salue et soutient également les projets de l'Agence universitaire de la Francophonie, à l'origine d'initiatives particulièrement remarquables. C'est elle qui anime des campus numériques dans 26 universités africaines ou forme à distance des maîtres au Bénin, au Burundi et à Madagascar. Et c'est elle également qui vient de lancer l'Institut panafricain de gouvernance universitaire, qui formera les cadres dont manquent parfois les universités d'Afrique.

Nous pouvons aller plus loin, par exemple en valorisant les filières scientifiques dans les universités africaines, notamment au niveau du doctorat. Et c'est tout le sens de la conférence organisée à Dakar en novembre prochain par l'association des doyens des facultés de Sciences d'expression française sur le thème du doctorat scientifique dans l'espace francophone.


Ce sont là de très beaux projets et le succès qu'ils rencontrent démontre aux yeux de la France que nous avons tout à gagner à nous concentrer ainsi sur quelques projets-phares, qui accompagnent et intensifient le mouvement qui traverse déjà le continent africain.

Il s'agit là d'un principe simple, qui pourrait irriguer l'ensemble de nos coopérations en matière d'enseignement supérieur : en conjurant le spectre de la dispersion, il nous permet en effet d'être ambitieux et de mettre l'accent sur les projets qui feront naître une véritable dynamique d'échange et des habitudes de mobilité renforcées.

D'ores et déjà, l'UNESCO joue un rôle majeur dans la conception de ces projets ambitieux, à l'instar du programme des chaires de l'Unesco initié en 1989, et je sais qu'elle est prête, demain, à s'impliquer plus encore : je forme donc le voeu qu'ensemble, nous fassions vivre ces coopérations internationales auxquelles elle a tant contribué. Elles sont la clef de notre avenir commun.

source http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr, le 9 juillet 2009

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