Interview de M. Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, dans "Le Parisien" le 8 juillet 2009, sur les enjeux et propositions de la mission d'information parlementaire sur le port de la "burqa" ou du "niqab". | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, dans "Le Parisien" le 8 juillet 2009, sur les enjeux et propositions de la mission d'information parlementaire sur le port de la "burqa" ou du "niqab".

Personnalité, fonction : COPE Jean-François.

FRANCE. UMP, président du groupe parlementaire à l'Assemblée nationale ; FRANCE. UMP, député

Circonstances : Ouverture des travaux de la mission d'information parlementaire sur le port de la "burqa" ou du "niqab" (voile intégral) à l'Assemblée nationale le 8 juillet 2009

ti : - Mission parlementaire, groupe de réflexion des députés UMP. Pourquoi une telle mobilisation sur la question de la burqa ?

Il ne faut pas se tromper, la burqa est un débat politique, pas religieux. Les extrémistes tentent une nouvelle fois de tester la République. Ils instrumentalisent nos compatriotes musulmans. Au lieu d'une loi précipitée, je me réjouis que l'on prenne le temps de la réflexion avec une mission parlementaire et un groupe de travail au sein de la majorité. De toute façon, la réponse sera forte.

- La loi est-elle la réponse efficace ?

D'abord il y a un problème de sécurité et d'ordre public. Imagine-t-on qu'une enseignante confie un enfant à la sortie de l'école à une personne totalement masquée ? Même un motard enlève son casque lorsqu'il entre dans une banque. C'est une question de valeurs : la République porte un idéal d'égalité et de fraternité. Ces tenues excluent les femmes de la communauté nationale, anéantissent leur identité. C'est inacceptable.

- Qu'allez-vous proposer ?

Une réponse en deux temps : une loi d'interdiction précédée d'une phase de six mois à un an de dialogue, d'explication et d'avertissements. Le risque avec une interdiction immédiate serait de ne faire que la moitié du chemin. Nos adversaires cherchent la confrontation brutale. Ils nous tendent un piège. Il faut interdire ce qui doit l'être, mais après avoir expliqué pourquoi. A Meaux, dans ma ville, j'irai à la rencontre de ces femmes et de leurs maris. Il nous faut comprendre ce que révèlent de telles pratiques. A celles qui disent consentir librement à la burqa, nous devons rappeler que c'est contraire à nos principes, lesquels s'imposent à tous les comportements communautaires.

- Pourquoi la polémique arrive-t-elle maintenant ?

Nous n'avons pas toujours su assumer notre message d'intégration. Aujourd'hui, par exemple, lorsqu'une famille veut que son enfant apprenne l'arabe en 2e langue, c'est un atout à l'heure de la mondialisation, il est difficile de trouver des cours d'enseignement laïques. En revanche, c'est facile dans les caves et sous la houlette de tel ou tel extrémiste. On doit faciliter l'accès à l'enseignement de la langue arabe dans les écoles de la République.


Source http://www.ump.assemblee-nationale.fr, le 10 juillet 2009

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