Interview de M. Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, porte-parole du gouvernement à Europe 1, le 27 août 2009, sur la rentrée scolaire et la réforme des lycées et des filières professionnelles, notamment le baccalauréat professionnel en trois ans. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, porte-parole du gouvernement à Europe 1, le 27 août 2009, sur la rentrée scolaire et la réforme des lycées et des filières professionnelles, notamment le baccalauréat professionnel en trois ans.

Personnalité, fonction : CHATEL Luc.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale, porte-parole du gouvernement

ti :
 
 
 
M.-O. Fogiel.- Vous êtes le ministre de l'Education nationale, Porte-parole du Gouvernement, et à quelques jours de la rentrée scolaire, c'est l'occasion de faire un point avec vous donc pour votre première rentrée scolaire en tant que ministre de l'Education nationale, on y vient dans un instant. Mais l'actualité en tant que Porte-parole du Gouvernement vous rattrape ce matin. Vous avez peut-être entendu P. Méhaignerie dans le journal de 7h00 qui confirme que finalement, G. Carrez et lui-même ont décidé de repousser d'un an leur projet de réduction des niches fiscales. Est-ce que c'est aussi la position du Gouvernement ?
 
Le ministre du Budget et le Premier ministre auront l'occasion de s'exprimer sur ce sujet. Vous savez, à chaque fin d'été, il y a ce débat sur la préparation de la loi de Finances pour l'année suivante, et puis dans ce cadre-là, notamment sur les niches fiscales. Je crois qu'on a beaucoup avancé, notamment l'année dernière sur ce sujet, en plafonnant les niches fiscales, et donc en évitant un certain nombre d'injustices, puisque auparavant on pouvait échapper à l'impôt sur le revenu si on avait un bon conseiller fiscal, et donc, nous avons supprimé cela cette année.
 
Mais cette année, est-ce que vous confirmez ou pas ?
 
Et cette année, encore une fois, il y aura un débat sur la loi de Finances à la rentrée, et c'est au ministre du Budget à voir avec les principaux responsables...
 
Mais c'est tranché, même si vous ne donnez pas la réponse ce matin, est-ce que c'est tranché ?
 
Encore une fois, c'est au ministre du Budget et au Premier ministre d'en décider, dans le cadre du débat de préparation de la loi de Finances.
 
Votre chantier à vous le plus urgent, c'est la réforme du lycée, qui doit entrer en vigueur en 2010. Vous promettez une nouvelle architecture dans le courant du mois de septembre. Comment faire pour réussir là où X. Darcos a échoué ?
 
D'abord, comme vous l'avez dit tout à l'heure, c'est ma première rentrée scolaire, et l'important c'est que la semaine prochaine...
 
Stressé, stressé ?
 
Non, concentré, voilà. C'est important que la semaine prochaine, et nous y avons travaillé, les équipes pédagogiques, les enseignants, les personnels d'encadrement administratifs de l'Education nationale, ont travaillé depuis plusieurs mois pour que, la semaine prochaine, pour les 12 millions d'élèves, d'enseignants, les choses se passent bien.
 
Mais sur la réforme ?
 
Ensuite, j'ai un certain nombre de chantiers devant moi, et la réforme du lycée en fait partie. D'abord, pourquoi réformer le lycée ? Je crois que c'est l'idée d'adapter l'école en permanence à son époque...
 
Excusez-nous L. Chatel, mais X. Darcos nous l'a déjà dit ça ! Depuis, il n'est plus là. Vous, comment allez-vous faire pour réussir là où il a échoué ?
 
D'abord, il y a eu un gros travail de fond qui a été effectué depuis an. Vous savez que le président de la République avait confié une mission à R. Descoings, directeur de Sciences-Po, qui pendant plusieurs mois est allé dans les lycées ; il a écouté les élèves, il a écouté les profs, et il a fait un certain nombre de préconisations. Moi, 'ai demandé avant l'été...
 
Cela n'avait pas été fait avant, quand X. Darcos avait proposé sa réforme ? Ce travail-là n'avait pas été fait ?
 
Il y avait un travail qui avait été fait par lui-même, par ses services, mais R. Descoings est allé dans les lycées, il a mené...
 
Il a calmé le jeu...
 
...des concertations, du dialogue, de l'écoute ; vous savez, c'est important d'écouter les différentes parties. Donc, ce travail est fait, il est sur la table, et moi, j'ai demandé à mes partenaires - les organisations syndicales, les lycéens, les parents d'élèves - de me remettre une contribution sur la base de ces préconisations. J'attends ces préconisations pour le 1er septembre. Donc, je vais ramasser, si je puis dire, les copies, le 1er septembre, et à partir de cela, nous avons travaillé bien sûr pendant l'été, et dans le courant du mois de septembre, j'aurai l'occasion de présenter un petit peu les grandes orientations de ce qui pourrait être le futur lycée.
 
Comment expliquez-vous que votre calendrier est jugé trop court déjà par le syndicat secondaire, le SNES-FSU et l'Union nationale lycéenne ?
 
D'abord, je n'ai pas ce sentiment. Nous avons eu un débat, j'ai reçu hier les représentants syndicaux...
 
C'est ce qu'ils ont dit hier...
 
Je n'ai pas le sentiment que le timing soit trop court. Je rappelle, encore une fois que...
 
Non mais c'est leur opinion, à eux.
 
Oui, mais je...Vous me posez une question je vous réponds. Le travail d'écoute, de concertation, de présence dans les lycées qui n'avait pas été fait l'année dernière, il est là, il a été effectué et il nous permet d'avancer. Je crois qu'on est très en avance par rapport à ce qui s'est fait l'année dernière.
 
Pour vous, c'est sûr, la rentrée va bien se passer ?
 
Ensuite, la rentrée. Nous nous sommes préparés. Il y a un certain nombre de nouveautés dans le cadre de cette rentrée, qui sont très importantes. Par exemple, la réforme du lycée professionnel, c'est-à-dire qu'à partir de cette rentrée, on fera son bac pro en trois ans, comme le bac général, pour mettre un pied d'égalité les filières professionnelles et générales, tout ça pour éviter les sorties du système qualificatif du système éducatif sans qualification. C'est un point très important. Avec un accompagnement personnalisé pour les élèves, c'est une vraie nouveauté.
 
Mais les suppressions de postes par exemple, annoncer 16.000, est-ce que ça n'handicape pas ce que vous nous dites là ?
 
Alors, 16.000, c'est pour l'année prochaine. Cette année, ce n'est pas 16.000 c'est 13.000. Mais je voudrais revenir sur cette politique, puisque vous me parlez des moyens. D'abord, je voudrais rappeler que, nous nous adaptons aux situations locales, et nous sommes capables de mettre davantage de moyens là où on en a besoin. Dans le primaire, la démographie augmente, on crée 500 postes, on ouvre 500 classes à la rentrée. Dans les zones sensibles, les zones urbaines ou les zones d'éducation prioritaire, nous allons créer 600 postes d'enseignants à cette rentrée. Donc on est capables de s'adapter aux situations locales. Ensuite, il faut bien expliquer aux parents qui nous écoutent, le taux d'encadrement, c'est-à-dire, le nombre d'élèves par classe ne va pas changer en cette rentrée. Et dernier élément...
 
Donc, vous rassurez ceux qui nous écoutent ce matin...
 
Oui.
 
Est-ce que vous les rassurez également sur la grippe A ? Est-ce que vous pensez que la solution est la bonne, de fermer les écoles à partir de trois cas avérés ?
 
D'abord, notre plan face à la grippe A, c'est un plan interministériel. Nous réunirons d'ailleurs cet après-midi avec B. Hortefeux et R. Bachelot, la cellule interministérielle, qui prévoit plusieurs étapes. D'abord, de l'information pour les parents. Le jour de la rentrée, les parents recevront un livret de quatre pages pour leur expliquer ce qu'est la grippe A, ce qui peut se passer en cas de contagion par le virus. Ensuite, nous avons sensibilisé les personnels d'éducation. Demain je participerai au Comité d'hygiène et sécurité avec les représentants des syndicats ; j'ai réuni les recteurs, les inspecteurs d'académies pour les sensibiliser, et mettre en place la procédure.
 
Et la fermeture systématique ?
 
Et la fermeture, ce n'est que le dernier recours, c'est une possibilité qu'on donne aux préfets, au cas par cas, à partir de trois cas avérés dans une classe ou dans une école. Encore une fois, c'est une possibilité. On a mis en place une procédure, mais nous jugerons selon la situation locale, épidémiologique locale et nationale.
 
Vous êtes inquiet ?
 
Je ne dirais pas que je suis "inquiet", je dirais que je suis préparé, je suis concentré et vigilant pour cette rentrée.
 
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 27 août 2009

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