Interview de M. Hervé Morin, ministre de la défense et président du Nouveau Centre, dans "Nice matin" du 3 septembre 2009, sur une offre d'ouverture à tous les partis du centre et sur la taxe carbone. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Hervé Morin, ministre de la défense et président du Nouveau Centre, dans "Nice matin" du 3 septembre 2009, sur une offre d'ouverture à tous les partis du centre et sur la taxe carbone.

Personnalité, fonction : MORIN Hervé.

FRANCE. Ministre de la défense ; FRANCE. Le Nouveau Centre, président

ti : - Être ministre et président de région est-ce compatible ?

Lorsqu'on fait de la politique, il est important de garder un contact régulier avec le terrain et avec les réalités quotidiennes des Français. On a vu d'excellents ministres être des présidents dynamiques d'une grande collectivité locale. Il s'agit d'un choix personnel. S'agissant des régionales, compte tenu du caractère stratégique des régions, les membres du Gouvernement se plieront naturellement à la règle de non cumul fixée par le Premier ministre.

- Soutiendrez-vous Hubert Falco comme tête de liste de la majorité aux régionales en PACA ?

Pour ce qui concerne les régionales, nous n'en sommes pour l'instant qu'au stade des discussions avec nos partenaires de la majorité. Les décisions seront prises d'ici le mois de décembre. Pour notre part, nous avons désigné nos chefs de file régionaux. Nous sommes en train de construire l'architecture de nos listes avec deux idées : participer au renouvellement de la classe politique comme nous l'avons fait aux européennes avec Damien Abad et Sophie Auconie et battre les socialistes actuellement à la tête de 20 régions sur 22.

Au-delà de la recherche des meilleurs candidats, je souhaite qu'au Nouveau Centre, les élus et les militants travaillent ensemble, jusqu'à la fin de l'année sur notre projet pour les régionales.

- Faut-il réunifier tous les centristes, le Nouveau centre, l'Alliance Centriste de Jean Arthuis et les amis de Michel Mercier, ancien trésorier du MoDem ?

J'y suis favorable mais sans perdre notre cohésion. J'ai vécu l'UDF qui souffrait beaucoup de ses divisions internes. Je ne veux pas que le Nouveaux Centre, qui s'est construit progressivement dans l'unité, la perde. Nous ne referons pas une structure confédérale. Nous sommes prêts à ouvrir grandes les portes et à toutes celles et tous ceux qui dans la famille centriste veulent nous rejoindre, et à offrir toutes les responsabilités politiques auxquelles chacun aspire. Cela doit se faire dans le cadre d'une formation politique soudée.

- Ce rassemblement doit-il s'opérer dès les régionales ?

Rien ne presse. A nous d'être ouverts et de démonter notre attractivité. Le temps est avec nous : nous avons créé notre formation politique à la suite d'une divergence politique majeure quand François Bayrou a quitté l'UDF en faisant de l'opposition systématique à Nicolas Sarkozy son cheval de bataille pour 2012. En mai 2007 nous étions 21, aujourd'hui nous sommes 11000 militants, 2000 élus locaux, 1500 jeunes formidables, 24 députés, 11 sénateurs et 3 députés européens. Je préfère monter une marche à la fois que de monter trois marches d'un coup et m'effondrer peu de temps après.

- Vous avez fait un appel du pied en direction de Martin Hirsch. Y a-t-il d'autres personnalités, notamment au MoDem, qui pourraient vous rejoindre ?

Nous avons vocation à rassembler toutes celles et tous ceux qui ont cette même sensibilité humaniste. Au MoDem, côté personnalités, vous savez il n'y a plus personne...

- Le virage à gauche du MoDem vous surprend-il ?

Le scénario que j'avais prédit dès mai 2007 est en train de se réaliser : le soi-disant "ni droite - ni gauche" de François Bayrou l'a mené à l'isolement, et de l'isolement à la marginalisation. A l'approche des élections régionales, le Modem propose une alliance avec la gauche, car il en va désormais de sa survie politique.

- Le Nouveau Centre présentera-t-il un candidat aux présidentielles?

Comme toute formation politique nous avons vocation à être présents au moment clé de la vie politique française, l'élection présidentielle. Il y a la place pour un candidat portant l'idée d'une société de libertés reposant sur un humanisme moderne et portant l'idéal européen.

- Ce sera vous le candidat ?

Notre parti en décidera le moment venu.

- Vous visitez ce jeudi à Carros une usine qui développe une voiture à air comprimé. N'y a-t-il pas eu une erreur de communication en présentant la taxe carbone comme un impôt de plus ?

Dès lors que l'on a clairement en tête que notre modèle de développement doit changer parce qu'il en va de l'avenir de la planète, il faut faire preuve de pédagogie et expliquer qu'il ne s'agit pas d'un impôt de plus mais de faire évoluer notre comportement. C'est pourquoi cette contribution énergie-climat doit s'accompagner d'une compensation sur d'autres impôts.


Propos recueillis par Eric Néri


source http://www.le-nouveaucentre.org, le 7 septembre 2009

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