Interview de M. Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, dans "Le Figaro" le 5 septembre 2009, sur l'engagement de la majorité dans la mise en oeuvre de la "taxe carbone", la réforme de l'organisation territoriale et la stratégie d'ouverture de l'UMP dans la perspective des élections régionales de 2010. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, dans "Le Figaro" le 5 septembre 2009, sur l'engagement de la majorité dans la mise en oeuvre de la "taxe carbone", la réforme de l'organisation territoriale et la stratégie d'ouverture de l'UMP dans la perspective des élections régionales de 2010.

Personnalité, fonction : BERTRAND Xavier.

FRANCE. UMP, secrétaire général

ti : LE FIGARO. Les oppositions à la taxe carbone sont-elles surmontables ?

Xavier BERTRAND. La taxe carbone est un engagement de la campagne présidentielle. Donc elle se fera, le Mouvement populaire s'y emploiera. N'ayons pas la mémoire courte, contrairement au PS et en particulier à Ségolène Royal qui n'est pas à un renoncement près. Les socialistes s'étaient engagés eux aussi, mais ils préfèrent la démagogie à l'écologie. Nous serons dans le sens de l'histoire. Je ne jouerai pas sur les mots : la contribution énergie est une taxe, je l'assume. Mais il y aura une compensation claire, nette, simple et intégrale.

LE FIGARO. Quelle vertu pédagogique peut avoir une contribution si elle est remboursée ?

C'est le même principe que pour le bonus-malus automobile. Comme la mise en place sera progressive, les comportements les plus vertueux pourront progressivement être récompensés.

LE FIGARO. Après l'élargissement de la majorité à Philippe de Villiers et aux chasseurs, les écologistes sont-ils la prochaine étape de l'ouverture ?

Nous avons fait le choix de relever le défi environnemental il y a deux ans. Les écologistes vont voir quels sont les partis politiques qui ont le courage de tenir leurs engagements. J'ai noté que le discours de la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, à La Rochelle, était beaucoup plus virulent vis-à-vis du PS que vis-à-vis de nous. Et je pense que les écologistes ne sont pas au bout de leurs déconvenues avec les socialistes.

LE FIGARO. La majorité peut-elle conserver sa cohérence en s'élargissant sans cesse ?

Il y aurait un risque s'il n'y avait pas la colonne vertébrale des idées. Le projet présidentiel est notre référence. Personne ne doit être surpris que ceux qui ont voté pour Nicolas Sarkozy au deuxième tour se situent aujourd'hui clairement dans cette majorité présidentielle. Pour faire de grandes réformes, il faut une grande majorité. Ce sont les idées qui font les majorités, pas les petites additions tactiques. Le Mouvement populaire doit être le lieu qui ressemble le plus à la société française. C'est ainsi que nous atteindrons et dépasserons les 500 000 adhérents en 2012. Il y aura des réformes inspirées par l'UMP d'ici à 2012.

LE FIGARO. Où en est-on sur le mode de scrutin des futurs conseillers territoriaux ?

Ce n'est pas le coeur de la réforme, et la question ne sera pas traitée dans les textes qui seront présentés d'ici à la fin du mois. Nos militants tiennent absolument à ce que cette réforme se fasse et je voudrais dire à l'ensemble de nos élus que c'est, pour nous, une occasion d'être exemplaires. C'est le sens de l'histoire. Réduire de 30 à 50 % le nombre d'élus, y compris UMP, sera un marqueur important de notre aptitude au changement. D'autant que le PS se prépare une fois de plus à un combat d'arrière-garde sur la question, en s'empêtrant comme d'habitude dans ses conservatismes. C'est une différence qui se verra et comptera au moment des élections régionales.

LE FIGARO. Comment allez-vous trancher la question de la clause de compétence générale ?

Une chose est sûre : les compétences générales à tous les niveaux de l'organisation territoriale, ça n'est plus possible. Il me semble évident que la clause de compétence générale doit être accordée à la commune. Après, il faudra voir pour les autres niveaux de collectivités comment préciser les compétences. Quand tout le monde s'occupe de tout, plus personne n'assume rien.

LE FIGARO. Peut-on évaluer les économies que la réforme permettra ?

Pas encore, mais en termes de nombre d'élus, c'est assez simple, dès lors que, quand on est conseiller général et conseiller régional, on ne cumule pas les deux indemnités. Il faut que l'indemnité du conseiller territorial soit inférieure à l'addition des indemnités des élus du département et de la région, et qu'elle soit, aussi, liée à la présence. C'est une réforme structurelle sans précédent, et j'en soumettrai les principaux points au vote des militants, en octobre. Il faut que la carte de militant devienne une carte d'électeur permanente.

LE FIGARO. Allez-vous aussi vous pencher sur le non-cumul, proposé par le PS ?

Les socialistes évoquent un hypothétique non-cumul à la Saint-Glinglin, autrement dit ils veulent augmenter encore le nombre d'élus, qui atteint déjà un record en France ! Quant au mandat unique, il aboutirait à transformer les députés en technocrates. Je ne suis pas pour davantage de technocratie.

LE FIGARO. Quel est votre objectif pour les régionales ?

Dans une élection intermédiaire comme celle-ci, chaque région gagnée sera un succès pour le Mouvement populaire. Nous voulons aussi permettre à de nouveaux candidats de s'investir, et les jeunes du Mouvement trouveront leur place dans tous les départements.

LE FIGARO. Nicolas Sarkozy va-t-il s'engager dans la bataille ?

Il est avant tout concentré sur les priorités des Français, et il a un souhait : que la campagne ne s'engage pas trop tôt. L'UMP finira d'élire ses chefs de file le 25 octobre. Les têtes de liste seront connues fin novembre, et la présentation des listes complètes aura lieu fin janvier.

LE FIGARO. La majorité a-t-elle intérêt à présenter des listes communes dans toutes les régions ?

Avec le comité de la majorité, il est hors de question de se tromper d'adversaire. Nous aurons des listes d'union partout, ou quasiment partout. On s'est aperçu dans le passé qu'avec des listes séparées deux plus deux pouvaient faire trois, alors qu'avec des listes uniques, deux plus deux peuvent faire cinq. La dynamique permet de dépasser l'arithmétique.


Source http://www.u-m-p.org, le 7 septembre 2009

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