Interview de M. Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, porte-parole du gouvernement, à Europe 1 le 18 septembre 2009, sur la semaine de quatre jours dans l'enseignement primaire et les rythmes scolaires. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, porte-parole du gouvernement, à Europe 1 le 18 septembre 2009, sur la semaine de quatre jours dans l'enseignement primaire et les rythmes scolaires.

Personnalité, fonction : CHATEL Luc.

FRANCE. Ministre de l'éducation nationale, porte-parole du gouvernement

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M.-O. Fogiel.- Bonjour L. Chatel, vous êtes le ministre de l'Education nationale et porte-parole du Gouvernement. Le débat qui n'en finit pas de diviser à l'école : faut-il revenir à la semaine des quatre jours et demi ? Un sondage Ipsos commandé par vous-même, le ministère de l'Education nationale, révèle que 58 % des parents sont pour la semaine de quatre jours. Le problème, c'est qu'il y a quinze jours, il avait un autre sondage qui disait exactement le contraire. Vous avez eu un rapport des inspecteurs de l'Education nationale qui disait que les enfants étaient fatigués, les enseignants n'arrivaient plus à faire tenir leur programme dans une semaine raccourcie. C'est quoi la position du ministre ?
 
D'abord, le rapport que vous évoquez de l'inspection générale de l'Education nationale, il ne dit pas que cela. Il met en avant les avancées importantes de la réforme du primaire qui a été mise en oeuvre l'année dernière, avec des nouveaux programmes qui sont recentrés sur les principaux apprentissages, notamment le français et les mathématiques.
 
Mais il dit cela quand même, alors la semaine des quatre jours, qu'en dites-vous monsieur le ministre ?
 
Ce qui est intéressant d'abord, c'est de rappeler ce qu'a fait mon prédécesseur il y a un an : il a supprimé l'école le samedi matin, et ça, c'est une mesure qui est plébiscitée par les Français, puisque nous avons en gros 79 % des parents d'élèves qui adhèrent à la suppression de l'école le samedi matin. La deuxième chose que nous avons faite, et ça il faut le rappeler, c'est que nous avons laissé l'appréciation au conseil d'école en ce qui concerne l'organisation du travail sur le reste de la semaine. Ce sont les conseils d'école qui décident s'ils souhaitent organiser la semaine sur quatre jours ou...
 
Mais ce n'est pas là le problème. Justement, par exemple, aujourd'hui, seuls 3,6% des écoliers travaillent le mercredi. J'interviewais à ce même micro, la semaine dernière, le président de la FCPE, qui milite pour la semaine des quatre jours et demi, parce qu'ils disent que les enfants n'y arrivent pas, c'est trop dur, c'est trop fatiguant, que les programmes doivent tous rentrer maintenant en quatre jours, c'est trop compliqué. Ne devriez-vous pas contraindre tout le monde à la même obligation ?
 
Je ne crois pas. D'abord, il faut que je vous dise que depuis de nombreuses années, les élèves du primaires ont six heures de cours par jour puisque nous avons allégé de deux heures le programme des élèves, pour le remplacer par deux heures d'accompagnement d'aide personnalisé pour les élèves qui peuvent connaître des difficultés. Donc pour beaucoup d'élèves, pour 80 % des élèves, si vous voulez, il n'y a pas de changement dans l'organisation de la semaine ; le programme n'est pas plus chargé qu'avant. Ensuite, moi, je suis très attaché à la liberté qui peut être laissée à la communauté éducative sur le terrain. C'est-à-dire c'est aux familles, avec les enseignants, avec les élus de proposer au sein de chaque école la meilleure organisation locale. C'est vrai, aujourd'hui, il y a 95 % des écoles qui ont décidé d'adopter la semaine de quatre jours, c'est parce que localement, il y a des consensus et il y a des volontés d'aller dans ce sens.
 
Donc ce matin, vous nous dites clairement monsieur Chatel, qu'aujourd'hui on ne revient pas en arrière, on ne revient pas à la semaine imposée des quatre jours et demi pour tourner cette page-là et passer à autre chose ; c'est ce que vous nous dites ?
 
Je viens de vous dire que ce n'est pas une semaine imposée, que c'est au conseil d'école de décider. Ce que nous avons proposé, ce qui a été adopté, ça a été la suppression de l'école le samedi matin. Maintenant, les conseils d'école décident s'ils organisent en quatre jours ou quatre jours et demi. Et à ce jour, 95 % ont décidé sur quatre jours. J'observe que dans le sondage que nous avons demandé, 58 % des parents, une majorité se déclare plutôt favorable et préfère la semaine des quatre jours. Il y a des tas de débats au niveau local, j'observe qu'il y a des villes qui ont décidé de revenir à la semaine de quatre jours et demi, c'est leur responsabilité, elles peuvent le faire. Mais laissons un peu les communautés éducatives locales décider de leur organisation du temps de travail.
 
Même si c'est pour des mauvaises raisons d'ailleurs, parce que le patron de la FCPE nous disait la semaine dernière que c'était souvent pour des problèmes de transports collectifs, d'accueil périscolaire ou de cantine que tout cela n'était pas revenu en arrière.
 
Ce ne sont pas forcément de mauvaises raisons, vous savez, il y a les familles qui souhaitent aussi organiser leur vie sur quatre jours. Ce que je note dans l'enquête également dans l'enquête que nous avons commandé, c'est que si les parents plébiscitent la suppression de l'école le samedi matin, c'est parce qu'ils considèrent que c'est une bonne chose pour assurer un enseignement de qualité aux élèves. Il n'y a pas uniquement le petit confort personnel. Il y a aussi le souci et la volonté d'avoir un enseignement de qualité.
 
Très bien. Autre sujet d'actualité : vous êtes porte-parole du Gouvernement, tout à l'heure, N. Sarkozy se rend à l'hôpital de Villejuif ; vous avez entendu les syndicats vent debout contre un hôpital en été de siège pour faire place nette au chef de l'Etat, avec des chiffres donnés : 200.000 euros pour la visite. Que répondez-vous ? Trop de sécurité, trop d'argent dépensé ?
 
Je réponds que cette polémique est absolument ridicule. Et quand vous dires "les syndicats", c'est plus exactement un syndicat. J'ai d'ailleurs entendu sur votre antenne un représentant du syndicat SUD, qui, je crois, est manipulateur radio... Moi, j'ai plutôt entendu un manipulateur à la radio, tout à l'heure, qui indiquait qu'il y aurait un surcoût de 200.000 pour la visite de N. Sarkozy. C'est absolument faux ! Il y a les mesures de sécurité classiques lors du déplacement du président de la République. Il n'y a pas de réception exceptionnelle organisée à l'occasion de la venue du président de la République. Vous savez, je crois que l'ensemble du personnel hospitalier aujourd'hui, se réjouit plutôt de voir le président de la République s'intéresser aux dons d'organes. Et c'est ce qu'il fait en se rendant à Villejuif aujourd'hui.
 
Pour terminer, N. Sarkozy a établi la règle du non cumul pour les ministres qui seront élus président de région. Du coup, c'est un peu la débandade. On apprend ce matin, par exemple, qu'H. Falco aurait renoncé. Que répondez-vous ? Il y aura quand même des cas particuliers, des exceptions ?
 
Attendons les décisions des uns et des autres. Le président de la République a aussi demandé à ses ministres de prendre le temps de réfléchir et de ne pas partir en campagne tout de suite. Vous savez, aujourd'hui, le Gouvernement est concentré sur la réponse face à la crise, sur la rentrée. Il y aura ensuite la campagne des régionales, mais ce n'est pas pour tout de suite.
 
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 18 septembre 2009

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