Interview de M. Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, à La Chaîne Info le 6 octobre 2009, sur le procès de l'affaire Clearstream, la réforme du statut de La Poste et sur le rôle de l'UMP pour animer la vie politique. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, à La Chaîne Info le 6 octobre 2009, sur le procès de l'affaire Clearstream, la réforme du statut de La Poste et sur le rôle de l'UMP pour animer la vie politique.

Personnalité, fonction : BERTRAND Xavier.

FRANCE. UMP, secrétaire général

ti : C. Barbier.- X. Bertrand, bonjour. Dans l'affaire Clearstream, considérez-vous vous aussi comme beaucoup des observateurs d'hier que le témoignage du général Rondot accable D. de Villepin ?
 
Franchement, je n'ai pas suivi. Je n'ai pas suivi. Je suis cela de très loin. J'attends le verdict final.
 
C'est difficile, hein ! Le bruit ambiant est fort quand même !
 
Il y a beaucoup d'autres sujets prioritaires dans l'actualité : soutien aux PME, l'actualité sur le front de l'emploi. Cela, cela m'intéresse beaucoup plus. Maintenant dans cette affaire, j'attends de savoir quelles sont les culpabilités, qui sont les coupables, qu'on sache enfin et qu'on tourne aussi définitivement la page de ce qui a pu empoisonner la vie politique pendant longtemps, les fameuses affaires. Cela, cela va permettre d'y voir clair et de tourner la page.
 
Empoisonner la vie politique ou détruire l'image de la droite en donnant l'impression que c'est clan contre clan, le combat pour le pouvoir ?
 
Je crois que dans la Vème République, il y a eu trop d'affaires, trop d'histoires, et puis à un moment donné, il y avait des non-dits. Là au moins, il y a la volonté de tout savoir. Vivement le verdict.
 
Les coupables, la vérité on ne les connaîtra pas. C'est parole contre parole ; vous allez être déçu.
 
t la justice ! Et la justice est là pour parler. La justice est là pour trancher. Il y a quand même bien des coupables. Il y a bien quelqu'un qui a mis le nom du Président sur un listing. Pour qui, pour le compte de qui, nous boulons le savoir ?
 
Le général Rondot disait hier qu'il pensait dans sa tête exécuter des consignes venues de l'Elysée. Est-ce que vous souhaitez que J. Chirac vienne apporter son témoignage ?
 
C'est à la justice de décider qui elle doit convoquer. Moi je n'ai pas de commentaire à faire autre que celui-ci : vite la vérité, vite que la justice tranche.
 
Vous ne regrettez pas que le Président ait utilisé le mot coupable à la télévision ? Il a apporté la confusion.
 
Il y a bien des coupables. Il y a bien quelqu'un qui a mis son nom sur un listing.
 
Là ils les a désigné il a dit que c'étaient les prévenus qui étaient coupables.
 
Et vous savez d'ailleurs que sur les cinq prévenus, il y en a deux qui ont avoué. D'ailleurs, si on se retrouve aujourd'hui devant le tribunal correctionnel, c'est bien parce que c'est un dossier qui est sérieux, solide. Autrement, il y aurait eu une ordonnance de non lieu. Là, il y a bien une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, c'est donc qu'il y a des choses très solides.
 
69 % des Français selon ViaVoice interrogés par Libération considèrent que N. Sarkozy n'aurait pas dû commenter publiquement ce procès. Est-ce que vous faites parti de ces 69 % ?
 
Il aurait fallu que les journalistes ne lui posent pas la question.
 
On peut ne pas répondre...
 
Vous pouvez aussi ne pas poser la question.
 
La politique est là, et vous en donnez souvent l'exemple, pour dire quand il ne faut pas répondre.
 
Justement, sur cette affaire là, je pense maintenant qu'il faut laisser la justice parler, la justice trancher et ce sera bien mieux comme cela.
 
A propos de la votation sur La Poste de samedi, reconnaissez-vous comme X. Darcos que 2 millions de personnes c'est quelque chose ou bien maintenez-vous, comme le disait D. Paillé, votre porte-parole en fin de semaine dernière, que c'est une pantalonnade ?
 
Franchement, une idée d'O. Besancenot mise en musique par les socialistes : oui, j'ai un doute sérieux. Les socialistes organisant des élections : franchement, j'ai un doute sérieux.
 
Vous pensez qu'on a bourré les urnes.
 
Je sais pertinemment qu'il y a beaucoup de personnes qui ont voté beaucoup de fois. Ce n'est pas une seule fois. Maintenant ce qui est vrai, c'est que la question était complètement biaisée. S'il s'était agi de dire pour ou contre la privatisation, je suis contre la privatisation. S'il s'agissait de dire si on est attaché à La Poste. Oui, je suis attaché à La Poste. Ce qui est vrai, c'est que La Poste si on l'aime, il faut tout simplement préserver son avenir. Le statu quo va tuer La Poste. Vous envoyez et vous recevez de moins en moins de courriers. Mais vous avez besoin aujourd'hui d'envoyer ou de recevoir davantage de colis. La Poste doit continuer son activité courrier, mais elle doit mettre, si vous me permettez, le paquet sur tout ce qui est colis. Et pour cela, il lui faut de l'argent. 2,7 milliards d'euros, c'est indispensable. Et La Poste aujourd'hui ne peut pas s'endetter plus. Elle ne peut pas recevoir d'aide de l'Etat. Alors donc il faut des capitaux publics, pour acheter des véhicules pour livrer des colis. Vos colis vous ne les livrerez pas en vélo, il faudra des véhicules, il faudra affréter les trains, il faudra des nouveaux bâtiments. Voilà pourquoi La Poste a besoin d'argent. Lui refuser ces capitaux publics, c'est tuer La Poste. Moi, je ne veux pas tuer La Poste.
 
Si la réforme du statut de la Poste est aussi vitale que vous le décrivez, pourquoi ne pas la sanctifier par un référendum ? L'actuelle Constitution, depuis 1995, permet de faire un référendum sur le service public...
 
Mais vous posez quelle question ?
 
Soutenez-vous la réforme du statut destinée à permettre à La Poste de soutenir la concurrence ?
 
Si c'est cette question-là, oui. Mais il faut bien voir le jeu, notamment des socialistes, qui veulent, eux, biaiser la question parce qu'ils ont peur du résultat à une question comme celle que vous posez. S'il s'agit de garantir l'avenir de La Poste, oui nous sommes favorables, et C. Estrosi a bien positionné les choses, il a clairement dit les choses. Seulement les socialistes sont gênés, ils ne font aucune proposition. Et puis, entre parenthèses, entre parenthèses, ils ont voté contre la réforme constitutionnelle, et maintenant ils sont impatients d'avoir l'application de cette réforme. Ils ont droits d'êtres cohérents les socialistes.
 
Et la droite a le droit d'être constante. Vous demandez l'accélération de la loi organique permettant enfin d'organiser ce référendum ?
 
La loi organique justement, elle doit voir le jour, bien évidemment.
 
J.-F. Copé, dans Libération ce matin, annonce qu'il s'impliquera dans les investitures UMP en Ile-de-France pour les régionales 2010 et les législatives 2012. Est-il le bienvenu ?
 
Tant mieux ! Il est membre de droit. Il n'est pas venu pour l'instant, on a eu différentes commissions nationales d'investitures, que ce soit pour les élections européennes, pour celles-ci, il est le bienvenu dans sa famille politique.
 
"Légiférer c'est servir l'intérêt général, pas improviser", c'est la réplique de B. Accoyer à Copé qui s'agaçait un peu des godillots au service du Gouvernement. De quel côté êtes-vous dans cette polémique de parlementaires ?
 
Ouh la, je n'y comprends rien, moi, à tout ça ! Je n'y comprends rien et ça ne m'intéresse absolument pas, mais alors absolument pas ! On a été élus en 2007 pour mettre en oeuvre le projet présidentiel, le projet de N. Sarkozy, les députés ont un rôle-clé à jouer, à la fois pour compléter les lois, corriger les lois, contrôler le Gouvernement. Et puis, il y a aussi le parti politique qui est là, l'UMP, pour, à la fois, relancer la dynamique militante, politique, gagner les élections, préparer aujourd'hui les élections régionales, et aussi pour apporter des idées dans le débat d'idées. Travailler sur l'entreprise...
 
La coproduction législative, ça se fait à trois : parti, groupe et députés ?
 
Et la coresponsabilité. Nous sommes coresponsables du succès du Président et du succès de la France. Et le rôle aussi du parti politique, c'est de pouvoir, avec des débats avec nos militants, que ce soit sur la réforme des collectivités locales où nous serons au rendez-vous, que ce soit sur le rendez-vous des retraites en 2010, où le parti fera des propositions claires et précises, que ce soit aussi sur le fait de continuer à réduire les dépenses publiques inutiles, le parti va aussi jouer un rôle. Et le parti, c'est à la fois, les militants, les élus locaux et les parlementaires.
 
Récompenser les élèves pour leur assiduité en leur constituant une petite cagnotte collective. L. Chatel est favorable à ces dispositifs, et vous ?
 
Je demande à être bien convaincu sur cette question. Un, il ne faut pas que ça serve à rémunérer les élèves, c'est la première des choses. Deuxièmement, dans des lycées professionnels, où il n'y a parfois pas assez de crédits pour financer des projets de classes, là, ça peut se regarder. Mais ce que je voudrais bien dire, c'est que la vocation première des élèves, c'est l'assiduité. Et là, il y a une responsabilité des parents, que les parents s'assurent que les enfants sont présents en classe. Et pour les parents défaillants, qui ne voudraient absolument pas assumer leurs obligations, il y a la question des allocations familiales. Quand les parents n'assument pas leurs responsabilités, quand ils n'envoient pas les enfants à l'école, il y a aujourd'hui des textes qui doivent être appliqués pour suspendre tout ou partie des allocations familiales. L'assiduité c'est une responsabilité parentale. Qu'ensuite on puisse avoir des expérimentations de ce genre, je demande à être convaincu, je demande à avoir des éclaircissements. L. Chatel l'a fait, ça me va. Mais pour l'assiduité, n'oublions pas la responsabilité des parents.
 
En tant que ministre de la Santé, vous aviez banni la fumée des lieux publics ; 10 % de hausse du prix des cigarettes, R. Bachelot en rêve. Vous la soutenez ?
 
Franchement, je pense qu'il y a des mesures importantes qui ont été prises. 10 % par an pendant je ne sais plus combien d'années...
 
C'est bon pour les déficits !
 
...C'est trop, c'est trop. Je pense qu'il faut aussi bien comprendre que la question du prix n'est pas le meilleur élément pour permettre de diminuer le tabagisme.   
 
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 6 septembre 2009

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