Déclaration de Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé et des sports, sur le lancement de la campagne d'information sur les dangers des drogues et de la toxicomanie, Paris le 5 octobre 2009. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé et des sports, sur le lancement de la campagne d'information sur les dangers des drogues et de la toxicomanie, Paris le 5 octobre 2009.

Personnalité, fonction : BACHELOT-NARQUIN Roselyne.

FRANCE. Ministre de la santé et des sports

Circonstances : Lancement de la campagne "Drogues : ne fermons pas les yeux" à Paris le 5 octobre 2009

ti : Monsieur le président de la MILDT, cher Etienne Apaire,
Madame, la directrice générale de l'INPES, chère Thanh Le Luong,
Mesdames, messieurs,

La drogue fait partie de nos sociétés modernes. Elle appartient à notre paysage quotidien.
C'est une réalité.
C'est une inquiétude aussi.
Ce n'est en aucun cas une fatalité.

Face à ce constat, nous ne pouvons pas rester impuissants.
Nous ne pouvons pas nier les choses et demeurer inactifs.
Nous ne pouvons pas fermer les yeux.
Ne fermons pas les yeux !

C'est là tout le sens de la campagne « toxicomanie », que j'ai le plaisir de lancer ce matin, aux côtés de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) et de l'institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES).

La dernière campagne datait de 2005. Il était donc indispensable de l'actualiser.

En effet, dans notre pays, en France, on consomme plus de drogues qu'auparavant, plus souvent et plus jeune.

Dans notre pays, en France, on ne compte pas moins de quatre millions de consommateurs de drogues.

Dans notre pays, en France, 550000 personnes fument chaque jour de trois à quatre fois du cannabis. Parmi elles, 380000 ont moins de 25 ans.

A la mortalité directement liée à la prise de drogues, il faut ajouter l'importante morbidité induite. Je pense notamment aux complications infectieuses, telles que le Sida ou l'hépatite C, mais également aux accidents du travail et de la route, à l'impact sur la grossesse, aux accidents cardio-vasculaires et neuro-psychiatriques, tels que les troubles du comportement, la dépression ou le suicide.

Je n'oublie pas non plus les effets sociaux des drogues, en particulier les problèmes de concentration à l'école ou dans la vie active, et la violence.

L'offre élargie des drogues dans notre société se double d'une accessibilité renforcée, en raison des nouveaux vecteurs d'achat, tels qu'internet par exemple. Associé à une dimension festive et récréative, en partie idéalisé, l'usage de drogues s'est démocratisé et banalisé ; les dégâts qu'il cause sont trop souvent minimisés.


C'est pourquoi la prévention que nous menons doit s'adapter à cette nouvelle réalité, à laquelle la population doit être mieux sensibilisée.

Ainsi, pour combattre efficacement les drogues et la toxicomanie, le Gouvernement a souhaité proposer un dispositif global, de longue durée, qui s'appuie sur une campagne articulée autour de trois volets.

D'abord, nous mènerons une campagne sanitaire. C'est le sens de ma présence aujourd'hui.

A travers les différents médias que sont la télévision, les spots radio, les sites internet destinés aux jeunes ou les messages diffusés sur des bannières, nous toucherons un large public.

Il s'agit de sensibiliser chacun aux effets physiques et neuropsychiques des produits stupéfiants.

Ensuite, à partir de la mi-novembre, en étroit partenariat avec la MILDT, nous lancerons une campagne de rappel à la loi, qui insistera sur la pénalisation de l'usage de drogues. Est-il besoin de rappeler que la consommation de drogue constitue un délit dans le droit français et qu'elle est passible de condamnations de justice ?

Enfin, à partir de septembre 2010, nous travaillerons sur le soutien aux parents et aux adultes en général, face à l'usage de drogues chez les jeunes, dans le prolongement des états généraux de la parentalité qui se tiendront l'été prochain.

Les adultes, en effet, ont une fonction essentielle à assurer, une autorité à réinvestir.


Vous l'aurez compris, la lutte contre les drogues et la toxicomanie constituent un sujet majeur de santé publique, auquel nous devons apporter des réponses concrètes et adaptées.
A cet égard, je souhaite que le lancement de cette campagne originale marque une étape importante dans la prise de conscience collective et la mise en oeuvre de solutions efficaces.

Je vous remercie.


Source http://www.sante-sports.gouv.fr, le 7 octobre 2009

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