Interview de Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, à France Info le 13 octobre 2009, sur la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l'Etablissement public d'aménagement de la Défense (EPAD) et la construction de logements étudiants. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, à France Info le 13 octobre 2009, sur la candidature de Jean Sarkozy à la présidence de l'Etablissement public d'aménagement de la Défense (EPAD) et la construction de logements étudiants.

Personnalité, fonction : PECRESSE Valérie, DUCHEMIN Raphaëlle.

FRANCE. Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche;

ti : R. Duchemin.- F. Fillon dit ce matin qu'il n'y a pas lieu de faire une polémique autour de la nomination possible, probable, de J. Sarkozy à l'EPAD. Vous êtes d'accord avec lui ?
 
Vous venez d'employer un mot qui est révélateur de, j'allais dire des malentendus autour de cette question de la présidence de l'EPAD, puisque c'est de cela dont il s'agit, vous avez dit "la nomination de J. Sarkozy à la tête de l'EPAD", or J. Sarkozy...
 
Le remplacement...
 
Non, J. Sarkozy ne sera pas nommé, il sera élu à la tête de l'EPAD. Et il sera élu par ses pairs, les conseillers généraux des Hauts-de-Seine, comme il a été élu conseiller général des Hauts-de-Seine sur la circonscription, enfin sur le territoire de Puteaux...
 
Ce n'est quand même pas tout à fait la même chose...
 
...Attendez, sur le territoire de Puteaux, qui est le territoire de La Défense. Alors, ce qu'il faut dire, c'est qu'en réalité, cette élection à la tête donc de l'EPAD, est dans la suite, dans la cohérence, dans la suite naturelle de l'engagement politique de J. Sarkozy. Pourquoi ? Parce qu'il a été élu conseiller général, sur un territoire qui est celui de Puteaux, donc de la Défense. Qu'ensuite, et c'est là qu'il a fait son acte politique fort, il s'est fait élire président du groupe UMP du Conseil général des Hauts-de-Seine.
 
Et tout cela suffit pour prendre la tête de la direction d'un quartier d'affaires qui est le premier d'Europe ?
 
Non, attendez, pas la direction, la présidence. La présidence, qui revient de droit à un membre du Conseil général. Et le premier d'entre eux...
 
...Qui a 23 ans et qui a deux ans de droit à son actif !
 
Madame Duchemin, ce n'est pas la question. La question c'est est-ce que monsieur Sarkozy est le candidat naturel du Conseil général...
 
La réponse est oui, on l'a bien compris !
 
Non, mais la réponse est oui, pourquoi ? Vous ne m'avez pas laissé finir. Parce qu'il est président du groupe UMP au Conseil général. Si le président du Conseil général, P. Devedjian, qui est le chef de l'UMP dans le département, n'est pas candidat, puisqu'il est atteint par la limite d'âge, le numéro 2 c'est J. Sarkozy. Donc c'est de l'élection, d'une triple élection que J. Sarkozy tire, j'allais dire, ce parcours, qui est, là encore, je dis cohérent, cohérent !
 
CQFD donc, V. Pécresse...
 
Mais c'est l'élection, et l'élection...
 
Mais c'est suffisant aujourd'hui ?
 
Etre élu c'est suffisant dans la République.
 
"Etre élu", cela veut dire qu'il peut donc y avoir d'autres personnes qui peuvent se présenter éventuellement, si elles le souhaitent aujourd'hui ?
 
Oui, et puis cela veut dire qu'à chaque moment de son parcours, les gens qui ont eu à l'élire, que ce soient les habitants de Neuilly et de Puteaux, que ce soient les membres du Conseil général, que ce soient aujourd'hui les membres du conseil d'administration, à chaque fois, ils ont le pouvoir de ne pas le choisir, c'est une compétition. Il est en compétition !
 
Donc il n'y a pas de conflit d'intérêts, même si c'est le fils du Président ?
 
Mais enfin, attendez, on ne va pas faire non plus des interdits à des gens parce qu'ils portent tel nom ou parce qu'ils sont fils d'Untel ou fille d'Untel !
 
La gauche dit "passe-droit".
 
Mais quel passe-droit, puisque c'est une compétition ? Les candidatures sont ouvertes, et le choix est ouvert, et tout le monde peut dire, à chaque moment, non.
 
J.-P. Huchon, que vous allez trouver face à vous pour les régionales en Ile-de-France, dit qu'on est revenus - précisément, toujours sur cette affaire - "aux heures les plus sombre du RPR, que les Hauts-de-Seine c'est chasse gardée". Cela ne va pas vous déranger, vous, pour faire campagne ?
 
Ce que je vais vous dire, c'est que J. Sarkozy est un élu irréprochable, et son parcours c'est un parcours, je l'ai dit, fondé sur l'élection. Alors, je crois que la critique et la polémique sont très vaines. La République, c'est l'élection.
 
Sur le fond, le président actuel de la région Ile-de-France dit aussi qu'on est en train d'étendre La Défense, mais que cela se fait au détriment de l'Est et du Nord de Paris. Pas de logements sociaux - c'est un dossier que vous connaissez bien -, des tours, des bureaux qui rapportent uniquement, dit J.-P. Huchon.
 
Je crois que c'est un contresens absolu sur la volonté du président de la République aujourd'hui de faire le Grand Paris. Le Grand Paris qui est un projet absolument visionnaire, que porte le président de la République contre monsieur Huchon, qui considère qu'il n'y a pas besoin d'avoir une vision pour le développement de la région Ile-de-France dans les vingt ou trente prochaines années, ce Grand Paris, c'est justement celui d'un développement équilibré de l'Ile-de-France. Avec le Paris de la création en Seine-Saint-Denis, et des industries des métiers de luxe. Avec, le pôle de la ville durable à Marne-la Vallée. Avec un grand développement d'une vallée biomédicale dans le Sud, dans le Val-de-Marne, dans les Hauts-de-Seine et dans l'Essonne. Donc je veux dire c'est un contresens...
 
Avec aussi des logements étudiants, puisque visiblement on en manque cruellement ?
 
Justement, parlons logement. Le Grand Paris, c'est 75.000 nouveaux logements construits en Ile-de-France alors qu'on en construit aujourd'hui péniblement 35.000. Donc le projet d'avenir, celui qui donne du logement, celui qui met les emplois à proximité de ces logements, celui qui parle d'environnement, qui parle d'architecture, qui parle de baux, c'est celui que porte le président de la République, pas celui que porte le président de la région Ile-de-France.
 
On est quand même devant une situation compliquée pour les étudiants en Ile-de-France : 580.000 étudiants, seulement 17.000 et quelque logements pour eux aujourd'hui. Il va y avoir un effort de fait, concrètement ?
 
Non seulement il y a une sonnette d'alarme qui a été tirée il y a trois ans dans le rapport Anciaux, et nous avons mis en oeuvre ce rapport tambour battant et tous azimuts. En trois rentrées, j'ai livré 30.000 nouvelles chambres étudiantes, soit rénovées parce qu'elles étaient insalubres, soit construites, neuves. On a eu 26 nouvelles résidences étudiantes qui ont ouvert cette année, dont cinq en Ile-de-France, c'est du jamais vu. Alors c'est vrai qu'on part de très loin, c'est vrai que la pénurie est toujours là, mais 30.000 nouveaux logements, c'est une sur quatre des chambres qui nous manquent d'après le rapport Anciaux.
 
L'Unef dit récemment qu'il y a des doutes quant à l'application effective de la fameuse décision en créant un dixième mois de bourse pour les étudiants, qui avait été annoncée fin septembre par N. Sarkozy. Que leur dites-vous, vous pouvez leur donner des garanties sur cette application ?
 
Le Président l'a dit, nous donnerons dix mois de bourse...
 
Il y a le dire et le faire...
 
Mais oui, nous donnerons dix mois de bourse à la rentrée de septembre aux étudiants qui ont effectivement dix mois d'études. Donc je vais réunir tous les présidents d'université dans les jours qui viennent - je les ai déjà invités -, pour savoir, pour faire avec eux un diagnostic partagé. Aujourd'hui, vous savez bien qu'il y a des étudiants, et notamment en région, qui commencent l'année beaucoup plus tôt parce qu'il y a un nouveau plan que j'ai mis en place pour aider à réussir la licence, avec des stages de pré-rentrée, avec du tutorat. Donc c'est vrai que l'année s'est allongée avec ce plan "Réussir en licence". On va faire un état des lieux. Mais c'est vrai aussi qu'il y a des universités qui continuent à faire leur rentrée le 10 octobre, avec une fin d'année universitaire fin mai.
 
Ce qui explique qu'on puisse avoir des bourses un peu plus tard peut-être ?
 
Non, ça veut dire que quand on fait huit mois et demi d'études, on a neuf mois de bourse, quand on fait neuf mois et demi ou dix mois d'études, on a dix mois de bourse. C'est la logique du président de la République, je pense qu'elle est juste.
 
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 13 octobre 2009

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