Interview de M. Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, dans "les Echos" du 23 septembre 2009, sur les prochaines journées parlementaires de l'UMP, le grand emprunt, les économies budgétaires et les nouvelles compétences du Paarlement. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Interview de M. Jean-François Copé, président du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, dans "les Echos" du 23 septembre 2009, sur les prochaines journées parlementaires de l'UMP, le grand emprunt, les économies budgétaires et les nouvelles compétences du Paarlement.

Personnalité, fonction : COPE Jean-François.

FRANCE. UMP, président du groupe parlementaire à l'Assemblée nationale ; FRANCE. UMP, député

ti : - Hyperparlement, collectivités locales et grand emprunt : le programme des journées parlementaires de l'UMP semble taillé sur mesure pour vous permettre de faire entendre votre différence.

Comme vous y allez ! Mon objectif est plus simple que cela : être le plus utile possible au président tout en apportant notre part aux réformes. Les nouveaux pouvoirs offerts aux parlementaires nous y incitent tous les jours. Ces outils vont s'user si l'on ne s'en sert pas. Le message de nos journées parlementaires, organisées main dans la main avec Gérard Longuet, est que nous puissions transformer en profondeur nos méthodes de travail. Et inviter nos amis ministres à faire de même.

- C'est un rappel à l'ordre ?

Non ! C'est un avis de méthode.

- Quelles sont vos propositions sur le grand emprunt ?

Puisque ce seront les parlementaires qui, in fine, voteront, nous nous sommes beaucoup mobilisés et avons organisé en septembre des réunions avec les Français dans les circonscriptions. Il en ressort plusieurs principes. D'abord, il est absurde de parler du grand emprunt avant de savoir ce que nous voulons financer. Ensuite, évitons de nous disperser : le grand emprunt ne doit pas servir à financer le train de vie de l'Etat. Bercy ne peut pas être l'inventeur des dépenses d'avenir; chacun son métier ! Il s'agit bien d'anticiper sur les technologies de demain, comme De Gaulle, Pompidou et Giscard d'Estaing l'ont fait avec le TGV, les télécoms et l'aérospatial.

Les priorités devraient être par exemple l'investissement dans les technologies de la dépollution et les énergies renouvelables : tout en modernisant son parc nucléaire, la France doit démultiplier les panneaux solaires. Dans le domaine de la santé, l'accent pourrait être mis sur les bio et nanotechnologies, en finançant la recherche sur les implants médicaux avec puces, pour suivre la santé du patient en temps réel, ou en développant les alicaments, ces aliments qui soignent. Une troisième priorité pourrait être la réflexion sur les nouvelles technologies culturelles, comme les jeux vidéo en 3D ou la télévision holographique.

- Faut-il un petit ou un grand emprunt et doit-il être souscrit par les Français ?

Définir les modalités est prématuré. Ne faisons pas la même erreur qu'avec la taxe carbone. Si on avait passé plus de temps à en expliquer le but plutôt que de discuter de son montant, elle aurait été mieux comprise. S'agissant du grand emprunt, n'inquiétons pas les Français en parlant de ses modalités avant de dire ce qu'il doit financer. Ne mettons pas la charrue avant les boeufs. Le plus important pour moi est que nous financions les dépenses d'avenir orientées sur le développement durable, car le XXI siècle sera le siècle du développement durable. C'est-à-dire du développement économique pérenne, du progrès social et de la préservation de l'environnement.

- Vous voulez être plus vert que les Verts ?

Le temps où les Verts avaient le monopole du développement durable est révolu. D'autant que la droite a un meilleur bilan que la gauche en la matière, de la charte de l'environnement au Grenelle en passant par la taxe carbone.

- Ne craignez-vous pas que la ficelle soit un peu grosse à six mois des régionales ?

Ce serait une grosse ficelle si on ne faisait rien. Moi-même, j'ai changé là-dessus.

- Vous aussi vous avez changé ?

J'ai beaucoup parlé avec Maud Fontenoy, j'ai lu Nicolas Hulot, j'ai vu les films de Yann Arthus-Bertrand : ça marque. J'assume d'être un nouveau converti, mais je le fais avec beaucoup de conviction.

- Dans le cadre des Etats généraux de la dépense publique, vous aviez promis des pistes d'économies budgétaires.

Je viens d'acter plusieurs d'entre elles avec Eric Woerth. Nous sommes par exemple tombé d'accord pour fiscaliser, dès le budget 2010, les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale aux salariés suite à un accident du travail.

- Après la hausse du forfait hospitalier, ne craignez-vous pas que cela fasse beaucoup aux yeux des Français ?

Ce sont deux sujets très différents. Là, c'est un revenu qu'il s'agit de soumettre à l'impôt. Cela n'a rien de choquant. C'est de la coproduction budgétaire et cela rapportera environ 150 millions d'euros.

- A quelques jours du G20, les Européens savent qu'ils ne parviendront pas à convaincre les Américains de fixer une limite absolue aux bonus. La France ne devrait-elle pas montrer l'exemple ?

Il y a une initiative conjointe entre Nicolas Sarkozy, Gordon Brown et Angela Merkel. Ce qui est important, c'est que le G20 marque une entrée dans la gouvernance mondiale économique et financière. C'est pourquoi je souhaite une nouvelle organisation de cette gouvernance. On ne peut plus s'en sortir avec une multiplicité d'instances : le FMI, le G8, le G20, le Conseil de sécurité de l'ONU. La seule solution est que le Conseil de sécurité fusionne avec le G8 et le G20 et se transforme en Conseil de gouvernance ayant aussi des compétences en matière économique, sociale et environnementale.

- La polémique sur les tests ADN n'a-t-elle pas montré les limites de l'« hyperparlement »,la majorité ayant dû s'incliner devant la volonté présidentielle ?

La vive réaction des parlementaires est au contraire la preuve que l'hyperparlement est en train de se construire. En d'autres temps, personne n'aurait réagi au refus d'un ministre de signer les décrets d'application d'une mesure législative. Le président de la commission des Lois, Jean-Luc Warsmann, doit voir Eric Besson pour trouver une solution.

- Celle-ci ne fait pas de doute,le chef de l'Etat ayant jugé lui-même ces tests « stupides ».

Peut-être. Mais nous avons fait un rappel au règlement dès la rentrée, pour ne plus avoir à composer éternellement sur ce type de sujet.


Source http://www.deputes-ump.fr, le 15 octobre 2009

Rechercher