Interview de M. Éric Besson, ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire, à Europe 1 le 21 octobre 2009, sur l'expulsion de trois Afghans vers leur pays et sur le droit d'asile. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Éric Besson, ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire, à Europe 1 le 21 octobre 2009, sur l'expulsion de trois Afghans vers leur pays et sur le droit d'asile.

Personnalité, fonction : BESSON Eric, ELKABBACH Jean-Pierre.

FRANCE. Ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire;

Circonstances : Expulsion, dans la nuit du 20 au 21 octobre, de trois Afghans reconduits à Kaboul à bord d'un vol franco-britannique

ti : Madame la Députée, en matière de respect du droit d'asile, la France n'a pas de leçons à recevoir. Vous devriez en être collectivement fiers. C'est le pays le plus demandé au monde, c'est un des pays les plus généreux, peut-être le plus généreux en matière d'octroi du statut de réfugié, et il s'enorgueillit de ne jamais reconduire à la frontière les mineurs étrangers isolés, règle que nous avons encore suivie à Calais.

Mais la France ne peut pas être le seul pays touché par les filières criminelles de l'immigration clandestine afghane à ne jamais reconduire les Afghans dans leur pays d'origine. Je peux vous citer tous les pays qui font ce qu'on appelle des "retours forcés" : le Royaume-Uni, la Suède, la Norvège, l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Italie. "Et alors ?" me demandez-vous. C'est simple : si un pays est le plus généreux en matière d'octroi du droit d'asile et que, en même temps, les filières de l'immigration clandestine savent qu'il ne reconduit jamais à la frontière, alors il devient la cible privilégiée des passeurs. C'est assez rationnel.

Notre message est donc extrêmement clair. La France est un Etat de droit, un Etat souverain. On peut demander le statut de réfugié, on peut choisir le retour volontaire, comme l'ont fait 180 Afghans. Mais si l'on est entré illégalement, si l'on n'est pas réfugié et si l'on ne veut pas du retour volontaire, alors oui, on peut être reconduit dans son pays d'origine.

Cette nuit, avec les Britanniques, avec - oserai-je dire - les travaillistes britanniques, nous avons effectivement reconduit trois Afghans qui ont bénéficié de toutes les procédures visant au respect de leurs libertés individuelles. Ils sont depuis ce matin à Kaboul. Ils ont été reçus par un fonctionnaire français : c'est la France qui paie leur hôtel, c'est la France qui va payer leur réinstallation et c'est la France qui va les accompagner individuellement.

Puis-je vous rappeler, pour finir, que de 1997 à 2002, sous le régime des talibans, la France a continué de reconduire des Afghans à la frontière ?


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 23 octobre 2009

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