Déclaration de M. Christian Estrosi, ministre de l'industrie, sur le projet industriel de fabrication de batteries pour véhicules électriques sur le site industriel de Flins, Flins le 5 novembre 2009. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Christian Estrosi, ministre de l'industrie, sur le projet industriel de fabrication de batteries pour véhicules électriques sur le site industriel de Flins, Flins le 5 novembre 2009.

Personnalité, fonction : ESTROSI Christian.

FRANCE. Ministre de l'industrie

Circonstances : Lancement du projet de production de batteries pour véhicules électriques, à Flins le 5 novembre 2009

ti : Monsieur le Président (Carlos GHOSN),
Monsieur l'Administrateur Général du CEA (Bernard BIGOT),
Monsieur le Directeur du Fonds de Modernisation des Equipementiers Automobiles (Hervé GUYOT),
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames, Messieurs,


L'usine Renault de FLINS !

Inaugurée en 1952, l'usine Renault de Flins est la plus ancienne usine du groupe et à ce titre un symbole de l'industrie française.

C'est ici qu'ont été fabriqués des modèles phares de la marque au losange comme la Dauphine ou la Renault 5. Ces modèles ont accompagné la vie de millions de Français, des jeunes, des étudiants, des couples, des familles, des seniors ....

Tous ces modèles appartiennent, cher Président GHOSN, depuis longtemps à l'imaginaire collectif de la Nation.

Bien sûr, l'usine de FLINS, l'ensemble du site industriel, ne se sont jamais contentés de seulement entretenir ce glorieux passé.

Encore aujourd'hui, elle demeure un acteur de la grande aventure industrielle de notre pays !

Et donc vraiment, Mesdames, Messieurs, on ne pouvait rêver meilleur symbole que de nous retrouver ici pour participer à la signature d'un protocole destiné à donner un nouvel élan à la construction automobile.

Avec la signature de ce protocole entre Renault, Nissan, le C.E.A et le Fonds Stratégique d'Investissement pour la création d'une entreprise dédiée à la fabrication et au développement de batteries pour véhicules électriques, FLINS associe une fois de plus son nom à ce qui dès aujourd'hui constitue l'avenir de l'industrie automobile.

Et pourtant, il y a encore quelques mois, certains nourrissaient des craintes quant à la pérennité de ce site industriel, en raison de la crise économique qui a durement touché le secteur automobile. Alors que certains ont pu penser que le site de Flins entrerait au Panthéon des sites industriels français, nous prouvons aujourd'hui que c'est tout le contraire.

La crise, chacun le sait, aurait pu complètement anéantir l'ensemble de la filière s'il n'y avait pas eu le soutien appuyé de l'Etat.

Les conséquences à FLINS comme ailleurs auraient été dramatiques non seulement pour les hommes et les femmes qui y auraient perdu leurs emplois, pour leurs familles mais aussi pour toute la richesse que représentent les savoir-faire de nos ouvriers, la capacité de nos ingénieurs à innover et à produire en se rangeant toujours sous la bannière de l'excellence.

C'est grâce à des usines comme celle-ci que nous allons pouvoir relever le défi de la révolution industrielle qui s'annonce, négocier le virage d'une industrie décidée à faire du développement durable un atout maître et un instrument de conquête vers de nouveaux marchés.

C'est aussi la preuve qu'avec une vision, un projet industriel, une volonté politique et des hommes qui ont le savoir-faire et l'expérience nécessaires, on est capable de réaliser de grandes choses.

Avec le Président de la République, nous croyons à l'avenir d'une filière automobile française forte, en voie de se transformer pour conserver une position de leader mondial. Nous nous battrons pour qu'il en soit ainsi, pour que l'économie française sorte plus forte de la crise et pour que nous gardions notre industrie sur le territoire national.

La responsabilité des pouvoirs publics, ma responsabilité propre en tant que ministre chargé de l'Industrie, c'est d'accompagner les mutations technologiques et industrielles liées au développement du véhicule électrique, nouveau moteur de croissance industrielle.

Vous êtes bien placés à FLINS pour savoir que l'« automobile verte » est le projet structurant, le projet porteur de croissance et d'emploi des 30 prochaines années.

C'est un projet qui doit entrainer et mettre en cohérence des secteurs aussi variés que la métallurgie, la plasturgie, la mécanique, la chimie, les nouveaux matériaux, le textile technique, l'énergie... du plus petit des sous-traitants à la multinationale.

C'est une des raisons pour lesquelles j'ai souhaité mettre en place une commission dédiée à la sous-traitance automobile qui me remettra ses conclusions le 24 novembre prochain.

Au-delà des difficultés actuelles que rencontrent les sous-traitants automobiles, il s'agit en effet d'anticiper les évolutions à venir, et ce tout le long de la filière.

I. Le projet de batteries
L'Etat accompagne la création de cette nouvelle entreprise dont le projet est constitué de 2 volets :

- Premier volet : la production industrielle de batteries ici même à FLINS, là où sera construite à partir de 2012 Zoé, la voiture tout-électrique de Renault destinée au grand public.

- Deuxième volet : le développement de la prochaine génération de batteries grâce aux savoir-faire du Commissariat à l'Energie Atomique.

L''usine de fabrication de batteries montera progressivement en charge, en passant d''une production de 100 000 batteries par an au démarrage en 2012, à un potentiel d'au moins 250 000 batteries en 2015.

Les véhicules électriques Renault constitueront un débouché naturel mais ce ne sera pas le seul. D'autres constructeurs comme PSA s'ils le souhaitent pourront équiper leurs véhicules avec des batteries produites ici à FLINS.

De son côté, il s'agira pour le CEA d'améliorer la technologie actuelle des batteries grâce notamment à ses installations sur le site de Grenoble.

Le projet dans son ensemble représente un investissement de près de 600 Meuros pour la première phase, c''est-à-dire jusqu'à 2013.

L'Etat apporte ainsi son soutien à ce projet ambitieux à travers les savoir-faire et les capacités de recherche et développement du CEA. Le CEA et le FSI participeront également au capital de la nouvelle entité. L'Etat lui accordera aussi des prêts.

II. Les Etats généraux de l'industrie

Cette signature aujourd'hui à FLINS, signature que l'on peut qualifier d'historique, fait partie intégrante des évolutions de notre industrie.

Certes le marché automobile va beaucoup mieux qu'il y a quelques mois. Les ventes du groupe Renault ont notamment bondi de 34 % en octobre dernier (par rapport à octobre 2008). Pour autant, nous devons rester sur nos gardes, anticiper les besoins futurs et adapter notre industrie.

C'est tout l'enjeu des Etats généraux de l'industrie dont j'ai installé le Comité national lundi dernier. Les profils diversifiés des personnes constituant ce Comité reflètent l'ambition des Etats généraux de l'industrie : créer une nouvelle donne économique et sociale pour doper l'innovation et la compétitivité.

Ce comité pilotera dès cette semaine les travaux nationaux qui s'achèveront le 27 janvier 2010.

Les propositions opérationnelles qui seront établies, en plus de celles des ateliers dans nos 22 régions et des contributions transmises via Internet, permettront au gouvernement, début février 2010, de livrer sa nouvelle politique industrielle. Celle qui permettra à notre industrie de se positionner sur les marchés porteurs de croissance et d'emploi durables.


Nous nous trouvons aujourd'hui à l'aube d'une nouvelle révolution industrielle. En ce qui concerne l'automobile, cette nouvelle étape aujourd'hui à FLINS est à marquer d'une pierre blanche.

Encore merci à Renault et à Carlos GHOSN pour son engagement total afin de faire de la France un des leaders des véhicules électriques.


Je vous remercie.


Source http://www.minefe.gouv.fr, le 6 novembre 2009

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